Bac de français 2013, séries S et ES - Dissertation
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Bonjour, j'aimerais juste un avis sur mon plan s'il vous plaît 🙂 pour savoir si il tient la route
Problématique: est-ce que les romanciers doivent nécessairement faire de leurs personnages des êtres extraordinaires ?
1 oui ils le doivent
A pour nous montrer l'irréel, nous évader : utopie Candide avec son eldorado
B Pour nous montrer les qualités des personnages Mme Tim ( corpus) et le duc de nemours
C pour nous fasciner des actes héroïques: roman épique Yvan ou le chevalier au lion et l'esclave vieil homme et le molosse
Lien: le naturalisme
2 non ils ne sont pas obligés
A il faut des antihéros pour s'identifier, des êtres deceptifs : meursault de camus et Duroy de maupassant
B pas obliger d'être extraordinaire pour représenter quelque chose de fort ou être attachant : rieux dans la peste et Man ( corpus)
C pour nous montrer les difficultés de la vie : Gervaise de Zola ( l'acool)
Lien: des nouveaux mouvements littéraires
3ils peuvent créer des personnages déconcertants : ni extraordinaires ni ordinaires
A le nouveau roman : la definition
B lecteur et le personnage butor la modification (le pronom personnel)
Conclusion: ouverture sur un autre genre , le théâtre
Merci 🙂
Biasi, je ne suis pas devin, je n'ai pas vu ta copie, ni ta réponses à la question de corpus, et ce serait te bercer d'illusion de croire en ma parole 🙂 Mais dans la mesure où tu n'as pas spécialement fait de contre-sens grave dans la dissertation et que tu penses t'en être bien tiré(e) sur la question de corpus, alors pourquoi pas oui … 🙂
Ninis1996, plusieurs faiblesses dans ton devoir peuvent t'être reprochées.
Tout d'abord, tu n'as pas proposé de problématique, tu as juste repris l'intitulé du sujet.
D'autre part, Candide est un conte philosophique et non un roman, c'est donc un exemple inapproprié. Je ne sais pas si ce sera comptabilisé comme une erreur, quoi qu'il en soit les romans de Chrétiens de Troy sont antérieurs à la période qui vous était imposée dans le sujet, étant donné que ses oeuvres datent du XIIè siècle. L'ouverture demande à être bien défendue pour être pertinente, et le fait qu'elle le soit sur un autre genre me laisse perplexe. Cependant ce ne sont que des points de détail, et on peut penser qu'ils ne seront pas extrêmement pénalisants 🙂
C'est davantage sur la qualité des arguments que se fondera ta note. Les sous-parties, telles qu'elles sont présentées, en disent trop peu, et je ne voudrais pas te décourager sans avoir compris ce que tu as voulu dire !
Bien d'accord avec Freeze, mais j'ajouterais qu'il y a bel et bien un contre-sens : si vous demandez à vos parents "je dois nécessairement manger ça?", pensez-vous réellement qu'il vous répondront "oui et non", et pas "oui OU non" ?! C'est soit "oui tu le dois" soit "non ce n'est pas nécessaire " (plus généralement "fais comme tu veux"^^), mais donc il y a une réponse tranchée à la clé car il s'agit d'une question fermée, qui ne peut avoir que "oui" OU "non" comme réponse…
Je trouve que les profs ont été très gentils de mettre le "nécessairement" pour accentuer le "doit" et aiguillonner les élèves quant au fait de fournir une réponse tranchée ; il y a 5-6 ans quand je passais mon bac de français on n'y avait pas droit…
Cependant ce contresens semble être présent dans toutes les copies ou presque, donc si les profs ne veulent pas avoir une moyenne nationale catastrophique ils seront obligés de ne pas en tenir compte : ce ne sera pas un malus pour tous ceux qui ont fait ce contresens, mais il devrait y avoir un sacré bonus pour ceux qui auraient cerné correctement les attentes du sujet ! Et soit tous ceux qui l'ont fait sont absents de ce forum, soit ces élèves là sont fort peu nombreux…
Si je puis me permettre Touffy, une dissertation est une épreuve qui demande à analyser un problème qui, loin d'attendre une réponse tranchée, est justement censée montrer que la réponse n'est pas aussi simple qu'un oui ou un non. Soutenez que la réponse n'est qu'un '' oui '', ou qu'un '' non '', et vous n'aurez pas de mal à trouver quelqu'un avec des arguments bien plus pertinents que ceux qu'un élève peut apporter.
