Pourrais-je à mon tour, vous demandez un avis franc sur un bout de mon sujet d'invention ? 🙂
Bac de français 2013, série L - Sujet d’invention
124 réponses · Page 5 / 7
Nous te le donnerons avec joie 😀 !
Pouvez vous me répondre s'il vous plaît?
@JessL
A mon avis c'est trop cours 😜 …
A mon avis c'est trop cours 😜 …
Merci beaucoup 🙂
" Je me nomme Robinson. Voudriez-vous connaitre mon nom de famille ? Je vais vous le dire: Solitude. Solitude est tout pour moi, tout autour de moi n'es que solitude. Mes loisirs ? C'est seul que je m'y prête.
Vous me demanderez sans doute pourquoi me de loisirs alors que je pourrais me laisser à la paresse. Je vous répondrai par peur. La peur. Peur de régresser au rang d'animal sauvage sans foi ni loi. Peur de sombrer dans cet abîme de bestialité qui l'attends non loin de là. Peur de ne plus pouvoir frotter, limer, ma cervelle contre celle d'autrui. peur de ne plus etre capable de rire, penser, danser… plus que grogner.
le temps n'es plus (…)
Le temps un ornements sans valeur quand la faim s'y mêle. (..)
Cependant il y a danger. la folie.
Folie dont seule spectateur seras la solitude, Et croyez-moi la solitude n'es pas d'un grand secoure face à la folie.
je devrais lutter. Et je lutterai.
S'en suivra une tragédie ou la mémoire.
La mémoire d'une vie. Ma vie…
Si loin mais s'y près à la fois. Il n'y a plus qu'a prier que la mémoire l'emporte sur la tragédie, la folie.
La mémoire est si forte pourtant. La mémoire d'une foule si bruyante, si vivante.
Les cris, les rires (…)
Cacophonie, douce cacophonie.
Tout à coup j'y suis.
Les cris, les pleurs, les rires, la foule. Je la vois, je pourrait presque la toucher tellement elle me semble réel. Et devant moi apparaît le pont de Londres. Ce même pont que j'avais traversé des centaine de fois, sans vraiment le voir.
Et c'est maintenant que j'était à des lieux de ce pont que je le voyais. (…) Une merveille."
Il y a des gros trous, ce texte n'es pas EXACTEMENT ce qu'il y a sur ma copie. J'ai recopié le brouillon très floue.
" Je me nomme Robinson. Voudriez-vous connaitre mon nom de famille ? Je vais vous le dire: Solitude. Solitude est tout pour moi, tout autour de moi n'es que solitude. Mes loisirs ? C'est seul que je m'y prête.
Vous me demanderez sans doute pourquoi me de loisirs alors que je pourrais me laisser à la paresse. Je vous répondrai par peur. La peur. Peur de régresser au rang d'animal sauvage sans foi ni loi. Peur de sombrer dans cet abîme de bestialité qui l'attends non loin de là. Peur de ne plus pouvoir frotter, limer, ma cervelle contre celle d'autrui. peur de ne plus etre capable de rire, penser, danser… plus que grogner.
le temps n'es plus (…)
Le temps un ornements sans valeur quand la faim s'y mêle. (..)
Cependant il y a danger. la folie.
Folie dont seule spectateur seras la solitude, Et croyez-moi la solitude n'es pas d'un grand secoure face à la folie.
je devrais lutter. Et je lutterai.
S'en suivra une tragédie ou la mémoire.
La mémoire d'une vie. Ma vie…
Si loin mais s'y près à la fois. Il n'y a plus qu'a prier que la mémoire l'emporte sur la tragédie, la folie.
La mémoire est si forte pourtant. La mémoire d'une foule si bruyante, si vivante.
Les cris, les rires (…)
Cacophonie, douce cacophonie.
Tout à coup j'y suis.
Les cris, les pleurs, les rires, la foule. Je la vois, je pourrait presque la toucher tellement elle me semble réel. Et devant moi apparaît le pont de Londres. Ce même pont que j'avais traversé des centaine de fois, sans vraiment le voir.
Et c'est maintenant que j'était à des lieux de ce pont que je le voyais. (…) Une merveille."
Il y a des gros trous, ce texte n'es pas EXACTEMENT ce qu'il y a sur ma copie. J'ai recopié le brouillon très floue.
Je trouve qu'il y a de l'idée 😉 ! Non vraiment c'est pas mal !
Vraiment ? Les critiques sont toujours les bienvenue 🙂
Bonjours tout le monde,
Je suis très inquiète depuis hier, je pense avoir raté mon bac de français: (surtout en voyant certains de vos écrits) Je me suis complétement trompée sur la question de corpus, j'ai compris l'écriture au sens littéral comme les fonctions que donnaient les auteurs et non Robinson aux écrits. Pour le sujet d'invention, j'ai fait une feuille recto verso (mais j'écris quand même très petit et serré) et quand j'ai rendu ma copie, la personne qui m'a surveillée a fait une drôle de tête en voyant la longueur de mon texte…
Une fille est allée voir sa prof de français après l'épreuve qui lui a dit que selon elle, les deux pièges du sujet d'invention étaient de ne pas mettre les mots dans l'ordre et d'ignorer la ponctuation…Qu'en pensez vous?
Je suis très inquiète depuis hier, je pense avoir raté mon bac de français: (surtout en voyant certains de vos écrits) Je me suis complétement trompée sur la question de corpus, j'ai compris l'écriture au sens littéral comme les fonctions que donnaient les auteurs et non Robinson aux écrits. Pour le sujet d'invention, j'ai fait une feuille recto verso (mais j'écris quand même très petit et serré) et quand j'ai rendu ma copie, la personne qui m'a surveillée a fait une drôle de tête en voyant la longueur de mon texte…
Une fille est allée voir sa prof de français après l'épreuve qui lui a dit que selon elle, les deux pièges du sujet d'invention étaient de ne pas mettre les mots dans l'ordre et d'ignorer la ponctuation…Qu'en pensez vous?
En effet pour la question corpus c'était sur les ecrits de robinson mais peut etre que les correcteurs prendront la question dans les deux sens, je sais pas..
et sinon moi aussi j'ai fait une copie recto verso pour l'écrit d'invention!!
