Bonjour à tous. J'ai un commentaire composé à rédiger sur un extrait du chapitre 3 de la controverse de Valladolid. Le soucis est que, j'ai du mal à dégager les choses principales de l'extrait et donc à un me faire un plan un tant soit peu correct avec des axes qui soient percutants. Voici l'extrait en question:
Après quoi le légat reprend la parole ;
- Frère Bartolomé, je vous le répète, vous nous parlez de la triste misère de la guerre, qui est commune à tous les peuples, mais ici ce…
Las Casas se permet alors d'interrompre le cardinal.
- La guerre ? Quelle guerre ?
Il quitte sa table et s'avance. Son émotion devient très vive et très visible.
- Ces peuples ne nous faisaient pas la guerre ! Ils venaient à nous tout souriants, le visage gai, curieux de nous connaître, chargés de fruits et de présents ! Ils ne savaient même pas ce qu'est la guerre ! Et nous leur avons apporté la mort ! Au nom du Christ !
Plusieurs assistants se dressent, comme scandalisés.
Parmi eux le supérieur, qui dit au légat :
- Éminence, n'est-ce pas là un blasphème ?
Toujours très attentif, le légat choisit pour le moment de calmer le jeu :
- La sainteté de ce lieu nous autorise à tout entendre. Et de toute manière nous ne pouvons rien cacher à Dieu.
Il adresse un geste conciliateur au dominicain, qui est resté debout devant lui. Et Las Casas n'hésite pas :
- Oui, tout ce que j'ai vu, je l'ai vu se faire au nom du Christ ! J'ai vu les Espagnols prendre la graisse d'Indiens vivants pour panser leurs propres blessures ! Vivants ! Je l'ai vu ! J'ai vu nos soldats leur couper le nez, les oreilles, la langue, les mains, les seins des femmes et les verges des hommes, oui, les tailler comme on taille un arbre ! Pour s'amuser ! Pour se distraire ! J'ai vu, à Cuba, dans un lieu qui s'appelle Caonao, une troupe d'Espagnols, dirigés par le capitaine Narvaez, faire halte dans le lit d'un torrent desséché. Là ils aiguisèrent leurs épées sur des pierres, puis ils s'avancèrent jusqu'à un village et se dirent : Tiens, et si on essayait le tranchant de nos armes ? Un premier Espagnol tira son épée, les autres en firent autant, et ils se mirent à éventrer, à l'aveuglette, les villageois qui étaient assis bien tranquilles ! Tous massacrés ! Le sang ruisselait de partout !
- Vous étiez présent ? demande le cardinal.
- J'étais leur aumônier, je courais comme un fou de tous côtés ! C'était un spectacle d'horreur et d'épouvante ! Et je l'ai vu ! Et Narvaez restait là, ne faisant rien, le visage froid. Comme s'il voyait couper des épis. Une autre fois j'ai vu un soldat, en riant, planter sa dague dans le flanc d'un enfant, et cet enfant allait de-ci de-là en tenant à deux mains ses entrailles qui s'échappaient !
Le docteur Sépulvéda se penche vers un de ses assistants et lui demande à voix basse de noter quelque chose.
La controverse de Valladolid, Chapitre 3. Jean-Claude Carrière
L'idée vraiment mise en avant dans cet extrait est la barbarie des européens vis-à-vis des Indiens. Je pensais en faire une partie entière étant dédié à cet axe malgré le fait que je ne sache pas vraiment comme organiser les sous-parties. Ensuite, je pense qu'il a la religion qui est remise en cause mais il n'y a pas assez de matière dans ce petit extrait je trouve… Ou alors je ne la vois pas vraiment. Puis, Las Casas remet en cause l’éthnocentrisme dans son discours, il me semble. Comme vous le voyez je suis quelque peu perdue et quelques pistes ne seraient pas de refus.
Bonjour,
Tu as un texte polémique.
Carrière propose une analyse marxiste assez éloignée de la vérité historique. Il s'agit d'un point de vue moderniste sur des faits passés. L'anachronisme est sous-jacent avec la notion de crimes contre l'humanité.
L'auteur s'est servi de cette idéologie pour dramatiser son récit.
Tu as ici un réquisitoire vibrant.
Demande-toi ce qui est attaqué, tu auras tes axes.
- le parallèle entre indiens et Espagnols, avec un petit clin d'oeil au mythe du bon sauvage,
- la cruauté gratuite : qui sont les véritables sauvages ?
- la négation des principes religieux et humains, avec en filigrane la question fondamentale : les indiens sont-ils des êtres humains ?
Donc cela pourrait me donner ce plan ou alors que je n'ai peut être pas tout saisi ou alors j'ai mal organisé. Par contre, j'avouerais ne pas saisir le terme d'anachronisme.
I] Parallèle Indiens/Espagnols
1. Mythe du bon sauvage
2. Opposition champ lexical de la vertu (Indiens) et celui de la violence (Espagnols)
II] Les véritables sauvages
1. Registre polémique
2. Réquisitoire contre les espagnols
III] Négation principes religieux et humains
1. Débat sur la nature des indiens d'Amérique (Êtres humains ?)
2. (Je ne sais pas quoi mettre en petit 2)
Merci d'utiliser de votre temps afin de m'apporter de l'aide.
