Emploi de "Mademoiselle" et le tutoiement
21 réponses · Page 1 / 2
Bonjour à tous,
Tutoyer une fille que l'on appelle 'Mademoiselle', est-ce incongru ?
Merci d'avance
Cela peut dépendre du ton employé mais c'est normalement incohérent.
Cela se pratique désormais beaucoup par certains individus peu sensibles à la galanterie… 😉
Ou par quelques étranges personnages, pour citer le médecin légiste dans NCIS :
"Monsieur Palmer, peux-tu me passer le scalpel ?" 😉
SPQR a écrit :Cela peut dépendre du ton employé mais c'est normalement incohérent.
Salut
Disons que tu t'adresses à une fille ayant la vingtaine (même âge que toi) que tu rencontres pour la première fois. Comme tu veux être poli, tu l'appelles Mademoiselle, mais comme vous avez à peu près le même âge, tu la tutoies. En l'occurrence, son emploi est-il toujours incohérent ?
Merci
Le tutoiement ne découle pas d'une égalité d'âge.
C'est en relation avec le degré de familiarité que l'on a avec la personne.
Si on veut continuer à être poli, voire élégant — gentleman diront certains —, le vouvoiement est préférable pour une première rencontre, pour une première approche.
D'accord, je comprends mieux. En bref, il vaut mieux vouvoyer une fille que l'on appelle Mademoiselle ?
Oui.
On ne dit plus mademoiselle, d'ailleurs : toutes les femmes sont madame.
Sur les documents administratifs, d'accord.
Mais cela se dit encore dans la vie de tous les jours.
Apostropher une jeune femme de notre âge en disant "mademoiselle" puis en la tutoyant, je trouve ça assez ridicule… Le forfait c'est mademoiselle + vouvoiement^^
Delia, en administration, théoriquement, soit ; cependant je connais beaucoup de personnes de la tranche d'âge 15 – 25 ans qui préfèrent largement mademoiselle à madame 😉
Et puis c'est joli, mademoiselle et mam'zelle…
Et Trenet vouvoyait Clio :
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Le premier jour je me rappelle
C´était chez des amis idiots
Mam´zelle Clio
Mam´zelle Clio
Votre maman avait des ailes
Dans une robe de taff´tas
Vous étiez une demoiselle
Et je vous murmurais tout bas…
Si on ne peut plus rire, alors…
J'adore cette façon que vous avez de prendre mes boutades au tragique et de m'apporter solennellement la contradiction avec des attendus pince-sans-rire qui redoublent l'effet comique.
Plus sérieusement, ma génération a été persécutée de l'abominable : Madame ou Mademoiselle ?. Madame à tous les coups, c'est une délivrance.
Sinon, chacun se fait appeler comme il veut. J'ai remarqué que mes élèves se donnent leur prénom, tout bonnement
On peut rire Delia.
Cependant on peut aussi ressentir un sentiment de désarroi à cette simplification perfide et insidieuse de la langue. Mademoiselle est un des plus jolis mots de notre langue. Que les dictionnaires intègrent de l'argot, du verlan et les termes anglo-saxons de la communication et de la consommation qui s'imposent comme les nouvelles divinités auxquelles on nous somme de rendre grâce, pourquoi pas, ça enrichit la langue, mais que l'on supprime petit à petit des mots au nom de la même idéologie qui supprime les dates, les personnages et les événements de l'Histoire qui ne sont pas politiquement corrects aux yeux des nouveaux censeurs, c'est pitoyable.
Alors oui, il vaut mieux en sourire, mais que cela ne nous aveugle pas et que les derniers amoureux de la langue résistent tant qu'il le peuvent, je ne peux que souhaiter cela. 😉
On ne vous a jamais demandé tous les trois pas Madame ou Mademoiselle ? autrement dit, en puissance de mari ou disponible sur le marché ?
Madame, citoyenne, ma soeur, mademoiselle, je n'ai pas de préférence, mais la même apostrophe pour toutes !
A Madame Marie Racine, alias Mademoiselle Rivière : Marie, soeur de Racine, était madame jusqu'à son mariage. Après son mariage, elle fut mademoiselle, titre des femmes mariées non nobles.
Comme quoi ce mot varie de sens à travers les siècles.
Et comme dirait Don Juan : toutes les femmes sont madame.
Delia a écrit :On ne vous a jamais demandé tous les trois pas Madame ou Mademoiselle ? autrement dit, en puissance de mari ou disponible sur le marché ?
Je comprends et je compatis. Il y a des goujats, de minables petits dragueurs et des malotrus partout. :/
Pas même !
Des gens polis, tant mâles que femelles au demeurant, tétanisés par la crainte de l'impair : rabaisser une dame au rang de demoiselle, c'est la honte, hisser une demoiselle au rang de dame, c'est la gaffe.
Si bien que pour parade des féministes proposaient de relancer l'appellation damoiseau pour les mâles célibataires !
Finalement, nous avons eu la peau de cette mention mademoiselle, sans symétrique masculin, et c'est une victoire de la parité, ni plus ni moins.