Bonjour,
pourriez-vous me dire laquelle de ces phrases est correcte svp?:
-la distance qui les sépare
-la distance qui les séparent
Tu avais titré ta question "L'accord des verbes avec un article".
J'ai rectifié et corrigé ton titre.
Pas d'article ici.
Un article précèderait un nom…
Ici, les précède un verbe, ce n'est donc pas un article; c'est un pronom personnel COD du verbe "sépare".
La distance qui les sépare = la distance qui sépare ces personnes (par exemple)
Un verbe s'accorde avec son sujet, pas avec un COD.
Et le sujet du verbe "sépare" est ici le pronom relatif "qui", représentant "la distance", singulier.
La distance sépare ces personnes.
La distance qui les sépare…
Pour épater ses copains, on peut leur dire que cette faute d'accord sous l'influence d'un mot voisin s'appelle parfois un lamartinisme.
https://www.destin-informatique.com/DIRE/Wiki.jsp?page=Proc%C3%A9d%C3%A9%20I3246%20-%20LAMARTINISME%20%28styl.%2C%20un%20---%29
De telles fautes sont courantes même sous les bonnes plumes, on les lit en nombre sur la Toile où l'on écrit souvent sans se relire assez.
Très intéressant, j'aurai appris un mot… 🙂
Mais pourquoi "lamartinisme" ?
Lamartine était coutumier du fait ?
Edit : ah, je crois que j'ai la réponse !
https://books.google.fr/books?id=xCqHLcwiPD8C&pg=PA74&lpg=PA74&dq=lamartinisme&source=bl&ots=vmHoPDK_2A&sig=9CulY6poM3eShyw_1efBozHYvI0&hl=fr&sa=X&ei=_Vn1UbusLYjY0QWUnIDABg&ved=0CGUQ6AEwBg#v=onepage&q=lamartinisme&f=false
Pourtant, si on relit bien, la faute chez Lamartine n'était pas explicitement due à une proximité trompeuse de termes, mais bien à un grand éloignement des deux termes à accorder entre eux…
Comme souvent, les définitions varient d'un auteur à l'autre, mais celle qu'on retient le plus souvent est bien celle du faux accord par proximité syntaxique. Bernard Dupriez dans son
Gradus, les Procédés littéraires, écrit à l'entrée "lapsus" :
Un type particulier de lapsus est le faux accord par proximité syntaxique, qu'on appelle attraction (Marouzeau) ou lamartinisme (cf. JEAN-CHARLES, Tous des cancres, p. 1 98). Ex.: "Ceux que venaient chercher leur grand-mère" (ib.)
Il va de soi que, comme l'écrit François Richaudeau dans
La Structure des phrases:
Les "lamartinismes" se rencontrent notamment quand verbe et sujet sont séparés par un écran de mots trop nombreux ; si un écrivain, la plume à la main, dans le calme de sa bibliothèque ne sait plus quel est le sujet du verbe qu'il écrit, si le "metteur au point" et les correcteurs de son éditeur n'en savent pas plus, comment le malheureux lecteur peut-il s'y reconnaître, même si le texte est signé Monsieur de Lamartine ou Maurice Druon(6).
(6). Voir la rubrique "usage et grammaire" signé "Aristide" dans le Figaro
littéraire du 22 juillet 1968.
merci beaucoup pour ta réponse qui est bien développée et claire…j'ai une autre question pour un cas où il ya un sujet, un verbe et un cod:
-les informations qu'il a reccueilli
faut-il mettre "ies" à la fin du verbe dans ce cas?
Là, ce n'est pas l'accord du verbe lui-même, mais du participe passé.
Le participe passé conjugué avec l'auxiliaire "avoir", comme ici, s'accorde avec le COD s'il est écrit avant. Tu as dû apprendre cette règle…
Il a recueilli quoi ? --> les informations, représentées par le pronom relatif qu'.
Comme "les informations" est écrit avant le participe, on accorde le participe au féminin pluriel.
Les informationsqu'il a recueillies.