D'où la nécessité d'analyser les deux positions contraires. Pour ce sujet, on ne pourrait se contenter de répondre '' oui le personnage doit nécessairement être extraordinaire '' sans être parvenu à définir - au terme d'un raisonnement ayant analysé des positions contradictoires - ce en quoi consiste être extraordinaire dans un roman. Et c'est au fond de cette contradiction que naît une position supérieure qui va redéfinir le sens des termes du sujet.
Je suis en grande partie d'accord, je dis juste que cela n'est pas "nécessaire" comme spécifié dans le sujet, mais qu'il s'agit d'une possibilité, d'un choix de l'auteur suivant le but poursuivi en écrivant son roman. Il s'agit donc, après avoir défini ce qu'est un personnage de roman extraordinaire dans l'introduction, et après avoir brièvement répondu "oui" ou "non" (ce qui, en soi, ne constitue que l'entrée en matière de la dissertation) d'ouvrir le débat pour analyser les deux positions contraires qui ne résident pas tant dans une obligation à laquelle serait soumis l'auteur (contrairement à ce qu'expriment les termes du sujet) que dans les possibilités qui s'offrent à lui !
Disons que le plan que je surnomme "thèse-antithèse-foutaise" (en hommage à une prof de HEC) était ici totalement faux si les termes des deux parties contraires étaient "oui c'est obligatoire" et "non d'un autre côté ce n'est pas nécessaire". Si c'était obligatoire, personne n'aurait dérogé à la règle et l'anti-héros n'existerait pas dans le roman !
Le romancier a le choix d'opter pour un personnage extraordinaire ou non, or qui dit choix dit absence d'obligation, et c'était pour moi à spécifier dans la dissertation, pour montrer que l'on a compris sur quel terrain veut nous entraîner le sujet mais que l'on n'est pas dupe et que l'on ne fera pas un plan absurde sur deux choses contraires et obligatoires, mais bien plutôt sur deux choses contraires et tout autant possible l'une que l'autre suivant l'objectif du romancier.
Il s'agit donc bien de discuter pour redéfinir les termes du sujet en passant d'obligation à choix/possibilité, ce qui jusque là a rarement transparu dans les plans proposés…
Oui, c'est évident qu'affirmer '' oui c'est nécessaire '' et '' non ce n'est pas nécessaire '' juste après est un peu illogique.
Ceci dit, ( et c'est un autre débat ), je prends à contre-pied ta ( votre ? ) position de l'envisager en terme de choix du romancier. J'aurais plutôt tendance à dire que le romancier au contraire doit nécessairement avoir recours à un personnage extraordinaire, sous peine de tuer son roman.
Autrement dit, le personnage le plus banal, le plus médiocre, tel qu'il se trouve dans un roman, est forcément extraordinaire. On s'imagine mal en effet notre propre vie, dans ses temps morts, apparaître dans un roman. Au contraire, n'importe quel héros n'a que des actions, et c'est justement ce qui lui permet d'exister en temps que personnage de roman. Emma Bovary n'est pas extraordinaire comme l'est Sherlock Holmes, et pourtant elle n'en demeure pas moins extraordinaire en vertu d'une action menée jusqu'à son terme, dans une vie concentrée et romancée.
Justement, pour moi ce n'est pas Mme Bovary qui est extraordinaire mais la situation dans laquelle elle se retrouve. On pense généralement qu'à cause de la façon dont les personnages gèrent ces situations extraordinaires (brillamment dans les romans souvent), ils sont eux aussi extraordinaires, alors que la plupart du temps ils n'ont tout bonnement pas le choix!
Dans Les raisins de la colère, la famille que l'on suit au long du roman n'a rien d'extraordinaire, elle est une parmi tant d'autres à partir en Californie dans l'espoir futile de trouver de quoi subsister. Steinbeck le disait lui-même, quand il faisait ses recherches pour dénoncer ce qu'il se passait durant la Grande Dépression, qu'il a fait de cette famille les personnages centraux de son livre justement pour leur banalité, leur anonymat, le fait qu'ils sont si tristement semblables à toutes les autres familles qui fuient l'ouest américain…
Vous dites "On s'imagine mal en effet notre propre vie, dans ses temps morts, apparaître dans un roman." ; mais n'est-ce pas justement l'essence du réalisme et des styles qui en découlent, depuis le milieu du XIX ème siècle jusqu'à encore aujourd'hui ?
