Accord avec "la majorité"

Langue française

91 réponses · Page 4 / 5

Bonsoir.

Les deux peuvent se dire, selon ce que l'on veut mettre en relief.

La majorité des hommes est infidèle.
(On considère avant tout le groupe, la masse.)

La majorité des hommes sont infidèles.
( On considère davantage les nombreux individus.)
je souligne que lorsqu'il s'agit de la majorité au sens mathématique, le singulier s'impose.
Ex. : La majorité des élèves de cette classe a plus de 12 ans.
Roméo31 a écrit :je souligne que lorsqu'il s'agit de la majorité au sens mathématique, le singulier s'impose.
Qu'appelez-vous le sens mathématique de "la majorité" ? Je ne vois pas d'autre sens que mathématique dans l'expression qui nous intéresse et dans ce cas, la conclusion est évidemment erronée.

Académie :
☆4. Par ext. Le plus grand nombre des personnes d'un groupe, des éléments d'un ensemble ; la plus grande partie. La majorité des habitants de ce pays pratique ou pratiquent la religion catholique.
https://www.cnrtl.fr/definition/academie9/majorit%C3%A9
De grâce, avant de taxer une indication d'erreur, demandez des éclaircissements à son auteur ou soyez moins catégorique. Merci bien. 😜

Le Bon usage électronique, la Banque de dépannage linguistique
et d'autres ouvrages évoquent la notion de "majorité au sens mathématique", qui par ailleurs n'épuise pas le concept de "majorité" dans le domaine qui nous occupe.

Le B.U., § 431 :
L’accord avec le nom complété est particulièrement fréquent lorsque les noms de fractions sont au pluriel et leur complément au singulier ; — lorsque les noms de fractions, la majorité et la minorité sont pris au sens strict, mathématique : La majorité des députés rejeta le projet ; — avec le reste.
Désolé de ne pouvoir tout citer.

La BDL :
Le verbe > Accord du verbe avec le sujet > Sujet qui est un nom collectif 
La majorité, la minorité
 Comment faut-il accorder le verbe dont le sujet est la (une) majorité de, ou une minorité de? Ce verbe s’accorde-t-il au singulier ou au pluriel?

> Lorsque la majorité ou la minorité sont pris au sens mathématique très précis, l’accord du verbe se fait généralement au singulier.
 […] https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca//bdl/gabarit_bdl.asp?id=1682
Il y a quand même une toute petite nuance entre écrire que le singulier ici est très fréquent (comme écrit Grevisse) ou se fait généralement (comme écrit la BDL) et écrire comme toi que le singulier s'impose… 😉 Il ne s'impose pas tant que ça, puisque le pluriel est également possible.
Roméo31 a écrit :De grâce, avant de taxer une indication d'erreur, demandez des éclaircissements à son auteur
Mais c'est précisément ce que j'ai fait. J'ai posé la question :
Qu'appelez-vous le sens mathématique de "la majorité" ? Je ne vois pas d'autre sens que mathématique dans l'expression qui nous intéresse
et vous vous êtes bien gardé d'y répondre !

Les citations que vous donnez ensuite ne viennent pas à votre rescousse, puisqu'il apparaît deux grosses différences avec ce que vous avez indiqué :
1) Comme l'a relevé Jehan, il est inexact de dire "le singulier s'impose". On y dit que, dans un cas particulier, le pluriel est particulièrement fréquent, ou que l'accord se fait généralement au singulier. C'est donc là que votre conclusion était erronée.
2) Ledit cas particulier est donc quand majorité "est pris au sens strict, mathématique" ou "au sens mathématique très précis". C'est déjà plus restrictif que le simple "majorité au sens mathématique".
Et je me permets donc de vous reposer la question : «Qu'appelez-vous le sens mathématique de "la majorité" » ?
En quoi ce sens mathématique s'observe-t-il dans l'expression que vous citez comme caractéristique : "La majorité des élèves de cette classe a plus de 12 ans." ? Merci de donner un exemple d'expression semblable où "la majorité" n'aurait pas le sens mathématique que nous lui connaissons. Dans l'exemple donné par la BDL, "La majorité des étudiantes et des étudiants ont fait de grands progrès en grammaire." quel sens non mathématique donnez-vous à "majorité" qui diffère de votre exemple ?