Je pense que recto verso ca va, bon ca fait juste d'accord mais je pense que ca passe!
Si sa prof l'a dit alors je pense que c'est vrai!
et sinon moi aussi j'ai fait une copie recto verso pour l'écrit d'invention!!
Je pense que recto verso ca va, bon ca fait juste d'accord mais je pense que ca passe!
Si sa prof l'a dit alors je pense que c'est vrai!
Vous pensez qu'une copie recto-verso c'est juste assez ?
Bonjour,
J'aimerais vous soumettre l'idée que j'ai eu et m'en remettre à vous pour juger si cela relève du hors-sujet ou non
Ce que j'ai voulu faire, c'est ne pas ennuyer le correcteur. J'étais bien partie au départ pour raconter une énième fois une énième version de l'histoire de Crusoé quand je me suis dit "Réécriture. Réécriture de ces 8 lignes en question et non pas de l'histoire de Robinson". Ainsi je me suis lancée dans un récit à la troisième personne narrant l'histoire d'un tout nouveau Robinson, absolument pas celle de l'homme échoué sur une île déserte, tout comme si je ne connaissais pas l'histoire de Robinson mais seulement ces 8 sacrées premières lignes écrites par Paul Valery. Donc 6 pages insérant tous les mots ou bribes des 8 lignes mais partant dans une direction différente de celle d'une réécriture a proprement parler de l'histoire de Robinson Crusoé. Hors-sujet ou bien acceptable ?
J'aimerais vous soumettre l'idée que j'ai eu et m'en remettre à vous pour juger si cela relève du hors-sujet ou non
Ce que j'ai voulu faire, c'est ne pas ennuyer le correcteur. J'étais bien partie au départ pour raconter une énième fois une énième version de l'histoire de Crusoé quand je me suis dit "Réécriture. Réécriture de ces 8 lignes en question et non pas de l'histoire de Robinson". Ainsi je me suis lancée dans un récit à la troisième personne narrant l'histoire d'un tout nouveau Robinson, absolument pas celle de l'homme échoué sur une île déserte, tout comme si je ne connaissais pas l'histoire de Robinson mais seulement ces 8 sacrées premières lignes écrites par Paul Valery. Donc 6 pages insérant tous les mots ou bribes des 8 lignes mais partant dans une direction différente de celle d'une réécriture a proprement parler de l'histoire de Robinson Crusoé. Hors-sujet ou bien acceptable ?
Il fallait faire preuve d'audace en faisant un recit inspiré de ces 8 lignes, je pense que tu es tout a fait dedans, bien plus que ceux qui n'ont fait que 8 lignes
un jour de bac quoi
j'espère que tu auras une bonne note 😉
un jour de bac quoi
j'espère que tu auras une bonne note 😉
Je voudrais que vous me disiez ce que vous pensez du mien 😉 :
" Qui suis-je ? « Robinson » me dit une voix. Qui est là ? Rien. Personne. J'erre dans une chaleur obscure. Le sable s'écrase sous mes pieds. Suis-je un roi pour qu'il se soumette à moi ? Je ne sais plus. Alors j'écris. Pour exister. « J'écris donc je suis ». Je peux être ce que je veux. Si seuls les écrits restent, ne puis-je donc pas être un monarque dont le navire aurait échoué sur cette île ? Un prisonnier échappé du bateau l'emmenant ers sa cage ? C'est moi. C'est lui. Tout. Le temps n'a de valeur que les traits sur ce tronc d'arbre. Alors j'écris… J'écris ce temps qui tourbillonne, j'écris la mer, j'écris les cieux. Même les mots s'échappent. Je les emprisonne, il ne faut pas qu'ils partent, je ne veux pas qu'ils partent. Ils exercent une pression à l'intérieur de mon être, me rongent l'estomac, les poumons, l'âme… Ce poids, cette fatalité ne me quitte plus. Elle me courbe le dos . Elle fait de moi un esclave.
Puis une réminiscence, je me souviens. Je me rappelle de ce petit pain chaud que j'allais acheter chez la boulangère chaque vendredi. L'hiver, il me réchauffait les mains, l'été il me réchauffait le cœur. Je sentais son parfum. Maintes fois j’eus envie d'y goûter. Je ne le fis jamais. Je l'apportai à maman. Elle était dans son lit aussi pâle que le petit pain. Elle toussait. Quand j'arrivais, elle me souriait de ce sourire tendre qu'on les mères. De ce sourire qui a le pouvoir de masquer tous les maux et les peines. Et puis elle croquait dans le petit pain. Un jour, un vendredi, elle est partie.
« Ô Père pourquoi m'as tu abandonné ? » Ces paroles, que je venais de prononcer me rappelèrent celle du prophète Habaquq. Je repris espoir. Comment ai-je pu douter ? Dieu n'est-il pas venu en aide à Habaquq lors de ses tribulations ? Dieu ne me viendra-t-il pas en aide, perdu sur cette île ? Ceci est mon épreuve, mes « quarante jours ». Non pas que ce soit la seule, la première,la dernière mais elle est décisive et parce qu'elle est décisive je compte bien en sortir vainqueur.
Alors il m'emmena dans une rue où se mélangeaient odeur fétide d'excréments de cheval et parfum de dame. Elle passe près de moi. Elle ne me voit pas. Regarde-moi. Elle ne m'entend pas. Alors je vois une fontaine. J'ai soif. « Bois » me dit sa voix. Bois… Souvenir oublié. Je me mets à courir bousculant tout sur mon passage. Je vois un pont. Je cours vers lui. Je trébuche, tombe. Le sable adoucit ma chute. "
" Qui suis-je ? « Robinson » me dit une voix. Qui est là ? Rien. Personne. J'erre dans une chaleur obscure. Le sable s'écrase sous mes pieds. Suis-je un roi pour qu'il se soumette à moi ? Je ne sais plus. Alors j'écris. Pour exister. « J'écris donc je suis ». Je peux être ce que je veux. Si seuls les écrits restent, ne puis-je donc pas être un monarque dont le navire aurait échoué sur cette île ? Un prisonnier échappé du bateau l'emmenant ers sa cage ? C'est moi. C'est lui. Tout. Le temps n'a de valeur que les traits sur ce tronc d'arbre. Alors j'écris… J'écris ce temps qui tourbillonne, j'écris la mer, j'écris les cieux. Même les mots s'échappent. Je les emprisonne, il ne faut pas qu'ils partent, je ne veux pas qu'ils partent. Ils exercent une pression à l'intérieur de mon être, me rongent l'estomac, les poumons, l'âme… Ce poids, cette fatalité ne me quitte plus. Elle me courbe le dos . Elle fait de moi un esclave.
