Tite-Live - L’affaire des Bacchanales

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5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

j'aimerais éclaircir avec vous quelques difficultés (qui n'en sont peut-être que pour moi) grammaticales du livre XXXIX.

Chapitre VIII, §6 : […] corruptelae primum omni generis fieri coeptae, cum ad id quisque quo natura pronioris libidinis esset paratam voluptatem haberet.
Je ne comprends pas la valeur du quo.

Chapitre IX, §4 : Mater adulescentulum appellat: se pro aegro eo vovisse, ubi primum convaluisset, Bacchis eum se initiaturam.
convaluissent transpose-t-il un indicatif futur antérieur du discours direct ?

Chapitre X, §2 : mori et sibi et illi satius esse quam id faceret, et in caput eorum detestari minas periculaque qui id suasissent.
faceret : pourquoi ce subjonctif ?
quel sens donner à detestari ? minas periculaque en sont-ils le sujet ou le COD ?

Chapitre XII, §1 : eam quoque esse quae percunctari vellet.
quelle est la fonction de ce quae ? (certains manuscrits présentent quam)

Chapitre XIII, §8 : (discours indirect)
primo sacrarium id feminarum fuisse nec quemquam eo virum admitti solitum.
solitum [esse] : emploi impersonnel ? ou sujet = quemquam virum ?
Tres in anno dies statos habuisse quibus interdiu Bacchis initiarentur. […]
quelle est la valeur de ce habuisse ? tres dies en est-il le sujet, ou le COD ?

§10 : ex quo in promiscuo sacra sint et permixti viri feminis et noctis licentia accesserit, nihil ibi facinoris, nihil flagitii praetermissum. :
ex quo doit-il se comprendre comme ex [tempore] quo ? Si oui, il s'agirait d'une relative. Est-elle déterminative ou qualificative ? Je ne suis pas sûr de bien comprendre la distinction, et la généralisation du subjonctif au style indirect n'aide guère à y voir clair… Par ailleurs, un respect strict des règles du discours indirect imposerait l'emploi constant de temps secondaires, est-ce exact ?

§11 : Si qui minus patientes dedecoris sint et pigriores ad facinus, pro victimis immolari.
potentiel ? transposition d'une hypothèse pure et simple dans le discours indirect ?

Chapitre XIV, §3 : rem ad senatum Postumius defert, omnibus ordine expositis quae delata primo, quae deinde ab se inquisita forent.
relative déterminative ou qualificative ? forent est-il l'équivalent de essent ?

§4 : Patres pavor ingens cepit cum publico nomine <ne> quid eae coniurationes coetusque nocturni fraudis occultae aut periculi importarent, tum privatim suorum cuiusque vicem ne quis adfinis ei noxae esset.
fonction de suorum ? Je suis tenté d'en faire un partitif de quis. cuiusque vicem : s'agit-il d'une locution adverbiale ?

§6 : Indicibus Aebutio ac Faeceniae ne fraudi ea res sit curare et alios indices praemiis invitare iubent.
le complément premier (de la personne) de iubent n'étant pas exprimé, ne devrait-on pas avoir des infinitifs passifs (curari, invitari) ? (cf. dux milites iubet facere pontem devenant dux pontem iubet fieri)

§10 : Triumviris capitalibus mandatum est ut vigilias disponerent per Urbem servarentque ne qui nocturni coetus fierent utique ab incendiis caveretur. Adiutores triumviris quinqueviri uls cis Tiberim suae quisque regionis aedificiis praeessent.
utique ab incendiis caveretur dépend-il de mandatum est ou de servarent ? Je penche pour la seconde solution.
quelle est la valeur de praeessent ?

Chapitre XVI, §3 : Necdum omnia in quae coniurarunt edita facinora habent
quel est ce habent ? Semble avoir valeur d'auxiliaire, comme habuisse ci-dessus.

Merci d'avance pour vos réponses !
Je n'ai pas du tout le temps de tout lire, j'essaye juste de te répondre pour une question. 🙂
Je pense que "detestari" va avec "minas" et "pericula" (des accusatifs); quelque chose comme "proférer des menaces" ("contre ceux qui avaient …"). Et "faceret", je pense, pour le conditionnel, mais pas sûr. 😞
"(il valait mieux) qu'ils meurent l'un et l'autre plutôt qu'il fasse cela".
Attends les spécialistes, et désolé pour ma réponse très courte 😉
Marsupiau a écrit :Bonsoir,


Chapitre VIII, §6 : […] corruptelae primum omni generis fieri coeptae, cum ad id quisque quo natura pronioris libidinis esset paratam voluptatem haberet.
Je ne comprends pas la valeur du quo.
quo = ad quam rem. Voici un horrible mot à mot : "comme à ce à quoi chacun était par sa nature d'un désir plus enclin, il trouvait une débauche toute prête"

Chapitre IX, §4 : Mater adulescentulum appellat: se pro aegro eo vovisse, ubi primum convaluisset, Bacchis eum se initiaturam.
convaluissent transpose-t-il un indicatif futur antérieur du discours direct ?
Oui.

