Se voir + participe passé / subordonnée complétive

Langue française

93 réponses · Page 4 / 5

Bonjour à tous et à toutes,

Une fois n'est pas coutume, j'aurais voulu avoir votre avis sur une phrase qui me laisse perplexe.

… " Des compensations qui font perdre à l'Allemagne 88000 km2 en Europe en plus de ses territoires coloniaux, dont celle-ci se voit amputée " …

Est-ce correct, ou y a-t-il une erreur au niveau de l'accord du verbe "amputée".

Merci d'avance à tout le monde

Cordialement
Bonsoir,

A mon avis, c'est correct.

Mais si après le verbe qui suit " se voir" , il y a un COD, il faut mettre ce verbe à l'infinitif.

Il se voit décerner un prix.
Il se voit refuser l'entrée.

Je me trompe peut -être.
Oui, ici, c'est bien un participe passé employé comme adjectif.

C'est l'Allemagne qui se voit amputée, qui est amputée
D'ailleurs, le principe est le même avec les participes présents. Dans certains cas, tu trouveras -uant au lieu de -ant.

Tout dépend si le participe est participe ou adjectif !
Ou -ent au lieu de -ant…
Mais rien à voir avec la question posée et l'accord des participes passés.

.Le participe présent, quand il n'est pas employé comme adjectif, reste invariable.

Mais le participe passé, lui, peut varier même s'il n'est pas employé comme adjectif.
Bonsoir à tous,

J'ai lu un petit texte sur un journal luxembourgeois, et je voudrais vous poser une question :

Est-ce qu'il faut mettre " se sont vus" ou bien "se sont vu offrir une moto" , étant donné que dans cette phrase , "se " est un COI. ?

La phrase en question est la suivante :

" Les 33 mineurs sauvés la semaine dernière d'une mine du Chili se sont vus offrir une moto, une maison pour ceux qui n'étaient pas propriétaires… " Ca m'afait pensé à une phrase :

elle se voit emputée de …

si on la met au participe passé,
est-ce que ce serait



elle s'est vue emputée … ?

Merci d'avance.
Avec se voir, l’accord du participe passé se fait si le sujet de se voir est aussi le sujet de l’infinitif qui suit : Ils se sont vu accorder des congés (on leur a accordé des congés) mais Ils se sont vus accorder des congés à tous les employés (ils ont accordé des congés à leurs employés).

donc
"Les 33 mineurs sauvés la semaine dernière d'une mine du Chili se sont vu offrir une moto, une maison pour ceux qui n'étaient pas propriétaires… "

Elle s'est vue amputer si c'est elle qui ampute.
Elle s'est vu amputer si on l'ampute en considérant surtout l'action.
Elle s'est vu amputée si on l'ampute en considérant le résultat.
Elle s'est vu amputée
Il me semble y avoir une erreur.
Quand c'est un participe qui suit, et non un infinitif,
le cas est différent.
On écrit en fait :
Elle s'est vue amputée.
Exemple du Robert : Elle s'est vue contrainte = Elle s'est trouvée contrainte, elle a été contrainte.
Effectivement ! Désolée, randonneuse.
Anne345 a écrit :Effectivement ! Désolée, randonneuse.
Je vous en prie Anne.

Merci à tous les deux.
Quelle phrase est correcte parmi les phrases suivantes
Je me suis vu obligé de partir
Je me suis vu obliger de partir
Je me suis vu jeté dehors
Je me suis vu jeter dehors
Merci d'avance Ma question est la suivante:
Est-il obligatoire d'utiliser le participe passé après se voir ou bien on peut utiliser un verbe à l'infinitif?
Merci
Ça vaut la peine de lire du début de ce fil, et aussi le fil où Edy a lancé une discussion sur
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/2607-infinitif-present-ou-participe-passe-les-questions-que-je-souhaite-voir-abordees-aborder.html

Toutes les quatre phrases sont grammaticales ; on peut y voir une nuance entre l'état et l'action.

Je me suis vu obligé de partir : (l'état) tu étais dans la nécessité de partir.
Je me suis vu obliger à partir : (l'action) on voit le moment où quelqu'un (ou qqch) t'a obligé à partir.
Je me suis vu jeté dehors : (l'état) tu étais dehors
Je me suis vu jeter dehors : (l'action) on te jettait dehors
Doit-on écrire :

"Je t'ai crue morte"

ou :

"Je t'ai cru morte" ?