Enfin, en quoi la situation ou le caractère de Hank Chinasky (alias Bukowski) sont extraordinaires par exemple ? Ces personnages en somme tout à fait basiques comme vous et moi, qui parlent des gens qu'ils ont croisé dans la rue, ne sont pas extraordinaires, ils ne sont que des témoins de l'Histoire au niveau des petites gens, et pourtant cela ne tue en rien le roman ou son intérêt. Ce qui vaut pour Bukowski à une époque fut valable avant lui (Zola, Fante ou Kerouac) et le restera après lui (Carver ou Pedro Juan Gutiérrez), à mon sens.
Ces personnages sont presque encore plus banals que nous, et pourtant personnes ne niera que les romans de Zola n'ont pas eu leur part de succès.
Mais bon en effet c'est un autre débat, bien plus large que le présent sujet !
touffy9278 a écrit :Justement, pour moi ce n'est pas Mme Bovary qui est extraordinaire mais la situation dans laquelle elle se retrouve. On pense généralement qu'à cause de la façon dont les personnages gèrent ces situations extraordinaires (brillamment dans les romans souvent), ils sont eux aussi extraordinaires, alors que la plupart du temps ils n'ont tout bonnement pas le choix!
Ce qui est complètement erroné, vu que précisément, il n'arrive rien à Emma Bovary. La situation dans laquelle elle se trouve est on ne peut plus banale, et c'était bien l'ambition de Flaubert que de faire un livre '' sur rien ''.
touffy9278 a écrit :
Dans Les raisins de la colère, la famille que l'on suit au long du roman n'a rien d'extraordinaire, elle est une parmi tant d'autres à partir en Californie dans l'espoir futile de trouver de quoi subsister. Steinbeck le disait lui-même, quand il faisait ses recherches pour dénoncer ce qu'il se passait durant la Grande Dépression, qu'il a fait de cette famille les personnages centraux de son livre justement pour leur banalité, leur anonymat, le fait qu'ils sont si tristement semblables à toutes les autres familles qui fuient l'ouest américain…
Vous dites "On s'imagine mal en effet notre propre vie, dans ses temps morts, apparaître dans un roman." ; mais n'est-ce pas justement l'essence du réalisme et des styles qui en découlent, depuis le milieu du XIX ème siècle jusqu'à encore aujourd'hui ?
Je n'ai pas du m'exprimer assez clairement. Pour Mauriac, '' dans la vie, Tristan et Yseult parlent du temps qu'il fait, de la dame q'ils ont rencontrée le matin, et Yseut s'inquiète de savoir si Tristan trouve le café assez fort. Un roman tout à fait pareil à la vie ne serait finalement composé que de points de suspension '' . Ce que je voulais dire par '' extraordinaire '', c'est ce que ce sera toujours une vie
romancée. On dit bien après tout, pour qualifier une aventure géniale, qu'elle était '' comme dans un roman ''. Et ce que je viens de dire vaut pour tous les exemples suivants que vous citez.
Pour être plus précis, il n'y a jamais de personne comme vous et moi dans un roman. Si jamais quelqu'un m'utilisait dans un roman, alors ce ne serait plus moi, mais un concentré romanesque de moi, une part de moi travaillée plus profondément.
Je crois que nous n'avons pas la même définition de ce qu'est un personnage extraordinaire : pour moi le sens à adopter est le sens littéral, ie "qui sort de l'ordinaire".
Pour moi, tous les romans sont romancés. Le Larousse donne cette définition de "être romancé" : "être présenté comme dans un roman". C'est même un pléonasme donc de dire qu'une histoire ou un personnage de roman sont romancés, car, appartenant à un roman, ils le sont par définition.
Effectivement si nous étions des personnages de romans, nous serions des personnages romancés et non bruts de fonderie. Mais en quoi serions-nous extraordinaires? De même, en quoi Hank Chinasky, Arturo Bandini, Bouvard ou Pécuchet présentent-ils la plus petite once d'extraordinaire?
Le principe d'une dissertation est justement de jouer sur le sens pluriel des mots.
Et il n'est pas dur à prouver que Bouvard et Pécuchet ont bien une vie '' qui sort de l'ordinaire ''.
