Comment écrivez-vous votre mémoire de master ?

La filière littéraire

39 réponses · Page 2 / 2

Quoi qu'il en soit la réunion de rentrée m'a bien déprimé quand ils ont dit que le mémoire devait faire "entre 60 et 90 pages"…j'aimerais que le mien atteigne 100 voire 120 (surtout pour postuler ailleurs ensuite).

La non-exigence de cette fac me frustre un peu, parfois je regrette un peu de l'avoir choisie malgré les bons cours, j'aurais aimé une université qui me tire davantage vers le haut et donc ait plus d'exigence.

Mais bon, il y a plein d'éléments intéressants tout de même.

Je vais écrire à mon directeur de mémoire prochainement aussi; ils ont dit qu'il fallait éviter de faire son truc tout seul dans son coin, moi j'ai vraiment tendance à faire ça^^

(Merci pour toutes les réponses et la référence à Virginia Woolf 🙂 )
Très sincèrement, je ne pense pas que la longueur ait beaucoup d'importance : ce n'est pas un gage de qualité.
Lorsque j'ai commencé mon mémoire de DEA (ex. master 2 !), mon directeur de recherche de Paris IV m'a donné à lire un mémoire brillant rédigé par l'un de ses étudiants quelques années plus tôt : 40 pages. Et vraiment brillantissime.
Te focaliser sur la longueur ne rend service à personne : ni à toi, ni à tes futurs lecteurs ! 🙂
En voyant maintenant les choses "de l'autre côté", je peux t'assurer que je préfère mille fois qu'un étudiant me rende un mémoire concis et très dense. 🙂
La longueur a de l'importance : une amie (aujourd'hui prof de philo) s'est faite jeter de l'ENS (de Lyon) parce que son mémoire ne faisait que 60 pages (independemment du contenu).
Bonsoir Spartacus

Et une petite bataille avec l'orthographe ?

J'ai fini un M2 et une fois de plus je constate le niveau tragique des étudiants de lettres. A proportion souvent de ce qu'ils se prennent au sérieux, de leur mesquinerie et de leur méchanceté.
inix a écrit :Bonsoir Spartacus

Et une petite bataille avec l'orthographe ?

J'ai fini un M2 et une fois de plus je constate le niveau tragique des étudiants de lettres. A proportion souvent de ce qu'ils se prennent au sérieux, de leur mesquinerie et de leur méchanceté.
Je suis certes un peu fatigué mais je n'ai rien compris à cette intervention…

1) il n'y a pas une seule faute dans mes interventions (je viens de vérifier).

2) Tu as finis un M2, et alors?

3) Méchanceté? Mesquinerie?…Où ça?

4) Le niveau tragique des étudiants en lettres…euh, tu viens balancer ton constat avec de grands airs et ce sont les autres qui se prennent au sérieux…lol.

Bonne nuit!
Merci de l'illustrer encore pour les autres… 😀
Merci d'arrêter de poster des messages qui n'apportent rien du tout.

C'est triste d'avoir fait son M2 et n'avoir rien d'autre à faire que provoquer sur un forum, ça a pas du t'amener à grand chose en tout cas!
Très sincèrement, je ne pense pas que la longueur ait beaucoup d'importance : ce n'est pas un gage de qualité.
Ce qui compte avant tout, bien sûr, c'est la qualité de la recherche, un traitement profond (autant qu'il est possible pour un mémoire de master - mais au fond, ce qui distingue les meilleurs mémoires, c'est qu'ils vont plus loin, évidemment, que ce qui est simplement attendu) du sujet, une rédaction précise et agréable.
Selon la discipline, selon le type de sujet et selon le sujet lui-même, on attend une certaine longueur moyenne et l'on attend aussi un "investissement" moyen. Je suppose qu'il faut discuter avec le directeur de la longueur (s'il y a de la matière, s'opposera-t-il à un mémoire plus long ? On peut en douter.).
La non-exigence de cette fac me frustre un peu, parfois je regrette un peu de l'avoir choisie malgré les bons cours, j'aurais aimé une université qui me tire davantage vers le haut et donc ait plus d'exigence.
Mais en ce qui concerne le temps, les efforts investis, évidemment, il faut faire le maximum (sans se bloquer en voyant trop haut par rapport aux possibilités, notamment le temps). On voit bien que tu te motives ; tu es donc sur la bonne voie. Peut-être l'exigence n'est-elle pas perceptible, mais au fond, la réalité reste celle d'une certaine concurrence entre les étudiants, le mémoire et le master 2 étant la clé de la suite, notamment du doctorat. Bon, il faut que cette idée reste en tête, pas pour ralentir ou intimider, mais pour aider à aller au-delà des moments de découragement ou de distraction.
Et puis ne pas oublier d'avoir des échanges avec le directeur, qui, au-delà des conseils, indications, corrections, peut donner confiance en soi et dépasser certains blocages. Savoir quel était l'avis de ma directrice sur la première partie de mon mémoire m'a donné l'élan nécessaire pour passer à la suite avec plus de facilité.