En googlant "participe passé suivi d'un attribut" on trouve des exemples des deux accords possibles. Aussi bien "Je l'ai cru morte" que "Je l'ai crue morte", et chez de très bons auteurs.
Franchement, il suffit d'appliquer les règles d'accord habituelles, me semble-t-il :
J'ai cru que tu étais morte → Je t'ai crue morte (t' : COD mis avant le participe passé).
Le participe passé suivi d’un attribut du complément d’objet direct s’accorde avec celui-ci s’il est placé avant le verbe.

Ces animaux qu’il avait vus => Ces animaux qu’il avait crus morts. Crus est suivi de morts, attribut du COD qu’ mis pour ces animaux, accord masculin pluriel.

Cet accord paraît logique et c’est l’usage normal aujourd’hui. Cependant, certaines grammaires acceptent encore l’invariabilité des participes en ce cas…
Quant à Wilmet, il penche plutôt ici pour le non-accord :
Je t'ai cru morte.
Ce n'est pas toi qui es crue, comme on dit que l'on croit une personne digne de foi.
J'ai cru quoi ?
Qu'est-ce qui est cru ? "que tu étais morte".
Le support de l'accord étant partiellement placé après, non-accord.

Grevisse le rejoint dans l'analyse, mais reconnaît que l'accord se pratique plus que le non-accord.
Le participe passé accompagné d’un attribut d’objet direct s’accorde ordinairement avec cet objet si celui-ci précède le participe. Toutefois, l’usage est assez hésitant pour les participes cru, su, dit, voulu et leurs synonymes, pour lesquels le véritable objet direct est l’ensemble formé par le nom ou le pronom et l’attribut. [Mais] même dans ce cas particulier la variabilité prédomine.
Alors, après analyse de l'avis de nos éminents grammairiens, le doute est en effet permis… sauf pour Thomas, pour qui l'accord se fait "selon l'usage général" : "On la crue guérie. Elle s'est crue guérie. Des formules qu'on avait crues périmées (on avait cru que ces formules étaient périmées)". Donc Thomas pencherait pour : Je t'ai crue morte.

Hanse apporte les nuances déjà évoquées par Jehan et Anne. Il fait la distinction entre les cas où "il est logique de voir un complément d'objet direct (déterminant l'accord) et son attribut" (On l'a trouvée inanimée = on a trouvé qui ? elle, étant inanimée. Je l'ai vue inquiète = J'ai vu qui ? elle, étant inquiète plutôt que J'ai vu quoi ? qu'elle était inquiète) et les cas où "le complément est en réalité une proposition et où le participe passé devrait donc rester invariable (On la dit malade, qui signifie On dit qu'elle est malade"… et non On dit quoi ? elle, étant malade).

"Il serait donc normal de laisser le participe passé invariable et d'écrire : On les a dit (ou cru) malades (…) Mais, en faisant comme si croire avait un pronom comme objet direct, les écrivains font généralement l'accord : Tout le monde l'a crue morte (Hugo)". En revanche, le doute n'est pas permis, toujours selon lui, dans l'exemple suivant : La route que j'ai cru être la plus courte [à comparer à : La route que j'ai cru(e) la plus courte].

A la lumière de ces explications, on comprend que Hanse pencherait donc plutôt pour : Je t'ai cru morte… mais que de bons auteurs n'ont pas fait la même analyse !

Et Hanse de constater (avec Grevisse) que les écrivains "ne se soucient pas toujours d'une distinction logique". Il conclut ainsi : "L'usage des bons écrivains paraît plutôt favorable à l'accord, mais autorise certainement l'invariabilité dans tous les cas, simplification souhaitable".

Bref, on n'a pas fini de disserter sur cet accord…
j'ai un léger doute dans la cas suivant:
"La bouteille qu'ils avaient demandé d'ouvrir." Il me semble que le participe du verbe demander ne s'accorde pas, car la bouteille est ouverte par quelqu'un.
Si je me réfère à la nuance illustrée par l'exemple:
"Les fleurs que j'ai vues grandir,
Les fleurs que j'ai vu cueillir"
alors "demandé" ne s'accorde pas. Je voudrais savoir si la phrase des "fleurs" peut effectivement servir de modèle ici. Merci et bonne journée.
"La bouteille qu'ils avaient demandé d'ouvrir." : Ils avaient demandé quoi ? d'ouvrir la bouteille → invariabilité du participe passé.
Tout à fait… Ce n'est pas "la bouteille" qui est demandée.