Bac de français 2013, série L - Sujet d’invention

Entraide scolaire

124 réponses · Page 6 / 7

J'ai lu ton texte un peu en diagonale, mais je pense néanmoins qu'il répond à la consigne. Tu reprends bien des éléments du poème, et ta narration est fluide, il y a pas ou peu de fautes, ce qui devrait t'apporter des points (qui sait comme écrire correctement peut être salvateur de nos jours…). A un moment j'ai beaucoup aimé l'effet de rime entre "moutonne" et "bourdonne", ça fait très poétique.
Sinon, pour l'espace, c'était volontaire ?

Je remarque aussi que la plupart de nos écrits d'invention se ressemblent assez, notamment au niveau des références. On parlait de la Tamise (bon, "pont de Londres", ça paraît logique) mais aussi de pièces de Shakespeare, et d'autres choses encore… Bref, c'était juste une observation, mais peut-être qu'elle est un peu bête.

En tout cas, je pense que la note devrait être bonne, mais je préfère te mettre en garde toutefois : tout dépendra de ton correcteur.
Bonjour, j'aimerais vraiment votre avis sur mon texte.. j'ai également choisis le sujet d'invention, je n'est que je début..


"Je regardais autour de moi, il n'y avait rien, personne. J'étais seul, seul avec moi-même et je savais pertinemment que ça ne changerai pas. Les oiseaux entre eux chantaient leur douce mélodie, les arbres durement enracinés ensemble formés la forêt, les bancs de poissons brillaient dans l'eau turquoise et moi j'étais là, au milieu de cette nature qui ne voulait pas de moi. Ici, le rire est abolit, le loisir a disparu, et malgré tout mes efforts, je n'ai pas réussi a conserver mon sourire. A quoi bon sourire? Pourquoi sourire? A qui sourire? Il n'y a aucun être qui puisse me comprendre et être capable de me sourire, ici, sur cette immense étendue de terre ornée des dures vagues de la mer qui me rappelle constamment d'où je viens. Je ne saurai vous dire ni le jour ni l'heure, puisque le temps est un mot inconnu en ce lieu. D'ailleurs, les mots n'existent pas, les mots n'existent plus. Ils ont été remplacé par les cris des animaux enragés. Ils ne savent pas discuter, Ils hurlent dans le jour comme dans la nuit. Ils ne connaissent pas la politesse […]"
Merci beaucoup Taylis, c'est sympa d'avoir pris le temps de le lire. Oui, c'était volontaire pour l'espace : notre cher Robinson est tout seul sur sa petite île déserte, et ce qui le terrifie, c'est le vide, donc l'espace 😉. Comme tu dis, on verra bien pour la note ! Merci encore
Je vois que beaucoup de personnes se sont trompées sur l'invention…Une fille de ma classe a fait pareil.
Pour ma part je pense avoir fait ce qui a été demandé: transposer les vers en prose en créant un récit à partir des images utilisées par Valery et en les complétant, les détaillant…
J'ai fait 3 pages, est-ce que c'est suffisant ?
Ben, il me semble bien, oui… L'important ce n'est pas la quantité mais la qualité de ton texte. Le mien doit faire 4-5 pages, mais peut-être que le tien a plus de "contenu", dans le sens où tu réunis tout ce qui est demandé… Enfin, négliger la quantité ne veut pas non plus faire huit lignes, ne poussons pas jusque-là…
En fait à partir des mots des huit vers du poème j'ai crée toute une histoire en essayant d'insister sur la solitude et la détresse mentale de Robinson. Pour cela j'ai préféré la première personne, j'ai mis des métaphores etc. Puis j'ai conclu mon récit par une intervention divine qui pousse Robinson vers la mort pendant une épisode hallucinatoire où il se croit sur les bords du Tower Bridge à Londres et saute, en fait il se trouve aux bords d'une falaise rocheuse de l'île.
Bonjour à tous,
J'ai également choisit le sujet d'invention.
J'aimerais avoir quelques avis dessus si c'est possible (si ça tient la route, si ça rentre bien dans le sujet, etc).
(Désolé si c'est long et s'il y a encore quelques fautes d'orthographes :3)
Merci d'avance.

