J'ai commencé cela hier, peut-être que ça pourra t'aider. Désolée, ça tombe comme ça dans la conversation, au mauvais moment peut-être. On y reviendra.
Pour réussir un commentaire composé, on a besoin de trois choses :
1. un sens de l'observation très développé, axé sur le langage. Cette partie fait du commentaire composé un exercice très intéressant et très formateur puisqu'il développe notre intelligence de la langue, c'est-à-dire celle qui nous est la plus utile dans la vie quotidienne. Décrypter un discours, déconstruire ce qu'une personne nous dit, sa manière de nous manipuler, parfois, c'est nécessaire voire vital. Sans cette intelligence, comment savoir si nous sommes aimés ou si l'on se joue de nous, par exemple ? Comment savoir ce qu'un employeur, un client, un postulant recherche, nous dit sans le dire, etc ? Comment savoir ce que veut un homme politique à qui nous envisageons de donner notre voix ? Plus tu travailleras ce point, plus tu pourras progresser. Un excellent moyen de le faire, c'est d'en faire une obsession au quotidien ; dès que tu allumes ta télé ou ton ordinateur, dès que tu entends des gens papoter, essaie d'écouter vraiment et de comprendre comment ils communiquent entre eux, comment ils se convainquent ou se confortent dans telle ou telle idée. La lecture des auteurs classiques nous apprend à écouter, c'est quasiment son monopole.
−> lire, écouter
2. des outils littéraires. Ceux-ci sont de diverses natures mais souvent, ils ont trait à la rhétorique. On a dû commencer à te faire ingurgiter des listes de figures de style. Tu viens (peut-être sans le savoir) de donner des éléments de narratologie dans tes messages précédents (narrateur fait partie de l'histoire, par ex). Ces outils ne demeurent que des raffinements superflus s'ils ne sont utilisés à des fins de démonstration. Concrètement, dire qu'il y a un chiasme dans l'alexandrin « Je ne sais ou tu fuis, tu ne sais où je vais », on s'en tamponne le coquillard tant qu'on n'a pas donné de sens à cette figure. Là, le chiasme sert à faire que je et tu s'entrecroisent, ce qui donne un aspect quelque peu sensuel du vers. N'oublie surtout jamais ça : quand tu rédiges ton commentaire, à chaque fois que tu exposes un fait, une figure, etc, demande-toi dans ta tête : « Et alors ? »
-> bosser, bosser, bosser
Plus tu observes, plus tu crées des outils, plus tu possèdes d'outils, mieux tu observes.
3. Un méthodologie solide. Je vais te donner la super méthode de mon prof d'histoire de terminale, infaillible même en français et en philo. Tu étudies ton texte, tu essaies d'en sortir tout ce que tu peux. Attention, il faut TOUJOURS travailler avec une voire plusieurs copies du texte. On fait tes relevés en utilisant de la couleur : une couleur par type de figure de style, par exemple. Normalement, ça donne un délire de couleurs qui fait mal à la tête.
Une fois ceci réalisé, on fait un tableau à trois colonnes. Dans la première, on met toutes ses idées en vrac. Puis, on essaie de les regrouper. Par exemple, tout ce qui se rapporte à la narration, je le souligne en vert. Dans la deuxième colonne, on trouve des titres qui rassemblent les idées. (en vert, tu écris le titre qui rassemble toutes les idées soulignées en vert). Troisième colonne : tu reprends tes thèmes et tu les mets dans un ordre qui t'intéresse. À partir de là, on crée les sous-parties. Le vert sera le II, par exemple. Avec les mêmes thèmes, on peut défendre des idées opposées en fonction de l'ordre qu'on a choisi. Ça, c'est la méthode idées/thèmes/plan.
