Verbes d’action et verbes d’état

Langue française

42 réponses · Page 1 / 3

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Les verbes sont classés en deux catégories : état (attributif) ou action.
Mais que faire du verbe AVOIR ? -avoir un chapeau (avoir=posséder) -avoir froid ( y-a-t-il possession?)
Comment expliquer que "posséder, détenir ….." soient des verbes d'actions?
Je ne trouve aucune réponse, je dois pourtant aider une classe de jeunes enfants à reconnaitre "les verbes" y compris le verbe AVOIR
On ne dit plus verbe d'état/verbe d'action, mais verbe attributif/verbe notionnel.

Ce n'est pas un simple tour de passe-passe. Les verbes sont définis par leur fonctionnement : le verbe attributif relie le sujet à son attribut, il est assez vide de sens. Le verbe notionnel, lui, a du sens.
Et pour apprendre aux jeunes enfants à reconnaître un verbe, les classements verbe d'état / verbe d'action ou verbe attributif / verbe notionnel ne sont peut-être pas primordiaux…
Il convient avant tout de leur faire constater que le verbe est un mot qui peut se conjuguer…
variant selon la personne et le temps

Par exemple, où est le verbe dans les phrases Pierre a froid… Pierre a un chapeau ?
C'est le mot qui va changer quand par exemple nous remplacerons "Pierre" par "nous" : Nous avons froid… Nous avons un chapeau.
C'est le mot qui va changer quand nous changerons de temps : hier, plus tard… :
Pierre avait froid… Pierre aura froid.
Il s''agit de… d'avoir froid…d'avoir un chapeau… Verbe avoir.
Effectivement, les verbes peuvent se conjuguer et changer de forme selon le temps et le sujet.C'est un constat, une règle, non une explication. D'autant plus inutile que ces jeunes n'ont pas conscience de ce qu'est une conjugaison et ne respectent bien souvent pas ses règles.

Donc si je résume, pour faire prendre conscience de ce qu'est un verbe: 1) l'enfant doit avoir un langage suffisamment évolué et 2) doit avoir conscience qu'il se conjugue, sans avoir jamais entendu parlé des conjugaisons.

Les enfants ont besoin de savoir à quoi servent les verbes, pourquoi ils sont utilisés.Comme par exemple, l'adjectif qui est utilisé pour qualifier ("expliquer comment est").

Je ne veux pas me servir "des vieilles ficelles" souvent proposées: -"pour différencier l'auxiliaire être du verbe être, regarder s'il est suivi ou non d'un autre verbe". Pourquoi, ne pas passer par le sens de la phrase ?
" on reconnait un nom parce qu'il est précédé de le la l' un ….." (vu dans le Bled!) quid des pronoms personnels ?

Pour moi, on ne reconnait pas un mot au pluriel parce qu'il a un s, mais on met un s parce qu'il est au pluriel. Il doit être possible de donner du sens aux règles de grammaire. C'est l'enseignement arbitraire de la grammaire qui posent question aux enfants ce n'est pas la grammaire elle même.
Orthop a écrit :Effectivement, les verbes peuvent se conjuguer et changer de forme selon le temps et le sujet.C'est un constat, une règle, non une explication. D'autant plus inutile que ces jeunes n'ont pas conscience de ce qu'est une conjugaison et ne respectent bien souvent pas ses règles.
Les jeunes (élèves de quel âge au fait, dans ton cas ? ) n'ont pas besoin de savoir ce qu'est une conjugaison, ni même de savoir orthographier les terminaisons pour utiliser spontanément les formes que j'ai utilisées dans mes exemples, celles qui se distinguent à l'oreille.
Que le verbe soit le seul mot qui varie ainsi, ce n'est certes pas une explication, mais c'est tout de même la propriété essentielle et spécifique de cette classe de mots. Cela n'a rien d'arbitraire, ni d'une vieille ficelle purement formelle comme celles que tu cites par ailleurs. Le verbe se définit certes par son sens, mais aussi et surtout par la façon dont il fonctionne.

Comment expliqueras-tu que "lavage" désigne une action mais n'est pas un verbe, par exemple ?
Quant aux verbes d'état… Il y a aussi des noms qui expriment des états, non ?
Othop a écrit :Pour moi, on ne reconnait pas un mot au pluriel parce qu'il a un s, mais on met un s parce qu'il est au pluriel. Il doit être possible de donner du sens aux règles de grammaire. C'est l'enseignement arbitraire de la grammaire qui posent question aux enfants ce n'est pas la grammaire elle-même.
Euh… Pourquoi as-tu écrit "posent" avec cette terminaison ? Parce que ce verbe aurait un sujet pluriel ? J'ose espérer qu'il s'agit d'une simple étourderie… Car, comme tu le dis si justement, il faut toujours passer par le sens de la phrase ! 😉
Un grand merci pour ces "non explications" .

