Peur d’être enseignant dans l’état actuel…
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Bonjour à tous,
J'espère que vous pouvez m'aider.
Je viens tout juste de terminer mon M2 anglais (recherches) et je me destine (destinais?) à l'agrégation d'anglais l'année prochaine. Le seul problème c'est que je ne sais plus si je veux être enseignant… A la base, je me destinais à la recherche mais je me suis rendue compte que ça ne me plaisais pas… En ce qui concerne l'enseignement, j'ai tout simplement peur d'être envoyé en ZEP une fois l'agrégation obtenue… J'ai aussi peur que le métier ne me plaise pas….Du coup depuis peu, j'ai cherché d'autres voies possibles sur internet et je suis tombée à plusieurs reprises sur le métier d'orthophoniste… Un réel coup de foudre… J'ai une amie qui fait ça et qui m'a expliqué son métier en détail… Le seul problème c'est qu'il faut que je passe un concours d'entrée très sélectif et que je refasse 5 ans (j'ai déjà un bac+5…), il n'existe aucune équivalence ! J'ai peur de me tromper… mais en même temps j'ai 23 ans et si je dois changer c'est maintenant ! (pas à 40 ans avec des enfants…) Bref je suis vraiment perdue, je ne sais pas trop quoi faire !
J'aimerais donc avoir votre ressenti quant au métier de l'enseignement. Pourquoi avoir choisi ce métier? Qu'est-ce que vous aimez? Quand je lis sur internet, j'ai l'impression que personne est épanouie en tant qu'enseignant et qu'il existe un réel mal-être…
Merci beaucoup !
Je suis actuellement professeur de lettres en collège, et jusqu'à présent, je dois dire que je m'épanouis dans mon métier. Ce n'est pas toujours facile, on passe inévitablement par des moments de découragement, mais on a aussi des satisfactions - parfois extrêmes - quand est parvenu à éveiller des curiosités, à susciter de l'intérêt pour l'objet d'étude qu'on s'est donné, à faire réfléchir des ados qu'on pensait voués à la console ou au portable. Et quelle joie quand ils reviennent vous le dire l'année suivante… J'ai toujours voulu être enseignant, et je ne changerai pas de si tôt.
tania23 a écrit :Du coup depuis peu, j'ai cherché d'autres voies possibles sur internet et je suis tombée à plusieurs reprises sur le métier d'orthophoniste… Un réel coup de foudre… J'ai une amie qui fait ça et qui m'a expliqué son métier en détail…
Je reproche à mes professeurs d'anglais de ne nous avoir jamais faits travailler la prononciation de l'anglais. L'anglais est une langue très difficile à prononcer quand on est locuteur de français natif. Il devrait y avoir une part d'orthophonie en cours d'anglais.
Personnellement, mes professeurs de mon établissement actuel (pourtant non en ZEP) sont au bord de la crise de nerfs, d'autres carrément en dépression. Alors, bien entendu, il doit y en avoir des heureux, quelque part en France, mais il reste une bonne partie malheureuse.
Malheureuse je ne sais pas, mais il existe en tout cas une réelle appréhension des étudiants face au métier d'enseignant. Je sors d'une Licence de Lettres modernes, nous étions une promo de 170 étudiants, et seulement… 3 se destinent à l'enseignement en secondaire.
Quand j'interroge mes camarades, toujours les mêmes réponses : "salaire misérable pour le niveau d'étude" ; "aucune reconnaissance sociale" ; "peur d'être confronté aux élèves" ; etc.
Qu'est-il advenu de ce qu'on appelait jadis "le plus beau métier du monde" ?
Je me destine à l'enseignement, c'est une appréhension que je partage…
J'ai également une petite appréhension. L'enseignement secondaire n'est pas ma priorité (qui est plutôt la recherche). Ceci dit, il faudra probablement y passer, voire y rester. Cela ne me dérange pas plus que ça dans le principe. Ceci dit, je crois qu'il est tout naturel d'avoir des doutes au regard du contexte ambiant : non seulement le regard porté sur les professeurs (que ce soit en termes de prestige ou de salaire) par la société mais également le propre regard des professeurs sur leur métier et sur leurs conditions. Tout ceci est peut-être sur-médiatisé mais on ne peut s'empêcher de se dire qu'il y a une part de vérité dans tout cela.