Chapitre X, §2 : mori et sibi et illi satius esse quam id faceret, et in caput eorum detestari minas periculaque qui id suasissent.
faceret : pourquoi ce subjonctif ?
Ce temps marque l'idée de futur transposé au passé ; on n'a pas toujours la tournure canonique faisant intervenir le participe futur.
quel sens donner à detestari ? minas periculaque en sont-ils le sujet ou le COD ?
Ce sont les COD, cf Gaffiot !
Chapitre XII, §1 : eam quoque esse quae percunctari vellet.
quelle est la fonction de ce quae ? (certains manuscrits présentent quam)

quae est l'un des deux compléments du verbe qui se construit avec deux accusatifs : "Il y avait aussi des choses dont il voulait s'informer auprès d'elle"

Chapitre XIII, §8 : (discours indirect)
primo sacrarium id feminarum fuisse nec quemquam eo virum admitti solitum.
solitum [esse] : emploi impersonnel ? ou sujet = quemquam virum ?
Tres in anno dies statos habuisse quibus interdiu Bacchis initiarentur. […]
quelle est la valeur de ce habuisse ? tres dies en est-il le sujet, ou le COD ?

solitum est impersonnel ou, ce qui revient au même, c'est toute la proposition infinitive qui en est le sujet.

habuisse signifie "avoir" ; il a comme complément tres annos statos : "On (ou elles) avaient trois jours déterminés durant lesquels on (ou elles) …"



Je n'ai pas le temps de faire le reste…
Marsupiau a écrit :Bonsoir,



§10 : ex quo in promiscuo sacra sint et permixti viri feminis et noctis licentia accesserit, nihil ibi facinoris, nihil flagitii praetermissum. :
ex quo doit-il se comprendre comme ex [tempore] quo ? Si oui, il s'agirait d'une relative. Est-elle déterminative ou qualificative ? Je ne suis pas sûr de bien comprendre la distinction, et la généralisation du subjonctif au style indirect n'aide guère à y voir clair… Par ailleurs, un respect strict des règles du discours indirect imposerait l'emploi constant de temps secondaires, est-ce exact ?

Ex quo est l'équivalent d'une conjonction temporelle. Les temps "primaires" ont été choisis ici pour "actualiser" davantage les faits. Difficile de respecter ce système temporel en français.

§11 : Si qui minus patientes dedecoris sint et pigriores ad facinus, pro victimis immolari.
potentiel ? transposition d'une hypothèse pure et simple dans le discours indirect ?

si quis est l'équivalent d'un pronom indéfini "certains, s'il en est"

Chapitre XIV, §3 : rem ad senatum Postumius defert, omnibus ordine expositis quae delata primo, quae deinde ab se inquisita forent.
relative déterminative ou qualificative ? forent est-il l'équivalent de essent ?

Il s'agit plutôt d'interrogatives indirectes. Forent est un des moyens d'exprimer le futur dans une int. ind.

§4 : Patres pavor ingens cepit cum publico nomine <ne> quid eae coniurationes coetusque nocturni fraudis occultae aut periculi importarent, tum privatim suorum cuiusque vicem ne quis adfinis ei noxae esset.
fonction de suorum ? Je suis tenté d'en faire un partitif de quis. cuiusque vicem : s'agit-il d'une locution adverbiale ?

suorum est complément de cujusque (les deux mots sont souvent employés ensemble), lui-même complément de vicem, expression adverbiale : "autour de chacun des siens" "en ce qui concerne chacun des siens"

§6 : Indicibus Aebutio ac Faeceniae ne fraudi ea res sit curare et alios indices praemiis invitare iubent.
le complément premier (de la personne) de iubent n'étant pas exprimé, ne devrait-on pas avoir des infinitifs passifs (curari, invitari) ? (cf. dux milites iubet facere pontem devenant dux pontem iubet fieri)

jubent a consules comme sujet sous-entendu (on avait consulibus mandant dans la phrase précédente).

