Bonjour, pourriez vous m'aider à analyser la proposition subordonnée soulignée en gras?
C'est, repris-je, que vous êtes si aimable, si belle; et moi qui sens tout cela, voyez-vous, j'ai peur de vous aimer tout autrement qu'il ne m'appartient.
La structure présentative empêche-t-elle une analyse de la proposition en complétive?
Pensez vous qu'il existe un sémantisme de cause ou exclamatif (ce qui rendrait cette proposition soit assimilable à une proposition subordonnée circonstancielle causale soit à une percontative) dans cette proposition?
Merci de votre aide éventuelle.
Mélanie
(Message déplacé en "Langue française").
Bonsoir !
Sur le plan formel, c'est une complétive introduite par c'est. Comme dans :
* Quand vous entendrez…, c'est que le bateau aura été torpillé. (Maurois)
Sur le plan sémantique, c'est une subordonnée de cause.
* C'est, repris-je, que vous êtes si aimable, si belle ; et moi qui sens tout cela, voyez-vous, j'ai peur de vous aimer tout autrement qu'il ne m'appartient.
→ C'est parce que vous êtes si aimable, si belle que j'ai peur de vous aimer…
De même dans la citation de Maurois.
Quant à l'exclamation éventuelle, elle apparaît dans les deux si.
Votre "percontative" m'échappe et me paraît bien étrange. Même perconative, je ne l'ai pas trouvé !
Merci de votre réponse, cela va m'être fort utile!
En ce qui concerne le terme "percontative", il s'agit simplement d'une dénomination plus ou moins savante pour désigner une proposition subordonnée complétive interrogative indirecte (ou exclamative indirecte).
En ce qui concerne la tournure présentative, elle me paraissait problématique dans le sens où les grammairiens hésitent à parler d'un élément syntaxique unique ou de deux (où bien évidemment nous retrouverions notre proposition subordonnée). De plus, la pronominalisation est bien difficile et se prononcer sur la nature de cette subordonnée l'est également.C'est pourquoi le statut de cette subordonnée me paraissait ambigüe. J'en ferai mention d'une manière ou d'une autre.
Merci encore
Mélanie
Merci, Mélanie, pour ces précisions qui me dépassent un peu : je ne suis pas linguiste et je me suis basé sur Grevisse, le grammairien.
Il me semble cependant que la pronominalisation en "cela" n'est pas exclue :
* Lorsque vous entendrez…, c'est cela.
Même dans votre énoncé, ce pronom neutre de reprise a été inclus :
* C'est, repris-je, que vous êtes si aimable, si belle ; et moi qui sens tout CELA, voyez-vous, j'ai peur de vous aimer tout autrement qu'il ne m'appartient.
Cela étant, comme a dit Erasme, "il y a autant de grammaires que de grammairiens, et même davantage".
Il serait intéressant que vous nous fassiez connaître la correction magistrale. Merci déjà !