Demande de traduction d’un texte alchimique en latin

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10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous
J'étudie l'alchimie et suis une fois de plus confronté à un texte latin qui me fait soucis. Il est très court, raison pour laquelle je me permets de vous solliciter. Voici le texte, il est accompagné de traductions mot à mot, mais malgré cela je ne parviens pas à reconstituer un tout cohérent. Merci par avance.
Cordialement

NUNC HUMILIS TREPIDAT,RAPIDO NUNC VORTICE SURGIT
FLAMMA FOCUM PRUDENS SED BENE DEXTRA REGIT.
EST CALOR IN NOBIS,EST IGNIS,CASUS ET INDE
MOTIBUS INCENDIT PECTORA QUISQUE SUIS.
MOTUS TU RAPIDOS MODERARI DISCE:MEDULLAS
EST ANIMO SISTI NESCIA FLAMMA TUAS.

quelques pistes :

nunc : à présent
humilis : humble,faible
trepidat : hésiter, agité
rapido: rapide,précipité,prompt
vortice: sommet,pic
surgit : apparait
flamma : feu,flamme,enflammé
focum :foyer
prudens😜rudent
sed: mais
bene: bien
dextra : droite,propice,favorable
regit : diriger,conduire,régir
est :être
calor😜osé,placé,chaleur
in:dans
nobis:notre
ignis:feu,rougeur
casus:accident,accroc,malheur,occasion,hasard,circonstance
et: et
inde: introduit,posé sur,à partir de là,de l'inde
motibus: mouvement,animation,évolution
incendit : brûler,embraser,mettre le feu
pectora: coeur,poitrine
quisque: chaque
suis: leur,sa,son,coudre,cochon,porc,truie
motus: charpie, évolution, mouvement, animation, agiter,remuer
tu : toi
rapidos : promptement,violent,précipité,impétueux
moderari : modéré,réglé,maitrisé,conduire,modéré,réfréné
disce: s'instruire,apprendre,étudier,disque,palet,cadran,plateau,plat
medullas: moelle,remplir de moelle
est : manger,être,se trouver
animo : animé,âme,coeur,esprit
sisti : laisser faire, affermir, consolider, tenir bon,s'arréter,poser
nescia: ignorant
tuas : ton,tien
Bonsoir,
Au risque de vous décevoir, le texte ne traite nullement d'alchimie, mais de philosophie stoïcienne ou de morale chrétienne ; son auteur nous dit, après tant d'autres, qu'il faut savoir faire taire nos passions en prenant l'image de la flamme. Tout cela en distiques élégiaques…
Il était d'autre part inutile d'établir cette longue liste de vocabulaire : on ne peut, à l'avance, être sûr du sens exact des mots dans les langues anciennes.
En voici la traduction (par contre, je n'ai pu identifier l'auteur).

