En quoi la mort concerne-t-elle chacun des locuteurs ?

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous, je suis un élève de première et je dois répondre à une question sur le corpus suivant:

-Texte A - Victor Hugo, " Demain dès l'aube…", les contemplations (1856) :
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par le montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
-Texte B - Guillaume Apollinaire, " Si je mourais là-bas…", Poèmes à Lou (1915)
Si je mourais là-bas sur le front de l'armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l'armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l'étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l'espace
Comme font les fruits d'or autour de Baratier1

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L'amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie
- Souviens-t'en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur -
Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
-Texte C - Pierre de Ronsard, " Je n'ai plus que les os…", Derniers vers (1586)
Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépoulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé;
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé;
Adieu, plaisant soleil ! Mon oeil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami, me voyant en ce point dépouillé,
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant la face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons ! Adieu, mes chers amis !
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
Et voici la question à laquelle je dois répondre :
" Comparez les situations d'énonciation : en quoi la mort concerne-t-elle chacun des locuteurs ?

Pouvez-vous m'aider car je bloque
merci
Ces trois textes mettent en oeuvre un je qui est confronté à la mort.
Mais chacun la vit différemment :
- Hugo pense à sa fille disparue,
- Apollinaire émet une hypothèse,
- Ronsard éprouve la vieillesse dans son corps…
De ce fait, les sentiments résultants sont aussi différents.
Analyse les ressemblances, puis les différences
Pour compléter, Ronsard et Apollinaire évoquent leur propre mort, certaine ou hypothétique. Hugo aborde le thème du deuil d'un être cher.
Merci 😀
Bonjour, j'ai un corpus à rendre pour la rentrée, j'ai élaboré plusieurs plans mais je n'arrive pas à savoir le quel est bien. Je vous remercie d'avance pour votre aide, voici mon sujet :
Comparez les situations d'énonciation de ces trois poèmes : en quoi la mort concerne-t-elle chacun des locuteurs ?
TEXTE A :
Victor HUGO (1802-1885)

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
TEXTE B :
Guillaume Apollinaire

Si je mourais là-bas sur le front de l’armée
Tu pleurerais un jour ô Lou ma bien-aimée
Et puis mon souvenir s’éteindrait comme meurt
Un obus éclatant sur le front de l’armée
Un bel obus semblable aux mimosas en fleur

Et puis ce souvenir éclaté dans l’espace
Couvrirait de mon sang le monde tout entier
La mer les monts les vals et l’étoile qui passe
Les soleils merveilleux mûrissant dans l’espace
Comme font les fruits d’or autour de Baratier

Souvenir oublié vivant dans toutes choses
Je rougirais le bout de tes jolis seins roses
Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants
Tu ne vieillirais point toutes ces belles choses
Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants

Le fatal giclement de mon sang sur le monde
Donnerait au soleil plus de vive clarté
Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l’onde
Un amour inouï descendrait sur le monde
L’amant serait plus fort dans ton corps écarté

Lou si je meurs là-bas souvenir qu’on oublie
— Souviens-t’en quelquefois aux instants de folie
De jeunesse et d’amour et d’éclatante ardeur —
Mon sang c’est la fontaine ardente du bonheur
Et sois la plus heureuse étant la plus jolie

Ô mon unique amour et ma grande folie
TEXTE C
Pierre de Ronsard

Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
Adieu, plaisant Soleil, mon oeil est étoupé,
Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

Quel ami me voyant en ce point dépouillé
Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
Me consolant au lit et me baisant le face,

En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
Je m’en vais le premier vous préparer la place.
Voilà mes différents textes à traiter, j'ai pour l'instant l'idée de ces plans :
Plan 1 : I- Le sujet commun exprimé (= la mort) II- Les différentes énonciations
Plan 2 : I- la mort d'un proche (texte A) II- la mort du poète (texte B et C)
Plan 3 : I- Énonciation réelle (Texte A et C) II- Énonciation imaginaire (texte B)

Je ne vous cache pas que je suis un peu perdue sur ce corpus, j'espère que vous pourriez m'aider, merci !
Je ne vous cache pas que je suis un peu perdue sur ce corpus
Bonjour Apolline09,
Il n'y a vraiment pas de quoi s'affoler. On te pose une question tordue sur des textes sublimes et faciles à interpréter.
En quoi la mort concerne-t-elle chacun des locuteurs (je préfèrerais poètes, mais on ne va pas ergoter…) il est aisé de le dire. Et tu pourrais commencer par là à mon humble avis.
Pour ce qui est de la situation d'énonciation, reporte-toi à un tableau que l'on donne à des troisièmes.
On appelle situation d’énonciation la situation dans laquelle un énoncé a été produit.
Plusieurs éléments permettent de déterminer la situation d’énonciation =>
Celui qui parle = c’est l’énonciateur.
Celui à qui l’énoncé s’adresse = c’est le destinataire
Le moment de l’énonciation = quand l’énoncé a été fait.
Le lieu de l’énonciation = où l’énoncé a été fait.
Le sujet de l’énonciation = de quoi l’énoncé parle.

Si cela ne t'aide pas, reviens vers nous.
Bon courage !
En complément des réponses qui précèdent :
Hugo parle à Léopoldine, sa fille disparue.
Apollinaire, au front, parle à Lou, son aimée.
Ronsard parle à ses compagnons qui le voient vieillir.
Bonjour, pourquoi veux-tu choisir entre ces trois plans ? Je te conseille de les entremêler, en particulier le 2 et le 3. Mort d'un proche / mort du poète, et dans cette partie tu distingues la mort réaliste et la mort imaginaire. Il n'est pas non plus inenvisageable de faire un premier paragraphe avec des éléments que tu avais prévus pour ton premier plan.
Pour ma part, je choisirais sans hésiter le plan 1.
1. De quoi parle-t-on ?
Comment on en parle ?
C'est bien de cela qu'il est question non ?