Baudelaire, L’Amour et le Crâne

Entraide scolaire

39 réponses · Page 2 / 2

Bonjour Caro,

Les choses doivent se faire dans l'ordre :

- Relève les champs lexicaux
- Cherche dans un dictionnaire le sens des mots (par exemple : trône, profane, etc.)
- Trouve les figures de style (je t'ai donné une fiche)

Le sens de ce poème ne s'éclairera pour toi QUE lorsque tu accepteras de faire ce travail de recherche.

(Quand on cherche… on trouve !)

Ensuite seulement, nous t'aiderons…

Muriel
quelqu'un pourrait m'expliquer le concept des bulles dans ce poème. Je ne le comprend pas. Merci
Tu n'as jamais fait de bulles de savon ? Combien de temps durent-elles ? Tiens tiens !… tu ne fais pas un rapprochement ?
Dans le fond les bulles c'est pour dire que l'amour ne dure pas toujours c'est comme une métaphore.

-Le premier strophe sa dit que l'amour est assis sur la mort de l'homme et que l'amour est puissant et ignore les rires insolent.Dans le fond, l'amour est puissant.

-Le deuxième stophe dit que l'amour gonffle des bulles ronde qui monte dans l'air comme pour rejoindre l'amour de l'homme au fond de l'air le plus pur c'est une comparaison c'est l'amour éphémère.

-Le troisième strophe dit que l'amour a l'impression d'être fragile et qu'elle peut avoir une pousser de croissance, mais que l'amour meurt et crache comme si il aurait de la grêle qui s'abatais sur son âme qui pourrait être une métaphore ou un euphémisme Mais le vers "comme un songe d'or" je le comprend pas. C'est l'amour éphémère.

-Le quatrième strophe c'est qu'il entend la mort sur chaque amour qui passe et le crâne dit :
- "Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?

Car ce que ta bouche cruelle
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair!"
C'est de l'amour éphémère.
Pensez-vous que c'est ça que veux dire ce poème et je trouve juste une chose qui dit que l'amour est puissant dans ce poème.
Bonsoir Caro,

Enfin tu travailles, c'est bien !

Tu dis :
Dans le fond les bulles c'est pour dire que l'amour ne dure pas toujours c'est comme une métaphore.
C'est bien.

Tu dis :
Le premier strophe sa dit que l'amour est assis sur la mort de l'homme et que l'amour est puissant et ignore les rires insolent.Dans le fond, l'amour est puissant.
Pas bien. L'Amour n'est pas assis sur la mort de l'homme. L'Amour est assis sur un trône (=roi, dieu) sur la pensée de l'homme : c'est l'Amour, auquel l'homme pense le plus… (On pourrait presque dire que l'Amour (profane…) se moque de l'homme (les rires viennent de l'Amour, pas de l'homme)).

Tu dis :
Le troisième strophe dit que l'amour a l'impression d'être fragile et qu'elle peut avoir une pousser de croissance, mais que l'amour meurt et crache comme si il aurait de la grêle qui s'abatais sur son âme qui pourrait être une métaphore ou un euphémisme Mais le vers "comme un songe d'or" je le comprend pas. C'est l'amour éphémère.
Le songe d'or = pareil qu'au-dessus : ce n'est pas en rapport avec "l'éphémère", c'est en rapport avec le but "de vie" de l'homme : l'Amour… son "bien" le plus précieux… ce vers quoi il aspire…

Tu dis :
Le quatrième strophe c'est qu'il entend la mort sur chaque amour qui passe et le crâne dit :
- "Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?
Il n' "entend" pas la mort : c'est la "souffrance"… L'Amour assassine la cervelle, le sang, et la chair… mais pas l'homme… sinon, le poète ne serait plus là pour en parler…

Tu as raison de dire que l'Amour est "puissant"…

Muriel

P.S. Continue : tu as envie de travailler…
(Mais tu n'as toujours pas trouvé les figures de styles…).
L'Amour est assis sur le crâne De l'Humanité, c'est une personnification l'Amour est le sujet et l'Humanité aussi il sont les deux personnages de ce poème.
Et sur ce trône le profane,
Au rire effronté,

"Souffle gaiement des bulles rondes" c'est une métaphore.
Qui montent dans l'air,
"Comme pour rejoindre les mondes" c'est une comparaison.
Au fond de l'éther.