C'est un bon début.
Reprends le II
1 - une sous-partie formelle ne peut convenir.
Examine plutôt la gradation des témoignages.
En III 2 examine, selon la théorie marxiste, les contradictions internes du christianisme. Tu peux t'appuyer sur l'argument
ad hominem.
Si tu ne l'as déjà fait regarde la fiche argumentation du site. Tu y trouveras pas mal d'idées pour étayer ta démonstration. C'est ici
https://www.etudes-litteraires.com/argumentation
Quant à l'anachronisme, il consiste essentiellement à juger du passé selon des concepts présents qui étaient étrangers à la culture de l'époque. Par exemple l'indignation devant les crimes contre l'humanité a moins d'un siècle. Quand les Espagnols sont arrivés en Amérique, les Aztèques pratiquaient les sacrifices humains à grande échelle. Les tribus opprimées et martyrisées ont vu arriver en fait les Européens comme des libérateurs. La victoire de quelques soldats bien armés, certes, ne peut se comprendre que par l'aide apportée par ces tribus. Par la suite il y a bien eu quelques exactions mais rien de comparable avec la barbarie de certaines peuplades autochtones. Quant aux méfaits de la colonisation que la
controverse suggère par la suite, il y aurait aussi beaucoup à dire.
… ajoutons que lorsque l'on s'adresse à un cardinal, on dit Monseigneur !
I] Parallèle Indiens/Espagnols
1. Mythe du bon sauvage
2. Opposition champ lexical de la vertu (Indiens) et celui de la violence (Espagnols)
II] Les véritables sauvages
1. Un discours persuasif et crescendo
2. Réquisitoire contre les espagnols
III] Négation principes religieux et humains
1. Débat sur la nature des indiens d'Amérique (Êtres humains ?)
2. Ambiguïté de l'Église
Voilà ma modification. Ah et, je comprends mieux ce qu'est l'anachronisme. Devrais-je lui accorder une sous-partie entière ou la caser dans une déjà faite ?
Ce plan tient la route.
L'anachronisme, qui est une faute contre la rigueur scientifique de l'historien, mais qui donne de la force dramatique à l'affrontement, peut trouver sa place dans la conclusion.
Le commentaire analyse les qualités littéraires, mais dans la conclusion tu peux placer un avis personnel en replaçant l'oeuvre dans le contexte et les débats de l'époque.
Bonjour, j'ai un commentaire à faire sur le texte suivant :
Oui, tout ce que j’ai vu, je l’ai vu se faire au nom du Christ ! J’ai vu des Espagnols prendre la graisse d’Indiens vivants pour panser leurs propres blessures ! Vivants ! Je l’ai vu ! J’ai vu nos soldats leur couper le nez, les oreilles, la langue, les mains, les seins des femmes et les verges des hommes, oui, les tailler comme on taille un arbre !
5 Pour s’amuser ! Pour se distraire ! J’ai vu, à Cuba, dans un lieu qui s’appelle Caonao, une troupe d’Espagnols, dirigés par le Capitaine Narváez, faire halte dans le lit d’un torrent desséché. Là ils aiguisèrent leurs épées sur des pierres, puis ils s’avancèrent jusqu’à un village et se dirent : « Tiens, si on essayait le tranchant de nos armes ? » Un premier Espagnol tira son épée, les autres en firent autant, et ils se mirent à éventrer, à l’aveuglette,
10 tous les villageois qui étaient assis bien tranquilles ! Tous massacrés ! Le sang ruisselait de partout !
LEGAT. — Vous étiez présent ?
LAS CASAS. — J’étais leur aumônier, je courais comme un fou de tous côtés ! C’était un
spectacle d’horreur et d’épouvante. Et je l’ai vu ! Et Narváez restait là, ne faisant rien, le visage froid. Comme s’il voyait couper des épis. Une autre fois, j’ai vu un soldat, en riant, planter sa dague dans le flanc d’un enfant et cet enfant allait de-ci de-là en tenant à deux
mains ses entrailles qui s’échappaient.
On voit Sépulvéda noter rapidement quelque chose.
Toujours à Cuba, on s’apprêtait à mettre à mort un de leurs chefs, un cacique, sans aucune raison, et à le brûler vif. Un moine s’approcha de l’homme et lui parla un peu de notre foi. Il lui demanda s’il voulait aller au ciel, où sont la gloire et le repos éternel, au lieu de souffrir en enfer. Le cacique lui dit : « Est-ce que les chrétiens vont au ciel ? Oui, dit le moine, certains d’entre eux y vont. Alors, dit le cacique, je préfère aller en enfer, pour ne pas me
retrouver avec des hommes aussi cruels ! »
25 Il marque une pause et revient vers sa table.
Il regarde quelques papiers. Il reprend sur un autre ton, très ému :
J’ai vu des cruautés si grandes qu’on n’oserait pas les imaginer. Aucune langue, aucun récit ne peut dire ce que j’ai vu.
