Barbey d’Aurevilly, Une histoire sans nom - Mais Lasthénie, écrasée par toutes les abominations de c

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à toutes et à tous,

Je suis en première année de licence de lettres modernes et je dois réaliser un commentaire composé sur un extrait d'Une Histoire sans nom de Barbey d'Aurevilly. J'ai beau lire et relire le passage, je n'arrive pas à trouver de problématique. Je cerne bien le thème de la mort et la relation mère-fille, mais je n'arrive pas à trouver la problématique. Pourriez-vous m'aider ? Avez-vous des conseils pour trouver une problématique lors de commentaires de textes ? Je vous remercie par avance. Bonne journée à tout le monde.

Voici l'extrait :
Mais Lasthénie, écrasée par toutes les abominations de cette nuit, au lieu de répondre à sa mère, la regardait avec des yeux grands et vides qui semblaient morts…
Et ils sont restés morts, ces yeux si beaux, couleur des saules, et depuis on ne les revit jamais plus briller, même dans les larmes, dont ils ont versé des torrents ! Mme de Ferjol ne tira jamais rien de sa fille, ni cette nuit, ni plus tard, et ce fut de cette nuit funeste qu’elles entrèrent toutes deux, la mère et la fille, dans cette vie infernale dont elles ont vécu, les infortunées ! et à laquelle il n’y a rien de comparable dans les situations trangiques et pathétiques des plus sombres histoires. Ce fut vraiment là une histoire sans nom ! un drame étouffant et étouffé entre ces deux femmes du même sang, qui s’aimaient pourtant - qui ne s’étaient jamais quittées, - qui avaient toujours vécu dans le même espace, - mais dont l’une n’avait jamais été mère, ni l’autre fille, par la confiance et par l’abandon… Ah ! elles payaient cher maintenant la réserve et la concentration réciproques dans lesquelles elles avaient vécu. Et durent-elles s’en repentir ! Ce fut un drame profond, d’âme à âme, prolongé, mystérieux et dont il fallut épaissir le mystère, même aux yeux d’Agathe, qui ne pouvait pas connaître cette ignonimie d’une grossesse que Mme de Ferjol, bien plus que Lasthénie, aurait voulu engloutir sous terre ; car Lasthénie, à ce moment là, ne croyait pas à sa grossesse. Dans la nouveauté de ses sensations, elle croyait à une maladie inconnue, aux symptômes trompeurs, et à une erreur monstrueuse de sa mère. Elle se révoltait contre cette erreur… Elle se débattait douloureusement sous l’insulte de sa mère… Elle ne courbait pas la tête sous le déshonorant soufflet de ses reproches. Elle avait l’entêtement sublime de l’innocence… Et parce qu’elle ne ressemblait pas à cette mère passionnée, despotique et fougueuse, qui aurait rugi, comme une lionne, si elle eût été à la place de Lasthénie :
« Comme vous vous repentirez un jour de m’avoir fait tant souffrir, ma mère ! » lui disait-elle avec la douceur d’un agneau qui se laisse égorger.
Bonjour Masha,

Barbey d'Aurevilly a une plume magnifique que j'admire toujours autant!
Sans entrer dans le détail il me semble que la problématique tourne autours de la thématique du paradoxe inexplicable et du titre de l'oeuvre : Une Histoire sans nom qui est de l'ordre de l'indicible, de la honte.

Analyse bien le texte, il est très riche.
Tu as bien vu la thématique de la mort : il s'agit plutôt du paradoxe de la jeune fille "morte vivante" (elle accouchera d'ailleurs d'un enfant qui ne survivra pas si mes souvenirs sont bons) qui est dans le déni.
Pour ce qui de la relation mère/fille, elle est très tendue, le non-dit (car il n'y a rien à dire!) joue un rôle primordial dans le fossé qui les sépare. Bien qu'elles soient liées par le sang, elles ne sont en réalité ni mères ni fille…
Bonjour Titania91,

Merci pour ta réponse, ça m'aide beaucoup.
J'ai eu du mal à accrocher au début du roman, mais après impossible de lâcher le livre, il est très prenant… Très noir aussi, mais ça, c'est du Barbey d'Aurevilly !

J'ai l'impression qu'il n'y a donc que deux parties à commenter, je veux dire d'une part la thématique de la mort et de l'autre la relation mère-fille, pourtant je dois bien sûr faire un commentaire en 3 parties ? Je ne peux donc pas prendre ces thématiques pour les parties du plan ?

Pardon pour ces questions bêtes, je suis en reprise d'études, j'ai 23 ans et cela fait 3 ans que j'ai quitté le système scolaire ; j'ai un bac littéraire mais les souvenirs sont loin…
La méthode que nous avions en prépa consistait à partir des aspects les plus évidents du texte pour aller vers les plus cachés, les plus riches. On trouvait quasi systématiquement trois axes à développer.
Suivant le texte on s'aidait également des niveaux de lecture du judeo-christianisme.

Le travail préliminaire est PRIMORDIAL : études des champs lexicaux, des images, figures de style…etc. C'est à partir de cela que l'on peut tirer un maximum de fils du texte et faire son plan. Il faut absolument TOUT éplucher, ratisser le texte de long en large. Que suggèrent les métaphore, les images? Qu'est-ce qui est spécifique à l'écriture de Barbey? Il faut tout analyser pour "déplier" le texte (c'est d'ailleurs le sens de "expliquer"), tirer tout ce qu'il cache dans ses recoins