Le professorat est un métier difficile : la conscience de cette réalité n'a peut-être jamais été aussi forte et l'espoir de servir le bien commun sera probablement notre seule ressource. 🙂
Pour les cours de prononciation c'est exact! On en manque…
Mon ancien lycée était un lycée assez calme (bon il y avait quelques élèves chiant, mais peu…).
Une prof par contre me disait qu'à ses début, avant d'être dans cet établissement, elle était dans un collège assez difficile, et comme de nature elle est assez gentille, ça était compliqué pour elle. Mais comme c'était en collège (pas de pression d'examen sauf 3ème) l'inspecteur lui avait conseillé de ne pas chercher à finir le programme (Histoire géo), mais d'insister sur les points qui semblaient intéresser les élèves.
Elle avait aussi choisi de faire ses cours grâce à des textes à trou, des documents à compléter:
- les élèves aiment pas mal
- ça lui évitait de tourner le dos à la classe
Après d'autres profs misent sur le plan de classe, le fait d'être quand même souriant pour pas braquer etc
Bon là je rapporte les propos et expérience de prof!
Après, il y a la ZEP, mais il y a aussi les établissements voisins, non ZEP et pourtant difficiles, et qui donc ne bénéficient pas de budgets supplémentaires.
Verbum a écrit :tania23 a écrit :Du coup depuis peu, j'ai cherché d'autres voies possibles sur internet et je suis tombée à plusieurs reprises sur le métier d'orthophoniste… Un réel coup de foudre… J'ai une amie qui fait ça et qui m'a expliqué son métier en détail…
Je reproche à mes professeurs d'anglais de ne nous avoir jamais faits travailler la prononciation de l'anglais. L'anglais est une langue très difficile à prononcer quand on est locuteur de français natif. Il devrait y avoir une part d'orthophonie en cours d'anglais.
Personnellement, mes professeurs de mon établissement actuel (pourtant non en ZEP) sont au bord de la crise de nerfs, d'autres carrément en dépression. Alors, bien entendu, il doit y en avoir des heureux, quelque part en France, mais il reste une bonne partie malheureuse.
Mais arrête de faire des généralités aussi énormes, qu'est-ce que tu connais au moral des profs ? Tu as fait un sondage ? Les enseignants que tu as pu croiser ne sont pas représentatifs du moral des enseignants partout ailleurs
--'. Et à ton argument "tous mes profs sont en pleine crise de nerfs", je pourrais te rétorquer que toutes les amies qui sont dans l'enseignement s'y épanouissent pleinement, de même que beaucoup de gens de ma famille ou de mon entourage. Désolée pour le coup de gueule mais bon, ça m'énerve un peu de voir autant de visions négatives de l'enseignement. Certes tout n'est pas rose mais on n'est pas déprimés pour autant.
J'ai fait mon stage en collège cette année, les débuts ont été un peu difficiles, il faut s'adapter (au départ j'étais déçue car je voulais être au lycée mais bon, finalement c'était une expérience assez intéressante mais si surprenante à bien des aspects 😜), à la fois au niveau des élèves (mais ça, ça va encore) mais surtout à "l'âge bête" (j'avais notamment des 4èmes et bon, ils sont bien gratinés^^). Même si le contact passe mal avec certains, franchement j'ai été surprise de voir qu'ils changeaient au cours de l'année, au début ils sont méfiants et puis après ils nous font davantage confiance (encore que, pas tous bien sûr). C'est vraiment un métier enrichissant, je pense juste que les premières années ne sont pas forcément les plus épanouissantes car on découvre tout et c'est parfois difficile, surtout que l'on démarre sans cours, sans support déjà défini. Mais j'ai pu faire de super trucs avec eux, notamment du théâtre (les 6èmes connaissaient Molière par cœur, j'étais fière^^), des études de textes qui leur ont plu, enfin c'était très sympa. Idem quand des élèves disent ": je n'ai lu qu'un livre dans l'année, c'est celui qu'on a étudié en début d'année et j'ai adoré" (bon j'ai tiqué sur "j'ai lu qu'un livre" 😜 mais sinon c'était adorable).