Puis une réminiscence, je me souviens. Je me rappelle de ce petit pain chaud que j'allais acheter chez la boulangère chaque vendredi. L'hiver, il me réchauffait les mains, l'été il me réchauffait le cœur. Je sentais son parfum. Maintes fois j’eus envie d'y goûter. Je ne le fis jamais. Je l'apportai à maman. Elle était dans son lit aussi pâle que le petit pain. Elle toussait. Quand j'arrivais, elle me souriait de ce sourire tendre qu'on les mères. De ce sourire qui a le pouvoir de masquer tous les maux et les peines. Et puis elle croquait dans le petit pain. Un jour, un vendredi, elle est partie.
« Ô Père pourquoi m'as tu abandonné ? » Ces paroles, que je venais de prononcer me rappelèrent celle du prophète Habaquq. Je repris espoir. Comment ai-je pu douter ? Dieu n'est-il pas venu en aide à Habaquq lors de ses tribulations ? Dieu ne me viendra-t-il pas en aide, perdu sur cette île ? Ceci est mon épreuve, mes « quarante jours ». Non pas que ce soit la seule, la première,la dernière mais elle est décisive et parce qu'elle est décisive je compte bien en sortir vainqueur.
Alors il m'emmena dans une rue où se mélangeaient odeur fétide d'excréments de cheval et parfum de dame. Elle passe près de moi. Elle ne me voit pas. Regarde-moi. Elle ne m'entend pas. Alors je vois une fontaine. J'ai soif. « Bois » me dit sa voix. Bois… Souvenir oublié. Je me mets à courir bousculant tout sur mon passage. Je vois un pont. Je cours vers lui. Je trébuche, tombe. Le sable adoucit ma chute. "
Merci pour ton avis, et j'espère que tu as raison !
Plus que de l'audace, de l'inspiration, et un désir de faire dans l'original 🙂
Ah je ne peux qu'également l'espérer !
Sinon Yukiteru, je ne suis pas professionnelle mais j'aime bien l'écriture, la façon saccadée, les clins d'œil à la culture mais trouve le texte un peu court. Et les notions des 8 lignes sont reprises je dirais mais de manière peut-être trop sous-entendu. Après je ne sais trop rien des critères de notation d'un exercice tel que celui-ci
Plus que de l'audace, de l'inspiration, et un désir de faire dans l'original 🙂
Ah je ne peux qu'également l'espérer !
Sinon Yukiteru, je ne suis pas professionnelle mais j'aime bien l'écriture, la façon saccadée, les clins d'œil à la culture mais trouve le texte un peu court. Et les notions des 8 lignes sont reprises je dirais mais de manière peut-être trop sous-entendu. Après je ne sais trop rien des critères de notation d'un exercice tel que celui-ci
Bah je sais pas trop, ma prof de français m'a dit qu'un écrit d'invention ça ne faisait pas plus de 70 lignes normalement donc je sais pas… Nous verrons bien avec les notes 🙂
Salut ! Moi je n'avais plus beaucoup de temps pour rédiger la deuxième partie donc j'ai décidé de faire en fonction du fil de ma pensé, en donnant l'impression d'un mélange entre le locuteur Robinson, et sa conscience. Je l'ai fait réfléchir sur les thèmes qui étaient présent dans les 8 premiers vers du poème. Puis je suis revenu sur la question du destin et de son existence. Un peu partout à travers le texte le personnage a posé des questions à Dieu, mais aussi à lui-même, afin de l’amener à la fois dans la confession (religieuse), et dans une apparence de folie.Pour la fin je l'ai fait redonner du courage de continuer.
Donc voilà en gros ce que j'ai fait. Et donc je voulais avoir des avis. Es-ce un hors sujet ou non ????? :/
Donc voilà en gros ce que j'ai fait. Et donc je voulais avoir des avis. Es-ce un hors sujet ou non ????? :/
Bonjour,
Personnellement, pour l'écrit d'invention, je pense qu'il ne fallait pas à tout prix être original, au risque de ne pas faire ce qu'on attend de vous. Pour ma part, j'ai repris l'histoire de Defoe et j'ai repris chaque ligne du poème en prose afin de développer un ou plusieurs paragraphes selon les mots…
Je peux ne pas être très claire, mais en ce qui concerne ceux qui pensent avoir fait huit lignes, il est inutile de vous enfoncer davantage. Néanmoins, je crois comprendre pourquoi beaucoup de monde a compris la consigne de travers : vous ne l'avez pas lue jusqu'au bout, ou vous avez totalement occulté la deuxième partie ! D'accord, moi, en lisant la première partie : "vous réécrirez les huit premières lignes", je me suis dit : "ah, d'accord, je comprends que ça ait pu dérouter". Pourtant, par la suite, il était bien spécifié qu'il fallait faire un "récit" et qu'il fallait "développer" l'idée ! Le poème de Valéry ressemblait à une sorte de brouillon sur lequel il jetait ses idées pêle-mêle, d'où le titre "d'histoire brisée", qui signifie qu'il n'est pas allé plus loin dans son idée. Nous, les candidats, avions pour mission d'écrire une version romancée des huit premières lignes à la place du poète. Enfin, c'est ainsi que je l'ai compris.
Pour ma part, je pense, du moins j'espère, ne pas avoir fait de hors-sujet. Si vous voulez, j'ai ici l'essentiel de ce que j'ai mis dans mon écriture d'invention. Attention, néanmoins, c'est un mélange entre les idées jetées sur mon brouillon et ce que je me souviens avoir mis au propre, ce n'est donc pas la vraie version.