Vous observerez que le seul exemple de Grevisse où il applique sa remarque est : "La majorité des députés rejeta le projet" et là, je suis d'accord avec lui, le singulier me semble préférable, car "majorité" y est pris, je ne dirais pas dans son sens mathématique, mais dans son sens politique (Groupement de voix qui, dans un corps électoral ou une assemblée, donne l'avantage à une personne, ou à un groupe ; le plus grand nombre des voix, des suffrages qui s'expriment au cours d'un vote organisé (notamment dans une assemblée délibérante ou un collège électoral)). Cela dit, même dans ce cas, le pluriel est bien évidemment possible. On note d'ailleurs l'exemple de la BDL : "Une minorité de citoyens sont opposés à ce parti, et une grande majorité d’entre eux ont voté en sa faveur."
Jehan a écrit :Il y a quand même une toute petite nuance entre écrire que le singulier ici est très fréquent (comme écrit Grevisse) ou se fait généralement (comme écrit la BDL) et écrire comme toi que le singulier s'impose… 😉 Il ne s'impose pas tant que ça, puisque le pluriel est également possible.
Bonjour,

- Il n'y a pas "une toute petite nuance", mais une différence assez importante (à ironique, ironique et demi 🙂 ).

- Au temps pour moi, je me suis trompé de "Grevisse" : il s'agit du Français correct (Grevisse, 6e éd. revue par M. Lenoble-Pinson) et non du Bon usage (dernière version électronique, Grevisse, A. Goosse).
En effet, le premier de ces ouvrages ne prévoit pas du tout d'alternative entre le singulier et le pluriel "lorsque les noms de fractions, la majorité et la minorité, sont pris au sens strict, mathématique" ; dans ce cas, le verbe doit s'accorder avec eux. Il cite ensuite le même ex. que le B.U. : La majorité des actionnaires rejeta le projet. (§ 979, 3e al.).

@ lamaneur

Pour la distinction entre le cas correspondant à l'expression "au sens mathématique" et l'autre cas, l'article de la BDL est clair. J'avais cité in extenso le passage pertinent de cet article mais il a été presque supprimé (parce que trop long certainement). Il vous est loisible de vous y reporter en cliquant sur le lien figurant dans mon pénultième message.

Bonne après-midi.

Ajout : Le § 431 du Bon usage électronique fait bien le point sur l'accord du verbe avec les "pseudo-compléments" tels que la majorité, la minorité, nombre de, une quantité de ; il est dommage que je ne puisse pas le reproduire pour ceux qui n'ont pas cet ouvrage.
Il n'est pas possible de faire un copier-coller en citant les sources ?
L'an passé, j'étais abonné, et je l'avais fait sans problème ici.

Ce que tu appelles "pseudo-compléments", il me semble qu'il ne s'agit pas des noms "la majorité, la minorité, une quantité ", mais des noms qui suivent.

Dans la grammaire Le petit Grevisse, en tout cas, il est précisé que le verbe s'accorde avec celui des deux noms qui frappe le plus l'esprit, selon que l'on considère en bloc la totalité, ou en détail la pluralité.
Il est étonnant que Le Français correct n'évoque pas cette alternative.
L'illusion sémantique nous perdra… Au lieu de focaliser sur la majorité/la minorité (approche des élections ? ) si nous prenions les choses de plus haut ? Nous verrions alors qu'il s'agit ici d'une syllepse, ce brave vieil accord ad sensum des grammaires latines que le locuteur fait… ou ne fait pas, à son gré.
Oui, à son gré, c'est bien ce qui a été dit. Qu'on appelle ça syllepse ou accord ad sensum n'y change rien.
Oui, c'est un cas d'accord au choix extrêmement commun et je dois dire que les explications de Roméo31 n'en sont pas. On attend toujours sa définition du sens mathématique, strict ou non strict, de "la majorité". Je ne sais pas quelle version du "Français correct" il a sous les yeux, mais dans ma version, qu'il est très facile de reproduire ici, il est bien clair que les deux accords sont possibles :
[lien invalide]453218NouveauSkitch3.jpg/453218NouveauSkitch3.jpg[/img][/url]
https://books.google.fr/books?id=Cva6FlQ-5nYC&pg=PA334#v=onepage&q&f=false

