Baudelaire, Remords posthume

Entraide scolaire

3 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Nous travaillons actuellement sur le poème "Remords Posthume" de Baudelaire, et il nous ai demandé de faire un plan de commentaire. Je n'arrive pas à trouver d'axes et donc pas non plus de problématique. En fait je n'ai rien. (oui en cherchant sur internet mais mon professeur connaît tous les sites lol). Si vous pourriez m'aider, merci.
Remords posthume
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d’un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n’auras pour alcôve et manoir
Qu’un caveau pluvieux et qu’une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poëte),
Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni,

Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n’avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
— Et le ver rongera ta peau comme un remords.
Bonsoir,

Je suis en première ES et je suis en train de faire mes fiches pour l'oral de français. Cependant je suis bloquée et je n'arrive pas a trouver un bon plan et une bonne analyse linéaire pour le poème Remords Posthume de Baudelaire. Quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait ?
Merci d'avance 🙂
Bonsoir,

Ce poème s’inscrit d’abord dans un courant lyrique (expression des sentiments) élégiaque (expression de sentiments tristes) en mêlant les thèmes de l’amour et de la mort.
En fait, Baudelaire reprend un thème de la poésie amoureuse qui remonte au XVIe siècle en France et que l’on a pu appeler le thème du carpe diem.
Hérité de la tradition antique (les mots carpe diem, carpe horam - c'est-à-dire : "cueille le jour, cueille l'heure" - nous viennent du poète latin Horace), ce "thème" est ancré surtout dans la pensée épicurienne. Détaché du passé à l'égard duquel il ne sait éprouver que de la gratitude, confiant dans l'avenir qu'il a su priver de la vaine espérance, le sage est décidé à vivre au présent. Non pour y assouvir un appétit de plaisirs, mais pour atteindre la sérénité de la vertu. Pourtant ce qui pourrait donner lieu à une célébration de la vie immédiate devient dès le XVIe siècle prétexte à une leçon morale : l'évocation de l'élan vital manifesté par la nature entière, élan que la jeune femme aimée, insensible à la parole poétique, a le tort de ne pas vouloir partager, s'accompagne d'une méditation sur la mort et les ravages du temps.
Le titre est directement rattaché à ce courant, puisque Baudelaire invite la femme destinataire à se considérer comme après la mort (sens de posthume) pour considérer la morsure du regret ou de la faute (remords). L’objectif implicite est bien d’obtenir un éventuel résultat pour le temps présent, comme un regain d’affection et de considération pour le poète. C’est donc une déclaration d’amour alambiquée, une plainte, un reproche en même temps qu’une condamnation.
Il prend la forme d’un sonnet : cette forme classique et rigoureuse convient bien à l’habillage marmoréen du tombeau de la « belle ténébreuse ».
Qui est cette femme chantée et admonestée par Baudelaire ? Jeanne Duval : La « Vénus Noire » de Baudelaire, la maîtresse qui inspirait à Baudelaire amour et haine du fait de son caractère volage. Un sonnet écrit en 1847 au début de leur liaison et qui se situe dans le passage de Spleen et idéal dominé par le thème de la femme sensuelle.