"Je m’appelle Robinson. Enfin, à ce qu’il me semble. D’aussi loin que je me souvienne, on me reconnaissait toujours par ce nom.
Aujourd’hui, il n’y a que moi pour m’interpeller. Lorsque je contemple mon reflet dans l’eau de mer, je m’efforce de me reconnaître et répète : « Robinson, Robinson… ». Mais en règle générale, l’eau me renvoie une image brouillée. A tout nom il faut une image, alors je ne sais plus qui je suis vraiment. Un homme, une bête, une âme égarée ?
Et pourtant, il me semble bien me souvenir que je n’ai jamais été seul, depuis ma plus tendre enfance. J’avais une mère, un père, peut-être quelques frères et sœurs, des serviteurs aussi. J’étais un être très contradictoire : je commettais quelquefois des frasques pour que l’on me remarque, et d’autres fois j’aspirais à la solitude pour pouvoir faire ce qu’il me plaisait. Mon souhait fut exaucé sur le tard, alors que j’étais entouré. C’était l’âge adulte. J’étais une personne cultivée parmi les gens cultivés. Je conversais à propos de littérature, de sciences, de société ou d’actualité. Mes interlocuteurs me consultaient très souvent, pour me demander mon avis. Ils enviaient mes connaissances. Aujourd’hui, je ne sais plus ce que j’ai su, et je converse avec la terre, la mer, le ciel… les oiseaux. Ils m’ont dit : « A quoi cela servirait de tout savoir ? ». J’ai essayé d’oublier, mais je n’y suis pas parvenu.
J’apprends la vie. Je cours, j’escalade, je me baigne, je pêche, je chasse, je me repose. Tout cela me permet de ne pas dépérir, même si je ne sais pas très bien quel bénéfice je dois tirer de cela.
Puis arrive un moment où je ne sais plus quoi faire. Alors je pars en exploration. Et je découvre des choses formidables : des arbres, des arbres partout avec leurs branches mortes à leurs pieds. Cela me sert à perfectionner ma cabane. Il y a des fleurs aussi, de belles fleurs exotiques, que je cueille pour orner le fronton de ma porte, et dire au passant : « venez, vous serez toujours le bienvenu. »
Et le reste du temps, je parle. A la terre, à la mer, aux oiseaux. Je ne sais plus pourquoi je fais cela. Je crois que j’ai peur. Peur de ne plus parler. Je me récite les théorèmes de je ne sais quels mathématiciens grecs, je passe en revue mes lectures, mes connaissances de l’anatomie humaine. Je crois que c’est en pensant aux hommes que je me convaincs d’en être un.
Suite à cela, je pars en chasse, d’un gibier particulier néanmoins : ma mémoire. Je veux garder les bons comme les mauvais souvenirs : le jour où j’ai perdu quelqu’un de cher ; mon premier émoi amoureux. C’était une jeune marquise, qui s’est mariée à un autre homme. Avec elle, je suis allé voir une pièce de théâtre… La Tempête, ou La nuit des rois ? Je sais qu’il s’agissait d’une pièce de Shakespeare, et qu’il y était question d’une femme, de la mer et d’amour.
Ensuite, je récite mes prières. Je me rappelle de cet épisode biblique, celui du déluge et de l’arche de Noé. Je prie alors Dieu qu’il fasse baisser le niveau de la mer au quarantième jour pour me laisser rentrer chez moi et revenir à la civilisation.
Et j’imagine. Je recrée Londres bondée de monde : des vagabonds, des dames et des messieurs raffinés. Tout le monde va en soirée. Ils dansent cruellement, dans un corps à corps acharné. Je fais comme eux, ces soirs-là : je danse. C’est incroyable comme la danse est en vérité un plaisir bestial.
Puis en sortant, raccompagnant une dame chez elle, je l’enivre de galanteries. Elle rit, d’un rire très distingué, mais moqueur aussi. Ce rire me donne envie de la précipiter dans la Tamise. Mais un homme comme il faut ne doit pas penser ainsi, et se laisser aller à la pire des obscénités : livrer une femme à Satan, ou Hadès, peu importe lequel. Ils me réserveraient une place en enfer, de toute manière.
C’est en songeant à l’enfer que je retrouve la réalité. Je sombre alors dans le plus profond désespoir. Mais très vite, je me reprends. Il n’est plus temps de s’apitoyer. Il existe une tâche autrement plus importante : savoir qui je suis. "
Voilà. Je sais que certains paragraphes sont décousus entre eux, mais j'ai arrangé ça au propre. Quant à d'autres idées, ma mère a éclaté de rire, ce qui me fait dire que mon correcteur notera sûrement l'adresse d'un psy à côté de la correction…
Autrement, pour répondre à certaines personnes qui semblent sceptiques sur l'utilité et le sérieux d'une écriture d'invention au bac, il m'est avis que l'imagination n'est pas donnée à tout le monde, ce qui fait qu'il est plus ou moins simple de faire ce sujet… De plus, les profs sont plus sévères dans la notation puisque beaucoup de monde se risque chaque année dans l'écrit d'invention, et s'en mord pour la plupart les doigts. Il faut du style, et aussi répondre à la consigne, après s'être assuré de la comprendre. On ne peut pas écrire huit lignes en trois heures de temps (la première étant en général consacrée à la question), à moins d'écrire un poème ! Moi, par exemple, je ne me serais pas risquée à faire une argumentation si cela m'avait été demandé, puisque j'ai beaucoup de mal avec ça, et mon propre souci est dans le choix des mots : je peux utiliser des mots familiers sans m'en rendre compte ! C'est un exercice très subtil, pas toujours évident, et si tu penses l'avoir réussi malgré tout, tu peux tomber de haut le jour où la note tombe.
L'écrit d'invention n'est pas une solution de facilité, contrairement à ce qu'on pense. Il est accessible à ceux qui ont de l'imagination et du style, mais il n'est pas toujours bon de tout miser dedans, vous pouvez avoir de mauvaises surprises.