Autres méthodes :
− moi/le monde/Dieu : ce plan consiste à partir du plus petit pour aller vers le plus grand, du plus évident vers le plus élaboré, de la terre vers le ciel, en somme. Pour ce texte, ça s'applique mal, à moins de transformer ça en plan personnage/narrateur/auteur. Dans une tragédie de Racine, ça s'applique à merveille. On traite de tout ce qui a trait au personnage, à sa situation concrète pour dire exactement ce qu'il traverse puis on fait une partie politique pour montrer que le texte soule des problématiques d'ordre social et enfin, on s'intéresse à la dimension philosophique du texte, au rapport avec Dieu ou la psychanalyse (au choix, selon le texte ou l'odébience du commentateur).
− une méthode qui n'en est pas vraiment une. Elle consiste à caser dans chaque titre de partie un des mots-clefs que je vais citer. Je propose cette liste (non-exhaustive) :
1.
⋅ discours, récit (voir discours/récit de Benveniste pour la boîte à outils)
⋅ polyphonie
⋅ métadicours, métatexte, métalinguistique, méta-ce-que-tu-veux (un métadiscours c'est un discours qui parle de quelque chose mais aussi et surtout du discours, un métatexte, c'est un texte qui parle du texte et de la littérature, etc)
⋅ compte-rendu, article, rubrique
⋅ dialogue, scène
⋅ parodie
⋅ esthétique
⋅ portrait
2.
⋅ pittoresque, pictural
⋅ pathétique, tragique, élégiaque, épique, ironique, comique, journalistique, bref, n'importe quel registre
⋅ blanc, noir, (attention, ces deux termes demandent un peu de culture et d'habileté), amoureux, sensuel,…
⋅ initiatique, absurde, existentiel, critique, polémique,…
ON PEUT COMBINER CES DIFFÉRENTES MÉTHODES, CE QUI DONNE PARFOIS D'EXCELLENTS RÉSULTATS.
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Surligne les parties de discours :
Je n'ai pas trouvé de topo très clair donc : Benveniste est un universitaire qui a distingué discours et récit. Le discours, c'est quand tu prends la parole en ton nom et que tu tiens de propos qui n'engagent que toi, en quelque sorte. C'est marqué par :
⋅ les déictiques (ceci, cela, ici, maintenant,… renvoyant à ce qui t'entoure)
⋅ la première personne
⋅ souvent le présent d'actualité
Le récit, c'est quand on parle d'une situation détachée du moment auquel on parle, c'est-à-dire quant on raconte. Les marqueurs :
⋅ préciser où et quand
⋅ troisième personne (éventuellement la première)
⋅ les temps tels que le passé simple, le passé composé, l'imparfait.
Je te demande de reprendre le texte et de mettre dans une couleur les moments où il raconte et dans une autre les moments où le narrateur construit un discours.
Ok d'accord….
Donc, j'ai suivi la méthode de ton prof d'histoire et voici ce que ca donne :
Colonne 1 : Idées en vrac.
Lol V. Stein => Utilisation d’initiales : typique du Nouveau Roman. Le personnage est anonyme (il n’est pas encore intervenu personnellement) et ambigüe. Le Nouveau Roman désacralise le personnage.
S. Tahla => A nouveau des initiales : Marguerite Duras utilise un lieu fictionnel (qui n’existe pas) mais qui fasse assez « américain ».
Description morale.
Manque de présence féminine durant l'enfance.
« ici » : L'emploi du terme « ici » est donc un marqueur de l'oralité, puisque ce procédé ne peut fonctionner que dans une conversation, pas dans un roman.
Le narrateur écrit comme il parle.
Frère plus âgé qu’elle => Sentiment d’infériorité ?
« On dit que » => Discours indirect
Champ lexical de l’enfance, de la famille => « née » « jeunesse » « enfance » « père » « collège » « parents ».
On ne sait rien de Tatiana Karl, sinon qu’elle était la meilleure (la seule) amie de Lol => Description lacunaire.
« Je n’ai rien entendu… année de collège » : Le narrateur n’invente rien. Il ne la connaissait pas quand elle était enfant. Il ne raconte que ce qu’ « on » lui a dit. On => Tatiana Karl : sa maîtresse.