Il prend un large mouchoir dans sa robe et se mouche.
30 Le légat le regarde toujours très attentivement, sans l’interrompre, en homme qui a tout le temps.
Las Casas range son mouchoir et reprend :
Éminence, les chrétiens ont oublié toute crainte de Dieu. Ils ont oublié qui ils sont. Oui, des millions ! Je dis bien des millions ! À Cholula, au Mexique, et à Tapeaca, c’est toute la population qui fut égorgée ! Au cri de « saint Jacques » ! Et c’était facile.
Je n'arrive pas à faire de plan, j'ai déja vu qu'il y avait de l'argumentation, beaucoup de rythme binaire et un registre pathétique. Mais je n'y arrive pas du tout. Auriez-vous des idées ? Merci d'avance 😀
Regarde les messages précédents.
Aucune langue, aucun récit ne peut dire ce que j’ai vu.
L'auteur précise en note préliminaire que le livre est une interprétation romancée de faits historiques.
La controverse : émotion contre calme.
Un spectacle d’horreur et d’épouvante. J'ai vu …
Le champ lexical dominant
Les exemples d'horreurs
Les acteurs
Un récit pathétique : il raconte.
Les caractéristiques du récit
Les marques du discours direct
La fonction expressive
La situation de l'énonciation
Qui s'adresse à qui ? Fonction de chacun ?
Dans quel lieu ? Disproportion des prises de paroles.
L'audace de la mise en cause
Bonjour à tous, je suis en seconde et je dois rédiger un commentaire composé sur un extrait du 3e chapitre de la controverse de Valldolid. Après avoir établit mon plan, j'ai du mal a argumenter, analyser, etc.
Je vous cite l'extrait :
Après quoi le légat reprend la parole ;
- Frère Bartolomé, je vous le répète, vous nous parlez de la triste misère de la guerre, qui est commune à tous les peuples, mais ici ce…
Las Casas se permet alors d'interrompre le cardinal.
- La guerre ? Quelle guerre ?
Il quitte sa table et s'avance. Son émotion devient très vive et très visible.
- Ces peuples ne nous faisaient pas la guerre ! Ils venaient à nous tout souriants, le visage gai, curieux de nous connaître, chargés de fruits et de présents ! Ils ne savaient même pas ce qu'est la guerre ! Et nous leur avons apporté la mort ! Au nom du Christ !
Plusieurs assistants se dressent, comme scandalisés.
Parmi eux le supérieur, qui dit au légat :
- Éminence, n'est-ce pas là un blasphème ?
Toujours très attentif, le légat choisit pour le moment de calmer le jeu :
- La sainteté de ce lieu nous autorise à tout entendre. Et de toute manière nous ne pouvons rien cacher à Dieu.
Il adresse un geste conciliateur au dominicain, qui est resté debout devant lui. Et Las Casas n'hésite pas :
- Oui, tout ce que j'ai vu, je l'ai vu se faire au nom du Christ ! J'ai vu les Espagnols prendre la graisse d'Indiens vivants pour panser leurs propres blessures ! Vivants ! Je l'ai vu ! J'ai vu nos soldats leur couper le nez, les oreilles, la langue, les mains, les seins des femmes et les verges des hommes, oui, les tailler comme on taille un arbre ! Pour s'amuser ! Pour se distraire ! J'ai vu, à Cuba, dans un lieu qui s'appelle Caonao, une troupe d'Espagnols, dirigés par le capitaine Narvaez, faire halte dans le lit d'un torrent desséché. Là ils aiguisèrent leurs épées sur des pierres, puis ils s'avancèrent jusqu'à un village et se dirent : Tiens, et si on essayait le tranchant de nos armes ? Un premier Espagnol tira son épée, les autres en firent autant, et ils se mirent à éventrer, à l'aveuglette, les villageois qui étaient assis bien tranquilles ! Tous massacrés ! Le sang ruisselait de partout !
J'en suis venu à ce plan ci :
1er axe : Parallèle Indien / Espagnol
- Opposition Champ lexical, indien (vertu) – espagnol (violence)
- Mythe du bon sauvage
2e axe : Principes religieux et humains
- Inhumanités commises au nom du Christ / Village attaqué pour aucune raison
- La nature des indiens / Le contexte
Je débute en matière de commentaire composé et donc j'ai vraiment du mal à entrer dedans, et bien assimiler les méthodes. Pour le 1er axe je pense ne pas m'en etre trop mal sorti, pour l'introduction ausssi d'ailleurs, mais pour le 2ème axe j'ai completement rien ..
Je ne sais pas si mon message est assez clair, ou si je me suis mal exprimé, mais j'aimerai profondément si quelqu'un pourrait m'éclaircir la tache, me donner des indications, des pistes à suivre. De meme pour la conclusion si possible.
Voila, je m'excuse par ailleurs pour certaines fautes d'orthographes, et vous remercie d'avance.