Personnellement, pour l'écrit d'invention, je pense qu'il ne fallait pas à tout prix être original, au risque de ne pas faire ce qu'on attend de vous. Pour ma part, j'ai repris l'histoire de Defoe et j'ai repris chaque ligne du poème en prose afin de développer un ou plusieurs paragraphes selon les mots…
Je peux ne pas être très claire, mais en ce qui concerne ceux qui pensent avoir fait huit lignes, il est inutile de vous enfoncer davantage. Néanmoins, je crois comprendre pourquoi beaucoup de monde a compris la consigne de travers : vous ne l'avez pas lue jusqu'au bout, ou vous avez totalement occulté la deuxième partie ! D'accord, moi, en lisant la première partie : "vous réécrirez les huit premières lignes", je me suis dit : "ah, d'accord, je comprends que ça ait pu dérouter". Pourtant, par la suite, il était bien spécifié qu'il fallait faire un "récit" et qu'il fallait "développer" l'idée ! Le poème de Valéry ressemblait à une sorte de brouillon sur lequel il jetait ses idées pêle-mêle, d'où le titre "d'histoire brisée", qui signifie qu'il n'est pas allé plus loin dans son idée. Nous, les candidats, avions pour mission d'écrire une version romancée des huit premières lignes à la place du poète. Enfin, c'est ainsi que je l'ai compris.
Pour ma part, je pense, du moins j'espère, ne pas avoir fait de hors-sujet. Si vous voulez, j'ai ici l'essentiel de ce que j'ai mis dans mon écriture d'invention. Attention, néanmoins, c'est un mélange entre les idées jetées sur mon brouillon et ce que je me souviens avoir mis au propre, ce n'est donc pas la vraie version.
"Je m’appelle Robinson. Enfin, à ce qu’il me semble. D’aussi loin que je me souvienne, on me reconnaissait toujours par ce nom.
Aujourd’hui, il n’y a que moi pour m’interpeller. Lorsque je contemple mon reflet dans l’eau de mer, je m’efforce de me reconnaître et répète : « Robinson, Robinson… ». Mais en règle générale, l’eau me renvoie une image brouillée. A tout nom il faut une image, alors je ne sais plus qui je suis vraiment. Un homme, une bête, une âme égarée ?
Et pourtant, il me semble bien me souvenir que je n’ai jamais été seul, depuis ma plus tendre enfance. J’avais une mère, un père, peut-être quelques frères et sœurs, des serviteurs aussi. J’étais un être très contradictoire : je commettais quelquefois des frasques pour que l’on me remarque, et d’autres fois j’aspirais à la solitude pour pouvoir faire ce qu’il me plaisait. Mon souhait fut exaucé sur le tard, alors que j’étais entouré. C’était l’âge adulte. J’étais une personne cultivée parmi les gens cultivés. Je conversais à propos de littérature, de sciences, de société ou d’actualité. Mes interlocuteurs me consultaient très souvent, pour me demander mon avis. Ils enviaient mes connaissances. Aujourd’hui, je ne sais plus ce que j’ai su, et je converse avec la terre, la mer, le ciel… les oiseaux. Ils m’ont dit : « A quoi cela servirait de tout savoir ? ». J’ai essayé d’oublier, mais je n’y suis pas parvenu.
J’apprends la vie. Je cours, j’escalade, je me baigne, je pêche, je chasse, je me repose. Tout cela me permet de ne pas dépérir, même si je ne sais pas très bien quel bénéfice je dois tirer de cela.
Puis arrive un moment où je ne sais plus quoi faire. Alors je pars en exploration. Et je découvre des choses formidables : des arbres, des arbres partout avec leurs branches mortes à leurs pieds. Cela me sert à perfectionner ma cabane. Il y a des fleurs aussi, de belles fleurs exotiques, que je cueille pour orner le fronton de ma porte, et dire au passant : « venez, vous serez toujours le bienvenu. »
Et le reste du temps, je parle. A la terre, à la mer, aux oiseaux. Je ne sais plus pourquoi je fais cela. Je crois que j’ai peur. Peur de ne plus parler. Je me récite les théorèmes de je ne sais quels mathématiciens grecs, je passe en revue mes lectures, mes connaissances de l’anatomie humaine. Je crois que c’est en pensant aux hommes que je me convaincs d’en être un.
Suite à cela, je pars en chasse, d’un gibier particulier néanmoins : ma mémoire. Je veux garder les bons comme les mauvais souvenirs : le jour où j’ai perdu quelqu’un de cher ; mon premier émoi amoureux. C’était une jeune marquise, qui s’est mariée à un autre homme. Avec elle, je suis allé voir une pièce de théâtre… La Tempête, ou La nuit des rois ? Je sais qu’il s’agissait d’une pièce de Shakespeare, et qu’il y était question d’une femme, de la mer et d’amour.
Ensuite, je récite mes prières. Je me rappelle de cet épisode biblique, celui du déluge et de l’arche de Noé. Je prie alors Dieu qu’il fasse baisser le niveau de la mer au quarantième jour pour me laisser rentrer chez moi et revenir à la civilisation.
Et j’imagine. Je recrée Londres bondée de monde : des vagabonds, des dames et des messieurs raffinés. Tout le monde va en soirée. Ils dansent cruellement, dans un corps à corps acharné. Je fais comme eux, ces soirs-là : je danse. C’est incroyable comme la danse est en vérité un plaisir bestial.
Puis en sortant, raccompagnant une dame chez elle, je l’enivre de galanteries. Elle rit, d’un rire très distingué, mais moqueur aussi. Ce rire me donne envie de la précipiter dans la Tamise. Mais un homme comme il faut ne doit pas penser ainsi, et se laisser aller à la pire des obscénités : livrer une femme à Satan, ou Hadès, peu importe lequel. Ils me réserveraient une place en enfer, de toute manière.