« Elles ne voulaient pas sortir en rangs avec les autres, elles préféraient rester au collège » Nous assistons là à un lien de cause à effet ! Elles ne voulaient pas sortir en rang avec les autres DONC/PARCE QUE elles préféraient rester au collège.
« Elles… dit Tatiana » « On danse Tatiana ? »=> Discours indirect libre.
Mot « danse » répété 5 fois en 13 lignes.
« Allez Tatiana, allez viens, on danse Tatiana, viens » => Répétition.
« Une radio […] jouait » « bruit des rues » => Personnification. Tatiana et Lol sont seules, très seules.
« Rester » « seules » « préau vide » « pas avec les autres » => Toute sa vie, Lol restera seule, dans un monde vide, sans les autres.
« Frappé » => Participe Passé : celui qui parle est un homme et connait bien Tatiana Karl => C’est son amant.
« jouait des danses démodées dont elles se contentaient » => Assonnance.
Phrases un peu plus longues : on passe à des phrases complexes.
Narrateur énigmatique : il ne se présente pas, on doit tout déduire par soi-même.
Pas de repère temporel précis ; mais un repère spatial clair => le collège.
Le cadre temporel est définitivement inexistant : on passe d’un évènement habituel (tous les jeudis) à un évenement ponctuel (« ce jour-là »).
Incise : « dit Tatiana ».
Colonne 2 : Titre rassemblant des idées
Un narrateur singulier.
Différents types de phrases.
Des descriptions lacunaires.
Un enfance instable.
Une prédominance de l'imparfait.
Le discours rapporté en DIL.
Colonne 3 : Plan
Là, je bloque….
Mais dis moi, cette méthode, c'est pour faire un commentaire composé non ? Sauf que le professeur m'a dit de faire une explication de texte…
Est-ce la même chose ? Cette méthode vaut aussi bien pour l'un que pour l'autre ?
J'ai perdu toute ma réponse sur une fausse manip. -_- On recommence !
OUI ! Tu as bien saisi le principe de cette méthode et on avance bien. Bon, là, je vais vraiment donner un coup de main, par contre, je t'ai assez fait réfléchir et réviser.
D'abord, explication de texte, c'est soit commentaire linéaire soit commentaire composé. On est dans les clous. Au bac, si tu choisis l'explication plutôt que la dissertation ou l'invention, je te conseille de choisir le commentaire composé ; le linéaire est faussement facile.
La méthode idées/thèmes/plan fonctionne pour les commentaires composés et les dissertations. C'est donc un investissement.
Je te suggère un plan personnage / narrateur / auteur. La troisième partie est peut-être un peu difficile à mettre en place à ton niveau mais si tu y arrives, ça pourrait être intéressant. Il faudrait mettre l'accent sur l'absurdité ou la mise à distance, peut-être. On peut la remplacer par une partie sur l'emploi du mot « on ». Il y aurait vraiment de bons développements à faire dessus.
À ceci, j'ajoute quelques suggestions/corrections :
⋅ mettre l'accent sur la sensualité. La narrateur qui parle de Lol et Tatiana dansant ensemble (rappelons que, même si on ne le sait pas encore, il va coucher avec l'une et l'autre…), c'est déjà le triangle amoureux. Je ne dis pas qu'il faut absolument parler de ça, je dis qu'il faut bien mettre en avant cette caractéristique du personnage : la sensualité.
⋅ le roman a beaucoup à voir avec la psychanalyse. Jacques Lacan (le Freud français) a salué l'effort de Duras en disant que son roman exposait parfaitement un cas de dépersonnalisation. Bref. Le fait qu'il commence par l'enfance montre qu'il y a une influence de la psychanalyse. Le fait, au contraire de ce que tu dis, d'ailleurs, qu'il n'y ait rien de notable dans cette enfance, nous place dans une critique de la psychanalyse café du commerce. Ce n'est pas si simple et une partie de l'histoire restera illisible, non-élucidée, bref : absurde. (cf ce que je t'ai raconté sur le nouveau-roman)
⋅ La tonalité du discours évoque le langage journalistique, froid, objectif. Le narrateur est dans une enquête, il ne s'implique pas particulièrement (comment deviner qu'il est en fait amoureux de Lol ?). Ça tend vers le fait-divers, ce qui est un trait récurrent des œuvres du Nouveau-Roman. Il faut s'intéresser à cette prise de distance du narrateur.
