Arrêter ou continuer le latin en seconde ?

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,
Ma fille est en troisième et suit l'option latin depuis la cinquième et sa moyenne annuelle est légèrement supérieure à 16. Elle compte se diriger vers une première puis une terminale scientifique pour suivre des études d'orthodontie.
Nous ne sommes pas d'accord sur le fait d'arrêter le latin au lycée. Elle prétexte une surcharge de travail, de mon côté une enrichissement personnel et un avantage dans le type d'étude qu'elle envisage. Sa maman, nous sommes séparés, le soutient dans le fait d'arrêter.
J'aurais aimé vos avis. Faut-il l'écouter ou faut-il l'obliger ?
Merci pour vos réponses.
Bonjour Gregolimano,

Je suis personnellement de ceux qui ont arrêté le latin en seconde, et qui l'ont par la suite beaucoup regretté.
Pour autant, je ne vous encourage pas à "obliger" votre fille à continuer le latin. D'expérience, je sais que suivre un enseignement contre son gré annihile toute motivation et tout intérêt pour la matière.
Je ne peux que vous conseiller (mais cela reste mon avis personnel) de donner à votre fille toutes les cartes pour qu'elle puisse faire son propre choix. A son âge, il est important de pouvoir choisir.

Qu'on se le dise également, le latin n'est plus guère utile professionnellement de nos jours, à part pour ceux qui se destinent aux Lettres (et encore…pas avant l'agreg…). C'est néanmoins un enrichissement personnel, notamment sur l'étude des civilisations antiques et sur la formation de la langue.

Quant à la charge de travail, il faut voir… Elle ne me paraît pas non plus énorme, ce n'est qu'une option et les enseignants s'arrangent généralement pour ne pas donner trop de travail en latin et en grec (surtout vu la désertion actuelle de ces matières par les élèves…)

C'est bien entendu un avis purement personnel, qui n'engage que moi, à recevoir comme tel donc !

Bonne soirée.
Bonjour,

Je suis élève de Seconde.

L'emploi du temps se charge surtout à cause des parcours scolaires tels que celui de la classe européenne et des options telles que le latin ou la langue LV3. Je vous conseille vivement de choisir peu d'options. En effet, les options rendent des points nombreux au baccalauréat mais sont limités au nombre de 2. Cependant, vous pouvez en suivre bien plus par plaisir, ce que je fais. Ainsi, votre fille devrait continuer une option. Je suis moi-même le latin, l'histoire-géographie en allemand et l'espagnol LV3, d'autres suivent la musique, les arts plastiques, la danse ou d'autres encore. Si vous êtes en accord avec votre fille, proposez-lui donc autre chose, sachant que le latin prend deux à trois heures par semaine sur l'emploi du temps (assez conséquent pour une option, comme le dit votre fille) ; les options autres prennent moins d'heures sur l'emploi du temps.

L'intérêt et la richesse des options sont décrites dans de nombreux sujets retrouvables sur ce forum.

Dans l'espérance de vous avoir aidé.
Je suis en terminale L et je viens de rentrer de mon épreuve de latin. Celle qui a eu 20 était en S justement ! C'est drôle de poser comme question : "l'obliger". Il me semble que ce choix lui revient le droit… Peut-être c'était "conseiller" le mot juste à employer. J'ai arrêté le latin en seconde. Je l'ai regretté également et j'ai repris deux ans après mon arrêt.

Par contre je ne suis pas d'accord pour la "surcharge" du travail. Si c'est déjà trop en ce moment il faut se diriger en bac pro ou autre… Je fais du violon, du théâtre, de la gym. Je passe mon examen de violon cette année, l'année dernière une représentation théâtrale + examen de violon. Le matin, je lavais les poêles de 50 personnes d'un traiteur. L'après midi, je passais mon épreuve de sciences. Le problème vient peut-être d'une des deux raisons : Faire des fiches ce n'est pas apprendre son cours, c'est le contourner pour ne pas se fatiguer à apprendre. Apprendre une leçon n'est pas si long que cela si on s'y prend frontalement. Les devoirs avec facebook, et le téléphone n'a jamais fonctionné non plus. Donc non, il n'y a pas de surcharge de travail, mais un manque d'organisation.

