Le vouvoiement et la condescendance

Langue française

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous,

Je ne suis pas francophone et le tutoiement et le vouvoiement n'est pas un concept qui existe dans ma langue natale (l'anglais). En dépit de cela, ma connaissance du français est approfondie si bien que je comprends en grande partie comment fonctionnent le tutoiement et le vouvoiement dans votre culture/langue. Cela dit, je me demande si l'emploi de vouvoiement peut-il, parfois, être considéré comme condescendant ?

Je le demande, car, en anglais, un locuteur qui emploie sciemment un lexique excessivement sophistiqué, c'est-à-dire de manière trop pompeuse, qui est, ou n'est pas accessible à son interlocuteur, en l'occurrence, le locuteur pourrait effectivement être considéré comme condescendant. Comme le vouvoiement appartient davantage au langage soutenu que le tutoiement, je répète ma question, son emploi peut-il, parfois, être considéré comme condescendant ? Ou peut-être que c'est le contraire ?

Par exemple, un garçon ayant la vingtaine rencontre une amie d'une amie de la même âge. Bien qu'ils aient tous les deux la même âge et que la fille s'adresse au garçon en langage familier, le garçon s'adresse à elle en langage soutenu en la vouvoyant. Est-ce condescendant de la part du garçon ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

Quelqu'un pourrait-il m'éclairer ?
J'aurais tendance à dire comme Marcel Proust, que s'adresser à quelqu'un en langage soutenu est une marque de respect. La condescendance, ce serait descendre jusqu'au langage familier : le langage familier, c'est assez bon pour toi, je me mets à ton niveau, je ne pense pas que tu puisses atteindre le mien.
Proust met en scène deux cousin Guermantes, le prince et le duc. Le duc tutoie les ouvriers, leur donne du mon vieux et leur parle argot. Le prince leur dit monsieur et les vouvoie,c'est lui qui les respecte.
Je vois ce que vous voulez dire, mais s'adresser à quelqu'un en langage soutenu à qui le langage soutenu n'est pas accessible, comment cela peut-il être une marque de respect ? C'est comme dire, en dépit du fait que tu ne comprends pas, je refuse de m'abaisser à ton niveau. Autrement dit, l'individu ne lui accorde pas assez de considération pour s'adapter au niveau de l'interlocuteur. A mon avis, je dirais que, en l'occurrence, le locuteur s'adresse au interlocuteur d'un ton condescendant. Surtout si le locuteur lui adresse la parole en le tutoyant.
Je refuse de m'abaisser à ton niveau, c'est le contraire de la condescendance : c'est de la morgue, ou de l'arrogance.
Condescendance : ce mot est de la famille de descendre. La condescendance c'est voisin de la pitié : Mon pauvre ami qu't'es bête, comme dit la chanson, mais je vais m'abaisser à ton niveau.

Je vois ce que vous voulez dire, mais s'adresser à quelqu'un en langage soutenu à qui le langage soutenu n'est pas accessible, comment cela peut-il être une marque de respect ?
Poser que le langage soutenu n'est pas accessible à quelqu'un, c'est du mépris. Le prendre d'avance pour un minus habens ne me semble pas une grande preuve de respect.
L'anglais est comme pour toi ma première langue, donc ma réponse vaut ce qu'elle vaut, mais il y a quelque chose que je ne comprends pas très bien dans ta question : le titre de ton message parle exclusivement de vouvoiement, alors que le texte mentionne un "langage excessivement sophistiqué".

Ma question est la suivante : en quoi le vouvoiement s'inscrit-il dans une forme sophistiquée du langage ? Ce que je veux dire, c'est que je comprends bien sûr que le tutoiement soit un procédé familier, dans la mesure où il est utilisé (le plus souvent) entre membres d'une même famille, amis, proches, et personnes partageant un certain lien pré-établi.

Mais ce dont on parle ici, c'est de familiarité dans le sens rapprochement, intimité, connaissance. Ce qui pour moi est très différent de la familiarité du registre d'une langue (expressions/mots familiers, langage sans fioriture, parlé, argot, langage "coloré"…).

On peut très bien s'adresser à un patron, un collègue, un employé, par le vouvoiement, et néanmoins tenir un propos familier, sans tomber dans un registre sophistiqué ("Vous m'emmerdez avec vos questions").

De la même façon, il est tout à fait possible d'utiliser le tutoiement tout en tenant un discours pompeux et arrogant.

Donc je ne vois personnellement aucun lien entre vouvoiement et condescendance / arrogance.
Le vouvoiement est l'attitude de base quand deux personnes ne se connaissent pas. Les enfants apprennent qu'il est nécessaire de vouvoyer les adultes qui ne font pas partie de leur cercle immédiat.

Entre adultes, tutoyer impose à l'autre personne une familiarité qui peut ne pas être souhaitée. L'erreur est donc chez celui qui tutoie d'office. Celui qui répond en vouvoyant rappelle simplement que l'autre personne a décidé de le tutoyer mais sans lui demander son accord explicite et dans ces circonstances il garde lui l'attitude de base.


Après il y a des variantes avec les circonstances : ex une association où tout le monde se tutoie d'office.