Robinson.
Il s’appelle Robinson. Il en est sûr, enfin presque. Seules des rides de sa mémoire semble le lui indiquer. Il se rappelle d’un champ au mois de juillet/août, vu l’état déjà avancé de la moisson, l’air est encore frais malgré l’été bien installé. Dans sa main droite, un bouquet de pâquerettes, surement destinées à sa mère. Dans la gauche, une petite main potelée… Ainsi donc il aurait un frère ? Il ne sait pas. Il se rappelle, lui courant dans les champs et une voix l’appelant au loin dans son dos « Robinson, Robinson ! ». Donc c’est lui, ou bien la main qu’il tient ? Non il en est sûr, il DOIT être sûr, c’est désormais le seul lien qui le rattache à la civilisation. Sans nom, il est un animal (quoique les chiens aussi aient des noms). Il croit même avoir eu un nom quand il… Non ! Il s’égare, il doit rester concentré. Il s’appelle donc Robinson. Que peut-il dire d’autre ? Avoir dit qu’il s’appelait Robinson lui semble déjà beaucoup… Oui, il sait, il va dire ça : il se sent seul. Il a eu beau regarder, chercher, fouiller, explorer toute l’Ile, il n’a pas trouvé un seul être vivant… Non pas être vivant, il veut dire plutôt humain. Question être vivant, il n’en a jamais vu autant : perroquets, kiwis, papillons, araignées, fourmis, vers de terre (un peu gros pour des verres de terre – penser à les gouter), serpents, araignées, serpents, araignées… Non ça il l’a déjà dit, mais c’est ce qu’il y a le plus ici, sur l’Ile. Pas un seul homme, pas une seule trace de présence humaine. Il est le seul, le seul à avoir survécu au naufrage de la Virginie. Pourquoi lui, pourquoi Dieu l’a-t-il sauvé, lui ? Ou peut-être non, peut-être qu’il est mort en enfer. Un enfer non de feu et de flammes mais de solitude et de néant… Non il doit arrêter de penser à ça. Création du loisir. Lever, Manger, Divertir, Dormir…mais ne surtout pas penser. Vivre terre à terre, nourrir les chèvres, consolider la grotte, explorer, jouer aux bâtonnets. Oui, c’est exactement ce qu’il lui faut ! Des bâtons qu’on jette ensemble et qu’il faut par la suite retirer un à un et ainsi développer agilité des doigts et précision. Mais la vérité, et il le sait au plus profond de lui-même, c’est que c’est moins pour se divertir que pour ne plus penser, pour ne plus réfléchir à la condition pathétique de l’homme, à sa condition. Conservation, il a besoin de se conserver psychologiquement. Il a peur, peur de devenir une bête sauvage, ou bien peur du désespoir tout simplement. Voilà ce qu’il dirait, s’il rencontrait quelqu’un, « voilà ma vie ». Il se rend compte qu’il n’a pas beaucoup de choses à raconter : c’est parce qu’il ne fait rien. Temps vide tout simplement. Au début, il n’avait pas remarqué ce « temps libre », il n’avait pas la notion du temps. Maintenant il sait, il sait que ce temps est terriblement vide. S’il le sait, c’est parce qu’il a planté un bâton de bois sur une planche de la Virginie rejetée par la mer. Il l’a accroché du côté sud de sa caverne, le coté où il y a le plus de soleil. Maintenant il sait que le temps est vide car il voit l’ombre lente passée de gauche à droite sur le cadrant. Cela lui sert également d’ornement devant sa caverne, une preuve que la civilisation a conquis la nature, une preuve que l’homme a pris possession de cette Ile ou du moins de cette caverne. Il perd la tête, de toute façon, personne ne verra jamais son endroit, où il vécut de tristes bonheurs et de joyeuses tristesses. Si, il doit garder espoir, l’espoir de voir un jour un bateau passer. Et lui, il lui ferait des signaux de fumée : il a déjà tout préparé sur la plage. Il faut garder espoir, sinon perdre la tête, perdre le langage. Perdre la chose la plus précieuse, la seule chose qui le distingue des animaux, comme son nom Robinson (sauf le chine peut-être). Il ne sait plus quoi dire… il pense que déjà dire tout ça à quelqu’un c’est beaucoup et il ne sait pas s’il en serait capable. Voilà déjà plusieurs mois qu’il n’a pas parlé à un Autre. Combien déjà ? Il ne sait plus… Mais il doit continuer, au cas où, au cas où quelqu’un arriverait sur son Ile. Oui, il sait, il devrait lui parler du naufrage. La lutte qu’il a alors entrepris contre les voiles, les cordes, les vagues et le vent. Tous voulaient sa mort. Les marins : tous tués, sauf lui. 131 marins et un seul survivant. Il pense à tous les titres grotesques qui ont du paraitre dans les journaux là-bas « Tragédie : 131 marins portés disparus », puis petit à petit « 131 marins morts ». Non 130 puisque lui est vivant. Enfin il croit. Non ne pas revenir à cela, il n’est pas en enfer, il doit le croire. Chercher encore dans sa mémoire : oui, il se rappelle de ses prières pendant la tempête. Lui qui n’avait jamais vraiment cru en Dieu, il se rappelle de toutes ses supplications accroché au mat du navire. Après tout, Dieu l’aurait-il entendu ? Dieu existerait-il ? S’il priait à nouveau, peut-être qu’il pourrait lui accorder un navire, ou rien qu’une petite barque (il avait déjà essayé d’en construire une mais elle s’était brisée sur les rochers sous la force des vagues), ou il mettrait toutes ses provisions et partirait vers de rivages plus peuplés, vers le continent. Il imagine des foules, des théâtres, de rues. Et des gens, des gens, des gens, des gens à qui parler. Mais c’est impossible. Alors vient la tentation. Se jeter du pont de Londres. Mourir pour rencontrer des gens dans la mort, près tout, celle-ci ne doit pas être moins peuplés que l’Ile. Couler, couler vers d’obscurs abymes.
Merci beaucoup, enfin quelqu'un qui me répond 😜
Et effectivement, je pense que tout dépend du correcteur…
Merci encore a toi 😉
Bonjour à tous et à toutes , alors voilà je me présente je suis Luffy , j'ai 17 ans je suis en L et j'ai passé mon bac tout comme vous il y'as quelques jours maintenant.
J'ai pris l'écrit d'invention comme à mon habitude car je suis doué avec les récits , écrits d'invention et j'ai fait en tout 7 pages , 8 avec la question.

