Formaliste, je vous comprends fort bien, même si vous avez tort formellement.
Pourquoi écrire de la poésie ?
43 réponses · Page 2 / 3
Mais moi, pauvre crétine, je ne comprends pas Formalismeféministe.
Si la poésie datait de 70 ans, ça se saurait non ?
70 ans, cela nous fait remonter à 1948, si je compte bien.
Si les poètes ont cessé de rimer à cette date, alors, on raye non seulement Villon, Louise Labé, Agrippa d'Aubigné, on tire aussi un trait sur les admirables vers de Racine, on oublie Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, mais également Louis Aragon, et même Paul Valéry (mort en 1945) et d'autres…
(En fait, je vais vous dire, les remarques à l'emporte-pièce, et sans réel fondement, seulement pour se faire valoir, cela m'agace prodigieusement)
Si la poésie datait de 70 ans, ça se saurait non ?
70 ans, cela nous fait remonter à 1948, si je compte bien.
Si les poètes ont cessé de rimer à cette date, alors, on raye non seulement Villon, Louise Labé, Agrippa d'Aubigné, on tire aussi un trait sur les admirables vers de Racine, on oublie Victor Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, mais également Louis Aragon, et même Paul Valéry (mort en 1945) et d'autres…
Quelle, et si fine, et si mortelle,Alors, dites-moi, qui garde-t-on ?
Que soit ta pointe, blonde abeille,
Je n’ai, sur ma tendre corbeille,
Jeté qu’un songe de dentelle.
Pique du sein la gourde belle
Sur qui l’Amour meurt ou sommeille,
Qu’un peu de moi même vermeille
Vienne à la chair ronde et rebelle !
J’ai grand besoin d’un prompt tourment :
Un mal vif et bien terminé
Vaut mieux qu’un supplice dormant !
Soit donc mon sens illuminé
Par cette infime alerte d’or
Sans qui l’Amour meurt ou s’endort !
Extrait de "Charmes"
(En fait, je vais vous dire, les remarques à l'emporte-pièce, et sans réel fondement, seulement pour se faire valoir, cela m'agace prodigieusement)
Ff veut sans doute dire à sa façon que ce ne sont pas les rimes - et plus généralement les contraintes classiques - qui font la poésie.
C'est vrai, non ?
C'est vrai, non ?
Oui, c'est vrai, mais ce n'est pas exactement ce qu'elle dit.
Et sa façon est un peu radicale, non ?
Et sa façon est un peu radicale, non ?
Eh bien, elle s'expliquera sans doute.
C'est un sujet intéressant en tout cas.
C'est un sujet intéressant en tout cas.
Dire qu'il n'y a de poésie que sans rime ?
Je crois que l'on peut nuancer…
Je crois que l'on peut nuancer…
Oula… mon message initial se voulait un trait d'humour. Son caractère aphoristique me semblait évident, mais vu le désastre, j'ai un doute maintenant.
J'ai beaucoup d'estime pour les poètes d'avant 48, bien sûr. Ailleurs, je citais Verlaine, Musset, Lamartine… De toute façon, aucune appréciation véritable de la poésie n'est possible si on l'envisage de manière purement synchronique, vous avez raison. Je pourrais dire la même chose pour la littérature en général, mais on me traiterait de partisane, ou d’agaçante ?
Je ne voulais pas du tout vous froisser, pardon pour cela…
J'ai beaucoup d'estime pour les poètes d'avant 48, bien sûr. Ailleurs, je citais Verlaine, Musset, Lamartine… De toute façon, aucune appréciation véritable de la poésie n'est possible si on l'envisage de manière purement synchronique, vous avez raison. Je pourrais dire la même chose pour la littérature en général, mais on me traiterait de partisane, ou d’agaçante ?
Je ne voulais pas du tout vous froisser, pardon pour cela…
Oui, mais attention : un aphorisme ne doit avoir pas avoir autre chose que lui-même pour défense.
La poésie, c'est ce qui ne rime pas.
Vous ne trouvez pas que ça se défend tout seul ? Moi si 😂
Vous ne trouvez pas que ça se défend tout seul ? Moi si 😂
mais vu le désastre…N'exagérons pas tout de même !
La poésie, c'est ce qui ne rime pas.Tu es libre de tes opinions.
Vous ne trouvez pas que ça se défend tout seul ? Moi si
La prose, c'est ce qui ne rime pas, pour moi, c'est cela qui se défend tout seul.
Mais je suis si prosaïque. 🙂
Non pas pour alimenter la légère friction - dont je suis, en partie, responsable et désolée -, mais bien pour retourner dans le vif du sujet, je dirais que la question du comment écrire la poésie est infiniment plus féconde que celle du pourquoi l'écrire.
Aujourd'hui (suffit d'ouvrir un livre de poésie contemporaine pour le constater), la rime est anachronique, mais cela est tout simplement la conséquence d'une conception moins normative et plus individuelle de la poésie. Autrement dit, le romantisme avait déjà signé l'arrêt de mort de la rime et des conventions formelles, même si non en pratique. Ce serait affirmer, du coup, que la poésie, en 2018, est toujours dans le sillon du symbolisme quant à sa conception du politique (terme à prendre au sens large, dans le contexte) : individualité affirmée, travail autotélique sur la langue, évacuation - dans la mesure du possible - des questions sociales et politiques.
Autre aspect à discuter : la poésie contemporaine est-elle une poésie de demi-mesure ? Comment libérer la poésie davantage qu'ont pu le faire Mallarmé, Tzara, Artaud, Isou, Gauvreau ? L'individualité, c'est un peu l'épée de chevet de la poésie nouvelle, coupable de savoir qu'elle a fait marche-arrière sur le plan formel.
