Gérondif / participe présent

Langue française

34 réponses · Page 2 / 2

Vos réponses me rassurent beaucoup.
Merci Laoshi et lamaneur. 🙂
Bonjoir Hwang, 🙂
Hwang a écrit :Pour exprimer une 'cause', puis-je utiliser ces deux phrases indifféremment ?
1) Étant malade, je n'ai pas pu assister à la réunion.
2) En étant malade, je n'ai pas pu assister à la réunion.
Si oui, laquelle phrase sera mieux ?
Si non, auriez-vous la bonté de m'expliquer pourquoi ?
Je te propose une piste d’explication.
Ce que je vais dire ne concerne que la construction attributive et que la cause (et le français contemporain).

Le participe présent dénote une caractéristique stable (étant grand, étant français, étant intelligent, étant gentil, etc.) ou un état transitoire (étant fatigué, étant malade, etc.).

Le gérondif dénote une caractéristique circonstancielle et introduit éventuellement une idée d’intention, de volonté, de moyen.

Étant sympathique, il a conquis le public.
Sympathique = trait de caractère stable, façon d’être essentielle.
C’est parce que c’est un type intrinsèquement sympathique qu’il a conquis le public.

En étant sympathique, il a conquis le public.

Sympathique = façon d’être contextuelle : attitude mise en œuvre en cette occasion particulière avec pour but de séduire le public.
C’est parce qu’il a fait en sorte d’être sympathique à cette occasion qu’il a conquis le public.

(On voit par ailleurs qu’avec le gérondif, la cause se rapproche du moyen ou de la manière ; moyen (ou manière) qui devient évident quand le gérondif est postposé et qu’il ne modifie plus la phrase, mais le verbe.
Il a conquis le public en étant sympathique.)

Du coup, quand le trait ou l’état ne sont pas « manipulables », pas soumis à la volonté à l’intention de l’agent, le gérondif n’est plus possible :

Étant suffisamment âgé, il a obtenu une réduction.
*En étant suffisamment âgé, il a obtenu une réduction.


Étant français, il peut circuler librement dans l’UE.
*En étant français, il peut circuler librement dans l’UE.


Étant trop grand, il n’a pu passer sous la porte sans se baisser.
*En étant trop grand, il n’a pu passer sous la porte sans se baisser.


Comme malade n’est pas un état manipulable, le gérondif ne peut pas exprimer la cause.
Hwang a écrit :En revanche, "En étant malade, j'ai assisté à la réunion" me paraît tout naturel comme 'concession'.
Le gérondif peut indiquer la concession (l’opposition) à condition d’être précédé de tout :

Tout en étant malade, j’ai assisté à la réunion.

Avec J’ai assisté à la réunion en étant malade, il s’agit juste d’indiquer la concomitance des deux événements (valeur temporelle du gérondif) : j’ai assisté à la réunion et j’étais malade.
Cependant, les deux procès étant attendus comme possiblement incompatibles, même si la concession n'est pas marquée (elle le serait si on ajoutait tout > J'ai assisté à la réunion tout en étant malade), il est possible qu’elle soit malgré tout activée dans l’esprit des interlocuteurs.
Katioucha a écrit : […]
Le participe présent dénote une caractéristique stable (étant grand, étant français, étant intelligent, étant gentil, etc.) ou un état transitoire (étant fatigué, étant malade, etc.).
Le gérondif dénote une caractéristique circonstancielle et introduit éventuellement une idée d’intention, de volonté, de moyen.
Le gérondif dénote une caractéristique circonstancielle et introduit éventuellement une idée d’intention, de volonté, de moyen.
[…]
Du coup, quand le trait ou l’état ne sont pas « manipulables », pas soumis à la volonté à l’intention de l’agent, le gérondif n’est plus possible …
[…]
Chère Katioucha, cette explication est perlée, on ne peut plus précieuse pour moi.
Je la garderai en mémoire.

Merci, et Grand merci. 😀
Bonjour,
Je ne peux pas trouver la règle de la différence entre le gérondif et le participe présent.