Bref j'ai bel et bien suivit la consigne j'ai repris les mots des 8 lignes dans tout mon récit et j'ai fait un récit à la premiére personne : je peut vous en donner un échantillon pour que vous jugiez mon travail car je stress énormément pour ma note ! je n'en peut plus..

"Je m'appel Robinson , Robinson crusoé oui c'est mon nom , je suis le seul survivant du naufrage qui a coûté la vie à tout mes camarades et aux passagers, je me retrouve à présent seul sur cette île déserte , avec personne à qui parler.
J'ai pour seul compagnon mon petit bouquin dans le quel j'écrit mes pensées , mes aventures" ( etc…)


Puis par exemple pour développer le mot " Lutte " j'ai fait un combat entre Robinson et Un serpent trés dangereux
pour montrer que c'est une lutte sans merci du plus fort:

" Je décida donc d'aller dans la jungle , (…) Tout à coup un Serpent se dresse devant moi et tente de m'attaquer , j'arrive a éviter son attaque qui aurait pu être mortel et tout à coup je ressent en moi une étrange sensation , mon instinct de survie s'active , pour me défendre j'attrape un baton assez lourd et l'écrase de toute mes forces sur le serpent qui meurt sur le coup , je sort alors mon couteau afin de dépecer l'animal et prendre sa chair pour me nourrir"

Bref des choses comme ceci pensez vous que j'ai respecté les instructions ?
suis je hors sujet ?