Ok, d'accord… C'est très interessant tout ca…
Donc, voilà l'introduction, retouchée après ce que tu m'a dit :
En 1964, 20 ans avant qu'elle ne reçoit le prix Goncourt avec L'Amant, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol. V. Stein, un roman éponyme. Cette dernière est aussi l'auteur d'Un barrage contre le Pacifique (1950) et Le Vice-Consul (1966).
Le passage que nous allons étudier est l'incipit du roman : il installe une atmosphère particulière au Nouveau Roman.
Cet ouvrage, qui est le premier que l'auteur a écrit sans avoir bu, raconte l'histoire de Lol. V. Stein, une jeune femme à l'esprit instable depuis qu'elle a vu son fiancé la tromper lors d'un bal. Elle ne souffre pas tant d'avoir été trompée, mais surtout de ne pas pouvoir voir, épier, ce couple heureux : "Lol ne peut vivre à son compte".
L'objectif de l'auteur est décrire le personnage du Nouveau Roman, un personnage qui a aboli toute sorte de sentiment. Pour ce faire, Duras utilise un narrateur externe, des descriptions lacunaires, des figures de styles et le registre journalistique.
En quoi le personnage dépeint par Marguerite Duras dans cet incipit est un personnage du Nouveau Roman ?
Dans un premier temps, nous traiterons du personnage éponyme : Lolita Valérie Stein. Ensuite, nous aborderons la vision du narrateur et enfin, l'auteur lui-même.
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Plan :
I. Un personnage éponyme
II. Un narrateur bien singulier
III. L'auteur (c'est la partie que j'ai la moins bien comprise)
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Est-ce que mon introduction est bonne, et qu'est ce qu'il en est pour le plan ?
En 1964,
20vingt ans avant qu'elle ne reçoi
ve le prix Goncourt avec
L'Amant, Marguerite Duras publie
Le Ravissement de Lol. V. Stein,
un roman éponyme*Et alors ? Pas très pertinent ici*.
Cette dernière est aussi l'auteur d'Un barrage contre le Pacifique (1950) et Le Vice-Consul (1966).*OSEF.* ///
NB : on ne passe pas de ligne dans l'intro, le tout ne doit être qu'un paragraphe solidaire* Le passage que nous allons étudier est l'incipit du roman : il installe une atmosphère
particulièrepropre au Nouveau Roman.
*(c'est-à-dire ?)* Cet ouvrage, qui est le premier que l'auteur a écrit sans avoir bu, raconte l'histoire de Lol. V. Stein, une jeune femme à l'esprit instable depuis qu'elle a vu son fiancé
la tromperla quitter lors d'un bal.
Comme on l'apprendra plus tard dans le roman, le personnage éponyme ne souffre pas tant d'avoir été trompé, mais surtout de ne pas pouvoir voir, épier, ce couple heureux :
« Lol ne peut vivre à son compte.
»*source ? Intéressant ici mais est-ce réellement nécessaire ? Recentre-toi sur l'incipit et le Nouveau-Roman.*L'objectif de l'auteur est décrire le personnage du Nouveau Roman *NON ! Là, on dirait que tu parles d'un article de Duras sur ce que doit être un personnage dans le roman. De plus, on évite de parler des intentions de l'auteur, du but de l'auteur, etc. Contente-toi de décrire ce que tu lis. , un personnage qui a
aboli toute sorte de sentiment*éventuellement en conclusion mais 1. c'est faux, elle a des sentiments ; 2. l'affirmation ne s'appuie sur rien*. Pour ce faire, Duras utilise un narrateur externe et des descriptions lacunaires.