C’est en songeant à l’enfer que je retrouve la réalité. Je sombre alors dans le plus profond désespoir. Mais très vite, je me reprends. Il n’est plus temps de s’apitoyer. Il existe une tâche autrement plus importante : savoir qui je suis. "
Voilà. Je sais que certains paragraphes sont décousus entre eux, mais j'ai arrangé ça au propre. Quant à d'autres idées, ma mère a éclaté de rire, ce qui me fait dire que mon correcteur notera sûrement l'adresse d'un psy à côté de la correction…
Autrement, pour répondre à certaines personnes qui semblent sceptiques sur l'utilité et le sérieux d'une écriture d'invention au bac, il m'est avis que l'imagination n'est pas donnée à tout le monde, ce qui fait qu'il est plus ou moins simple de faire ce sujet… De plus, les profs sont plus sévères dans la notation puisque beaucoup de monde se risque chaque année dans l'écrit d'invention, et s'en mord pour la plupart les doigts. Il faut du style, et aussi répondre à la consigne, après s'être assuré de la comprendre. On ne peut pas écrire huit lignes en trois heures de temps (la première étant en général consacrée à la question), à moins d'écrire un poème ! Moi, par exemple, je ne me serais pas risquée à faire une argumentation si cela m'avait été demandé, puisque j'ai beaucoup de mal avec ça, et mon propre souci est dans le choix des mots : je peux utiliser des mots familiers sans m'en rendre compte ! C'est un exercice très subtil, pas toujours évident, et si tu penses l'avoir réussi malgré tout, tu peux tomber de haut le jour où la note tombe.
L'écrit d'invention n'est pas une solution de facilité, contrairement à ce qu'on pense. Il est accessible à ceux qui ont de l'imagination et du style, mais il n'est pas toujours bon de tout miser dedans, vous pouvez avoir de mauvaises surprises.
Bonsoir,
Comme certains de mes collègues littéraires, j'ai également réécrit un poème en prose de 8 lignes. Non pas que cela justifie mon erreur, mais il faut avouer que les consignes pouvaient porter à confusion, et le stress aidant, il n'était pas difficile de basculer dans le hors sujet. Et pourtant, après avoir relu l'énoncé 3 fois, et après l'avoir tourné et retourné dans tous les sens, l'idée du poème en prose me paraissait la plus logique. Alors certes, c'est "aberrant", c'est "trop gros", c'est "invraisemblable", c'est tout ce que vous voulez mais croyez le ou non, ce n'est qu'en sortant du lycée et en discutant avec les autres élèves ayant pris le sujet d'invention que je me suis rendue compte de mon erreur (et je n'étais pas la seule dans ce cas de figure). Pourtant, j'ai toujours été très bonne élève en français, et quand je vois certains professeurs insinuer que ce sujet puisse être une solution de facilité ou en tout cas pas un "vrai" sujet, je suis déconcertée devant ce qui, pour moi, est la preuve de bien peu d'ouverture d'esprit. Même si j'imagine que certains auront trouvé dans ce sujet l’opportunité de jeter quelques mots au hasards sur le papier en espérant avoir répondu à la consigne. Quoiqu'il en soit, j'estime avoir fait un bon poème, usé de figures de style et d'images, comme demandé dans la consigne. J'espère simplement que les correcteurs, au vu du nombre incroyable d'élèves ayant fait un hors sujet, sauront faire preuve d'indulgence.
Comme certains de mes collègues littéraires, j'ai également réécrit un poème en prose de 8 lignes. Non pas que cela justifie mon erreur, mais il faut avouer que les consignes pouvaient porter à confusion, et le stress aidant, il n'était pas difficile de basculer dans le hors sujet. Et pourtant, après avoir relu l'énoncé 3 fois, et après l'avoir tourné et retourné dans tous les sens, l'idée du poème en prose me paraissait la plus logique. Alors certes, c'est "aberrant", c'est "trop gros", c'est "invraisemblable", c'est tout ce que vous voulez mais croyez le ou non, ce n'est qu'en sortant du lycée et en discutant avec les autres élèves ayant pris le sujet d'invention que je me suis rendue compte de mon erreur (et je n'étais pas la seule dans ce cas de figure). Pourtant, j'ai toujours été très bonne élève en français, et quand je vois certains professeurs insinuer que ce sujet puisse être une solution de facilité ou en tout cas pas un "vrai" sujet, je suis déconcertée devant ce qui, pour moi, est la preuve de bien peu d'ouverture d'esprit. Même si j'imagine que certains auront trouvé dans ce sujet l’opportunité de jeter quelques mots au hasards sur le papier en espérant avoir répondu à la consigne. Quoiqu'il en soit, j'estime avoir fait un bon poème, usé de figures de style et d'images, comme demandé dans la consigne. J'espère simplement que les correcteurs, au vu du nombre incroyable d'élèves ayant fait un hors sujet, sauront faire preuve d'indulgence.
Salut, moi je vous mets mon texte entier que vous voyiez ce que j'ai fait comme ça vous pourrez me rassurer ^^
En fait je lui ai inventé une schizophrénie d'où l'utilisation du double sujet
Je suis Robinson. Un esprit fou, créé et façonné par sa propre solitude. Ma solitude. C'est de cette manière qu'il passe le temps, en se parlant. Je n'ai pas beaucoup de conversation alors il me faut créer de nouvelles expériences qu'il puisse parler de mes ressentis,, et me les décrire. Il ne sait plus bien comment parler, en effet, seul, cela ne me sert à rien. Il est en train de devenir mon esprit dément, fruit du néant de ma compagnie, se parlant à moi même pour qu'il comprenne qu'une lutte est inutile!
