Se voir + participe passé / subordonnée complétive

Langue française

93 réponses · Page 3 / 5

Finalement la solution de Muriel est probablement la plus sage, elle est grammaticalement correcte et si le lecteur peut en comprendre les sens par rapport au contexte, alors pourquoi pas.

Il est vrai que la vrai question subsiste, l'exemple le plus proche que j'ai trouvé dans le Grévisse parragraphe 791, alinéa n tout à la fin, c'est:

Quatre hommes portaient les brancards et se voyaient relayés par d'autres
(A. Dumas)

Mais dans ce cas-là on peut remplacer relayés par offerts, donc l'infinitif serait peut-être effectivement la meilleure solution.
Oui, sauf que moi, je me serais très bien vue écrire "ils se voyaient offertes les affaires en cours"
J'imagine que j'ai encore quelques progrès à faire… 🙂 Alors, j'ai eu la réponse de ma connaissance correctrice pro, d'après elle, aucune des phrases proposées n'est exacte, et cette phrase n'a simplement aucun sens et aucune raison d'être telle quelle, donc la seule solution est de reformuler.
Pour ma part, je pense que
Ils se voyaient attribuer les affaires en cours
pour ambiguë qu'elle soit, est tout de même correcte.
Je vais donc laisser comme ça, à ce moment-là ! Mais je prends note de ne JAMAIS écrire un truc de ce type dans mes futurs romans 🙂
Eh oui…

C'est tout aussi correct et ambigu, par exemple, que :

"J'entends souvent siffler les acteurs."
Acteurs siffleurs ou sifflés ?

Je laisse peindre ma femme.
Femme peintre ou femme peinte ?
Bonsoir,

Ce serait effectivement plus clair avec un participe passé :
Ma femme que j'ai laissé(e) peindre (et zut pour la réforme de 1901 !)
Les acteurs que j'ai souvent entendu(s) siffler
Oui, toutes ces ambiguité font le bonheur de notre langue.

Pour revenir à la phrase de Vanessa, pourquoi ne pas tout simplement lever l'ambiguité, si c'est possible, en écrivant

Ils se voyaient se faire attribuer les affaires courantes

C'est un peu lourd, je l'admets, mais ça me paraît plus clair ainsi.


😉
Si ça ne tenait qu'à moi, je réécrirais la phrase. Mais je vais signaler ça à l'auteur et à l'éditeur, et je verrai bien ce qu'ils décident. Si la phrase est correcte, j'imagine qu'ils pourraient la laisser sans que ce soit dramatique.
Bonjour,
J'ai une hésitation, voire un dilemme.
Dans la phrase suivante :
"La jeune femme que j'ai vu arrêter par les douaniers", sachant que la verbe arrêter est absolument à l'infinitif, pensez-vous qu'il faille accorder le participe "vu" avec la jeune femme "la jeune femme que j'ai vue arrêter par les douaniers"
Ce cas me semblerait logique avec "arrêtée", mais me pose problème pour le verbe à l'infinitif. En effet, j'ai vu quoi ? les douaniers arrêter la jeune femme ou la jeune femme se faire arrêter par les douaniers ?
merci de venir à mon secours
Bonjour.

La jeune femme que j'ai vu arrêter…

J'ai vu quoi ? "arrêter la jeune femme"…
On arrête la jeune femme. J'ai vu arrêter qui ? la jeune femme.
Le "que" (la jeune femme) est donc COD de l'infinitif et non du participe.
On n'accorde pas.
Merci beaucoup d'avoir éclairé ma lanterne. C'est terrible comme la réponse semble évidente … après coup !
Bonjour, je voudrais savoir si "vu" s'accorde ou reste invariable.
Ils se sont vu(s?) reprocher leur attitude.
Merci d'avance.
Bonsoir.

Le participe reste ici invariable.
Le se qui le précède n'est pas son COD, mais le COI de l'infinitif "reprocher".

Ils se sont vu reprocher leur attitude.

Ils ne se sont pas vus eux-mêmes en train de reprocher leur attitude…
Ils ont vu qu'on reprochait à eux-mêmes leur attitude.
Merci Jehan. Donc, cette explication confirme des réponses analogues que vous m'avez données dans différentes discussions au sujet des accords de participes: si la relation est indirecte (coi, à qui), on n'accorde pas ; si la relation est directe, on accorde: par exemple: "Ils se sont succédé" "Ils se sont plu" (pas de s car la relation est de type coi). Il en est de même lorsque le participe passé ne se rapporte pas au sujet: "Ils se sont bu un verre".*
Ai-je bien saisi le principe ?

nb: Je n'ai pas reçu dans ma boîte mail de message me prévenant que j'avais obtenu une réponse, ce qui est contraire au fonctionnement habituel du site. Merci encore.
Dans : "Ils se sont bu un verre", le COD "un verre" (ce qui est bu) étant placé après, l'accord de toute façon n'a pas lieu d'être.

Dans : "Tu as vu les verres qu'elles se sont bus !", ce qui est bu ("les verres"), étant écrit avant, on accorde au masculin pluriel.

Ils se sont plu à nous contrarier.. Aucun COD . On ne peut pas demander "Ils se sont plu quoi ?" ou chercher "ce qui est plu" ! Cela n'a pas de sens. Donc aucun accord à faire.


Je pense tu as saisi l'essentiel…


(Pour le mail d'avertissement non reçu, ce n'est pas de mon ressort…
Tu t'étais bien abonné à la discussion ? )
Merci pour toutes ces précisions. Mais, si on dit "ils se sont plu", sous-entendu "l'un à l'autre", il me semble qu'il ne faut pas non plus d'accord.

Je m'étais en effet abonné à la discussion. Cette fois-ci, j'ai par contre été averti. Bonne journée.
Ils [se] sont plu = ils ont plu [à eux]

"A eux" est complément d'obet indirect du verbe "sont plu". L'auxiliaire utilisé étant l'auxiliaire avoir, la règle veut que le participe "plu" s'accorde avec le COD (et non le COI) si celui-ci est placé avant le verbe.

Ici, nous n'avons pas de COD, il n'y a donc pas d'accord.
A l'école primaire, on nous avait donné une définition un peu curieuse de la règle des accords du participe passé. Je n'ai pas conservé mes cahiers, mais la phrase, pour le verbe avoir, disait à peu près:
" Avec le verbe avoir, le participe passé s'accorde avec le cod s'il est placé avant ";
Cette fin de phrase était incompréhensible pour beaucoup d'élèves, avant quoi ?, mais ça ne dérangeait pas grand monde. Cette façon de retirer une nouvelle précision de cette définition, en remarquant qu'il n'est question que du cod et non du coi est intéressante. Bonne soirée.
Yéochoua a écrit :A l'école primaire, on nous avait donné une définition un peu curieuse de la règle des accords du participe passé. Je n'ai pas conservé mes cahiers, mais la phrase, pour le verbe avoir, disait à peu près:
" Avec le verbe l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le cod s'il est placé avant [la forme verbale] "
Cette explication manque en effet de précision. Sans compter que ce "il" anaphorique est ambigu : de quoi parle-t-on, du participe passé ou du COD ?
C'est sûr.

Mieux aurait valu écrire par exemple :
" Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé peut seulement s'accorder avec le COD, et seulement si ce COD est écrit avant le verbe."