Verbes d’action et verbes d’état

Langue française

42 réponses · Page 2 / 3

Les verbes d'état ou verbes attributifs sont les verbes qui expriment un état ou un changement d'état. Ils n'ont pas de complément d'objet direct (C.O.D.) ni de complément d'objet indirect (C.O.I.), mais un attribut du sujet.
Les verbes d'état sont être, paraître, sembler, demeurer, devenir, rester, ainsi que les locutions verbales avoir l'air et passer pour.
Oui, les verbes d'état ont un attribut du sujet, c'est ce que je viens moi aussi de rappeler.

N'empêche que la distinction état / action est en l'occurrence toute grammaticale et non sémantique : porter un pull ou avoir besoin de sous, c'est vrai qu'il ne s'agit pas réellement d'actions.

Mais je pense qu'Oktobrina cherche à faire la distinction grammaticale.
@Oktobrina
Oktobrina a écrit :Elle porte des lunettes. état
Elle porte un pull bleu. action
Si tu avais eu comme phrase,

Elle porte des lunettes de soleil (sans correction),
tu aurais dit que c'était une action ?
Jehan a écrit :Un verbe d'état, au sens grammatical, introduit un attribut du sujet.

Dans la phrase de Spalding
"J'y suis, j'y reste" (Mac Mahon) = J'y suis pour toujours
Pas d'attribut du sujet, donc rester n'est pas ici un verbe d'état, mais un verbe d'action… négative :
J'y reste = Je ne quitte pas ce lieu.
Verbe d'action aussi dans : Mon chien reste dans sa niche.

En revanche, dans ces deux phrases, rester est bien un verbe d'état :
Mon chien reste tranquille. (continue à être…)
Pierre est resté un grand enfant.
Je comprends bien. Mais est-ce qu'on ne pourrait pas dire simplement qu'un verbe d'état établit l'état du sujet, que ce verbe soit suivi ou non d'un attribut ? Dans mes quatre exemples (message 14), il est alors peu contestable que les verbes en question sont des verbes d'état, même sans attributs. 😉
Dans tes trois premières phrases, oui, ce sont bien des verbes d'état au sens grammatical du terme, sens que nous venons de rappeler.
Mais pas dans la dernière phrase.
Mac-Mahon aurait dit Je m'y incruste, ça aurait été aussi un verbe d'état ?

Rester quelque part, ça ne précise pas la persistance d'un état du sujet , mais la persistance de sa localisation.
Il reste à Paris. (Il y reste) Ce n'est pas un verbe d'état.
Il reste bête .(Il le reste) Persistance d'un état du sujet : verbe d'état.


On peut évidemment donner aussi à "verbe d'état" le sens sémantique que tu lui donnes, mais là, nous sortons de la grammaire.
Une petite question à Jehan : dans "Elle parait fatiguée", le verbe est un verbe d'état si elle parait toujours fatiguée, naturellement en quelque sorte.

Mais l'on pourrait éventuellement considérer qu'il existe un complément d'agent implicite (par untel) : "Elle parait fatiguée [par untel]." Cela pourrait même être un CA explicite : "Elle parait fatiguée par Jacques." Elle parait alors fatiguée, mais momentanément, cet état s'expliquant par un agent extérieur.

Dans les deux phrases précédentes, le verbe "paraitre" est-il alors toujours un verbe d'état ? Ou bien cela est-il incompatible avec la voix passive ? 🙄
Rien ne s'oppose à ce qu'un participe passé (donc de sens passif) soit attribut du sujet, ni qu'il ait un complément d'agent.
On ne parlera de voix passive que si le participe est conjugué avec être et s'il est suivi d'un complément d'agent. Mais dans ce cas, il s'agit du verbe "fatiguer" et le verbe être est un auxiliaire, et non une copule attributive.
Pour préciser les choses, "Elle parait fatiguée [par untel]" (voix passive) commute en "On parait la fatiguer" (voix active). Et "Elle parait fatiguée par Jacques" (voix passive) commute aussi en "Jacques parait la fatiguer" (voix active).

Si je te comprends bien, dans mes deux phrases à la voix passive, le verbe "paraitre" ne peut alors être considéré comme un verbe d'état, même indiquant un état momentané. En effet, il est suivi par un complément d'agent, implicite ou explicite. C'est bien cela ? 😉
Avec paraître, le participe est toujours attribut du sujet et paraître reste un verbe d'état, qu'il y ait complément d'agent ou non.
Elle paraît fatiguée par Paul. (participe attribut du sujet) verbe d'état.
Elle paraît fatiguée. (participe employé comme adjectif = lasse)
Le verbe être, en revanche, n'est un verbe d'état qu'en l'absence de complément d'agent explicite, et le participe est l'équivalent d'un adjectif.
Elle est fatiguée. (participe attribut du sujet employé comme adjectif = lasse)
Avec un complément d'agent, il ne s'agit plus d'un verbe d'état, d'une copule attributive, mais de l'auxiliaire du verbe fatiguer à la voix passive.
Elle est fatiguée par Paul. (voix passive du verbe fatiguer, auxiliaire être)
Il y aurait donc une différence de traitement entre les verbes "paraitre" et "être". Avec "paraitre", nous aurions toujours un verbe d'état, qu'il s'accompagne ou non d'un complément d'agent. Mais avec "être", il s'agirait d'un auxiliaire (voix passive) dans le premier cas, d'un verbe d'état (copule) dans le second.