Bref, bon courage Spartacus !
Oui, justement, avant-hier après la réunion de rentrée, je me suis "forcé" à écrire à mon directeur pour ouvrir un dialogue sur mon travail (s'il a le temps) et ne pas élaborer cela dans la totale solitude comme on nous l'a déconseilé à la réunion.
Du coup même s'il ne me répond pas, c'est bien comme démarche, car ça m'a forcé à résumer là où j'en étais et présenter mon mémoire en partie distincte ainsi que son cheminement et son horizon.

De toute façon en ce moment, je suis bloqué sur absolument toute démarche d'écriture, je peine à rendre mes critiques dans les temps (je travaille depuis maintenant 8 mois pour un e-zine de ciné), j'ai l'impression de ne plus parvenir à avoir d'emblée des idées et une ligne directrice comme auparavant alors que j'étais relativement doué. Hier j'ai voulu faire une dissert' pour m'entraîner : même problème.

Bref, j'ai peur et j'éspère que ce n'est qu'un passage à vide.
Merci pour ton message en tout cas.
Je connais ce genre de choses. Il faut essayer de voir d'où cela vient pour mieux vivre ces périodes creuses et en sortir. En ce moment j'ai des doutes qui surgissent (en tant qu'agrégatif doctorant) mais je me plonge dans mes lectures pour le concours, traductions etc., pour éviter de les ressasser. Il est vrai que les exercices "scolaires" comme la dissert ne donnent pas trop envie, mais il faut s'entraîner et se forcer à en faire pour retrouver l'habitude et dépasser le blocage. Et en parallèle je crois qu'il est utile de faire travailler son cerveau sur des choses que l'on aime, qui ne sont pas marquées par l'obligation ; une fois qu'il revient au reste, il travaille mieux…
Spartacus, en master de lettres à P8, la majorité des étudiants faisaient un mémoire en deux ans par exemple, et ça ne m'a pas empêchée de choisir l'autre formule, c'est-à-dire de traiter deux sujets (connexes) en deux ans et de rendre un nombre de "mini-mémoires" supérieur à celui exigé pour l'obtention des crédits. Sur le papier les exigences ne sont vraiment pas insurmontables mais c'est aussi (je pense) lié à la politique de cette fac et de l'équipe enseignante (qui est de préférer le temps long de la réflexion et une certaine liberté intellectuelle) et au fait qu'on y trouve sans doute plus d'étudiants en difficultés que dans les facs parisiennes stricto sensu.
A mon avis il faut vraiment que tu trouves le temps de rencontrer ton directeur pour discuter de tout ça : un directeur ne va pas freiner la motivation d'un étudiant. Surtout quand on sait à quel point ça devient difficile de garder un effectif suffisant en master recherche…

Pour la démotivation passagère, le temps de la rentrée et des perspectives nouvelles qu'elle ouvre est un temps de la latence : on se sent en un même mouvement porté par la reprise d'un rythme soutenu et freiné par la difficulté à saisir l'essentiel et à se lancer dans la machine. On piétine encore.
iule a écrit :Je connais ce genre de choses. Il faut essayer de voir d'où cela vient pour mieux vivre ces périodes creuses et en sortir. En ce moment j'ai des doutes qui surgissent (en tant qu'agrégatif doctorant) mais je me plonge dans mes lectures pour le concours, traductions etc., pour éviter de les ressasser. Il est vrai que les exercices "scolaires" comme la dissert ne donnent pas trop envie, mais il faut s'entraîner et se forcer à en faire pour retrouver l'habitude et dépasser le blocage. Et en parallèle je crois qu'il est utile de faire travailler son cerveau sur des choses que l'on aime, qui ne sont pas marquées par l'obligation ; une fois qu'il revient au reste, il travaille mieux
Oui c'est tout à fait ça!