''Il se promène en captant''(simultanéité)
''Répondant aux journalistes, le ministre a confirmé qu'il irait en Chine prochainement.''(simultanéité)

''Il a refusé craignant d'être trompé.''(cause-pourquoi)
''En ayant sommeil, il se couche sur le lit.''(cause-pourquoi)

''Il veut, ignorant tout, parler de tout.''(bien que)
''Tout en travaillant beaucoup, il sort très souvent.''(bien que)

Mais beaucoup de fois, on ne peut pas remplacer les deux.
Hwang a écrit :Merci, et Grand merci. 😀
Je t'en prie Hwang ! 😀


@wholesavior
C’est un peu compliqué, et surtout, c’est compliqué de faire bref et simple (je me rappelle que tu nous avais dit que tu étais débutant en français).

A part ça, es-tu sûr d’avoir bien retranscrit tes exemples ? Je trouve deux de tes phrases très étranges :

Il se promène en captant.
??? Soit ce n’est pas le bon verbe, soit la phrase n’est pas complète.

En ayant sommeil, il se couche (sur le lit).
??? Le gérondif me parait tout à fait incorrect ici. En revanche, le participe présent conviendrait.
Bonjour,
c'était 'Il se promène en chantant'

Je sais que le gérondif qualifie le verbe, et le participe qualifie le nom, et quand ceux indique la cause, celui-ci est souvent 'comment' ou 'quand', mais celui-là est 'pourquoi' Cependant, je ne sais pas si la règle que j'ai dit est correct normalement, parce que j'ai souvent vu des exemples irréguliers.
Dans Il se promène en chantant, le gérondif exprime la simultanéité, tu l'avais dit dans un précédent message.
Le gérondif n'est pas un qualificatif, il ne qualifie pas.
Il a une valeur adverbiale et exprime une circonstance.
Qualifier le verbe, ça veut dire, valeur adverval
Pas "adverval", mais "adverbiale".
Relis-toi mieux quand tu écris… 😉
En grammaire, normalement, on ne dit pas qu'un adverbe "qualifie" le verbe. Il le modifie.
C'est l'adjectif qui qualifie. Il qualifie un nom ou un pronom.
Oui, merci.
Bonjour,
wholesavior a écrit :c'était 'Il se promène en chantant'
C'est mieux ! 🙂
Je sais que le gérondif qualifie le verbe, et le participe qualifie le nom, et quand ceux indique la cause, celui-ci est souvent 'comment' ou 'quand', mais celui-là est 'pourquoi' Cependant, je ne sais pas si la règle que j'ai dit est correct normalement, parce que j'ai souvent vu des exemples irréguliers.
Je ne suis pas sûre de bien te comprendre. Tu veux dire que quand le participe présent et le gérondif expriment la cause, le participe répond en principe aux questions "comment" et "quand" et le gérondif à la question "pourquoi" ?
Bonjour,

<Je ne suis pas sûre de bien te comprendre. Tu veux dire que quand le participe présent et le gérondif expriment la cause, le participe répond en principe aux questions "comment" et "quand" et le gérondif à la question "pourquoi" ?>

C'est presque correct, mais contrairement, le participe répond 'pourquoi'
En tous cas, les deux peuvent exprimer la cause, alors, choisir une chose est difficile


***

Pour distinguer le gérondif et le participe présent, on pense que le participe exprime la cause, mais le gérondif ne le peut pas. Alors,
En voyant la pluie, nous ne sommes pas sortis : c’est la cause ou la simultanéité?// En prenant lundi pour dimanche, il ne pouvait pas aller au travail. : c’est la cause ou la manière?
"En" doublé, gérondif quand même ?

"Il découvrait cette maison en en faisant le tour."
wholesavior a écrit :mais le gérondif ne le peut pas
Non, c’est une erreur.
Le participe présent et le gérondif peuvent tous les deux exprimer la cause. D'ailleurs, la suite de ta question prouve bien que le gérondif peut aussi exprimer la cause.

Il s’est cassé la jambe en glissant sur le verglas.
Étant malade, il n’a pu assister à la réunion de ce matin.

En voyant la pluie, nous ne sommes pas sortis : c’est la cause ou la simultanéité ?
C’est la cause, mais le gérondif n’est pas très naturel ici (voire fautif ?), il vaudrait mieux mettre un participe présent.
Ou alors changer un peu la formulation :
En voyant la pluie, nous avons décidé de ne pas sortir.
En prenant lundi pour dimanche, il ne pouvait pas aller au travail. : c’est la cause ou la manière?
La cause, mais la phrase n’est pas très naturelle.