Merci de votre réponse . :/
Si tu te dis doué pour les écrits d'invention, ça devrait le faire, mais attention aux familiarités dans ton texte, par exemple avec le "petit bouquin". Le prof peut te pénaliser pour ça, parce que tu dois utiliser le registre adapté à l'époque du personnage.

Et attention à la conjugaison des verbes. Notamment le "je décida", ça ne pardonne pas, on dit "je décidai". Pour ce qui est du combat avec le serpent… Bon, tant que tu entres dans le thème, ça va, mais je trouve ça un peu violent personnellement ^^ surtout au moment où ton Robinson dit qu'il va le manger.

Bref, autrement ça ne semble pas hors-sujet, seulement il faut faire attention au vocabulaire et à la conjugaison.
Merci du conseil , mais ce n'est pas exactement mon écrit que je cite ici hein c'est seulement des passages dont je me rappel , bien sûr je n'ai pas utilisé des termes familiers comme bouquin , j'ai plutôt dit mon Livre , mon Journal de bord.

j'ai limité au maximum les erreurs d'orthographe aussi , mais je me suis planté avec le " décida " comme un idiot .. 😐

Et pour le passage où Robinson se bat contre le serpent j'ai seulement dit qu'il prend la chair du serpent , pas vraiment qu'il allait la manger .. 🙂

j'ai essayé de respecter au max le contexte bien entendu

Et aussi pour le mot Tragique , eh bien j'ai imaginé une scène tragique où le quelques cadavres du bateau s'était échoué sur la page et l'un d'eux était son meilleur ami , mon Robinson fond en larme et là j'ai pu déboucher sur la mémoire comme quoi il se rappelait les souvenirs et les moments qu'il avait passé avec son ami.

c'est bien cela hein ? ( désolé d'être si curieux j'ai tellement peur d'avoir faire n'importe quoi .. 🙄 )

merci pour les réponses 🙂
j'ai seulement dit qu'il prend la chair du serpent , pas vraiment qu'il allait la manger ..
Pourtant, tu as bien écrit plus haut :
prendre sa chair pour me nourrir
Mais bon, ce n'est qu'un détail…
Oui bon bref , donnez vos avis en génerale 😐

xD
Bah il y a beaucoup de fautes d'orthographe et de conjugaison, pour un style d'écriture assez basique, mais j'imagine que c'était parce que c'était le brouillon. Tu ne sembles pas être hors-sujet donc voilà… De plus tu mélanges les temps au sein même de la phrase ce qui peut déplaire au correcteur !

En tout cas bonne chance, et puis on attend les résultats 😜
Bonjour,

Petite question qui m'angoisse BEAUCOUPPPPPPP !!!!

Pensez-vous que le fait d'avoir traité les vers dans le désordre peut être (très) pénalisant ?

Je vous en pris donnez moi une réponse franche, sachant que mon style est plutôt bon, si on élimine le reste des facteurs pensez-vous que ça peut allez en dessous de la moyenne (donc 8 comme c'est sur 16)
Eh bien EdenB, je suis loin d'être un professeur de français, mais je pense qu'il y a une évolution présente dans les vers de Valmy, une évolution chronologique… Personnellement, j'y vois un personnage qui devient progressivement fou, à cause de la solitude entre autre… Mais je ne pense pas que, par exemple, mettre les lignes 7 et 8 dans un ordre différent puisse être très pénalisant, car tout se rejoint un peu finalement. Si ton style est effectivement bon, il ne devrait pas y avoir de problème. 🙂 Après ce n'est que mon avis !