Erreur de copier/coller pour posent 😜
Car, comme tu le dis si justement, l faut toujours passer par le sens de la phrase !
Influence de la langue anglaise ?
J'avais déjà corrigé moi-même ma faute de frappe depuis plusieurs minutes, merci… 😜
Je suis désolé de ne t'avoir donné, selon toi, que des "non-explications"…
Mais nous sommes quittes : je remarque tes non-réponses quant à l'âge de tes élèves et quant à la façon dont tu leur expliques la différence entre "lavage" (nom d'action) et "laver" (verbe d'action) sans faire appel aux formes conjuguées…
Petit truc pratique : devant le verbe, on trouve je-tu-il/elle-nous-vous-ils/elles.
Devant le nom on trouve le-la-un-une-les-des.

Au lieu de vouloir enfourner de prétendues règles comme on gave des oies, il faut faire produire des énoncés aux élèves. Ils notent leurs phrases, puis ils les décortiquent. C'est la méthode inductive.
Orthop,

Votre message initial contient beaucoup de questions différentes, et chacune mériterait un exposé entier. Concernant le verbe "avoir", je peux simplement vous dire qu'il s'agit d'un verbe au fonctionnement fort compliqué en dépit des apparences.

Analyser le verbe "avoir" comme un verbe exprimant la possession est extrêmement réducteur. En outre, une analyse du verbe "avoir" ne peut se contenter d'une approche sémantique.

Si ma mémoire est bonne, Benveniste a consacré un chapitre de ses "problèmes de linguistique générale" aux verbes "être et avoir". Si ma mémoire est toujours bonne, il essaie d'y montrer qu'en français le verbe "avoir" a un fonctionnement proche de celui des verbes attributifs, autrement dit des verbes d'état. A ses yeux, le verbe "avoir" est une sorte de verbe "être à" inversé. Son principal argument est l'impossible transformation à la voix passive d'une phrase avec le verbe "avoir".

Pour analyser l'expression "avoir froid", je pense que des grammairiens parleraient de construction à verbe support. En effet, dans cette périphrase, le verbe "avoir" a perdu son sens premier (on parle alors de déplétion sémantique), et ne sert plus qu'à porter les marques de la conjugaison. Le sens de la périphrase est alors porté par le second élément. Le tout forme alors un ensemble dont les éléments ne sauraient être analysés séparément.

Des grammairiens plus avertis que moi auraient encore beaucoup à dire sur le verbe "avoir" et ses nombreux emplois.

Bien entendu, tout cela n'a pas sa place dans un exposé destiné à de jeunes enfants. En fait, je cherche surtout à montrer que votre postulat de base est gênant, voire tout simplement incorrect. Les verbes sont classés en deux catégories… par ceux qui ont envie de les classer de cette façon ! Ce classement n'est pas dénué d'intérêt et il est plutôt pratique. Cela dit, il ne résiste pas longtemps à une analyse grammaticale sérieuse, et il ne peut en aucun cas suffire à rendre compte des très nombreux emplois et des très nombreuses valeurs du verbe "avoir".

De mon point de vue, il est inutile de chercher à faire rentrer à tout prix tous les verbes dans un classement binaire très facile à critiquer. Pourquoi ne pas simplement présenter ce distinguo de base tout en admettant que certains verbes échappent à ce classement ? Dans beaucoup de manuels, les verbes "être" et "avoir" sont souvent traités à part, et ce n'est pas sans raisons.

Au plaisir,
FC.
.

Petitleceir,

Votre longue réponse m'a rassuré, mes interrogations ne sont donc pas illégitimes voire stupides.

une analyse du verbe "avoir" ne peut se contenter d'une approche sémantique.

C'était le sens de ma question. C'était mon point de vue et je cherchais d'autres avis.

il essaie d'y montrer qu'en français le verbe "avoir" a un fonctionnement proche de celui des verbes attributifs

D'où mon questionnement face aux locutions verbales!

De mon point de vue, il est inutile de chercher à faire rentrer à tout prix tous les verbes dans un classement binaire très facile à critiquer. Pourquoi ne pas simplement présenter ce distinguo de base tout en admettant que certains verbes échappent à ce classement ? Dans beaucoup de manuels, les verbes "être" et "avoir" sont souvent traités à part, et ce n'est pas sans raisons

C'est effectivement ce que j'avais décidé de présenter.