Tantôt, la flamme tremblote, faible, tantôt elle s’élève en un tourbillon impétueux.
Mais, prudente, ta main règle le foyer comme il faut.
En nous est la chaleur, en nous est le feu, et de là le malheur ;
Chacun embrase son cœur par ses propres mouvements.
Apprends, toi, à modérer tes mouvements impétueux :
La flamme ne sait pas que ta moelle est rendue ferme par ton esprit.
Bonsoir
Merci infiniment de vous être donné cette peine. Pour éclairage, vous n'avez pas idée des inter-dépendances entre les anciennes philosophies, mythes de toutes origines, morale chrétienne et j'en passe.
Cordialement
Si, mais je ne peux pas développer cela peu de lignes.
Puisque j'ai parlé de philosophie stoïcienne et de religion chrétienne, je peux signaler leur différence dans la façon de considérer l'esprit et la matière, la nature et le divin. Mais attention, je ne suis pas philosophe, et je simplifie.
- Pour le Christianisme, Dieu est une personne (de même que le Christ et l'Esprit Saint) qui a créé le monde matériel, les animaux et l'homme ; il s'en distingue donc, et on dit qu'il est transcendant. L'homme réunit en lui un principe divin, l'âme et un principe matériel, le corps. Les deux sont distincts ; on parle de dualisme. L'âme est immortelle et se trouve jugée après sa mort car elle avait la liberté d'accepter ou de refuser la grâce qu'elle avait au départ. Il y a aussi le problème du péché originel, mais on ne va pas entrer dans les détails…
- Pour le Stoïcisme, la divinité n'est pas une personne, et les stoïciens ne voient dans les dieux de l'Olympe que des allégories ; cette divinité innerve la matière et en est indissociable : elle est immanente. L'homme est donc matériel et divin, tout comme la nature, mais les deux sont étroitement unis comme les deux face d'une même feuille de papier ; on parle de monisme. Après la mort, l'être disparaît tout entier, va "là où il était avant la vie" (Sénèque), il ne doit de compte à aucun dieu. Le stoïcisme est donc un matérialisme spiritualiste.
Bonsoir
Je m'aperçois que je n'ai posté que la moitié de ce que j'avais écrit, voici la suite.
Merci infiniment de vous être donné cette peine. Pour éclairage, vous n'avez pas idée des inter-dépendances entre les anciennes philosophies, mythes de toutes origines, morale chrétienne et j'en passe, et l'alchimie. D'aucuns même pensent, dont je fais partie, que ce n'est pas l'alchimie qui tire ses symboles de tous les concepts précédemment évoqués, mais le contraire. Que donc tous ces mythes et croyances n'ont été mis en place que pour servir d'allégorie au travail des Philosophes de Nature.
Et je confirme, ce texte est bien un texte alchimique à n'en point douter, de plus son origine élimine toute équivoque à ce sujet.
Je reprends ce que vous avez écrit entre temps.
- Pour le Christianisme, Dieu est une personne (de même que le Christ et l'Esprit Saint) qui a créé le monde matériel, les animaux et l'homme
Je n'ai pas connaissance qu'il soit écrit quelque part que Dieu soit une personne, la seule chose à mon avis qui ait pu le laisser croire c'est qu'il a été dit qu'il avait fait l'homme à son image, quant à l'esprit saint encore moins, seul le Christ est l'émanation personnifiée du principe divin.
- L'homme réunit en lui un principe divin, l'âme et un principe matériel, le corps. Les deux sont distincts ; on parle de dualisme.
A notre sens, l'homme n'est pas constitué de 2, mais de 3 principes, le corps, l'esprit et l'âme. Distincts effectivement, on pourrait plutôt parler de triolisme..
- et les stoïciens ne voient dans les dieux de l'Olympe que des allégories ; cette divinité innerve la matière et en est indissociable
Jusque là pareil pour les alchimistes
- L'homme est donc matériel et divin, tout comme la nature, mais les deux sont étroitement unis comme les deux face d'une même feuille de papier.
Et toujours à notre avis, ou du moins pour ce que j'en comprends, il n'y a pas à ce niveau du moins, comme vous le soulignez, de différence entre le catholicisme et le stoïcisme, car justement le fait qu'il soit dit que Dieu avait fait l'homme à son image implique qu'il ait en lui une part indissociable de divin. Il y a donc à mon sens tout lieu de croire que l'interprétation du message a été tronquée par ceux qui se le sont approprié pour finalement asservir et contrôler (la réflexion dépasse le cadre alchimique).
Et merci tant pour l'échange que pour avoir enrichi mon vocabulaire avec "monisme".
Au plaisir de vous lire.
Cordialement
Le mot personne n'était pas à entendre dans son sens banal, et j'aurais dû le mettre entre guillemets. C'est pourtant le mot utilisé par les théologiens eux-mêmes. Le Dieu des Chrétiens est personnalisé (bien qu'inconnaissable), on peut le prier, il nous juge, etc… Le "dieu" stoïcien est impersonnel, on ne le prie pas, il ne nous juge pas, nous en sommes une parcelle. C'est pourquoi, pour eux, la sagesse consiste essentiellement à "suivre la nature". Je ne puis entrer dans les détails ici.
Bonjour Jacques,

Le Dieu des chrétiens n'est pas "inconnaissable". Justement il s'est fait connaître dans le Christ, manifestation de l'invisible dans une nature humaine. Le Christ est venu révéler la nature profonde du Dieu unique en trois personnes : l'amour.
Tout est dit essentiellement dans l’Évangile de Jean.
Personne n’a jamais vu Dieu,
mais Dieu-Fils-Unique nous l’a fait connaître,
lui qui est dans le sein du Père.
On ne va pas se lancer dans un débat théologique, mais la question n'est pas si simple… Beaucoup de Pères de l'Eglise (dont Saint-Augustin) considèrent qu'on ne peut connaître Dieu dans son être, vu qu'il est transcendant, incréé, non soumis à la temporalité et que tout cela est inaccessible à nos facultés "cognitives" (credo quia absurdum) ; en revanche, on peut le connaître dans ses effets, dans ce qu'il manifeste envers nous - comme dans le passage que tu signales - et même dans certains de ses desseins. On retombe ici sur la vieille distinction des scolastiques entre la quiddité et la qualité. Disons, pour conclure, qu'il y a connaître et connaître…
Bien d'accord, on ne peut connaître complètement Dieu, pas plus que n'importe quelle personne.
Mais le propre du christianisme est justement que Dieu a pris l'initiative de se faire connaître, de se révéler.
Cela, c'est indéniable, et c'est ce qui a sans doute fait la force de cette religion.