En quoi le personnage dépeint par Marguerite Duras dans cet incipit est un personnage du Nouveau Roman ? Dans un premier temps, nous
traiteronsmontrerons que ce texte constitue le portrait d'un personnage énigmatique *je te laisse trouver de meilleurs titres que cela sur le même mode pour les deux autres parties* puis nous aborderons la vision du narrateur et enfin, l'auteur lui-même.
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Plan :
I. Un personnage éponymec'est une évidence et tu ne nous annonces pas du tout ce que tu vas en dire. il faut CARACTÉRISER CE PERSONNAGE, TROUVER UN MOT QUI RÉSUME CE QUE TU VAS EN DIRE OU PLUTÔT CE QUE LE TEXTE, SELON TOI, EN DIT.II. Un narrateur bien singulierC'est-à-dire ? Il y a mille manière d'être singulier. -> tu parles de n'importe qui -> tu ne dis rienIII. L'auteur (c'est la partie que j'ai la moins bien comprise)
Tu n'es pas obligé de parler directement de l'auteur. Reprends la liste de la première colonne et supprime tout ce que tu vas mettre dans les deux premières parties. Avec ce qu'il restera, tu construiras ta troisième partie.
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alexanderbaldwin a écrit :Est-ce que mon introduction est bonne, et qu'est ce qu'il en est pour le plan ?
Il y a des choses à revoir !
Une bonne intro, c'est un texte qui est tout entier concentré sur la problématique. Il est toujours bon de donner des repères chronologiques et généralistes (écrit par untel, publié à tel moment) mais il faut vite se recentrer sur la problématique elle-même. Ici, les mots les plus importants de la problématique sont :
- incipit
- Nouveau-Roman
Tu dois donc définir l'incipit et le Nouveau-Roman. Essaie d'aller à l'essentiel, inutile de faire du remplissage. Tu verras que ta copie n'en sera que meilleure et ne crains surtout pas de ne pas faire assez de pages.
Aussi : apprends à utiliser la conjonction de coordination « or », particulièrement juste avant de donner la problématique.
Il se passe ça, ça, ça et ça. Or, patati-patata. On peut donc se demander si…
Merci beaucoup pour ta correction !!!!!!!
Voici l'introduction et le plan, retravaillé grâce à toi :
En 1964, vingt ans avant qu'elle ne reçoive le prix Goncourt avec L'Amant, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol. V. Stein. Le passage que nous allons étudier est l'incipit : il installe une atmosphère propre au Nouveau Roman (présentation d'un personnage anonyme et ambigüe). Cet ouvrage, qui est le premier que l'auteur a écrit sans avoir bu, raconte l'histoire de Lol. V. Stein, une jeune femme à l'esprit instable depuis qu'elle a vu son fiancé la quitter lors d'un bal. Comme on l'apprendra plus tard, le personnage éponyme ne souffre pas tant d'avoir été trompé, mais surtout de ne pas pouvoir regarder, épier, observer ce couple heureux.
Problématique : En quoi le personnage dépeint par Marguerite Duras dans cet incipit est un personnage du nouveau roman ?
Dans un premier temps, nous montrerons que cet incipit constitue le portrait d'un personnage énigmatique. Ensuite, nous aborderons la question du point de vue du narrateur ; puis enfin, celle de l'auteur.
PLAN- I. Un personnage principal ambigüe (comme il est d'usage dans le Nouveau Roman)
- II. Un narrateur externe mystérieux
- III. L'auteur et son objectif (pas sur du tout de ce 3ème point….)
J'espère que c'est mieux ahah
(en tout cas, merci beaucoup pour ce que tu fais !)
Oui, c'est beaucoup mieux ! Je vais encore essayer d'affiner.
Pour l'intro, il faut bien avoir à l'esprit l'idée d'un entonnoir. Tu vas du plus général au plus spécifique. L'entonnoir se resserre au moment de poser la problématique et il se poursuit sur l'annonce du plan.