Je ne connais que l'incipit de l'oeuvre, et dès le début j'y vois une vie qui '' sort de l'ordinaire '' justement par la surdétermination mise en place par le romancier. Quoi de plus extra-ordinaire de voir Pécuchet s'accorder avec autant de mécanique avec son alter-égo ? L'espace dans lequel ils s'inscrivent est résolument déterministe, et ce sont des marionnettes qui fonctionnent ensemble. Jamais dans la vie vous ne verrez des personnes s'accordent avec tant d'harmonie, qui s'assoient au même moment sur un même banc ''.
Le problème est que vous refusez de comprendre que '' extraordinaire '' ne signifie pas uniquement '' doté de qualités exceptionnelles sur une échelle morale donnée ".
Cela étant ce n'est pas la définition que j'ai donnée… Voici les définitions du mot "extraordinaire" d'après Larousse :
"Qui sort de la règle, de l'usage ordinaires
Qui n'est pas courant ; exceptionnel, inhabituel
Qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité
Qui s'écarte énormément du niveau moyen, ordinaire : Un personnage extraordinaire.
Qui, par ses qualités, sort de la moyenne (abréviation familière extra)
Qui est très grand, intense, immense"
Je ne vois que peu de différences entre ma définition "qui sort de l'ordinaire" et celle du dictionnaire "qui s'écarte énormément du niveau moyen, ordinaire" ; en revanche je n'y vois nulle part mentionné "doté de qualités exceptionnelles sur une échelle morale donnée", ni dans ce que j'ai pu poster par ailleurs, ni dans les définitions figurant ci-dessus. Pourriez-vous me dire où vous m'avez vue écrire cela (cf votre dernière phrase)?
Enfin, il est très difficile à mon sens de parler d'une oeuvre entière quand on n'en a lu que l'incipit (donc la première page)…
Vous dites que le fait qu'ils s'accordent parfaitement sort de l'ordinaire, pour moi il s'agit d'une relation basée sur une amitié réciproque ; de plus, en quoi leur vie sort-elle de l'ordinaire? N'est-ce pas justement leur ordinaire à eux, et l'extraordinaire ne serait-il pas qu'ils y dérogent?
Ayant fait des études de sémantique je serais la première à vous accorder le fait que les mots ont plusieurs sens et qu'il est d'ailleurs fort agréable de jouer dessus…
touffy9278 a écrit :Cela étant ce n'est pas la définition que j'ai donnée… Voici les définitions du mot "extraordinaire" d'après Larousse :
"Qui sort de la règle, de l'usage ordinaires
Qui n'est pas courant ; exceptionnel, inhabituel
Qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité
Qui s'écarte énormément du niveau moyen, ordinaire : Un personnage extraordinaire.
Qui, par ses qualités, sort de la moyenne (abréviation familière extra)
Qui est très grand, intense, immense"
Je ne vois que peu de différences entre ma définition "qui sort de l'ordinaire" et celle du dictionnaire "qui s'écarte énormément du niveau moyen, ordinaire" ; en revanche je n'y vois nulle part mentionné "doté de qualités exceptionnelles sur une échelle morale donnée", ni dans ce que j'ai pu poster par ailleurs, ni dans les définitions figurant ci-dessus. Pourriez-vous me dire où vous m'avez vue écrire cela (cf votre dernière phrase)?
Qui, par ses qualités, sort de la moyenne (abréviation familière extra)
. Je vous cite. Je reconnais avoir précisé le sens dans lequel j'entendais '' extraordinaire '' dans un système de valeur moral , ceci dit vous ne faites pas grand effort pour comprendre.
touffy9278 a écrit :
Enfin, il est très difficile à mon sens de parler d'une oeuvre entière quand on n'en a lu que l'incipit (donc la première page)…
Vous dites que le fait qu'ils s'accordent parfaitement sort de l'ordinaire, pour moi il s'agit d'une relation basée sur une amitié réciproque ; de plus, en quoi leur vie sort-elle de l'ordinaire? N'est-ce pas justement leur ordinaire à eux, et l'extraordinaire ne serait-il pas qu'ils y dérogent?
Le fait qu'ils s'accordent parfaitement sort de l'ordinaire dans la mesure où Flaubert les inscrit dans un univers complètement déterminé ( la récurrence dans le chiffre ' 33 ', la symétrie des barriques, la symétrie dans les actions des protagonistes ). Jamais, dans la vraie vie, vous n'assisterez à une scène pareil, justement dans la mesure où Flaubert joue de ce déterminisme pour critiquer le positivisme ( qui prétend tout expliquer par la science ) et pour critiquer le romanesque. Ce serait un peu simple de n'y voir qu'un éloge de l'amitié, quand on sait que Flaubert haïssait ces deux personnages.