Et, C, merci aussi même si je commence à regretter d'avoir choisis cette fac (heureusement il y a toujours des bons cours), mais j'aurais préféré être dans une fac plus "normale" et plus "sérieuse" et qui prépare aux concours. Enfin c'est mon état d'esprit du moment ainsi que mes nouveaux objectifs. Bien sûr P8 m'a apporté beaucoup.
Mais il y a un côté "vraiment pas sérieux" qui me dérange, et qui, j'en ai l'impression, me tire vers le bas.
Mon passage à vide vient de là aussi, je pense.
Et un délaissement regrettable de certains auteurs fondamentaux (oui oui le grand H…mais aussi Aristote) au profit d'autres, moins fondamentaux à mon sens. Enfin ce semestre il y a un cours sur le présocratique, Héraclite, et ça c'est génial.

Quant à "rencontrer" mon directeur de mémoire, je n'en vois pas trop l'intérêt (du moins à l'heure actuelle) en fait, à part qu'il me dise "oh c'est très intéressant" (je le comprends, que peut-on dire d'autre d'un travail auquel on est extérieur?)
L'importance qu'on y accorde est variable, moi j'étais bien embêté pour choisir un nom quand on m'a dit qu'il fallait en noter un sur ma validation de M1 comme directeur de projet…

En revanche, il fait un cours qui m'intéresse, j'irais le suivre, ça me paraît un bon compromis pour ne pas en être totalement détaché (puisque ça semble être un point important, le directeur, perso je n'arrive pas à comprendre quel est son rôle).
Bah ton directeur connaît un minimum le philosophe sur lequel tu travailles, non ? Comment l'as-tu choisi ?
Un directeur n'est pas là pour te dire que c'est intéressant mais pour discuter tes pistes et tes intuitions, les corriger ou les préciser s'il sent que tu fais vraiment fausse route, s'il sent que tu es trop brouillon / que tu veux trop en faire au point de te perdre ; il est aussi là pour te donner des pistes bibliographiques auxquelles tu n'aurais pas pensé et te les fournir si elles sont difficiles à dénicher. Je ne discutais pas de mon sujet tous les mois avec ma directrice, loin de là, mais elle m'a été d'une grande aide parce que, tout simplement, ses remarques ponctuelles me poussaient à être toujours plus rigoureuse et fine. Les séminaires sont également très précieux même quand ils ne traitent pas directement du sujet traité dans le mémoire : ils font voir un aspect de la question que l'on ignorait jusque-là. Un séminaire sur la violence me donnait par exemple des vues d'ensemble (philosophiques, anthropologiques et politiques) pour traiter plus particulièrement le génocide des enfants en littérature.
En fait, le travail de master n'est pas qu'un travail intellectuel, que le résultat d'intuitions personnelles (même si ça compte beaucoup). Il montre aussi la capacité à assimiler des échanges, des points de vue différents, à les faire siens sans renier ses propres investigations.
Rester en contact régulier avec ton directeur est une bonne chose:
- il sera le plus à même de t'alerter si quelque chose ne convient pas dans ton rythme d'écriture / la progression de ton travail
- ça te permet, de ton côté, d'avoir des échéances régulières. C'est important pour mener un travail de recherche long sans commencer à se noyer dans les lectures, le plan qui traîne, les documents qui s'accumulent… (et la déprime qui suit sur le mode "j'avance pas", "mon sujet ne mène nulle part", etc etc). Même si ne présente pas une avancée significative de ton travail à chaque fois que tu le contactes, ça te permet de rester centré sur ce que tu fais, d'avoir un autre point de vue sur ton travail, des ouvertures auxquelles tu n'aurais pas pensé, etc etc

En général les directeurs de recherche (du mémoire de master à la thèse) savent qu'outre les problèmes de recherche il y a une dimension psychologique importante: un étudiant se retrouve vite à déprimer lors d'un travail de ce genre. Du coup ton directeur est là aussi pour t'empêcher de tourner en rond et de trop remettre en question ton travail. Par contre, il n'ira pas forcément te chercher, à toi de faire la démarche de le contacter régulièrement s'il n'a pas prévu des rencontres régulières.
Je pense qu'il me répondra mais pour l'instant il doit sans doute manquer de temps, en même temps ça ne presse pas et il y a pas mal à lire quand même donc c'est normal qu'il prenne le temps quoi qu'il en soit.