Aujourd'hui (suffit d'ouvrir un livre de poésie contemporaine pour le constater), la rime est anachronique, mais cela est tout simplement la conséquence d'une conception moins normative et plus individuelle de la poésie. Autrement dit, le romantisme avait déjà signé l'arrêt de mort de la rime et des conventions formelles, même si non en pratique. Ce serait affirmer, du coup, que la poésie, en 2018, est toujours dans le sillon du symbolisme quant à sa conception du politique (terme à prendre au sens large, dans le contexte) : individualité affirmée, travail autotélique sur la langue, évacuation - dans la mesure du possible - des questions sociales et politiques.
Autre aspect à discuter : la poésie contemporaine est-elle une poésie de demi-mesure ? Comment libérer la poésie davantage qu'ont pu le faire Mallarmé, Tzara, Artaud, Isou, Gauvreau ? L'individualité, c'est un peu l'épée de chevet de la poésie nouvelle, coupable de savoir qu'elle a fait marche-arrière sur le plan formel.
Mon interrogation reste beaucoup plus simple : écrit-on pour soi ou aussi pour partager un regard, une émotion esthétique ?
Comment écrire ? Qui peut trancher entre hermétisme, ellipses, vers allusifs , lyrisme, forme régulière ou écart ?
Pour moi, pas nécessaire d'entrer dans la fabrique de l'écriture.
Ce débat, ça rime à quoi ? 🙂 🙂 🙂
Certains ont un besoin impérieux d'écrire, d'autres un besoin impérieux d'en lire, selon les attentes, les découvertes mais toujours pour changer le regard et pour percevoir l'indicible.
Je rejoins Cadou : "La poésie est inutile comme la pluie". Indispensable et féconde.
Comment écrire ? Qui peut trancher entre hermétisme, ellipses, vers allusifs , lyrisme, forme régulière ou écart ?
Pour moi, pas nécessaire d'entrer dans la fabrique de l'écriture.
Ce débat, ça rime à quoi ? 🙂 🙂 🙂
Certains ont un besoin impérieux d'écrire, d'autres un besoin impérieux d'en lire, selon les attentes, les découvertes mais toujours pour changer le regard et pour percevoir l'indicible.
Je rejoins Cadou : "La poésie est inutile comme la pluie". Indispensable et féconde.
Écrire pour soi, c'est quand même un oxymore, non ? Le langage, par définition, perd tout son intérêt s'il est pour soi.
C'est précisément parce que le pourquoi mène à un horizon de réponses subjectives qu'il est plus intéressant de poser la question du comment, à mon sens.
Depuis quelques années, il existe une forme d'art appelée la vidéo-poésie. Je parlais de la marche-arrière : depuis longtemps, le moteur du poète, c'est la transgression, la nouveauté, la fulgurance. Nous en sommes rendu, avec la vidéo-poésie, à un tel point que le texte ne se suffit plus à lui-même !
C'est précisément parce que le pourquoi mène à un horizon de réponses subjectives qu'il est plus intéressant de poser la question du comment, à mon sens.
Depuis quelques années, il existe une forme d'art appelée la vidéo-poésie. Je parlais de la marche-arrière : depuis longtemps, le moteur du poète, c'est la transgression, la nouveauté, la fulgurance. Nous en sommes rendu, avec la vidéo-poésie, à un tel point que le texte ne se suffit plus à lui-même !
Je n'entre pas dans le débat en cours, je relève juste ceci: "Écrire pour soi, c'est quand même un oxymore, non ?"
Et je dirais que non. On a besoin des mots pour faire retour sur soi. Le langage n'est pas tourné, à mon sens, que vers les autres.
Et je dirais que non. On a besoin des mots pour faire retour sur soi. Le langage n'est pas tourné, à mon sens, que vers les autres.
Je suis de ton avis, du moins lorsqu’il s’agit de gens qui n’ont pas dans l’idée de faire de l'écriture leur métier.
Écrire peut aussi être une façon de mettre en ordre ses idées, de se décharger, même si l’on ne montre à personne ce qu’on écrit.
Écrire peut aussi être une façon de mettre en ordre ses idées, de se décharger, même si l’on ne montre à personne ce qu’on écrit.
A la question du Comment ? il paraît impossible de donner une réponse qui serait, de fait, réductrice. De même pour la question du Quoi ? J'aime le mystère qui entoure la création.
Dans le tissu du poème doit se retrouver un nombre égal de tunnels dérobés, de chambres d’harmonie, en même temps que d’éléments futurs, de havres au soleil, de pistes captieuses et d’existants s’entr’appelant. Le poète est le passeur de tout cela qui forme un ordre. Et un ordre insurgé.J'apprécie ce genre de "comment" mystérieux et intransposable … 🙂
René Char
perluète a écrit :Je n'entre pas dans le débat en cours, je relève juste ceci: "Écrire pour soi, c'est quand même un oxymore, non ?"L'introspection commande les mots, certes, mais là il s'agit d'écriture quand même. Le j'écris-pour-moi-même, c'est historiquement un beau mythe. L'argument est plus ontologique que ça : la langue n'est pas conçue autrement que comme une modalité de l'autre.
Et je dirais que non. On a besoin des mots pour faire retour sur soi. Le langage n'est pas tourné, à mon sens, que vers les autres.
Quid d'un journal intime ?
L'écrit-on forcément toujours pour que d'autres le lisent ?
L'écrit-on forcément toujours pour que d'autres le lisent ?
Il est même possible que les premiers signes gravés sur les murs des grottes aient été destinés à se souvenir. 🙂
Ah oui, comme des pense-bêtes pour les courses.
"Penser à rapporter du gigot de mammouth"… 😜
"Penser à rapporter du gigot de mammouth"… 😜