'' Qui étonne par sa bizarrerie, son étrangeté, son originalité '' me disiez-vous. Oui, ils sont bien extra-ordinaires.
Ceci dit vous accordez peu d'importance à ce que j'ai déjà pu vous expliquer; Dans n'importe quel personnage de roman que vous citez, l'auteur est toujours obligé de supprimer des '' temps morts '' pour ne devenir qu'action, et ceci le rend extra-ordinaire, je vous renvoie à Mauriac. Plus précisément, il n'est qu'une seule action. Vous n'aurez jamais dans une oeuvre de personnage '' plein '', pris dans toute sa complexité ( exception faite du Nouveau Roman peut-être … ) : il ne sera qu'un condensé, et c'est d'ailleurs parce qu'il est un condensé qu'il nous permet l'identification. A l'inverse, '' un être réel, si profondément que vous sympathisions avec lui, pour une grande part est perçu par nos sens, c'est-à-dire nous reste opaque, offre un poids mort que notre sensibilité ne peut soulever. ''
touffy9278 a écrit :
Ayant fait des études de sémantique je serais la première à vous accorder le fait que les mots ont plusieurs sens et qu'il est d'ailleurs fort agréable de jouer dessus…
Certes. Ceci dit permettez moi, en dépit de votre niveau d'étude, de remarquer que dans le plan que vous proposez, vous avez dans votre dernière partie une curieuse manière d'argumenter. Développer 3 exemples sur 3 sous-parties, ça ressemble à une induction vraiment douteuse.
Touffy, je m'accorde avec Freeze;
L'extraordinaire est littéralement ce qui "sort de l'ordinaire" comme vous le dites. Mais l'ordinaire est une notion toute relative. Ainsi, le personnage de roman est par essence extraordinaire puisque son ordinaire n'est pas le notre, le cadre référentiel étant celui du lecteur. Même les persos réalistes/naturalistes qui campent donc la vie réelle et telle qu'elle est de contemporains, sont extraordinaires puisque personne n'aura exactement le même ordinaire. Le roman procède donc toujours d'une partie extraordinaire, aussi infime soit-elle !
Après, pour la définition que tu en donnes oui, je pense qu'il fallait se baser sur celle-là, cette dissertation devant rester "scolaire" et répondre à des items bien précis (cernés malheureusement après coup, du moins pour moi)
Autre question, j'ai totalement oublié pdt l'épreuve de citer les textes du corpus, est-ce une faute pénalisante ?
Bonjour,
Je suis intéressé par cette discussion car je viens moi aussi de passer mon bac de français en épreuve anticipé. J'ai choisi la dissertation et je m'inquiète pour la note, étant donné que je me demande si ma troisième partie est hors sujet ou au contraire appropriée.
Voici mon devoir :
Introduction :
La littérature est riche en héros mythiques, qui transportent le lecteur dans un autre univers. Ce sont des figures légendaires telles que Médée ou Phèdre au théâtre, des personnages historiques comme Napoléon Bonaparte qui alimente les espoirs du héros dans La Chartreuse de Parme. Ils sont même parfois plus prosaïques et accomplissent des actions courageuses ou sont magnifiés par la force du verbe. Or, un roman doit-il toujours comporter des figures surhumaines? S'il s'avère que c'est bien souvent une condition nécessaire pour susciter l'intérêt du lecteur; il n'en demeure pas moins vrai que des personnages ordinaires dressent un portrait plus réaliste de la société. En somme, les figures romanesques constituent des objets littéraires qui peuvent alors traduire l'ambition de l'auteur à renouveler le roman.
I). Créer des personnages extraordinaires pour plaire au lecteur :
1). Les personnages qui s'opposent à leur milieu sortent de l'ordinaire et remportent l'adhésion du lecteur :
a). Winston Smith dans 1984 qui se révolte contre le Parti et Big Brother.
b). Bernard Marx et Helmotz Watson dans Le Meilleur des mondes qui s'opposent à une société figée et conformiste.
c). Bernard Profitendieu dans Les Faux Monnayeurs qui choisit de quitter sa famille pour se chercher lui-même.