Pour ma part, comme je viens de le dire, (euh… De l'écrire ) j'ai vraiment voulu marquer une progression dans mon écrit : un personnage qui sombre dans la folie. J'ai tenté de faire quelques références à des écrits connus, mais je doute qu'un correcteur puisse s'en rendre compte tant ces dernières sont implicites… Mais je ne voulais pas rendre le récit lourd avec de vraies citations.
Je serais bien incapable de me rappeler du nombre de pages de mon texte, néanmoins je suis relativement confiante en ce qui concerne le style… J'ai entendu tout au long de l'année de la part de mes professeurs et de mes proches d'assez bons commentaires, et s'ils étaient sincères, je ne pense pas devoir m'en faire… Néanmoins les avis peuvent tellement varier d'une personne à l'autre ! Je suis terrifiée à l'idée de tomber sur le "mauvais" correcteur, ça se joue à si peu de choses…
De plus, je n'ai pas compris ce mot, à la quatrième ligne : "Ornement". Est-ce qu'il… Orne sa grotte de décorations ? (des coquillages, des petites étoiles de mer… ) Donc mon texte est dépourvu d' "ornements". Qu'en pensez-vous ?

(je ne poste mon message que maintenant, parce que pour tout dire, j'étais terrifiée à l'idée de lire les inventions et idées d'autres élèves et de me rendre compte que la mienne était mauvaise… Et finalement je n'ai pas pu résister o/ )
Ben figure-toi que je pense moi aussi avoir mal compris ce mot : "ornement". J'ai pensé la même chose, sauf que j'avais parlé d'une cabane que Robinson construisait puis décorait avec des fleurs sauvages.

Non ça ne fait pas du tout fillette… Chacun son trip hein.
Bah au moins le correcteur ne pourra pas dire que tu n'en as pas parlé, contrairement à moi 🙂 ( "Héé, mais c'est où qu'il est le "ornement" ? Il y est pas ? Comment ça, y'a pas l'ornement ? ZE-RO ! " )

