Bonjour,
J'ai un dossier à monter sur Berlioz en tant qu'artiste romantique engagé, je trouve très peu d'éléments qui pourraient m'aider à monter ce dossier.
Voici le seul que j'ai trouvé :"Alors qu'il était considéré dans toute l'Europe comme un héros romantique, il restait un ennemi à Paris, où la musique était avant tout affaire de politique, de pouvoir, d'alliances et de trahisons."
J'aurai besoin de votre aide pour savoir si il a eu une quelconque influence politique à son epoque ou une description de son engagement, sur l'importance qu'il a eu à son époque.
Merci
Il est vrai que Berlioz a mal été apprécié en France (c'est à dire à Paris) alors qu'il a conquis très tôt Wagner, par exemple. Mais c'est pour des raisons touchant surtout au goût musical français de l'époque, plutôt porté sur la virtuosité, le "clinquant" et la légèreté. Il y a eu aussi des cabales contre certaines de ses œuvres, mais ce n'est pas pour des raisons politiques au sens noble du terme. On peut parler d'engagement à son propos, mais presque uniquement dans le domaine musical : en gros, il s'est efforcé de donner à la musique même un caractère dramatique (je n'entre pas dans le détail), sans faire dépendre ce dernier d'un "programme" ou se faire l'écho d'intentions plus ou moins "littéraires" ; d'où l'intérêt de Wagner pour cette conception novatrice et l'incompréhension des français dont le goût se trouvait malmené.
Si tu veux un compositeur plus "engagé" politiquement, prends G. Verdi en Italie…
Oui, tout à fait d'accord avec Jacques.
On chercherait en vain un engagement "politique" de Berlioz dans le sens de l'alignement sur une pensée partisane. Mais par contre, parmi les artistes romantiques il est effectivement "engagé" (mais vaudrait-il pas mieux dire "impliqué", "investi"…? ) dans la dramatisation de la musique comme dit très justement Jacques, mais aussi dans la question technique de la présence de l'art dans la cité. Il ne s'est pas contenté de composer, retiré dans quelque tour d'ivoire, mais il a "mouillé la chemise" et s'est beaucoup exposé dans des entreprises spectaculaires et d'ailleurs pas toujours réussies, dirigeant lui-même ses compositions lors de tournées qui l'ont mis parfois en présence d'orchestres très approximatifs desquels il ne se faisait pas bien comprendre, ou tentant des expériences extraordinaires comme la direction de la plus longue fanfare du monde (qui tourna au désastre, ladite fanfare mesurant plus d'un kilomètre de long alors que le son se déplace à 300 mètres/seconde : la musique avait plus de trois secondes de décalage entre la tête et la queue de ce monstre !).
Cette forme "d'engagement artistique", qui consiste à payer de sa personne pour faire connaitre sa musique n'a jamais eu bonne presse en France où il était (et il est toujours) "convenable" que les musiciens évoluent dans les sphères même du pouvoir ou, au pire, dans le cadre propret des "salons" fréquentés par un monde somme toute très "comme il faut". Faire descendre la musique dans la rue, aller à la rencontre du public, s'exposer, c'est ce qu'on fait par la suite des artistes comme Liszt, pour promouvoir la musique de Wagner, ou Schoenberg pour expérimenter en "conditions réelles" ses recherches sur le dodécaphonisme sériel. Mais dans la France de Berlioz, c'était très "mauvais genre" et il fallait un courage insensé pour tenter pareille entreprise. Du reste, les caricatures de son temps le font passer pour un excité, un malade, un fou.
C'est l'excuse que se donnent les bourgeois quand ils aiment ce qui les dérange : l'artiste est fou, alors ça n'est pas grave…
Saint Paulin a écrit :
ou tentant des expériences extraordinaires comme la direction de la plus longue fanfare du monde (qui tourna au désastre, ladite fanfare mesurant plus d'un kilomètre de long alors que le son se déplace à 300 mètres/seconde : la musique avait plus de trois secondes de décalage entre la tête et la queue de ce monstre !).
😀
On sait que Berlioz avait la folie des grandeurs. Dans son
Traité d'instrumentation, il réclamait pour son orchestre idéal 120 violons et, ce qui est le plus surprenant, 30 pianos !!! (Il n'a jamais apprécié cet instrument à sa vraie valeur). Au total, 467 instrumentistes et 360 choristes.
Merci pour ces precieuses informations !
Au fait, en relisant la question de départ je m'en pose une autre :
clearatare a écrit :
J'ai un dossier à monter sur Berlioz en tant qu'artiste romantique engagé,
fallait-il lire, comme je l'ai compris, "j'ai un dossier à monter sur "Berlioz artiste romantique engagé"… "
ou bien, comme je viens de comprendre qu'on peut aussi comprendre : "j'ai, en tant qu'artiste romantique engagé, un dossier à monter sur Berlioz "…
Cette deuxième proposition me fait rêver : je n'ai encore jamais rencontré personne qui se soit présenté comme "artiste romantique engagé" ! 🙂
Cela veut il dire que Berlioz n'etait pas engagé ? Je ne comprend pas votre interrogation.
J'ai trouvé un extrait qui peut repondre à mon interrogation que je partage avec vous, si cela vous interresse :
" Ils s'avancent… et la victoire
Rayonne sur leurs fronts poudreux;
La terre, belle encor de son antique gloire,
Retentit sous leurs pas nombreux.
Partons / Partez!… Des sommets, etc.
Aux armes!… le ciel résonne…
Harpes d'or, marquez nos pas!
Peuples!… guerriers!… l'airain tonne.
Nos fers ont soif de combats!
Aux armes!"
Scene heroique Berlioz
Je dois aussi faire un commentaire sur ce texte et je pense choisir un plan comme 1. Le chant, 2) l'agumentation… Qu'en pensez vous ?