Énoncé coupé et énoncé ancré
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salut madames et monsieurs 🙂 je suis d'abord entrain de réviser mes leçons mais je trouve des difficultés
pour comprendre deux leçons très importants
le premier : l'énoncé coupé et l'ancré
le deuxième : le discours indirect libre
vous pouvez m'aider ?
[comme vous remarquer mon niveau dans le français est bas]
Bonjour,
N'ayant jamais entendu les termes "énoncé coupé" et "ancré", pouvez-vous nous fournir les exemples que votre professeur vous aurait éventuellement donnés pour chacun de ces deux cas ?
Pour votre deuxième question, voici un exemple de discours direct :
<<Je reviendrai vous rendre visite demain>>, nous assura notre visiteur.
Dans ce cas, on rapporte exactement les paroles prononcées par le visiteur.
Ces paroles sont encadrées par des guillemets : <<…>>
Discours indirect lié :
Notre visiteur nous assura qu'il reviendrait nous rendre visite le lendemain.
Dans ce cas, c'est le narrateur qui rapporte les paroles du visiteur. On emploie alors le mot "que" (ou "qu' " devant une voyelle). Quelques mots diffèrent :
- Changement de pronoms : "je" est devenu "il", "vous" est devenu "nous".
- le verbe prend un accord différent ("reviendrait" remplaçant "reviendrai")
- absence de guillemets <<…>>
Discours indirect libre :
Il reviendrait nous rendre visite le lendemain.
Le narrateur exprime lui-même ce que le visiteur a dit.
Pour un cours sur les énoncés, vois https://classeur.numerique.pagesperso-orange.fr/College/grammaire/enonceancrecoupe.html
Tu peux facilement trouver ses exercices en cherchant énoncé ancré coupé exercices, et reviens ici, si tu ne comprends pas.
Bonjour Anne,
Je pense que vous êtes professeur, pour être au courant de cette terminologie.
Dire que je suis parvenu à plus de 60 ans sans n'avoir jamais entendu un tel langage !
Pourriez-vous me dire l'intérêt d'une telle analyse dans l'apprentissage de la langue française ?
A la lecture du message d'Arabia, j'ai l'impression que cette personne apprend la langue française en tant que langue étrangère. Je suis songeur…
Ambroise,
Je possède un vieux manuel de français qui contient une leçon sur les énoncés. Or, ce manuel compte, parmi ses auteurs littéraires, un maître de conférence en linguistique. Donc, je me permets de supposer que les énoncés ont trait aux sciences du langage.
Extraits du programme de français du collège de 2008 :
Quelques-uns des apports majeurs de la linguistique sont introduits à partir de la classe de Quatrième dans la mesure où ils sont exprimables en termes simples et clairs et où ils désignent des faits de langue dont la compréhension est primordiale (la cohérence textuelle et l’énonciation).
4ème :
Initiation à la grammaire du texte
- les connecteurs spatiaux (dans la description),
- les connecteurs temporels (dans le récit),
- les connecteurs argumentatifs.
Initiation à la grammaire de l'énonciation
- la définition et les composantes de la situation d'énonciation (qui parle à qui, quand et où ? Le repérage par rapport au moi-ici maintenant) ;
- le fonctionnement des pronoms personnels par rapport à la situation d'énonciation (première et deuxième personnes engagées dans la situation d'énonciation, troisième personne absente de la situation d'énonciation).
3ème :
Initiation à la grammaire du texte
- les reprises anaphoriques ;
- thème (ce dont on parle) et propos (ce qu'on dit sur le thème) ;
- l'emphase (mise en valeur du thème par son détachement, mise en valeur du propos par le présentatif).
Initiation à la grammaire de l'énonciation
- les mots qui prennent sens dans la situation d'énonciation (les embrayeurs) ;
- les mots renvoyant à l'énonciateur, à ses sentiments, à ses croyances (les modalisateurs) ;
- initiation à l'implicite (les présupposés et les sous-entendus).
Non, je ne suis pas enseignante.
je vous remercie messieurs pour vos aides fondamentales sur le discours indirect et indirect libre d'abord j'ai compris la différence entre les deux
mais pour la situation d’énonciation on l'utilise d’après notre maitre dans l'analyse des récits ou des textes en général :/
d'un coté, parfaitement, j'ai étudié la langue française comme deuxième langue
Ambroise a écrit :
Dire que je suis parvenu à plus de 60 ans sans n'avoir jamais entendu un tel langage !
Pourriez-vous me dire l'intérêt d'une telle analyse dans l'apprentissage de la langue française ?
A la lecture du message d'Arabia, j'ai l'impression que cette personne apprend la langue française en tant que langue étrangère. Je suis songeur…
C'est hélas ainsi que les élèves apprennent le français désormais. Il ne faut pas s'étonner des graves lacunes. Cette manière de faire est due à l'apport de la linguistique, entre autres. Je vais me faire des ennemi(e)s, tant pis ! 🆒
Effectivement, savoir qu'un énoncé est "ancré dans" ou "coupé de" la situation d'énonciation ne les pousse guère à savourer la beauté d'un texte ou d'un dialogue, et tout simplement de la littérature.
Oui, mais cela les aide à bien rédiger, autrement qu'en style SMS !