Le globe lumineux et frêle
Prend un grand essor,
"Crève et crache son âme grêle" c'est une métaphore.
"Comme un songe d'or." C'est une comparaison.

J'entends le crâne à chaque bulle
Prier et gémir:
- "Ce jeu féroce et ridicule,
Quand doit-il finir?

Car ce que ta bouche cruelle
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, "c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair" c'est une gradation ou une énumération
Étudie dans la fiche la personnification, tu y arrives…
mais les autres sont tu correct mais je n'envoie pas d'autre.
Bonjour Caro,

Cherche la (les) définition(s) de "profane" dans un dictionnaire ou sur Internet.

Cherche aussi la définition de "trône" (qui s'assied sur un trône" ?).

Le poète ne dit pas : "Amour", mais "L'Amour"…

Muriel
Le trône c'est un symbole de la puissance d'un souverain.
Profane c'est ce qui n'est pas initié à un art, une science, une technique, un mode de vie, etc.
Oui.

Alors pose-toi une bonne heure à ton bureau et mets tout cela en forme. (Relis bien ton poème en ayant en tête toutes ces définitions).

(Pour "profane", prends le sens : "qui ne sait pas" (je te précise que c'est l'Amour" qui est profane).

Réfléchis à l'Amour et au trône.

Muriel
Bonjour, je viens de relire l'amour et le crâne car j'ai une dissertation à pondre sur le sujet. Je n'ai jamais aimé ce poème, sans forcément comprendre pourquoi. Cela n'a pas changé aujourd'hui, quelque chose me trouble dans ce poème… Je ne le trouve pas honnête, je le trouve pathétique, au sens littéraire. Ce n'est pas un problème de non identification, c'est seulement que je trouve ces vers bancales…

Voilà voilà, j'écris tout cela car critiquer Baudelaire en dissertation aujourd'hui est très très très TRÈS mal vu… Donc je voudrais dans l'idéal discuter de mes idées, les mettre à l'épreuve.

Mes idées justement--->
Bon passons, l'éloge des vers, oui ils sont phonétiquement très beaux…
"L'amour est assis sur le crâne de l'humanité" premièrement, je trouve cela faux. Comment un seul amour unique et universel pourrait gouverner l'humanité entière ???

"Et sur le trône le profane
Au rire effronté, "
Sur un plan psychologique, ça ne tient pas… Si effectivement l'Amour a déjà éparpillé la cervelle le sang et la chair de son hôte par de multiples fois, l'hote en question devrait être de moins en moins sensible, et l'amour trônant dans sa tête devrait avoir de moins en moins d'emprise au fur et à mesure des bulles.

"Comme pour rejoindre les mondes
Au fond de l'éther. "
Depuis le début, on a le champs lexical du règne.
La place que prend L'Amour me rappelle quelque peu Zeus… Dans ce sens," rejoindre les mondes- Au fond de l'éther " aurait il pour sens un but initial d'élévation humaniste ??
On peut aller même plus loin et disant qu'au moment où la bulle" crève et crache ", " le songe d'or " serait l'utopie et l'ubris de croire que l'amour peut nous élever " au fond de l'éther "???

Et enfin nous retrouvons le côté pathos, voire même gothique-romantique avec la complainte du crâne… Qui ne tient pas debout… Si on part d'un plan Sociologique et psychologique du moins, car l'amour ne nait pas spontanément, il n'a rien d' un parasite aliénant. C'est notre propre volonté consciente qui lui a donné accès au trône, tout comme ce serait un choix (ou non choix d'ailleurs) de l'y laisser.

