Accord du participe passé du verbe "se voir" suivi d’un infinitif

Langue française

44 réponses · Page 2 / 3

Merci infiniment pour ces précieuses indications 🙂
Bonjour,

L'Académie française confirme la règle rappelée par Anne345, en ces termes :

"Avec se voir, l’accord du participe passé se fait si le sujet de se voir est aussi le sujet de l’infinitif qui suit : Ils se sont vu accorder des congés (on leur a accordé des congés) mais Ils se sont vus accorder des congés à tous les employés (ils ont accordé des congés à leurs employés)."

Cf. Académie française, site internet, rubrique "La langue française", "Questions de langue", art. "Pronominaux. Verbes, accord du participe passé".

Bonne après-midi.
Et je rappelle l'explication logique :
Les employés se sont vu accorder des congés = Les employés ont vu accorder des congés à eux.
Le se étant COS et non pas COD, aucune raison d'accorder.
Bonsoir,

J'ai un problème avec la phrase suivante que je compte caser dans un pastiche de roman policier.

Doit-on dire/écrire :

"dans cette obscure pièce où s'était vue inventer la ganache"

ou

"dans cette obscure pièce où s'était vue inventée la ganache"

J'ai beau mettre au pluriel, remplacer "inventer" par un verbe du 3ème groupe… j'avoue ne pas arriver à trancher.

J'ai fait un sondage sur une trentaine de collègues :

25% disent : "inventer"… sans trop d'arguments
25% disent : "inventée"… sans trop d'arguments
25% disent… que l'un ou l'autre peut/peuvent se dire
(sans trop d'arguments non plus… mais au moins, on ne se mouille pas 😉
25% disent… que je devrais écrire "où fut inventée la ganache"

J'eusse pu écrire "où fut inventée la ganache"… mais on perd en sens. Cette dernière tournure sous-entend qu'on cherchait explicitement à la préparer, alors que son invention fut… tout à fait accidentelle et inopinée.

Si quelqu'un à une idée ou une règle quant à cette construction grammaticale.

Merci !

Olivier
Bonsoir.

Voici la règle :
Avec se voir, l’accord du participe passé se fait si le sujet de se voir est aussi le sujet de l’infinitif qui suit : Ils se sont vus accorder des congés à tous les employés (ils ont accordé des congés à leurs employés) mais Ils se sont vu accorder des congés (on leur a accordé des congés) .
Dans ton cas, le sujet de l'infinitif inventer n'est pas le sujet de "se voir", et le s' n'est pas COD du participe. La ganache n'avait pas vu elle-même faire l'action d'inventer.
Le participe ne s'accorde donc pas :
où s'était vu inventer la ganache (le pronom s' n'est pas COD de "vu", mais de l'infinitif
"inventer". La ganache avait vu inventer quoi ? > elle-même.)
Bonsoir Jehan,

Merci pour cette réponse claire.

Juste pour vérification que j'ai bien compris, on écrira donc :

"Elle s'est vue descendre la montagne à cheval" (techniquement difficile,
mais on peut faire dans l'onirisme 😉)
("Elle" est le sujet de "voir" et de "descendre")

mais :

"Elle s'est vu accorder un congé"
("Elle" est le sujet de "voir", mais, a priori pas celui de "accorder" car celui qui
donne l'accord n'est, logiquement, pas "elle")

Après lecture du fil précédent, je reste perplexe, cependant, quant à la forme verbale
à utiliser pour le verbe qui suit l'expression "se voir"(infinitif/participe). Il semble, à cette lecture que l'on
puisse utiliser les deux, selon les nuances que l'on souhaite y mettre .

Bien amicalement

Olivier
On peut employer aussi le participe, c'est vrai.
Ce faisant, on insiste davantage sur le côté achevé, accompli.
Et dans ce cas, on accordera ainsi : où s'est vue inventée la ganache.
Bonjour à tous,

Est-il vrai que les phrases

Louise s'est vue décerner le premier prix et
Louise s'est vu décerner le premier prix

sont toutes deux correctes, mais de sens différent ? Je ne comprends pas comment il pourrait se faire que l'orthographe diffère selon que Louise se voit recevoir ou donner le prix. C'est du moins ce que prétend un de mes camarades.

D'avance merci !
Louise s'est vue décerner le premier prix.
Louise s'est vue elle-même en train de décerner le prix.

Louise s'est vu décerner le premier prix .
Le prix a été décerné à Louise.
Louise s'est vue décerner le premier prix.
C'est Louise qui décerne.
Louise a vu elle-même décerner le premier prix.
Le s' est COD : accord du participe.