Cette différence de traitement semble contestable d'un point de vue logique. Cela dit, je ne referai pas la grammaire française… 🙄
Seul le verbe être est à l'occasion un verbe auxiliaire servant à conjuguer d'autres verbes à la voix passive.
Mais dans "Elle parait fatiguée par Jacques", est-ce que le verbe "paraitre" ne pourrait pas être considéré comme un auxiliaire de la voix passive ? C'est bien ici la voix passive, puisque nous avons "Jacques parait la fatiguer" à la voix active. 😉
Katioucha a écrit : Si tu avais eu comme phrase,
Elle porte des lunettes de soleil (sans correction),
tu aurais dit que c'était une action ?
Oui, puisque c'est pour moi une action occasionnelle/ponctuelle. Quand on travaille sur le sens, cette notion de verbes d'état et d'action n'est pas toujours évidente. Voici un exemple, ici assez clair :

Mon voisin a le foie malade, il boit. Etat
Je bois un verre de vin. Action
Elle est fatiguée par Jacques > Jacques la fatigue .
(Formes passive et active du verbe fatiguer conjugué )
Le verbe "être", auxiliaire du passif, disparaît à la voix active.

Elle paraît fatiguée par Jacques > Jacques paraît la fatiguer.
Le verbe "paraître" est toujours là à la voix active.
Difficile donc de le considérer comme "auxiliaire du passif"…
Les seules marques distinctives de l'actif et du passif sont des formes non conjuguées du verbe.
Le participe passé fatiguée a un sens passif, l'infinitif fatiguer a un sens actif.
Oktobrina a écrit :Mon voisin a le foie malade, il boit. Etat
C'est plutôt une action habituelle qu'un état…
Avec le sens de "boire de l'alcool avec excès".
L'état (qui est mauvais) c'est surtout celui du foie ! 😉
@ Jehan (message 34)

J'ai bien compris. Merci beaucoup ! 🙂
Oktobrina a écrit :Oui, puisque c'est pour moi une action occasionnelle/ponctuelle.
C’est bien ce que j’avais cru comprendre de ton étiquetage.
Mais il ne faut pas confondre l’état et la conséquence.
Elle est frileuse, donc elle enfile un pull.
Ici, enfiler est un verbe exprimant une action, même si c'est là la conséquence de l'état de frileuse de cette personne.
Dans Elle est myope, donc elle porte des lunettes.
Ici, porter, comme indiqué par le cnrtl, est un verbe exprimant une relation (y compris quand la relation est ponctuelle, comme dans Elle porte un pull bleu), et c'est en raison de cet aspect relationnel que l’on peut à l’extrême rigueur assimiler dans ce cas porter à un verbe exprimant un état > Elle est accessoirisée / elle est vêtue de lunettes // d’un pull bleu.
Quand on travaille sur le sens, cette notion de verbes d'état et d'action n'est pas toujours évidente. Voici un exemple, ici assez clair :
Mon voisin a le foie malade, il boit. Etat
Je bois un verre de vin. Action
C’est vrai que dans ta première phrase, il boit (de façon habituelle) est très proche d’un état, on peut d'ailleurs paraphraser cet énoncé par :
Mon voisin a le foie malade, il est alcoolique, qui est bien un état.
Paraphrase que l’on ne peut pas faire avec Je bois un verre de vin, où boire exprime en effet une action.
Bonjour,
En Français, on distingue habituellement verbes d'action et verbes d'état. J'ai à ce titre deux questions:
Est-ce que certains verbes peuvent être à la fois verbe d'action et verbe d'état?
Est-ce qu'un objet inanimé peut être utilisé comme sujet d'un verbe d'action?
Voici quelques exemples que j'ai en tête:
1.a L'enseignant indique aux élèves la procédure à suivre. (Ici pour moi une action)
1.b Le panneau indique la position du centre commercial (Ici pour moi un état)
2.a Je contiens ma colère/ (Ici pour moi une action).
2.b Ce verre contient de l'eau (Ici pour moi un état).

En vous remerciant par avance.
Elle paraît fatiguée par Jacques
Est-ce qu'on analysera "par Jacques" comme un complément de l'adjectif "fatiguée" ?
En Français, on distingue habituellement verbes d'action et verbes d'état.
C'est là une distinction purement lexicale qui mène à des distinctions byzantines.
Mieux vaut parler de verbes notionnels et de verbes copules.
Les verbes notionnels peuvent avoir un C.O.D.
Les verbes copules servent de lien, de copule, entre le sujet et un attribut.

Dans votre liste d'exemples, tous les verbes sont notionnels :

1.a L'enseignant indique aux élèves la procédure à suivre. Procédure, COD
1.b Le panneau indique la position du centre commercial. Position, COD .
2.a Je contiens ma colère. Colère, COD
2.b Ce verre contient de l'eau. De l'eau, COD.

Quant à faire la différence entre deux des sens de contenir, cela relève du vocabulaire et non de l'analyse grammaticale.

Cela dit, notons que les sujets sont tantôt des animés (enseignant, je), tantôt des inanimés (panneau, verre ). Les animés agissent en pleine conscience (mais là, nous bifurquons vers la philo…), les inanimés sont présents (toujours la philo).