En fait voilà mon invention (tout simplement ^w^) :
La vie, le temps et les forces invisibles qui peuplent la Terre éprouvaient mes forces. Le poids de sentiments qui, autrefois, me m'habitaient guère plus d'un jour, hantait le dos de mon esprit. La solitude alourdissait mon âme, et au fil des heures, des jours, des semaines, les fantômes de la désoccupation venaient me tourmenter avec une régularité qui devint bientôt vertigineuse.
Après tout, quel est le but, la fonction, la nature d'un homme seul ? Pourquoi devrait-il être beau s'il n'y a personne pour l'admirer ? Pourquoi devrait-il être instruit s'il n'y a nul locuteur pour profiter des essais de sa pensée ? Des expériences de sa vie ? Des connaissances de son monde ? Devais-je être deux personnes à la fois pour que mon existence ait un sens ?
L'ombre de l'ennui, elle aussi, était sur moi. Je me pris à effectuer des tâches dont je n'avais jamais tiré aucun plaisir dans le but de combattre l'oisiveté. Ainsi, la chasse, les promenades, les courses prirent des apparences de loisirs dans lesquels je ne manquais pas de me replonger. Plusieurs fois, l'envie de pousser un caillou du pied afin de l'envoyer toucher son semblable un peu plus loin me prit, et je me pâmais d'éloges dans le cas du succès de l'expérience, à l'image d'un ami aux compliments plaisants ou d'une compagne aux tendres affections.
Puis vint la chaleur : cette température lourde d'humidité qui soulevait les effluves de putréfaction des charognes que l'audacieuse beauté de cette nature dominatrice avait abandonnées depuis longtemps. Toute promenade devint, de jour, un supplice. Bien vite, le désir d'échapper à la brûlante torture à laquelle s'exposait tout être diurne m'ogligea à ne plus vivre que dans mon abri. Pendant longtemps, seule l'image du croissant de lune, fendant le ciel noir telle une plaie photogène, fut tatoué sur ma rétine. La peur me prit à la gorge, un matin, alors que les étoiles s'évaporaient en ces nuages roses : que faisais-je ? Puis bien d'autres questions : qu'attendais-je ? Cela arriverait-il ? Mais quand ?
Je perdais la tête ; les mots m'échappaient : mes pensées se liaient à des images, des sons, des couleurs, et non plus à des définitions établies. Je pris la décision de ne parler plus qu'à voix haute ; je m'adressais à moi. Je répondais à moi. Nous discutions, commentions, échangions. Je me trouvais agréable. Alors que l'envie – et la possibilité – de sortir de jour se représentait à moi, je me faisais part de tous mes sentiments, pour les contredire ou les étayer par la suite en ma propre compagnie. Des vapeurs s'en prenaient à moi, et les espoirs d'échapper à la folie se concevaient dans mon cerveau, sans pourtant prendre forme. Cependant, ce fut la formulation de l'idée seule de la folie qui fit germer en moi un désir de lutte. Parfois, lorsque je revenais à moi – mais qui était-ce, „moi“ ? Qui étais-je ? Etions-nous ? Toutes ces pensées qui m'habitaient ne pouvaient appartenir à une unique personne (à Robinson Crusoé). Or, si je pouvais concevoir le concept de dualité, cela ne prouvait-il pas que nous étions deux ? Alors nous pouvions être trois ? Cent mille ! – les contours de la honte m'apparaissaient, et deux, voire trois jours, seulement, j'essayais de résister aux nombreux assauts de la folie.
Je voulais combattre ces sons discordants qui résonnaient tout autour de moi ; mes oreilles percevaient les cris de la faune avec le même écoeurement que s'il s'était agi des hurlements d'un instrument démoniaque. Les arbres vomissaient des mousses noires, d'autres grinçaient dans leur sommeil ; un rictus d'écroces m'inspira plus de terreur que jamais aucun monstre ne l'avait fait, dans mon enfance. Des champignons crachaient des fumées blanches, et je fondais comme de la cire. Je ne m'en étonnais point – il faisait si chaud…
Chaque journée se soldait par une mort plus tragique que celle de la veille : je mourais sept fois par semaine. Et je priais. Oh ! Comme je priais.
Je priais ce ciel dont l'immensité me fit bientôt l'effet d'un couvercle étouffant. Je priais ce bent et les poussières qu'il transportait, qui fouettaient mon visage et mes yeux. Je priais ce soleil : sa soeur nocturne hantait mes nuits.
Je n'avais plus d'abri ; oh, il n'avait pas disparu ! Mais à quoi bon posséder un abri si on n'a personne à y inviter ? Je n'avais plus non plus de chemin. Je déambulais au hasard. Les altercations avec les autres humains ne me manquaient pas : leur absence me rendait fou. Je me pris à imaginer un homme rondouillard. Je lui parlais. Il me semblait que je ne cessais de me répéter. Je lui parlais. Une foule le rejoignit : j'essayai de lui parler – mais la cruelle restait muette. Des bâtiments se dressèrent : j'essayai d'en pénétrer. Pourquoi disparaissaient-ils ? Que faisaient ces arbres, ces oiseaux, ce soleil à Londres ?!
Ma Londres, ma Londres… Je la pleurais, souvent. Et je lui riais au nez – tout aussi souvent. Je voyais tous ces gens qui ne m'adressaient rien – pas un regard, pas un mot… Je vis le fleuve qui tranchait ma Londres : le grondement des eaux parvenait à mes oreilles, les embruns froids à mon visage. Il me semblait entendre les chants de la Lorelei des légendes germaniques, au loin. Les vagues se montaient, se roulaient les unes sur les autres. „Je ne devrais pas tomber dans ce bouillon-là !“ me dis-je.
Heureusement, je pouvais traverser : il y avait le pont.
C'est fou comme ça me paraît court, une fois à l'ordi… .__.
J'ai eu 14/20 à mon écrit d'invention 😀 !! je suis super contente !!
14/20, de même! (même s'il est, je trouve, plutôt court (trentaine de lignes)) Et les autres? J'aimerais me faire une idée…