Bac de français 2013, séries S et ES - Sujet d’invention

Entraide scolaire

65 réponses · Page 4 / 4

Bonsoir, j'ai pris aussi l'écriture d'invention, mais en lisant certains textes j'ai l'impression d'avoir fait une bêtise … Je peux avoir vos avis ?


Lorsque revenait la fin de la semaine, les enfants recommençaient à montrer de l'enthousiasme dans leurs gestes, leurs yeux s'éclairaient, leur agitation débordait jusqu'à toucher les adultes, qui alors ne savaient plus où donner de la tête, appelant au calme tout en faisant de grands mouvements.
Et quand enfin, la carriole du vieux Max apparaissait à l'horizon, tous se taisaient et attendaient qu'elle atteigne la ferme, comme bercés par le pas des grands chevaux qui la tiraient.
À son arrivée, le vieux marchand itinérant soignait ses chevaux, les brossait et peignait leur crinière emmêlée tout en leur murmurant des mots que personne n'entendait à l'oreille, pendant que tous attendaient, à distance, dans un silence presque sacré.
Puis, tête toujours baissée, son grand chapeau de voyage masquant ses yeux, le vieux Max allait ouvrir son chariot, et alors, brisant le charme, l'émerveillement gagnait les villageois, dont les yeux n'étaient pas assez grands pour tout voir. Des tissus brodés de la ville qui enchantaient les femmes, des couteaux au manche sculpté qui fascinaient les hommes, et des vieux livres de parchemin que les enfants ne pouvaient pas lire, mais que les illustrations colorées et au parfum de cannelle faisaient rêver.
Si un des plus jeunes s'approchait du vieux Max, alors celui-ci relevait son chapeau dévoilant un visage ridé, éclairé d'un sourire, et des yeux qui pétillaient d'amusement et de sagesse. Le petit, fendu d'un sourire béat, tendait une pièce brillante et attendait que le vieux la saisisse. Le vieux marchand prenait alors la pièce, et, d'un claquement de doigts, la faisait disparaître et réapparaître et réapparaître où bon lui semblait. Ses mains plissées s'agitaient virevoltaient, faisaient et défaisaient des nœuds plus vite que l'entendement, et leurs ombres créaient des créatures fantastiques.
Puis, quand le soir tombait, on allumait un feu dans la cour, et, tout en découvrant les douceurs épicées ramenées par le vieux Max, le silence se faisait de nouveau autour de la voix du vieux conteur, qui narrait des histoires de dragons, de mondes imaginaires et des aventures à couper le souffle, au rythme desquelles les enfants plongeaient dans des rêves peuplés de héros, que les adultes appréciaient pour leur musicalité, et que les anciens reconnaissaient comme des récits de voyage embellis, mais par lesquels ils se laissaient tout de même entraîner, pris par les souvenirs de leur propre jeunesse.
Quand tout le monde s'était endormi, le vieux Max retournait dans sa carriole, enlevait son chapeau, fermait les yeux et profitait lui aussi de l'abandon du sommeil.
Salut, ça a l'air vraiment génial tout ce que vous avez fait, de mon côté j'ai passé le bac S il y a quatre ans mais cette année mon frère passait le bac S et je me suis essayée un peu pour voir si je pouvais faire le sujet en quatre heures, je ne sais pas ce que ça vaut, au bac j'avais pris 10 pour hors sujet mais je crois que cette fois ci j'ai un peu mieux compris.


Elle arrivait toujours d'un pas rapide et la trajectoire aussi droite que son maintien, telle une étoile filante traçant sa route dans un ciel d'encre. Tout en elle était étudié, travaillé pour la discrétion, elle filait sans regarder autour d'elle, la tête droite et le regard en avant.
Et puis elle s'arrêtait près du mur où nous l'attendions, posait son sac dessus après l'avoir soulevé et effectué un gracieux demi-tour. Je crois qu'alors elle parcourait notre groupe d'un regard à la fois distant et bienveillant, s'autorisait un sourire tout en ouvrant son sac (une chose violette et carrée en bandoulière avec pleins de fermetures éclair grises.)


Quand je dis qu'elle souriait, en vérité je ne sais pas trop si c'était à notre adresse, pour elle-même ou pour quelque divinité lointaine, figure amie disparue ou autres. Toujours est-il que ses lèvres se courbaient avec grâce et très brièvement, et que ses yeux semblaient partir un peu dans le vague.
Je n'ai jamais percé ce mystère, mais je suis sûre qu'à moi, elle n'a jamais souri.
Lui ai-je souri moi? Je crois, mais d'un sourire qui aurait été en fait trop pour moi et pas assez pour elle, peut-être me souriais-je à moi même, ou plutôt espérais-je qu'elle me renverrait ce sourire. On dit que l'humain renvoie toujours tout à lui, y compris lorsqu'il tente de se dévouer aux autres, et j'ai bien peur que ce soit malheureusement vrai.
Mais elle ne marchait pas à ce jeu visiblement, tant mieux pour elle.
Il y avait dans ses yeux sombres quelque chose qui m'intrigua, avant de m'effaroucher et de me glacer le sang. Il me suffisait de croiser son regard ou d'entendre les accents de sa voix pour me figer toute entière, à l'exception bien sûr de mon cœur, ce coquin dont je redoutais qu'elle n'entende les battements frénétiques!