Et concernant le salaire, franchement je n'ai pas à me plaindre pour une première année…à long terme c'est peut-être insuffisant, mais pour un début, je suis vraiment contente.
Je vais ajouter mon grain de sel (j'ai lu attentivement chacun de vos messages) en détaillant ma propre "expérience"
Lorsque j'étais au collège, j'étais dans un collège dit "difficile" (toujours une grosse ambiance, mais rien de grave, de dangereux etc.). En quatrième j'ai eu deux professeurs d'Anglais, l'une a fuit ma classe, l'autre est restée. En seconde, trois professeurs, l'une que j'ai faite fuir personnellement (sous-notation car elle n'aimait pas les élèves bosseurs, donc pourrissement à l'administration avec plusieurs autres élèves dans mon cas etc…) l'une qui était un amour, la classe était hyper calme mais a du nous quitter en plein milieu en raison de son état de femme enceinte et enfin la dernière, trop gentille, qui s'est donc faite bouffée.
Maintenant, en Terminale, dans un établissement dit d'excellence (je ne rapporte que les dires de V. Peillon qui était passé au Lycée) les cours d'Anglais ne se sont jamais aussi bien passés, toute la classe suivait, on rigolait avec les professeurs. Mon enseignante, Mme D. est à mes yeux le rêve de tout élève désireux d'apprendre l'Anglais : Réunionnaise, ayant étudié en Afrique du Sud et en Ecosse (elle n'a passé que son examen de recrutement en France, le reste a été fait dans les pays sus-nommés) et surtout jeune. Par jeune, ce n'est même pas le physique mais les réactions instantanées, souvent drôles car inattendues de la part d'un professeur. Et surtout, elle nous parlait comme à des adultes mais en même temps comme à ses enfants, et c'est de là que naquit ce lien. Tous les élèves étant passés par elle, la re-contactent et prennent des nouvelles d'elle, de sa fille… La plupart du temps, le cours de 2h passait comme s'il ne durait que 20 minutes. Elle avait une méthodologie U-NIQUE. À la partie orale du bac la note minimale était de 15, et il y eut de nombreux 20/20 à cette-même épreuve.
Sa méthodo' était simple et surtout tellement ludique. En une année, les plus idiots (excusez-moi du terme) devinrent moyens/bons. Je sais très bien que les conditions de recrutement de l'AEFE sont infaillibles et très strictes, et j'ai également conscience d'être très favorisé par rapport aux autres lycées quidam. Et c'est en partie ce que je reproche à mes anciens professeurs. Tous ceux qui imposaient une distance étaient les plus détestés car jugés trop froids et anti-élèves. Néanmoins, j'approuve et je maintiens cette phrase. Nous passons une année voire plus avec eux, le minimum est d'être "proche" ou du moins faire en sorte que le cours se déroule super bien.
En Spé et Littérature Anglaise, c'était la même chose. Une enseignante beaucoup plus âgée mais qui était comme elle, une vraie maman mais qui nous traitait comme des adultes. Les cours se passaient super bien et lorsque nous avions 3h, les 3h passaient très vite. Elle a rendu pratiquement bilingue tout le groupe de Terminale L en rejetant les anciennes techniques càd. gaver de livres et laisser les élèves se débrouiller. C'est à travers des films qu'elle a adapté avec le programme que nous sommes devenus si bien rodés en Anglais (pour ma part, j'étais déjà presque-bilingue donc je n'ai pas trop ressenti le changement) avec les films, maitrise de l'Anglais familier, courant et soutenu. Les petits-déjeuners avec elle étaient également nombreux tout comme avec ma professeur de Philo avec qui l'on faisait des sortes de pique-nique lorsque nous avions cours de 11h à 13h.
Verbum : Je pense qu'il faut laisser la "chance" à un professeur, d'un autre côté si le climat n'est pas bon, il va pas vraiment insister. Si je devenais professeur (haha, ça n'arrivera jamais.) et que le climat venait à ne pas être bon, je tâcherai d'appliquer les méthodes de ces deux professeurs. Et si cela ne marcherait pas, je démissionnerai, on ne pousse pas un âne mort. Quant à la grammaire, c'est que tu es tombée sur une professeur incompétente. Comateen, ne le prends pas mal car je sais que tu es enseignante (le tutoiement te dérange-t-il ?) mais certains professeurs font n'importe quoi, ils viennent, s'asseyent, et attendent que l'heure passe (Exp. personnelle)
Un petit conseil à donner : Ne faites pas cours, mais faites découvrir quelque chose. Les élèves s'en foutent pour la plupart et ne sont là que pour l'examen, créez donc une super relation entre vous, et à cela, ils viendront avec plaisir. À titre d'exemple, lorsqu'il y avait des heures libres, on venait voir ces professeurs, même les plus médiocres (pour ne pas dire pire) venaient.