Même son de cloche évidemment du côté du B.U. dont on peut aussi trouver l'article intégral en ligne :
[lien invalide]621194NouveauSkitch2.jpg/621194NouveauSkitch2.jpg[/img][/url]
[lien invalide]489653Capture1.png][lien invalide]/489653Capture1.png[/img][/url]
[lien invalide]637801Capture.png][lien invalide]/637801Capture.png[/img][/url]
Oui, c'est un cas d'accord au choix extrêmement commun
C'est pourquoi il est paradoxal de dépenser tant d'énergie pour défoncer une porte si large ouverte !
Bah, ça vous aura au moins permis de venir y déposer votre granum salis !
Je vais rajouter le mien aussi (plus une pincée voire une poignée qu'un grain d'ailleurs) ! 😂
Pas tant sur la syllepse en effet, mais sur cette histoire de « sens strict ou mathématique » associé à majorité ; notion qui est en effet reprise par plusieurs sources, sans pourtant qu’elle soit vraiment explicitée.

En fait, je me demande si majorité au sens mathématique n’est pas à entendre comme majorité au sens strict = majorité absolue.
Le sens "non mathématique" correspondant alors à la majorité relative (simple).

Soit une classe de 13 élèves, s’il y a 6 garçons et 7 filles, on pourra dire au sens large que les filles sont majoritaires, mais au sens strict, on ne pourrait le dire que si elles sont au moins 8. (Exemple faux, voir commentaires ci-dessous.)

Dans une société composée à 40 % d’ouvriers, 35 % de techniciens, 25 % d’ingénieurs, la majorité des employés sont des ouvriers - au sens large, mais non au sens strict : il faudrait qu’ils soient 50 % + 1 pour représenter la majorité de l’effectif.

Jusque-là ça va encore, mais avec la notion non stricte de majorité, on peut également dire ce genre de choses, qui là peuvent être à la limite de la manipulation :

La majorité des inscrits sur les listes électorales vote(nt) à droite.

26 % droite
23 % centre
21 % gauche
30 % votes nuls, blancs, abstention.

En fait, la « vraie » majorité (qui n’est pourtant même pas absolue) est constituée par les inscrits qui ne votent pas.
Aucune majorité absolue n’existe parmi les votants.
Donc dans ce cas on aurait le choix entre singulier ou pluriel.

A contrario :

55 % droite
25 % centre
20 % gauche
10 % blancs, nuls, abstention.

Dans ce cas, on devrait (plus particulièrement voire uniquement, selon les sources) utiliser le singulier.
Soit une classe de 13 élèves, s’il y a 6 garçons et 7 filles, on pourra dire au sens large que les filles sont majoritaires, mais au sens strict, on ne pourrait le dire que si elles sont au moins 8.
J'avoue que dans cet exemple précis, je saisis mal… Pourquoi, mathématiquement, en faudrait-il 8 ?
C'est la définition de la majorité absolue.
Pour éviter de faire des moitiés d'enfants. 😀
Mais 7, cela dépasse bien déjà la moitié de 13 ?
En cas de nombre impair, majorité absolue = moitié du nombre pair immédiatement supérieur + 1.
Désolé de te contredire…
Wikipedia a écrit :(Politique) Majorité égale à la moitié des suffrages exprimés plus un si leur nombre est pair ou, si leur nombre est impair, égale à la moitié du nombre pair immédiatement supérieur.

S’il y a 101 suffrages exprimés, on obtient la majorité absolue à partir de 51 suffrages exprimés (102 divisé par 2). Le parti opposé peut en avoir au maximum 50.
Donc, s'il y a 13 suffrages exprimés (nombre impair) on obtient la majorité à partir de 7 suffrages exprimés, moitié du nombre pair immédiatement supérieur (14 : 2).
Dans le cas qui nous occupe, les filles ont donc bien, en nombre, la majorité absolue telle qu'elle est légalement définie. Nul besoin qu'elles aient été au nombre de 8.
OK, moi, je me souvenais (mal apparemment) de la règle avec +1, j’ai fait l’erreur de ne pas vérifier.
Dans un souci de vérité, tu as donc bien fait de rectifier l’erreur, qui du coup invalide mon premier exemple (qui de toute façon n’est pas le plus parlant, à mon avis), mais sur le fond de la question, ça ne change pas grand-chose à mon commentaire.