2). Les personnages corageux suscitent l'admiration :
a). Katow dans La Condition Humaine qui sacrifie son cyanure à ses compagnons de cellule.
b). Madame de Chartres dans La Princesse de Clèves qui renonce à un amour passionnel pour honorer son défunt époux, devenant ainsi, “un exemple de vertu inimitable”.
c). Edouard, prêt à sacrifier sa carrière, car il refuse la littérature comme “fausse monnaie”, il s'agit d'un romancier héroïque.
3). Les personnages ordinaires peuvent être magnifiés tout en s'identifiant au lecteur :
exemples : les textes du corpus.
II). Créer des personnages ordinaires pour donner une vision de la société :
1). Les personnages sont parfois le reflet de la société :
a). Pour Stendhal, “le roman est un miroir qu'on promène le long d'un chemin”
b). L'image de la bourgeoisie dans les Faux Monnayeurs.
c). Celle de la cour dans La Princesse de Clèves.
d). Celle de la pauvreté dans l'Assomoir.
2). Les personnages sont alors vecteurs d'une satire sociale :
a). Fantine contrainte à se prostituer dans Les Misérables.
b). Saccard dans La Curée et le héros de Bel-Ami, deux oportunistes sans scrupules, prêts à tout pour s'enrichir.
c). La critique de toute forme d'endoctrinement dans les Faux Monnayeurs.
III). Créer les personnages comme des objets littéraires pour renouveler le roman ou atteindre l'absolu :
1). Le personnage à l'origine d'un renouveau dans la forme romanesque :
a). Les Faux Monnayeurs : pas de description des personnages, une volonté de “dépouiller le roman”+ personnage d'Edouard = mise en abyme du travail de romancier.
b). La Modification, emploi de la deuxième personne pour interpeler le lecteur, le faire rentrer dans la peau du personnage.
c). La Disparition , où les personnages eux-même disparaissent quasiment (tués les uns après les autres) dans “l'Avant Propos”, au même titre que la lettre “e”.
2). Le personnage à l'origine d'une nouvelle relation lecteur-narrateur :
a). Le narrateur qui fait ce qu'il veut à ses personnages dans Jacques le Fataliste.
b). Mise en abyme et multiples niveaux de narration. Même le lecteur et le narrateur deviennent des personnages.
3). Le personnage à l'image du romancier en quête d'absolu :
a). Claude Lantier dans l'Oeuvre.
b). Frenhaufer dans Le Chef d'oeuvre inconnu.
c). Ne sont-ils pas le reflet des romanciers eux-même dans leur travail de création romanesque?
Conclusion :
Nous avons donc pu constater à l'issue de notre étude, que le personnage héroïque suscite l'intérêt et l'admiration du lecteur. Or, ce dernier est davantage didactique, plus apte à dresser un portrait de la société lorsqu'il s'approche d'une figure ordinaire, commune et humaine en somme. Cependant, le personnage est aussi un objet littéraire qui aboutit à la recherche de modernité, voire d'absolu chez le romancier. La poursuite de cet Idéal constitue-t-elle, par conséquent, le but suprême du roman, de latittérature et même de l'art en général, que ce soit au travers d'une évolution de la société ou d'une forme de création nouvelle? Pour ma part, je recherche toujours cet Idéal…
J'ai pensé que le III permettait de dépasser la contradiction entre les deux premières parties en s'attachant plus particulièrement au travail de création romanesque du personnage. Ici, tout dépendra du correcteur mais j'aprécierai l'avis d'un professeur sur le sujet.
Merci par avance à celui ou celle qui voudra bien me répondre.
Il peut être embêtant de ne pas voir dans l'introduction les termes du sujet, bref une analyse précise du sujet. Ceci dit votre introduction est efficace, et le problème est à peu près posé.
Je dirais que le point fort de votre devoir se situe dans la profusion d'exemple, quand elle ne tend pas au simple catalogue. Dans la première partie - peut-être l'as-tu fait dans ton devoir - dire qu'ils suscitent l'admiration parce qu'ils s'opposent à leur milieu n'est pas suffisant. Et au lieu de creuser la question du '' pourquoi ils suscitent l'admiration '', tu fournis 3 exemples, ce qui est beaucoup trop par rapport à l'idée défendue.