Ah mais je suis tout à fait d'accord, certains profs, et j'en ai eu, attendaient que ça se passe, comme tu dis (cela dit j'en ai eu pas mal à la fac, des comme ça, et un peu au lycée). Pas de souci pour le tutoiement 😉.
"Ne faites pas cours mais faites découvrir quelque chose" : c'est une belle phrase mais c'est pas aussi facile^^il y a bien des moments où il faut faire cours…
Bonjour CandyCandy,
Tu dis beaucoup de ta prof d'anglais réunionnaise qu'elle avait une super méthodologie, mais tu ne dis pas en quoi consistait cette méthodologie. Tu pourrais nous en dire plus stp ?
Et puis, soit dit en passant, la Réunion faisant partie du territoire français, je ne vois pas pourquoi elle aurait été engagée par l'AEFE.
Mais faire découvrir, c'est justement faire cours !!!
Le Chevalier au Lion a écrit :Bonjour CandyCandy,
Tu dis beaucoup que la méthodologie de ta prof d'anglais réunionnaise qu'elle avait une super méthodologie, mais tu ne dis pas en quoi elle consistait. Tu pourrais nous en dire plus stp ?
Et puis, soit dit en passant, la Réunion faisant partie du territoire français, je ne vois pas pourquoi elle aurait été engagée par l'AEFE.
Elle est née et a grandi à la Réunion, mais elle n'enseigne pas là-bas.
Sa méthodo, disons qu'elle nous poussait à travailler involontairement, en gros, regarder des super productions et des classiques du cinéma et nous dire, ok vous avez 10minutes pour traduire ce passage, et généralement les scènes étaient soit très drôles, soit tragiques ce qui
suscitait à chaque fois notre curiosité.
Nous faisait découvrir des groupes de musique britanniques et on traduisait les paroles, évoquait sa vie d'étudiante (qui a un peu fait fantasmer tous les élèves, les années 90 à Londres, nous étions tous Oooh mais on veut y aller nous aussiiii 😞 ) Il y avait également des études de texte intégrales à faire à la maison 2 fois par mois assez longues mais qu'avec des textes hyper intéressants (tout le monde faisait son travail en plus)
Et puis, ses répliques étaient juste priceless ! Du genre "Retourne-toi encore et je te fouette sur la place publique" dit comme ça, ce n'est pas drôle, mais son regard et le ton de sa voix étaient juste hilarants ou encore "NAN MAIS TU TE MOQUES DE MOI DJIHANE ? Tu te moques de moi là ? Nan mais vous vous moquez VRAIMENT de moi là ? NAN MAIS OH ? OH ET PUIS PU*** on laisse passer, me soule pas à l'avenir OK ?" le truc c'est que, c'était toujours dit sur le ton de la rigolade, et donc elle calmait les élèves et en même temps n'était pas castratrice. Il y avait aussi, les pièces de théâtre en Anglais des petites saynète très agréables. Où l'on se notait et donc encourageait à chaque fois l'élève à se surpasser.
Une partie du temps était destiné à l'accent, elle avait un accent juste énorme : Mélange sud-africain et écossais. Très posh mais très agréable à entendre, au final, plus aucune faute concernant le i long et le i court. Sauf une fois confusion entre Beach et Bitch, hilarité générale même venant d'elle mais après auto-correction
@Jacques : Non, certains de mes anciens professeurs rentraient, récitaient la partie "Synthèse" du livre pour se donner bonne conscience et donnaient une dizaine d'exercices pour avoir le sentiment d'avoir bossé. Une des phrases d'une de mes profs de Français et d'Histoire Géo et qui m'a marqué jusqu'à maintenant "Vous savez, moi je m'en fou, vous suivez ok, sinon tant pis, moi je suis payée, et j'ai mon salaire à la fin du mois, donc c'est plus mon problème"
Et c'est justement ça, si le cours est trop monotone, l'élève se désintéresse et il faut tout le temps le stimuler.