La première fois que je la vis j'eus deux regards, celui d'un mauvais photographe tout d'abord: une femme, jeune, brune aux cheveux courts, fine et de taille moyenne ou petite et quelques autres détails, pas intéressante en fin de compte.
Allez donc savoir pourquoi je changeais d'avis à la vitesse de l'éclair…
Sa voix me marqua en premier, par l'émotion qu'elle dégageait et par les sentiments qu'elle seule laissait paraître, au sein de cet être qui me paraissait alors surtout fait de pierre. Quant-au son, jamais je n'en avais entendu de tel. Les femmes de chez moi étaient souvent de solides alti que mes pauvres miaulements de soprano de dix ans ne pouvaient espérer singer. Mais cette femme alors… Il lui suffit d'ouvrir la bouche pour y coller mes oreilles. On aurait dit une flute dans des mains expertes, et les mots lui venaient toujours exactement, chacun avait sa signification propre et il n'était pas question de les mélanger. Elle parlait dans un registre élevé, du moins ce fut mon impression de gamine sauvage et rustaude.
Toutefois même si la syntaxe de ses phrases était toujours parfaite, il ne s'en dégageait aucune grâce particulière propre à les transformer en sentences ou maximes, encore moins en poésie. C'est pourquoi les mots qu'elle prononça restent peu gravés dans mon esprit, à l'exception de petits morceaux isolés.


Si je me sens toujours capable d'entendre sa voix dans ma tête, reconstituer son visage me demeure impossible tant le flou s'y met. Il ne m'en demeure qu'une silhouette que seuls mes rêves peuvent reconstituer avec un certaine précision. Pourtant je me sais capable de la reconnaître au milieu d'une foule et même de loin, c'est souvent arrivé.

Et puis il y avait sa manière d'être, de faire les choses, pour l'enfant de dix ou douze ans que j'étais cela demeurait encore inconnu et un peu intimidant. Pourtant je sentais déjà au plus profond de mon être que, par certains aspect, elle me ressemblait beaucoup tandis que nous étions radicalement opposées par d'autres. Rien que par la taille pour commencer, les autres la disaient de taille moyenne, toutefois je savais déjà que je la dépasserais après une ou deux années et c'est ainsi que pour moi elle devint plutôt petite. Mais il m'est impossible de faire l'inventaire de nos ressemblances et différences. Si je m'y hasardais par malheur, dix pages ne suffiraient même pas à traiter le problème de nos seuls visages respectifs.

Lorsqu'il fallait sortir, il y avait des moments où je filais sans me préoccuper d'elle, je regardais autour de moi, oiseaux, arbres, maisons, murs ou personnes… Mais lorsque quelque chose d'inhabituel me frappait, elle était toujours la première à qui j'ai envie de le faire remarquer.
Et c'est dans ces moments qu'elle me paraissait cruellement indifférente et me renvoyais à mes jeux sans vraiment s'en préoccuper. Même le jour où je trouvais un nid de pigeons dans un trou de mur en hauteur, avec dedans trois oisillons, elle resta presque de marbre. Toujours avec ce même sourire pour l'inconnu, où il me semblait peu à peu deviner un voile de tristesse.
Pour qui était donc ce sourire qui me rendait folle?


Et puis un jour elle eut un javelot dans les mains et lorsqu'elle le lança à belle distance, nous en fûmes tous ébahis et certain eurent une exclamation admirative. J'en étais car c'était le premier lancer de javelot de toute ma vie. D'autres sifflèrent ou applaudirent.
Elle haussa les épaules avec indifférence quant à sa performance, certains lui disaient qu'il lui fallait s'inscrire aux jeux olympiques, ce à quoi elle répondit que les champions olympiques envoyaient leur javelot au moins jusqu'au clocher visible au loin.
Encore aujourd'hui, je suis sûre que ce n'est pas vrai et qu'elle exagérait, de toute façon je n'ai jamais pu voir d'autres lancers aller au delà de dix mètres après elle, pas en vrai en tout cas. Alors elle reste ma championne.
Une autre fois elle grimpa sur le mur d'escalade à la vitesse d'un éclair, mais cette fois-ci personne n'osa la complimenter. En fait elle venait tirer d'affaire l'un de notre groupe qui avait détaché sa corde en montant plus haut que les mousquetons. Je ne compris jamais comment il s'était débrouillé, mais je ne demandais aucune précision car elle était vraiment furieuse.