Aujourd'hui j'ai suivi deux cours à la Sorbonne sur Husserl et Heidegger, c'était génial, ça m'a bien remotivé.
Je sens que je vais naviguer entre plusieurs facs cette année pour les cours.

Merci pour vos messages qui sont aussi motivants en tout cas même si perso, je pense réussir à travailler sans que le directeur de mémoire ne soit trop présent.
Si ton directeur n'est pas le directeur idéal, rien ne t'empêche de saisir chaque occasion de discuter de manière informelle avec d'autres professeurs (ceux rencontrés dans les séminaires par exemple). J'avais beaucoup apprécié de pouvoir naviguer entre différents points de vue et sensibilités et de recueillir les avis de personnes déjà largement engagées dans des travaux de recherche.
Ne reste pas trop seul face à ton sujet, quoi 😉
Le risque de la solitude ne me fait pas peur et l'échec de la rencontre, cela fait partie de mon travail lui-même.

Pour ma part, même si tes arguments sont très intelligents et très bons. Je pense que travailler dans la solitude absolue fait grandir plutôt que se perdre en discussion stérile. Perso je n'ai pas envie qu'on me passe de la pommade parce que j'écris, je vis en étant complètement à vif.

J'irais juste soutenir pour avoir le diplôme, mais j'écrirais ce "petit travail" (car ça reste un petit travail)
dans l'absolue solitude.

En fait, objectivement, j'en suis déjà à la moitié.
J'ai le sentiment que les professeurs n'ont pas tant de temps que ça et qu'ils préfèrent les étudiants qui se prennent en charge. Moi j'ai juste posé une question pour ma bibliographie l'an passé, sur un titre et je considère que ça suffit.

Après je dis ça mais peut être que dans quelques jours ou dans un mois, mon "directeur de mémoire" me fera un commentaire positif et je serais content, je n'en sais rien du tout, c'est absolument contingent mais c'est vrai que de toute façon je trouve ça un peu lourd d'être aussi encadré et qu'on insiste autant là-dessus. Même en M1, il fallait un tuteur, moi je n'ai jamais compris le principe.

A partir du moment où on sait lire et écrire, on peut travailler tout seul, on a pas besoin qu'on nous prenne par la main à chaque instant.

Mais bon, au fond, comment tu décris les choses, nous sommes d'accord.
Pour ma part, même si tes arguments sont très intelligents et très bons. Je pense que travailler dans la solitude absolue fait grandir plutôt que se perdre en discussion stérile.
Tu évoquais, il y a peu, le travail de remise en question, que tu disais placer au centre de ta démarche - ce qui est, à n'en pas douter, une attitude très saine à condition d'en user avec modération ; or, le dialogue est par essence décentrement de soi, et quelle meilleure manière de se remettre en question ? N'oppose pas à la solitude (tu la dis "absolue", mais c'est chimère) la "discussion stérile", car c'est le refus de la discussion qui confine à la stérilité. Tu en est d'ailleurs conscient, au fond, puisque tu viens demander conseil ici, et plusieurs anecdotes que tu nous rapportes prouvent combien le contact avec autrui nourrit ton travail et ta motivation.

Bon courage à toi.
Oui j'en suis conscient et d'un autre côté il faut bien avancer.
Donc je dis ça un peu par "désespoir". Je ne vais pas attendre éternellement des retours sur mon travail, il faut avancer quand même (seul).
Aujourd'hui j'ai assisté à un colloque sur Kierkegaard, ça m'a vraiment donné de belles perspectives pour mon travail futur.

Bref, il semblerait malgré tout que tout cela soit en chemin.