Ayant reçu quelques mp plus que sarcastiques de l'ami Verbum, je tiens à préciser une chose : oui, on peut se plaire dans ce métier, et non, le fait de dire qu'on a des satisfactions n'est pas "cacher l'envers du décor", que ce soit du point de vue du déroulement des cours ou du salaire. Je serai TZR en région parisienne à la rentrée, logerai à Paris donc aurai forcément un logement plus petit qu'en province, mais c'est un choix et je ne m'en plains pas. Je trouve très pénible de se coltiner des réflexions méprisantes et hautaines sur l'enseignement. Que chacun ait un avis sur la question, très bien, mais il faudrait peut-être arrêter de prétendre tout connaître quand on n'a jamais donné un cours de sa vie (je ne parle pas de toi CandyCandy).
La réflexion de ta prof est d'ailleurs assez choquante…
J'aimerais être une super prof comme votre prof réunionnaise 🙂
La plupart de mes amis me disent que je serais une super prof (il paraît que j'ai la pédagogique en moi..) mais cette raison ne me suffit pas, j'aimerais aussi être épanouie dans ce travail !
Certaines réponses me rassurent : ce métier est passionnant pour certaines personnes ! Le problème c'est que les bons retours sont peu audibles par rapport aux mauvais… résultats : les étudiants ne veulent pas faire ce métier ou doutent…
Je suis vraiment face à un problème de taille :
1ere solution: prendre le risque de passer un concours très sélectif (l'agrégation) en espérant l'avoir du premier coup, que le métier me plaise, tomber sur une "bonne" classe (pas parfaite certes mais sans violence et idéalement au lycée), n'être pas envoyée dans une autre ville…
2ème solution : passer le CAFEP (privé) afin d'éviter les problèmes éventuels du public et de choisir mon établissement. (mais précarité, pas les avantages du public)
3ème solution : faire une expérience dès l'année prochaine dans l'enseignement, me jeter dans la gueule du loup, ça passe ou ça casse. (donc repousser l'agrégation à l'année prochaine si ça me plait)
4ème solution : tout laisser tomber et passer le concours d'orthophonie (avec une prépa car très sélectif) et refaire 5 ans… (j'ai 23 ans donc ça veut dire que j'aurais mon job pas avant 30 ans…)
Je suis vraiment perdue !
Est-ce que vous pensez qu'on ne doit pas avoir de doutes si on est sûr de vouloir être prof?
Je suis loin d'être une prof chevronnée, mais je pense que c'est vraiment normal de douter, surtout pour un métier qui t'engage à vie. Alors bien sûr on peut dire que l'envie d'être prof est en nous depuis longtemps, mais je trouve ça totalement logique de douter, d'être angoissé.
Le CAFEP a des avantages, entre autres celui de rester dans son département ou sa région, mais pour la discipline je pense que ce n'est pas forcément mieux que le public…et tu sais, même avec l'agreg, tu peux te retrouver dans des collèges difficiles.
Si tu as envie d'enseigner, si tu prends plaisir à préparer tes progressions et peut-être, déjà, tes futurs cours, vas-y 😉
Comateen a écrit : le fait de dire qu'on a des satisfactions n'est pas "cacher l'envers du décor", que ce soit du point de vue du déroulement des cours ou du salaire.
Non, mais le fait de ne pas dire les conditions de vie comme le logement par exemple cacherait une partie du métier de professeur. Maintenant, c'est dit, sans précision, mais c'est dit et tant mieux.