Il revoit mon père, sa mère, sa chère Speranza, mon amour…
Je prie son dieu de bien vouloir m'accorder sa grâce, pour lui…
Et soudain, je vois dans sa tête, mon imagination crée des images tirées de ses souvenirs, modifiés par l'horreur torturée de mon âme, alors, mon esprit s'ouvre aux bienfaits de la folie et mon île se peuple, et j'utilise le pont de la Tamise, pour que mes yeux aillent voir cette pièce de Shakespeare, où un autre esprit tourmenté se demandera ce qu'est l'amour alors que lui se sent moins seul que moi…
Tentation d'aimer, j'embrasse le gouffre et saute du pont droit dans le fleuve que mon esprit aperçoit… Je suis dans ma caverne, il est revenu. Il est encore temps de ne pas devenir fou… Non. C'est trop tard. Je suis déjà de retour pour me… pour le… Pour imaginer, partir, me laisser mourir dans ses rêves… Et revenir inlassablement sur cette île de la désolation…
Voilà ^^' bonne lecture et s'il vous plait!!! donnez votre avis ! 😉
En fait je lui ai inventé une schizophrénie d'où l'utilisation du double sujet
Je suis Robinson. Un esprit fou, créé et façonné par sa propre solitude. Ma solitude. C'est de cette manière qu'il passe le temps, en se parlant. Je n'ai pas beaucoup de conversation alors il me faut créer de nouvelles expériences qu'il puisse parler de mes ressentis,, et me les décrire. Il ne sait plus bien comment parler, en effet, seul, cela ne me sert à rien. Il est en train de devenir mon esprit dément, fruit du néant de ma compagnie, se parlant à moi même pour qu'il comprenne qu'une lutte est inutile!
Il revoit mon père, sa mère, sa chère Speranza, mon amour…
Je prie son dieu de bien vouloir m'accorder sa grâce, pour lui…
Et soudain, je vois dans sa tête, mon imagination crée des images tirées de ses souvenirs, modifiés par l'horreur torturée de mon âme, alors, mon esprit s'ouvre aux bienfaits de la folie et mon île se peuple, et j'utilise le pont de la Tamise, pour que mes yeux aillent voir cette pièce de Shakespeare, où un autre esprit tourmenté se demandera ce qu'est l'amour alors que lui se sent moins seul que moi…
Tentation d'aimer, j'embrasse le gouffre et saute du pont droit dans le fleuve que mon esprit aperçoit… Je suis dans ma caverne, il est revenu. Il est encore temps de ne pas devenir fou… Non. C'est trop tard. Je suis déjà de retour pour me… pour le… Pour imaginer, partir, me laisser mourir dans ses rêves… Et revenir inlassablement sur cette île de la désolation…
Voilà ^^' bonne lecture et s'il vous plait!!! donnez votre avis ! 😉
Bonsoir, je panique un peu par rapport au mien. Si une bonne âme avait la gentillesse de lire mon pavé, euh… Ce serait super sympa !
Robinson. Robinson. R-O-B-I-N-S-O-N. J’épèle les lettres, entendant pour la première fois une voix qui s’est faite rauque, étrangère. Ces lettres m’appartiennent-elles ? Il me semble que je n’en connais pas d’autres, et elles sont tracées sur le sable de mes souvenirs. Qui est ce Robinson, en vérité ? Est-ce moi ? Etait-ce moi ? Est-il maintenant un autre ? Suis-je seul ? Comme c’est étrange. Ma voix chevrotante se perd dans le zéphyr, si bien que ses sons discordants n’atteignent guère plus mes oreilles.
Admettons que je sois Robinson. Ou bien que je ne le sois pas, peu importe : je suis. Mes doigts frôlent une pommette saillante, où ils se frottent à une toison drue. Puis ils remontent doucement, le long d’une tempe, avant de se poser sur une veine qui palpite avec enthousiasme. Oui, je suis. Suis-je seul ? Je le suis ici, mais le serais-je ailleurs ? Car il me semble que je ne l’ai pas toujours été. Quelques visages échouent dans mes souvenirs confus : un nez droit et fin, un nez de femme sui se détache sur la froideur d’un ciel pâle. Une main, douce et blanche, effleurant ma joue. Des yeux verts étincelants, perdus parmi les rides d’un visage buriné.
Je cherche à en préciser les contours, mais ces visages se réduisent en poussière, balayés par le vent du passé. Me voilà donc seul, pour de bon. Que dois-je faire ? Car il faut que je m’occupe. Il faut que je m’entende, que je me voie, que je me sente exister. Angoissés, mes pieds nus prennent des directions erratiques, ils hésitent, se suspendent en l’air parfois, puis rebroussent chemin. Finalement, ils m’emmènent au bord de l’eau, où les vagues curieuses viennent me lécher les orteils.
Mes talons s’enfoncent dans l’étreinte du sable doux, du sable mou de la plage. Prudemment, je me penche, et mon bras décharné s’étire vers terre, plonge dans l’onde et saisit une motte claire. Celle-ci glisse, s’échappe et retombe en éclaboussant mes mollets. Fasciné, j’en saisis une seconde, plus importante, et la laisse dégouliner sur le sable sec, contemplant avec une fascination hypnotisée ces constructions vivantes, qui s’amoncellent en une superbe informité puis fondent dans le sable. Les instants passent. Je ne sais combien. Le sable, sans clepsydre, coule, coule et coule.
Le soleil est descendu un peu plus bas. L’ombre de mon corps s’est étirée sur la plage. La longueur de mes cheveux m’empêche d’y distinguer la tête. Comme c’est étrange. Je perds la tête. Me voilà parti d’un grand rire, haletant, toussotant, presque hystérique, et qui semble ne jamais vouloir finir. Je ris, et ris encore. Mes côtes me font mal. Ce rire me secoue des pieds à la tête, encore longtemps, puis vient mourir au fond de ma gorge. J’essaie de parler, de dire n’importe quoi, mais à présent, c’est le silence qui m’étouffe. Ma langue se scelle sur mon palais, plus aucun son ne sort.
Je lutte. Je me débats. Je m’écroule sur le sable, incapable du moindre murmure. Enfin, je cesse de remuer, et m’immobilise, à bout de souffle. Je ferme les yeux, doucement, et de grosses larmes terrifiées en forcent le passage, coulant jusque dans mes oreilles. Je pleure, comme un grand enfant barbu.
Je voudrais tant rentrer chez moi. Retrouver les visages disparus. En voir, du moins, pourvu qu’ils appartiennent à des hommes ! J’implore les ténèbres du soir, la mer qui moutonne. J’implore les algues noires, la brise qui fredonne. Mais rien ne vient. Mon regard ne rencontre que la même plage, un peu assombrie tout au plus.
Je voudrais mourir. Si c’est le prix à payer pour partir, alors soit. Je pourrais me jeter à travers les vagues, mourir en partant, partir en mourant. Cette perspective d’avenir, ou d’absence d’avenir, me semble soudain si douce.