Une autre fois encore, elle fut très triste et nous en parla, mais je ne compris pas immédiatement qu'il y avait eu un mort dans l'histoire, quelqu'un dut me le ré-expliquer. J'avais simplement imaginé qu'un sérieux problème la touchait directement et qu'elle devait le régler. Mais une fois que j'eus réalisé que la mort avait frappé, je crois que j'en fus au moins autant affectée que les autres, et même plus que certains. Plus naïve que la moyenne, moins formée sur certaines choses, j'avais peut-être un jour vaguement entendu parler de cela, mais c'était bien la première fois que j'étais confrontée pour de vrai à la mort avant la vie.
Mais comme elle ne semblait pas s'effondrer pour autant, je ne la trouvais que plus forte encore.


Auparavant, je crois que j'avais toujours pensé que la taille faisait la force, elle me démontra le contraire: que la force ne venait de la taille qu'en petite partie. Lorsqu'elle bondissait comme un jeune chevreuil, qu'elle lançait ses mains, ses bras, ses jambes ou tous son corps, qu'elle sautait, plongeait ou roulait pour se relever souplement, je restais béate.
Et terriblement envieuse aussi. Je n'étais pas encore jalouse, à l'époque je pensais qu'un jour j'en ferais autant, ou presque autant. Plus tard je le devins, elle m'agaça, m'intimida lorsque je grandis un peu et finit même par me terroriser. Je priais tout le temps pour cela, demandais que cela arrête, rêvait que c'était fini. Ma peur se calma et nous chantions même ensemble, avec un groupe plus petit que les précédents.
Si sa voix m'avait marquée dès le début, je découvris alors que cela n'avait été qu'un aperçu, car cette femme chantait merveilleusement bien. Tous avaient plaisir à l'écouter, une vrai soprano qui ne cassait pas les oreilles! Sa voix était juste, et lorsqu'elle chantait ce n'était plus la même chose qu'avec les autres groupes, des fois elle souriait vraiment même. À mon grand désespoir, ma peur d'elle me fit peut-être manquer un paquet de ces beaux sourires, comme je le regrette!


Pour moi, elle était proprement extra-ordinaire même si elle ne sembla pas marquer particulièrement mes amis. Dans leur esprit elle restait une entité parmi d'autres, dont certaines leur semblaient beaucoup plus intéressantes et fascinantes. Mais pour moi c'était la référence suprême après Dieu.
Il est intéressant de voir comment les adolescents s'accrochent facilement et de manière inconditionnelle à une figure brillante: auteur, acteur, chanteur ou sportif, et comme ils sont capables de suivre ses mouvements les plus infimes au point de s'en rendre parfois esclave. Mais j'ai découvert aussi une chose. Ce succès et cet attrait n'est pas réservé aux grandes idoles de ce monde, non, la personne la plus banale à première vue peut en être l'objet. En fait, c'est notre regard et notre écoute qui font de nos proches et de ceux qui nous côtoient des personnages extra-ordinaires.


Voilà, qu'est-ce que vous en pensez?
Waouh, à la première lecture j'ai l'impression que ça dépasse le niveau lycée (en tout cas en filière scientifique, en TL peut-être que c'est la base, j'en sais rien ^^'). Mais par rapport au sujet je crois qu'il manque l'inspiration des textes du corpus ?
J'ai retrouvé ça ici :
https://www.le-heron.com/fr/viewstory.php?sid=647&chapter=1
Bonjour , après les résultats de mon bac de francais etant sur de mon travail et de ma future note je me suis vu terriblement decu par celle-ci :/ , je comptais sur cette note pour rattraper l'oral , discipline compliquée pour moi car les mots ne se decident pas a sortir 🙄 . Je suis plutot perfectionniste quand il s'agit de faire quelque chose que j'aime et la note n'est pas une catastrophe en elle meme mais mon ego a quand a lui pris un sacré coup 😞 , j'aimerais donc savoir si le correcteur s'etait levé de mauvais pied , si par hasard cela pouvait etre une erreur ou bien s'il faut seulement que je me mette dans la tete que mon travail n'avait rien pour lui…

"Son regard était rivé sur les flots , les petites secousses du lac semblaient agiter ses pensées tandis que sa chevelure d'or ondulait au grès du vent. Puis , doucement , délicatement , elle déposa son corps de déesse dans l'herbe encore humide. Je l'observais , deja conscient de l'innommable beauté de ses yeux , j'osais entrouvrir les fenetres de son ame.
La ou d'autres n'auraient percu qu'une pupille brillante , j'y vis une force certaine nouée a une enveloppe fragile.
Ses yeux me fixaient et l'on pouvait y lire qu'elle me saurait perdu sans son aide , son appui si cher a mon coeur.
Il y'avais la de la fierté en son regard , une assurance a en faire palir un homme de foi."

Je n'ai pas la suite car tout ce que j'ai de ce travail n'est plus que mon brouillon , et comme mon brouillon lors de l'epreuve m'a quasiment ete inutile pour ecrire ce texte j'avais decidé de continuer mon ecrit sur la feuille d'examen 🙄

Chez mon on me scande que mon travail ne valait certainement pas ce en quoi je croyais et qu'il faut que je dois arreter de "me prendre pour ce que je ne suis pas" ; j'aimerais en avoir le coeur net car cela me touche réellement :/