En résumé, je pense que l'auteur s'est lancé dans une sorte d'expérimentation, en étant déjà persuadé et/ou autopersuadé de quels effets auront l'amour sur lui… Un manque d'objectivité naïf, et une complaisance dans le pathos peu réjouissante. Mais ce n'est que mon avis…

Qu'en pensez vous ??? Puis-je utiliser ces éléments lors d'une dissertation ?
Tu as bien sûr le droit de ne pas aimer mais ce n'est pas le sujet. Tu dois sans doute commenter ce poème, mettre à jour le tiraillement entre l'amour et la mort, l'obsession du temps, de l'idéal. Le crâne dans les Vanités. Le poète à la fois hors de et en l'humanité. Tu devras aussi montrer comment la versification suit le propos. La tension entre le gigantisme, la création et la décomposition de la cervelle éparpillée. Un poète spectateur et le poète torturé.
Et ce cul de lampe en sous-titre .

https://books.google.fr/books?id=zdqVHXs1dRsC&pg=PA427&lpg=PA427&dq=l'amour+et+le+crane+commentaire&source=bl&ots=JAMYBTlMSQ&sig=FiQ2q3RxxqYTfOLhSAW_nVN8AWI&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiDt6mm86XRAhUCvBQKHZk-CrE4ChDoAQhJMAg#v=onepage&q=l'amour%20et%20le%20crane%20commentaire&f=false
Et ce cul de lampe en sous-titre
Baudelaire annonce ainsi que son poème est une ekphrasis. L'édition Garnier publie la gravure qui stimulé la créativité de Baudelaire. Ce terme de cul de lampe est doublement programmatique, car le poème est le dernier de la section Fleurs du Mal dont il constitue… le cul de lampe.
Le cul-de-lampe avec trait d'union…
En quoi cette remarque fait-elle avancer la réflexion ?
Moi non plus, je n'aime pas trop ce poème, mais la critique rationaliste que vous en faites ne tient pas : vous prenez la mimésis poétique pour la réalité même (la réalité "tangible" s'entend).
https://bibliomab.wordpress.com/2008/10/04/culs-de-lampe-fleurons-vignettes-ornements-du-livre-ancien/
Merci pour ces réponses.
Au contraire, j'adore ce poème… Enfin du moins à présent. J'ai quelque peu évolué depuis mon premier message. Je m'en sens finalement très proche…
J'ai évidemment pondu une étude linéaire, j'hésite simplement à entamer une dernière partie plus désinvolte, remettant en question non pas la véracité pathétique du propos, mais le décalage entre réalité et perception lyrique. Après tout, je suis en études de psychologie et de sciences du langage corporel… J'ai par ailleurs lié une analyse du mouvement diffus dans les vers à l'expression des sentiments et émotions de l'auteur.
Enfin, les "critiques" si dessus n'en sont pas, c'est plutôt une tentative de rationalisation et d'ouverture d'un sujet volontairement enfermé dans une logique destructurée, par ce cher Baudelaire. C'est justement cette double position du poète ("spectateur et poète torturé ") qui, en mon sens, donne un caractère trop omniscient à l'auteur et donc infuse un caractère de vérité générale non mérité dans ses propos.
Grossomodo, le cœur de ma potentielle dernière partie serait que Baudelaire est passionné et passionel mais, paradoxalement, lutte contre la passion (passio---> douleur et irrationnalité) de manière très superficielle… Comment expliquer cela ?… Si je devais en faire une comparaison, je dirais que pour moi, Baudelaire, ici, se comporte comme le (cliché ambulant du) mec plastiquement très beau, aguicheur, dragueur etc, qui se plaint d'avoir "des centaines de filles à mes pieds !" (si si, ça existe) Ou de l'alcoolique qui se plaint de la migraine. Et je trouve cela d'une mauvaise foi à toute épreuve. On ne peut pas se plaindre des effets d'une dynamique que nous avons nous même créée, puis faire passer la complainte pour dénonciation du sort acharné… Ai-je tort ???
Avec effectivement, pour exemples et arguments, les éléments donnés dans mon premier message.
Pour clôturer ma réponse, je ferais remarquer qu'une étude objective de ce poème n'aurait aucun intérêt pour ma spécialité, c'est justement mon avis (justifié par de multiples exemples) qui doit sauter au visage du correcteur… Ou de la correctrice d'ailleurs.