Je suggère donc de déplacer une de tes phrases :
En 1964, vingt ans avant qu'elle ne reçoive le prix Goncourt avec L'Amant, Marguerite Duras publie Le Ravissement de Lol. V. Stein. Cet ouvrage, qui est le premier que l'auteur a écrit sans avoir bu, raconte l'histoire de Lol. V. Stein, une jeune femme à l'esprit instable depuis qu'elle a vu son fiancé la quitter lors d'un bal. Comme on l'apprendra plus tard, le personnage éponyme ne souffre pas tant d'avoir été trompé, mais surtout de ne pas pouvoir regarder, épier, observer ce couple heureux. Le passage que nous allons étudier est l'incipit. Il s'agit dans ces premières lignes du roman de présenter le personnage éponyme, une femme ambiguë et d'installer l'atmosphère du roman. *éviter les parenthèses, surtout quand le propos est central + en profiter pour développer un peu la définition du Nouveau Roman*Or, Marguerite duras est un des auteurs du Nouveau Roman, un mouvement littéraire qui propose de rénover le genre romanesque en rompant avec la notion de personnage. Nous pouvons dès lors nous demander en quoi le personnage dépeint par Marguerite Duras dans cet incipit est un personnage du Nouveau Roman. Dans un premier temps, nous montrerons que cet incipit constitue le portrait d'un personnage énigmatique. Ensuite, nous aborderons la question du point de vue du narrateur ; puis enfin, celle de l'auteur.
On y arrive !
Allez, je te laisse finir la suite tout seul.
C'est toujours un plaisir d'aider des lycéens motivés. Pour la suite de l'année, n'hésite pas à relire ce qui a été fait ici, je pense que ça peut t'être utile. enfin, n'oublie pas que c'est peut-être la dernière année durant laquelle tu seras amené à travailler en lettres. C'est une opportunité à saisir.
Bon courage pour la suite du commentaire et bonne journée !
Merci beaucoup ! J'y suis enfin arrivé 😉 (grâce à toi)
Je compte bien profiter de cette année, car après il y a le bac et ensuite la fac, ce qui ne me laissera pas beaucoup de temps pour lire des bouquins…
Je te remercie de ton aide !
Pour percevoir l'originalité de ce début de roman, il faudrait repréciser "la norme" (même si c'est artificiel) d'un incipit. Généralement, un incipit donne des indications de lieu, de temps, présente un personnage et quelquefois l'action. Et bien sûr, il donne envie de lire …
L'écart serait donc de faire autrement.
Bonsoir, j'ai un commentaire de texte à faire j'aimerais avoir de l'aide sur mes recherches…
Mon analyse porte sur l'incipit de ce roman de Marguerite Duras:
Lol V. Stein est née ici, à S. Tahla, et elle y a vécu une grande partie de sa jeunesse. Son père était professeur à l’Université. Elle a un frère plus âgé qu’elle de neuf ans — je ne l’ai jamais vu — on dit qu’il vit à Paris. Ses parents sont morts.
Je n’ai rien entendu dire sur l’enfance de Lol V. Stein qui m’ait frappé, même par Tatiana Karl, sa meilleure amie durant leurs années de collège.
Elles dansaient toutes les deux, le jeudi, dans le préau vide. Elles ne voulaient pas sortir en rangs avec les autres, elles préféraient rester au collège. Elles, on les laissait faire, dit Tatiana, elles étaient charmantes, elles savaient mieux que les autres demander cette faveur, on la leur accordait. On danse, Tatiana? Une radio dans un immeuble voisin jouait des danses démodées — une émission-souvenir — dont elles se contentaient. Les surveillantes envolées, seules dans le grand préau où ce jour-là, entre les danses, on entendait le bruit des rues, allez Tatiana, allez viens, on danse Tatiana, viens. C’est ce que je sais.