Je vois un pont dans une ville ancienne, Londres il me semble, ainsi qu’une eau sale et douce, si loin des vagues transparentes et salées. Le pont s’élance, d’une rive à l’autre. S’y promènent des milliers de visages fourmillants, riant et criant. Sur certains, des grimaces et mimiques grotesques, d’autres de grands masques. Ceux-ci glissent sur le pont, fendent des rues pleines de sons, de vie, tout en bousculant quelques passants. Ils s’engouffrent dans un théâtre, où se presse une foule somptueusement parée. De l’extérieur, on entend un orchestre joyeux et infatigable. Mais c’est le pont qui m’appelle. Il me tend ses bras de fer et murmure : « Saute… ». La Tamise, contrairement à cette mer, accueillerait mon sommeil avec bienveillance.
Puis mes yeux s’ouvrent, sur la nuit cauchemardesque d’une île lointaine. Et malgré les algues sombres, les rochers saillants, le bois flotté, les oiseaux, la forêt, rien ne peut remplir cet
Espace.
Robinson. Robinson. R-O-B-I-N-S-O-N. J’épèle les lettres, entendant pour la première fois une voix qui s’est faite rauque, étrangère. Ces lettres m’appartiennent-elles ? Il me semble que je n’en connais pas d’autres, et elles sont tracées sur le sable de mes souvenirs. Qui est ce Robinson, en vérité ? Est-ce moi ? Etait-ce moi ? Est-il maintenant un autre ? Suis-je seul ? Comme c’est étrange. Ma voix chevrotante se perd dans le zéphyr, si bien que ses sons discordants n’atteignent guère plus mes oreilles.
Admettons que je sois Robinson. Ou bien que je ne le sois pas, peu importe : je suis. Mes doigts frôlent une pommette saillante, où ils se frottent à une toison drue. Puis ils remontent doucement, le long d’une tempe, avant de se poser sur une veine qui palpite avec enthousiasme. Oui, je suis. Suis-je seul ? Je le suis ici, mais le serais-je ailleurs ? Car il me semble que je ne l’ai pas toujours été. Quelques visages échouent dans mes souvenirs confus : un nez droit et fin, un nez de femme sui se détache sur la froideur d’un ciel pâle. Une main, douce et blanche, effleurant ma joue. Des yeux verts étincelants, perdus parmi les rides d’un visage buriné.
Je cherche à en préciser les contours, mais ces visages se réduisent en poussière, balayés par le vent du passé. Me voilà donc seul, pour de bon. Que dois-je faire ? Car il faut que je m’occupe. Il faut que je m’entende, que je me voie, que je me sente exister. Angoissés, mes pieds nus prennent des directions erratiques, ils hésitent, se suspendent en l’air parfois, puis rebroussent chemin. Finalement, ils m’emmènent au bord de l’eau, où les vagues curieuses viennent me lécher les orteils.
Mes talons s’enfoncent dans l’étreinte du sable doux, du sable mou de la plage. Prudemment, je me penche, et mon bras décharné s’étire vers terre, plonge dans l’onde et saisit une motte claire. Celle-ci glisse, s’échappe et retombe en éclaboussant mes mollets. Fasciné, j’en saisis une seconde, plus importante, et la laisse dégouliner sur le sable sec, contemplant avec une fascination hypnotisée ces constructions vivantes, qui s’amoncellent en une superbe informité puis fondent dans le sable. Les instants passent. Je ne sais combien. Le sable, sans clepsydre, coule, coule et coule.
Le soleil est descendu un peu plus bas. L’ombre de mon corps s’est étirée sur la plage. La longueur de mes cheveux m’empêche d’y distinguer la tête. Comme c’est étrange. Je perds la tête. Me voilà parti d’un grand rire, haletant, toussotant, presque hystérique, et qui semble ne jamais vouloir finir. Je ris, et ris encore. Mes côtes me font mal. Ce rire me secoue des pieds à la tête, encore longtemps, puis vient mourir au fond de ma gorge. J’essaie de parler, de dire n’importe quoi, mais à présent, c’est le silence qui m’étouffe. Ma langue se scelle sur mon palais, plus aucun son ne sort.
Je lutte. Je me débats. Je m’écroule sur le sable, incapable du moindre murmure. Enfin, je cesse de remuer, et m’immobilise, à bout de souffle. Je ferme les yeux, doucement, et de grosses larmes terrifiées en forcent le passage, coulant jusque dans mes oreilles. Je pleure, comme un grand enfant barbu.
Je voudrais tant rentrer chez moi. Retrouver les visages disparus. En voir, du moins, pourvu qu’ils appartiennent à des hommes ! J’implore les ténèbres du soir, la mer qui moutonne. J’implore les algues noires, la brise qui fredonne. Mais rien ne vient. Mon regard ne rencontre que la même plage, un peu assombrie tout au plus.
Je voudrais mourir. Si c’est le prix à payer pour partir, alors soit. Je pourrais me jeter à travers les vagues, mourir en partant, partir en mourant. Cette perspective d’avenir, ou d’absence d’avenir, me semble soudain si douce.
Je vois un pont dans une ville ancienne, Londres il me semble, ainsi qu’une eau sale et douce, si loin des vagues transparentes et salées. Le pont s’élance, d’une rive à l’autre. S’y promènent des milliers de visages fourmillants, riant et criant. Sur certains, des grimaces et mimiques grotesques, d’autres de grands masques. Ceux-ci glissent sur le pont, fendent des rues pleines de sons, de vie, tout en bousculant quelques passants. Ils s’engouffrent dans un théâtre, où se presse une foule somptueusement parée. De l’extérieur, on entend un orchestre joyeux et infatigable. Mais c’est le pont qui m’appelle. Il me tend ses bras de fer et murmure : « Saute… ». La Tamise, contrairement à cette mer, accueillerait mon sommeil avec bienveillance.
Puis mes yeux s’ouvrent, sur la nuit cauchemardesque d’une île lointaine. Et malgré les algues sombres, les rochers saillants, le bois flotté, les oiseaux, la forêt, rien ne peut remplir cet
Espace.