Louise s'est vu décerner le premier prix.
Le prix est décerné à Louise.
Louise a vu (quelqu'un) décerner le premier prix à elle, Louise.
Le s' n'est pas COD : pas d'accord du participe.
On vient d'ailleurs de voir un cas similaire hier :
https://www.etudes-litteraires.com/473546.html#p473546
Pour ma part, je rappelle mon message du 31 oct. 2014 contenant le principe retenu par l'Académie française, ainsi que le message explicatif du même jour de Jehan.
Roméo31
Accord du participe passé du verbe "se voir" suivi d'un infinitif
Bonjour,
L'Académie française confirme la règle rappelée par Anne345, en ces termes :
"Avec se voir, l’accord du participe passé se fait si le sujet de se voir est aussi le sujet de l’infinitif qui suit : Ils se sont vu accorder des congés (on leur a accordé des congés) mais Ils se sont vus accorder des congés à tous les employés (ils ont accordé des congés à leurs employés)."
Cf. Académie française, site internet, rubrique "La langue française", "Questions de langue", art. "Pronominaux. Verbes, accord du participe passé".
Bonne après-midi.
(J'ai graissé.)
Jehan
Accord du participe passé du verbe "se voir" suivi d'un infinitif
Et je rappelle l'explication logique :
Les employés se sont vu accorder des congés = Les employés ont vu accorder des congés à eux.
Le se étant COS et non pas COD, aucune raison d'accorder.

Bonjour à tous,êtes-vous d’accord avec les propositions suivantes :Elle s’est vu offrir des fleurs.on lui offre des fleursaccent sur l’actionElle s’est vue offrir des fleurs.elle offre des fleursaccent sur l’actionElle s’est vu offert des fleurs.on lui a offert des fleursaccent sur le résultatElle s’est vue offert des fleurs.elle a offert des fleursaccent sur le résultatLes fleurs qu’elle s’est vu offrir sont jaunes.on lui offre des fleursaccent sur l’actionLes fleurs qu’elle s’est vue offrir sont jaunes.elle offre des fleursaccent sur l’actionLes fleurs qu’elle s’est vu offertes sont jaunes.on lui a offert des fleursaccent sur le résultatLes fleurs qu’elle s’est vue offertes sont jaunes.elle a offert des fleursaccent sur le résultatl’emploi du participe passé me gêne… Bonne journée à tous. Christophe

Elle s’est vu offert des fleurs.

Elle s’est vue offert des fleurs.

Les fleurs qu’elle s’est vu offertes sont jaunes.

Les fleurs qu’elle s’est vue offertes sont jaunes.

Aucune de ces constructions ne me paraît correcte. Comme le dit l’Académie :

Si la phrase a un sens passif et si le pronom se représente la même personne que le complément d’objet direct du verbe qui suit voir, on utilise le participe passé. Elle s’est vue confiée à une famille d’accueil (dans ce cas on pourrait ajouter l’infinitif être devant le verbe au participe passé). On dira de même, elle s’est vue perdue, morte, gagnante.

https://www.academie-francaise.fr/jacqueline-f-france

Le test de l’introduction de "être" devant le participe passé est un bon test.

C’est ce qu’il me semblait.

Merci à vous.

Christophe

Bonjour.

Ma question concerne le verbe « sentir », suivi d’un infinitif.

Les formulations du genre « je le lui sens reprocher » (= « je sens qu’on le lui reproche »), ou « je la lui sentais regretter » (=« je sentais qu’il regrettait telle chose »), avec deux pronoms autres que « en » et « y » juxtaposés devant le verbe « sentir », sont envisageables, mais je n’en ai pas trouvé d’exemples.

En auriez-vous, tirés de la littérature ? Je suppose que Maurice Grevisse en donne dans Le Bon Usage, mais je ne possède pas cet ouvrage.

Je vous remercie d’avance pour votre réponse et vous prie de croire en ma respectueuse considération.

Les deux bouts de phrase que tu proposes me semblent relever du charabia. Mais je ne suis pas un fin grammairien.

En fait, la règle est un peu "bizarre"… mais il faut le plus souvent un infinitif, même si un participe passé impliquant un passif me semble personnellement souvent plus logique.

J'ai un exemple précis d'un écrit imprimé d'un historien connu
"On l'a vu enterrer le lendemain" (le bonhomme est mort trois jours avant).
là où il faut logiquement comprendre qu'il a été enterré.

J'avoue n'avoir jamais trop compris la logique de cette règle.
Je crois avoir le souvenir d'avoir posé cette interrogation sur ce site il y a quelque temps.

@Michel « je le lui sens reprocher » (= « je sens qu’on le lui reproche »), ou « je la lui sentais regretter » (=« je sentais qu’il regrettait telle chose »)
@Hippocampe Les deux bouts de phrase que tu proposes me semblent relever du charabia.

Pour être franc, c'est ce qu'il me semble aussi.
D'autres avis ?

@dudule

@dudule "On l'a vu enterrer le lendemain" (le bonhomme est mort trois jours avant).
là où il faut logiquement comprendre qu'il a été enterré.

J'avoue n'avoir jamais trop compris la logique de cette règle.
Je crois avoir le souvenir d'avoir posé cette interrogation sur ce site il y a quelque temps.

Ce n'est pas vraiment une "règle", comme j'avais déjà dit :

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/5430-5430/3153