Davantage, les frontières entre les sous-parties sont trop floues, c'est-à-dire que la division peine à convaincre. Par exemple, l'exemple que vous prenez avec Katow vaut tout aussi bien pour la première sous-partie ( on peut dire, en un sens, qu'il s'oppose au nationalisme, donc au pouvoir mis en place ) , mais également pour la dernière sous-partie, dans la mesure où il n'a aucune qualité surhumaine si ce n'est ce courage. Il n'est qu'un personnage ordinaire magnifié. Du coup, on ne ressent qu'un effet de '' catalogue '' malgré la profusion d'exemples.
D'autre part, il est assez réducteur de penser que les personnages ordinaires ne sont faits que pour peindre la société, comme vous le faites dans votre seconde partie.
En revanche, j'aimerais avoir d'autres précisions pour votre troisième partie, car je ne la comprends pas vraiment. Pourriez-vous en développer l'idée générale à partir des termes du sujet - soit l'opposition extraordinaire // banal - ordinaire - médiocre ?
L'idée générale de ma troisième partie est la création. Le sujet parle de "faire" des personnages extraordinaires et il s'agit là de créer des figures romanesques, qu'elles soient banales ou héroïques. J'insiste donc sur sur le fait que la création du personnage est le reflet de la création romanesque, et j'entends par là que le romancier se sert de cet objet littéraire pour parvenir à ses fins, c'est à dire : renouveler le roman ou atteindre l'Idéal en littérature.
J'apprécie la précision de vos remarques. Aussi, j'aimerais avoir un avis d'ensemble de votre part sur mon devoir (peut-être aussi une appréciation décimologique). Mon professeur vient de me répondre à l'instant par mail à ce sujet et a jugé mon devoir excellent. Alors je ne comprends plus vraiment où j'en suis… :/ 😞
Ton devoir paraît riche en connaissances et réflexion, et correctement écrit. Ton professeur doit sans doute être (comme certains d'entre nous) en train de corriger des copies, dont certaines (plus ou moins nombreuses…) sont très mal rédigées et bien pauvres en connaissances. Ton devoir doit être intéressant à lire pour un correcteur, même s'il comporte des défauts et si on peut effectivement revenir sur la clarté et la pertinence de la troisième partie. Intégralement rédigée elle doit être plus claire. Les remarques de Freeze sont pertinentes, cependant je pense qu'au sein d'un paquet de copies de première S et ES de niveau normal, ta dissertation peut être valorisée. Il s'agit juste d'un avis en fonction de ce que tu nous as donné comme indications.
La définition des termes du sujet doit-elle se faire dans l'intro ou dans la première partie ?
Est-ce pénalisant de ne pas utiliser les exemples proposés dans le corpus ?
Il convient, effectivement de définir les termes du sujet dans l'intoduction (ce que je n'ai pas fait malheureusement 😞 ). On peut, par ailleurs, les expliciter davantage dans chaque partie, dans le paragraphe introductif ou même dans les transitions; ces dernières étant une réponse à la problématique que le sujet impose.
J'ajouterais d'autre part que la consigne demande de s'appuyer sur les textes du corpus. Mais je pense que ce ne sera pas lourdement pénalisé si on omet de le faire, surtout si l'on fait preuve d'une certaine culture littéraire en compensation (en citant d'autres exemples pertinents).
Bonsoir,
J'ai eu un DS hier matin avec pour sujet celui de 2013. J'ai vite fait la question corpus en parlant de féminité et figure matriarcale. À la dissertation, mon plan dialectique respectait la consigne, même si je me suis surtout appuyé sur mes connaissances et lectures personnelles, n'ayant pas toujours été satisfait de mon enseignante. En synthèse, j'ai débouché sur l'importance des actions de l'histoire : les actions trépidantes sont des aventures, les autres sont passives, subies. Dans cette partie, j'ai fait, dans mon élan littéraire, une erreur : j'ai pris pour exemple le Satyricon (en ayant écrit Satiricon, en plus…). Pensez-vous qu'avoir dépassé le cadre temporel de l'objet d'étude soit très ou légèrement rédhibitoire ?
Aussi, ayant été absent à la dissertation d'entraînement, celle-ci a été ma première en littérature, alors je ne me suis pas privé d'exemples, ne sachant pas si je pouvais en négliger. Ai-je bien fait d'expliquer à chaque fois l'exemple, c'est-à-dire le lier à l'argument en le développant, ou aurais-je dû ni plus ni moins me contenter de le citer ?