Cela aussi : Lol a rencontré Michael Richardson à dix-neuf ans pendant des vacances scolaires, un matin, au tennis. Il avait vingt-cinq ans. Il était le fils unique de grands propriétaires terriens des environs de T. Beach. Il ne faisait rien. Les parents consentirent au mariage. Lol devait être fiancée depuis six mois, le mariage devait avoir lieu à l’automne, Lol venait de quitter définitivement le collège, elle était en vacances à T. Beach lorsque le grand bal de la saison eut lieu au Casino municipal.
Tatiana ne croit pas au rôle prépondérant de ce fameux bal de T. Beach dans la maladie de Lol V. Stein.
Tatiana Karl, elle, fait remonter plus avant, plus avant même que leur amitié, les origines de cette maladie. Elles étaient là, en Lol V. Stein, couvées, mais retenues d’éclore par la grande affection qui l’avait toujours entourée dans sa famille et puis au collège ensuite. Au collège, dit-elle, et elle n’était pas la seule à le penser, il manquait déjà quelque chose à Lol pour être — elle dit: là. Elle donnait l’impression d’endurer dans un ennui tranquille une personne qu’elle se devait de paraître mais dont elle perdait la mémoire à la moindre occasion. Gloire de douceur mais aussi d’indifférence, découvrait-on très vite, jamais elle n’avait paru souffrir ou être peinée, jamais on ne lui avait vu une larme de jeune fille. Tatiana dit encore que Lol V. Stein était jolie, qu’au collège on se la disputait bien qu’elle vous fuît dans les mains comme l’eau parce que le peu que vous reteniez d’elle valait la peine de l’effort. Lol était drôle, moqueuse impénitente et très fine bien qu’une part d’elle-même eût été toujours en allée loin de vous et de l’instant. Où? Dans le rêve adolescent? Non, répond Tatiana, non, on aurait dit dans rien encore, justement, rien. Était-ce le cœur qui n’était pas là? Tatiana aurait tendance à croire que c’était peut-être en effet le cœur de Lol V. Stein qui n’était pas — elle dit: là — il allait venir sans doute, mais elle, elle ne l’avait pas connu. Oui, il semblait que c’était cette région du sentiment qui, chez Lol, n’était pas pareille.
Donc j'ai fait mon introduction normale je pose ma problématique qui est :
-Comment l'auteur s'y prend pour rendre son personnage captivant a priori ordinaire.
J'ai donc fait deux parties:
1/ Pourquoi est ce que ce personnage apparaît ordinaire?
J'ai décrit l'aspect physique du personnage, enfin de ce que l'on peut connaitre, ici que Lol est belle.
J'ai dit(brièvement) que l'auteur décrit la jeunesse de la fille et donc on s’aperçoit qu'elle n'a pas mené une vie mouvementée, elle faisait de la danse avec sa meilleure amie, bref une vie que n'importe qui aurait pu mener à sa place. Et j'ai aussi dit qu'elle essaye de se faire passer pour quelqu'un qu'elle n'est pas réellement "il manquait déjà quelque chose à Lol ,une personne qu’elle se devait de paraître mais dont elle perdait la mémoire"
2/Quelles stratégies utilisées pour rendre intéressant Lol.V.Stein?
Et c'est ici que commence le blocage je ne comprends pas… :/
J'aimerais recevoir certaines pistes qui pourrait m'aider à finaliser mon commentaire.
Merci d'avance
N'hésite pas à lire les contributions de ce fil.
Bonsoir.
Oui, en attendant d'autres réponses, tu pourrais déjà parcourir les pages de la présente discussion, où j'ai déplacé ton message.
j'ai déjà lu tous les messages
Et tu n'en as tiré aucune piste ?
non je n'ai pas trouvé mon bonheur :/
A défaut de trouver ton bonheur, tu pourrais tirer parti de la manière d'aborder un incipit de roman entre ce qui est attendu et ce que Duras nous donne.(Ce qu'on appelle la norme et l'écart)
Ce que tu appelles TA problématique, qui d'ailleurs n'en est pas une, est-elle ta production personnelle ou la question du sujet ?