De plus, il n'est pas nécessaire de pondre des œufs pour goûter la saveur d'une omelette, mais connaitre la recette, savoir quels sont les critères de réussite aide à savourer la beauté d'un texte ou d'un dialogue.
Delia, il n'y a pas qu'une recette pour réussir le pot-au-feu. 😉
Bonjour.
Je suis enseignant en communication et je dois préparer un cours sur la situation de communication et son contexte. Ce n'est pas ma tasse de thé et je n'ai trouvé qu'un manuel, où il est question notamment d'"énoncé ancré ou coupé"… et ce n'est pas clair du tout ! 😞
Vu que ce qui m'intéresse et intéresse mes élèves, c'est la com et la publicité, pouvez-vous m'aider à trouver des slogans publicitaires ou de communication avec un énoncé ancré ou coupé (précisez SVP) ?
J'en ai trouvé quelques uns, mais je ne suis pas sûr de moi. Par exemple : "Le changement, c'est maintenant !", énoncé ancré ? "Crédit agricole, le bon sens près de chez vous", idem ? "Total, vous ne viendrez plus chez nous par hasard", idem ?
"Freedent, pour des dents belles et fortes", énoncé coupé ?
Autres exemples please ? Notamment d'énoncés coupés. J'ai du mal à en trouver, car j'ai du mal à comprendre à quoi ça peut correspondre en communication, notamment publicitaire.
MERCI ! 😀
Bonsoir
Est-ce suffisant d'avoir le "nous" et le "on" dans un texte pour dire qu'il est ancré dans la situation d'énonciation?
Par exemple: un texte argumentatif où on recourt à la démonstration pour développer une thèse et amener le lecteur à obtempérer à notre vision des choses.
Non. Le sujet des phrases n'a aucune influence sur l'ancrage ou non dans la situation d'enonciation.
Si, au contraire, le sujet est déterminant, surtout quand c'est un pronom.
Dans le cas du texte argumentatif, le "nous" ancre dans la situation d'énonciation plus que le "on", mais son usage témoigne plus d'un artifice d'écriture que d'une volonté marquée d'ancrage.
Même dans une phrase comme
Nous sommes le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République.
?
Linguistiquement, c'est un ancrage : ne s'agit-il pas de donner à l'énoncé plus d'actualisation (les élèves disent : plus de "vie") ?
Que cet ancrage soit purement stylistique, donc fictif, n'y fait rien, c'est son effet qui compte.
Hello, encore une question.
Je pense bien avoir compris ce qu'était le discours coupé et ancré.
Coupé : récit où les perso. évoluent, sans formulation d'aucun personnage.
Ancré : discours, peu importe son type (direct, indirect etc).
Seulement lors d'un récit où nous avons affaire à un narrateur-personnage, l'emploi du pronom "je" est présente dans l'intégralité du texte.
Dit-on alors que tout le texte est un discours ancré uniquement parce qu'il y a l'emploi du "je" ? Même si le narrateur est seulement en train de raconter des faits de façon narrative ?
Merci à qui pourra me répondre.
ShayN a écrit :Coupé : récit où les perso. évoluent, sans formulation d'aucun personnage.
Je ne sais pas si c'est si bien assimilé, ou alors, c'est très maladroitement formulé !
Autrement, pouvez-vous poster un extrait de votre texte ?
Oups, ok voici un exemple dans les exos :
Contrairement à la plupart des hommes un peu réfléchis, je n'ai pas plus l'habitude du mépris de soi que de l'amour-propre ; je sens trop que chaque acte est complet, nécessaire et inévitable, bien qu'imprévu à la minute qui précède, et dépassé à la minute qui suit. Pris dans une série de décisions toutes définitives, pas plus qu'un animal, je n'avais eu le temps d'être un problème à mes propres yeux. Mais si l'adolescence est une époque d'inadaptation à l'ordre naturel des choses, j'étais certes resté plus adolescent, plus inadapté que je ne le croyais, car la découverte de ce simple amour de Sophie provoqua en moi une stupeur qui allait jusqu'au scandale.
(Marguerite Yourcenar, Le Coup de grâce)
J'aurais dis discours coupé, mais ça me donne faux, ce serait donc un discours ancré, pourtant il ne s'agit pas d'un discours, c'est - à mon sens - un narrateur personnage qui emploi le "je" parce que c'est lui qui raconte l'histoire.
Donc je comprends pas.
Mais oui, c'est un discours ancré dans la situation d'énonciation.
Le temps de référence est le présent d'énonciation : les autres temps, même le passé simple final ne nous "immergent" pas dans le passé, mais servent à rattacher ce passé au présent du "bilan".
Il y a d'autre part un effet d'oral : on a l'impression que le personnage nous "parle", d'où l'effet de confession, de confidence…
Il y a aussi des modalisateurs du type j'étais certes…, des connecteurs marquant une argumentation. Le locuteur ne "raconte" pas, il assigne une fonction de justification (voir le contexte) à son discours, il "plaide".
La présence du je n'est pas un critère en soi ; on peut très bien avoir du discours ancré sans "je" ou, au contraire, du discours coupé de la situation d'énonciation avec ce "je", dans un récit ou il sera une simple instance narrative.