§10 : Triumviris capitalibus mandatum est ut vigilias disponerent per Urbem servarentque ne qui nocturni coetus fierent utique ab incendiis caveretur. Adiutores triumviris quinqueviri uls cis Tiberim suae quisque regionis aedificiis praeessent.
utique ab incendiis caveretur dépend-il de mandatum est ou de servarent ? Je penche pour la seconde solution.

Oui, je pense aussi

quelle est la valeur de praeessent ?

Le texte semble corrompu. Au lieu de uls (au delà), peu nécessaire au sens, peut-être doit-on lire qui ?


Chapitre XVI, §3 : Necdum omnia in quae coniurarunt edita facinora habent
quel est ce habent ? Semble avoir valeur d'auxiliaire, comme habuisse ci-dessus.

Oui, on assiste ici à la genèse du passé composé des langues romanes. Ceci dit, habere conserve son sens fort : "On ne possède pas encore, produit au grand jour, tout ce que …"


Merci d'avance pour vos réponses !
Un grand merci !

______

Bonjour,

j'aimerais revenir sur un des paragraphes mentionnés :

Id ubi mulier audivit, perturbata "Dii meliora!" inquit, mori et sibi et illi satius esse quam id faceret, et in caput eorum detestari minas periculaque qui id suasissent.

Doit-on voir detestari comme un infinitif de style indirect en dépendance de inquit, dont le sujet [se] n'est pas exprimé, ou un infinitif historique ?

Le syntagme qui id suasissent est-il une relative qualificative à nuance causale ("elle les maudit pour lui avoir conseillé cela"), ou une déterminative ("elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela") au subjonctif dans le style indirect ?

Le problème est que quand l'on essaye de rendre la nuance causale, l'on a l'impression que l'identité d'eorum est déjà connue ("elle les maudit"), alors que c'est précisément la suite du texte qui nous la dévoile : Admiratus cum verba tum perturbationem tantam adulescens parcere exsecrationibus iubet: matrem id sibi adsentiente vitrico imperasse.

Mais peut-être que la traduction "elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela" peut suffire à rendre la nuance causale : l'on se doute que c'est parce qu'ils lui ont conseillé cela qu'elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela.

(mais à nouveau, je ne suis pas sûr de bien comprendre la nuance entre déterminative et qualificative, et pense parfois la confondre avec celle de "restrictive / non-restrictive".)

Merci d'avance.
Marsupiau a écrit :Un grand merci !

______

Bonjour,

j'aimerais revenir sur un des paragraphes mentionnés :

Id ubi mulier audivit, perturbata "Dii meliora!" inquit, mori et sibi et illi satius esse quam id faceret, et in caput eorum detestari minas periculaque qui id suasissent.

Doit-on voir detestari comme un infinitif de style indirect en dépendance de inquit, dont le sujet [se] n'est pas exprimé, ou un infinitif historique ?

inquit ne peut introduire du style indirect. Quand bien même il y eût du style indirect libre, on ne peut considérer detestari comme faisant partie des propos (on fait une imprécation, on ne dit pas qu'on la fait). Il s'agit donc d'infinitifs de narration (historiques).

Le syntagme qui id suasissent est-il une relative qualificative à nuance causale ("elle les maudit pour lui avoir conseillé cela"), ou une déterminative ("elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela") au subjonctif dans le style indirect ?

Le problème est que quand l'on essaye de rendre la nuance causale, l'on a l'impression que l'identité d'eorum est déjà connue ("elle les maudit"), alors que c'est précisément la suite du texte qui nous la dévoile : Admiratus cum verba tum perturbationem tantam adulescens parcere exsecrationibus iubet: matrem id sibi adsentiente vitrico imperasse.

Mais peut-être que la traduction "elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela" peut suffire à rendre la nuance causale : l'on se doute que c'est parce qu'ils lui ont conseillé cela qu'elle maudit ceux qui lui ont conseillé cela.

(mais à nouveau, je ne suis pas sûr de bien comprendre la nuance entre déterminative et qualificative, et pense parfois la confondre avec celle de "restrictive / non-restrictive".)

Je dois vous avouer que je n'entre guère dans ces distinctions subtiles. La relative dépendant d'un groupe à l'infinitif, son verbe est automatiquement au subjonctif par attraction modale… Elle ne me semble donc pas l'équivalent d'une causale. S'ajoutent aussi à cela les raisons que vous dites.
Merci d'avance.