Je vous remercie infiniment d'avoir pris le temps de m'aider.
Cela dit, les verbes être et avoir ne sont sans doute pas les seuls à être inclassables dans ce système binaire réducteur.
Où classer falloir, par exemple ?
Et le verbe ressentir exprime-t-il un état ou une action ?
Bonjour,

Je me penche sur les notions de verbes qui expriment un état ou une action et ceux-ci me posent problème. Quel est votre avis :

Elle porte des lunettes. état
Elle porte un pull bleu. action
Il aime les chats. état
Il a besoin d'aide action
Ce sont tous des verbes d'action.
Un verbe d'état correspond au verbe Être, suivi seulement d'un adverbe ou d'une locution adverbiale : 😉

Elle parait fatiguée = Elle est apparemment fatiguée

Elle semble fatiguée = Elle est probablement fatiguée

Elle devient irritable = Elle est de plus en plus irritable

"J'y suis, j'y reste" (Mac Mahon) = J'y suis pour toujours
Ces transformations avec le verbe "être" ne prouvent malheureusement rien.
Elle porte un pull bleu = elle est habillée aujourd'hui d'un pull bleu.
Il aime les chats = il est passionnément amoureux des chats.
Dans ton premier exemple, il faut rajouter le participe passé "habillée" ; dans le second exemple, l'adjectif "amoureux".

Par contre, dans mes quatre exemples, le verbe Être était seulement suivi d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. 😉
Il faut donc mieux préciser ta définition dans le message précédent car mes contre-exemples étaient conformes à la définition que tu avais donnée !
lamaneur a écrit :Ces transformations avec le verbe "être" ne prouvent malheureusement rien.
Ou alors, ça prouve que les verbes en question ne sont effectivement pas des verbes d’action ?
Oktobrina a écrit :Quel est votre avis
Porter a divers sens, notamment :

1) - porter =
b) Porter qqc. (sur/avec soi).[Le verbe exprime une relation (spatiale) étroite, souvent habituelle, entre l'entité désignée par le suj. et celle désignée par le compl. d'obj. dir.]
https://www.cnrtl.fr/definition/porter
alors il peut en effet être assimilé à un verbe d’état.

2) - porter = transporter, alors c’est un verbe d’action.

Dans tes phrases, hors contexte, l’interprétation « spontanée » ira sans doute plutôt vers le sens 1) ci-dessus, mais le sens 2) est également possible.

Le sens 1) ne désigne pas une action, le sens 2) si.


Qu’est-ce qu’elle fait ?
*Elle porte (est "accessoirisée" de/"vêtue" de) des lunettes
Qu’est-ce qu’elle fait ?
Elle porte (transporte/amène) des lunettes (dans sa main / à sa mère).


Qu’est-ce qu’elle fait ?
*Elle porte (est vêtue d’) un pull bleu.
Qu’est-ce qu’elle fait ?
Elle porte (transporte/amène) un pull bleu (sur son bras / au pressing)

Qu’est-ce qu’il fait ?
*Il aime les chats
C’est une caractéristique et non une action.
> il est amoureux des chats

Qu’est-ce qu’il fait ?

*Il a besoin d’aide.
C’est un état et non une action.
> il est en état de besoin


Voilà pour une approche sémantique.
Évidemment, ça coince avec l’approche syntaxique, selon laquelle les verbes d’état n’ont pas de COD.

Pour mémoire, l'astérisque devant une phrase signifie que cette phrase n'est pas correcte.
Si l'on se réfère à mon message 14, les quatre verbes d'Oktobrina (message 12) sont des verbes d'action. En effet, on ne peut leur substituer le verbe Être suivi seulement d'un adverbe ou d'une locution adverbiale. Ce ne sont donc pas des verbes d'état.

Maintenant, on peut avoir un point de vue plus sémantique, comme celui de Katioucha (message précédent). 😉
Un verbe d'état, au sens grammatical, introduit un attribut du sujet.

Dans la phrase de Spalding
"J'y suis, j'y reste" (Mac Mahon) = J'y suis pour toujours
Pas d'attribut du sujet, donc rester n'est pas ici un verbe d'état, mais un verbe d'action… négative :
J'y reste = Je ne quitte pas ce lieu.
Verbe d'action aussi dans : Mon chien reste dans sa niche.

En revanche, dans ces deux phrases, rester est bien un verbe d'état :
Mon chien reste tranquille. (continue à être…)
Pierre est resté un grand enfant.