La pronominalisation

Langue française

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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dit-on:
Ex: Mon instinct me dictait de m'évader.
Mon instinct me dictait de s'évader.
Si je parle de moi-même dois-je pronominaliser le verbe ou le laisser à l'infinitif. Je trouve que c'est lourd d'avoir "me" avant "dictait et un autre "m'" avant "évader"
Merci
Il faut effectivement écrire :
Mon instinct me dictait de m'évader…
La lourdeur ne me semble pas si marquée.
Merci infinimenent Jehan, vous êtes toujours présent pour m'aider. Je t'embrasse 🙂
La réponse de Jehan est excellente. Je me demande toutefois si l'on ne peut pas concevoir de conserver "s'évader" en donnant à ce tour une portée plus générale que particulière.
Mon instinct me disait que, dans de telles conditions, il faut s'évader plutôt que de supporter passivement son sort.
Je pense que c'est possible de dire "s'évader", au niveau du sens ca donne une vision plus générale, c'est ce que j'avais en tête, mais je n'étais pas si sûr, alors j'ai posté la phrase. apparemment grammaticalement, il faut opter pour "m'évader"
Si tu tiens vraiment à conserver "s'évader" et à donner ainsi un sens plus général, utilise plutôt la tournure impersonnelle "il faut" comme a fait Lamaneur.
Bonjour.
Une petite question, s'il vous plait.

Je connais les phrases comme :
Ce n'est pas la peine d'en parler.
Ça ne vaut pas la peine d'en parler.


Est-ce que je peux dire aussi comme ceci ?
Ce n'est pas la peine d'en dire.
Ça ne vaut pas la peine d'en dire.


Merci, d'avance.
Non, parce que l'on parle de quelque chose, (construction indirecte, d'où le pronom en) alors que l'on dit quelque chose (construction directe, donc pronom le) :
Ce n'est pas la peine de le dire.
Ça ne vaut pas la peine de le dire.
Toutefois le sens n'est plus le même, car la phrase se réfère alors (COD "le") à un élément énoncé précis alors que, avec "en parler", on ne vise que le sujet général de conversation mais pas d'objet précis énoncé.
Autrement dit, l'équivalent sémantique de
Ce n'est pas la peine d'en parler.
Ça ne vaut pas la peine d'en parler.

serait plutôt
Ce n'est pas la peine de dire quoi que ce soit à ce sujet.
Ça ne vaut pas la peine de dire quoi que ce soit à ce sujet.
Merci, Anne et lamaneur.

J'avais trouvé des phrase comme ceci :
1) dans TLFi…
À qui le dites-vous? Je lui en ai dit (cf. Colette, Music-Hall, 1913, p. 112).
Ne pas s'en faire et laisser dire (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 171)
Avec l'élégance actuelle de nos façons polies, qu'est-ce qu'une femme peut connaître d'un jeune homme « correct », après cinquante visites, si ce n'est son degré d'esprit et le plus ou moins de progrès qu'il a pu faire dans l'art de dire élégamment des choses insignifiantes? Stendhal,Lucien Leuwen, t. 2,1835,p. 67.
2) dans mon dictionnaire…(qui n'est pas complet)
Que diriez-vous d'une promenade ?
Qu'en dites vous ?

Maintenant, je pense que ce ne sont pas les mêmes cas.
Et je comprends : on peut dire des(article indéfini) choses mais on ne peut pas dire des(de+les) choses.

Amicalement.
Oui, comme écrit plus haut, "dire" demande en principe un COD exprimé ou implicite.
Cela dit, "en dire" n'est pas interdit :
On ne peut rien en dire, il n'y a rien à en dire.
Mais ici "rien" est COD de "dire", et "en" signifie "de cela, à ce propos".
Même explication pour les deux phrases que tu cites :
Que diriez-vous d'une promenade ?
Qu'en dites vous ?
"Que" est le COD exprimé.
Dans
Ne pas s'en faire et laisser dire (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 171)
, "en" est rattaché exclusivement à "faire", pas à "dire". Ici, l'expression est "laisser dire", c'est-à-dire "laisser les gens dire ce qu'ils veulent, ne pas s'en soucier". Le COD n'est pas exprimé, probablement sous-entendu "dire des choses".
C'est le même COD sous-entendu qu'il faut comprendre à mon avis dans la phrase de Colette "Je lui en ai dit". Des choses, je lui en ai dit, des vertes et des pas mûres !
La phrase de Stendhal n'appelle pas de commentaire particulier, "dire des choses", c'est normal.
Je te remercie infiniment de ton explication qui m'est précieuse et de ton amabilité.
Tu me donnes beaucoup d'aides ; et j'aimerais aider quelqu'un comme toi. 🙂
Bonjour tout le monde,

Je me permets de remonter ce topic car je suis, quelque peu, en galère avec cette histoire de pronominalisation des groupes compléments, notamment avec les deux phrases suivantes :

"Il prendra le bus à la gare de Paris."
-> J'ai mis : "Il l'y prendra."

"Il a appris de son frère cette étonnante nouvelle"
-> J'ai mis : "Il la lui a apprise." En admettant que le "il" de la première phrase (frère 1 disons) et le "il"de la seconde (frère 2 disons) ne représentent pas le même sujet…

J'implore votre aide divine.
Bonjour.

Il la lui a apprise. ne convient pas pour le sens.
Cela signifierait qu'il a appris cette nouvelle à son frère. Il a informé son frère.
Alors que l'on veut dire qu'il a appris cette nouvelle de son frère. Il a été informé par son frère.
Il l'a apprise de lui.

Il prendra le bus à la gare de Paris.
Il l'y prendra est correct, quoique assez peu naturel.
On dira plus spontanément : Il le prendra là.
Ah oui, bien joué ! Je n'avais pas fait attention au sens dans ma première phrase.

Merci beaucoup pour la clarté et la rapidité de ta réponse ! C'est très sympa 🙂