Les conditions de vie dépendent aussi de ta ville. C'est plus facile de louer un 40 m carrés en province (et moins cher, aussi) que de louer la même chose à Paris. Après c'est une question de choix, que personnellement je ne regrette pas étant donnés tous les avantages d'ordre culturel notamment, et on a largement de quoi se loger. On n'est pas miséreux sous prétexte qu'on ne peut louer quelque chose de spacieux dans une ville aussi chère.
tania23 a écrit :4ème solution : tout laisser tomber et passer le concours d'orthophonie (avec une prépa car très sélectif) et refaire 5 ans… (j'ai 23 ans donc ça veut dire que j'aurais mon job pas avant 30 ans…)
Bienvenue au club meuf ! Je viens d'avoir 28 ans, je passe mon capes oral de lettres modernes l'année prochaine, et je ne serai du coup titularisé — si tout se passe bien — qu'en septembre 2015, c'est-à-dire à 30 ans. Comme toi si tu t'y engages, j'ai repris des études à 23 ans (après une licence de musicologie notamment) et je ne regrette absolument pas ce choix ! Je n'ai jamais autant appris et mûri, ni eu autant envie d'apprendre et de progresser humainement. Alors bien sûr je ne peux pas te dire ce que j'aurais été si j'avais fait d'autres choix, mais je peux t'assurer qu'aujourd'hui je suis content de la tournure que prennent les choses. Après, je dois reconnaître que lorsque j'ai repris de nouvelles études, c'était avant la mastérisation des concours, et je m'engageais alors pour trois ans et non cinq comme ça a finalement été le cas et comme ce que toi tu envisages de faire. Mais le résultat est que j'ai fait 5 ans. Ok c'est long et pénible à certains égards (qualité de vie notamment) mais ça t'apprend l'humilité, et la gratification et la satisfaction personnelles ressentis lorsque que tu arrives au bout de ton projet professionnel sont à la mesure de ces efforts consentis durant ces années.
Tout ça pour te dire que selon moi, ce projet professionnel pour devenir orthophoniste est loin d'être une aberration. Il va te demander du courage, de la volonté, de l'abnégation, de la patience, énormément de travail, mais au bout, ça peut être super ce qu'il va se passer et donc en cela valoir le coup. Après, je ne sais pas quels sont les débouchés dans l'orthophonie. Je ne te dis pas non plus que c'est le meilleur des choix parmi tous ceux qui se présentent à toi, simplement qu'il est largement réalisable et qu'il est très sensé.
CandyCandy a écrit :
"NAN MAIS TU TE MOQUES DE MOI DJIHANE ? Tu te moques de moi là ? Nan mais vous vous moquez VRAIMENT de moi là ? NAN MAIS OH ? OH ET PUIS PU*** on laisse passer, me soule pas à l'avenir OK ?"
Mon professeur de lettres classiques hurlait (on l'entendait à travers tout le bâtiment lycéen) la même chose mais en étant furieux contre nous, avec plus de jurons et en tapant sur la table nos copies (je ne vous décris leur état après…).
CandyCandy a écrit :
"Vous savez, moi je m'en fou, vous suivez ok, sinon tant pis, moi je suis payée, et j'ai mon salaire à la fin du mois, donc c'est plus mon problème"
Mon professeur d'histoire-géographie en allemand disait la même chose parce qu'il avait " marre de voir [n]os têtes " (sic). Il ne parlait même pas allemand, ce glandu (incompétence confirmée par une élève allemande invitée, sa " Korrigierung " [alors qu'on dit " Korrektur "], entre autres fautes, la présence de nombreux dictionnaires et sa prononciation).
Merci beaucoup pour tes conseils Le chevalier au lion 🙂 Ça me rassure vraiment de voir qu'une reconversion peut être réussie ! Bravo en tout cas !
Merci aussi aux autres, c'est adorable d'essayer de m'aider.
Mes parents trouvent que cette idée d'orthophoniste est absurde… Pourtant j'ai vraiment eu un coup de cœur !
Passer un concours pour être professeur tout en rêvant de devenir orthophoniste n'a pas tellement de sens, je risque de ne pas être motivée… L'agrégation est un concours extrêmement difficile donc il faut le faire à 100 %.
Que pensez-vous de tenter le concours d'orthophoniste tout en donnant des cours de soutien en anglais (ou d'effectuer un remplacement en collège lycée) l'année prochaine? Cela pourrait être une année de réflexion et je vais peut être me rendre compte si j'aime enseigner… peut être une révélation? ou au contraire une déception? Et j'aurais aussi le temps de mûrir mon projet pour l'orthophonie.
Donnez moi votre avis
Pensez-vous que passer l'agrégation l'année prochaine ne vaut pas la peine si on est moyennement motivé?
Merci bcp !