Pour être orthodontiste il est plus que nécessaire que d'apprendre la grammaire et surtout l'expression française en générale. C'est beaucoup plus avantageux d'avoir fait du latin. Pour le bac, d'une façon générale, c'est coef 3. Les points en-dessous de la moyenne ne compte pas. On peut aller jusqu'à 30 points d'avance facilement, car apprendre n'est pas une chose compliquée…

Mais je pense que le plus important est qu'elle fasse ce qu'elle a envie avec ou sans, elle peut le faire.
Jean-Sébastien a écrit : …Pour être orthodontiste il est plus que nécessaire d'apprendre la grammaire et surtout l'expression française en générale…
Tu ne confonds pas orthodontie et orthophonie, par hasard?

Je ne crois pas que le latin soit nécessaire ni même particulièrement utile pour une spécialisation médicale. Sa valeur formatrice générale est un lieu commun éducatif, mais à mon avis elle est surfaite. Si on n'envisage absolument pas de poursuivre des études de lettres ou de sciences humaines, on peut abandonner le latin sans remords. Encore plus facilement si on n'y est pas attaché. 🙂
Gregolimano a écrit :Bonsoir,
Ma fille est en troisième et suit l'option latin depuis la cinquième et sa moyenne annuelle est légèrement supérieure à 16. Elle compte se diriger vers une première puis une terminale scientifique pour suivre des études d'orthodontie.
Nous ne sommes pas d'accord sur le fait d'arrêter le latin au lycée. Elle prétexte une surcharge de travail, de mon côté une enrichissement personnel et un avantage dans le type d'étude qu'elle envisage. Sa maman, nous sommes séparés, le soutient dans le fait d'arrêter.
J'aurais aimé vos avis. Faut-il l'écouter ou faut-il l'obliger ?
Merci pour vos réponses.
Vous êtes dans la position de mes parents lorsque j'étais en seconde. Ils ont voulu m'obliger, j'ai fait un petit tour dehors pendant quelques jours pour leur prouver qu'il en était hors de question, alors ils ont plié. Je n'ai pas fait de latin, et au bac il m'a manqué 20 points pour avoir ma mention TB (et donc les 200 euros par mois 😉 ).
Vous ne pouvez pas la forcer. Vous devez suivre ce qu'elle a envie de faire, sinon elle ira à reculons, séchera, et ainsi de suite (je parle de manière générale). Vous devez attendre qu'elle passe son bac, qu'il lui manque quelques points pour avoir une mention, et à ce moment là, vous pourrez répéter toute votre vie durant que VOUS aviez raison, et qu'à partir de maintenant, elle doit vous écouter.
Comme le dit Jean Luc, ça ne lui servira pas directement, c'est juste dommage (je le regrette beaucoup aujourd'hui).

Bonne soirée 🙂
Si on ne se sent pas attiré par les langues anciennes (je dis les langues, pas la "civilisation" ni l'Histoire), il ne faut pas en faire, on n'en tirera rien.
C'est difficile d'obliger qqn à faire qqch qu'il ne veut pas, mais il ne faut pas exagérer non plus! Ce n'est pas pour te décourager, mais ta fille a un goût prononcé pour l'hyperbole. Si elle prétend être "surchargée de travail" en 3ème ou même en seconde, qu'en sera-t-il en 1S ou TS? Quand il faudra faire des pages d'exercices de maths ou de physique? Ou pour ses études supérieures?
Le latin compte coef 3 au bac, les correcteurs sont très généreux. L'investissement vaut le coup! J'en connais beaucoup qui râlaient d'aller en cours de latin, mais quand les 40 ou 50 points rapportés par le latin leur ont permis d'avoir le bac ou une mention, ils ont reconnu qu'ils avaient eu raison de persévérer.
Pour ma part, je ne remercierai jamais assez le latin pour ma mention à mes deux bacs!
Ah oui, j'oubliais ! Les langues anciennes servent à avoir des POINTS AU BAC !
Ah oui, j'oubliais ! Les langues anciennes servent à avoir des POINTS AU BAC !
Eh oui, triste retour à la réalité capitalistique de notre monde… ^^
Bonjour,
Je me doute bien cinq ans après qu'il est bien trop tard pour répondre ( 😀 ) mais je réponds quand même pour ceux qui sont dans la même situation (et je pense qu'ils sont très nombreux).
Je suis en Terminale S, j'ai pris l'option latin et l'ai continuée depuis ma cinquième. Eh ben franchement, c'est l'une des meilleures décisions que j'ai prise de ma vie, et cela pour de nombreuses raisons (je précise que j'ai tellement aimé cela que je veux maintenant m'orienter vers des études de lettres classiques pour les enseigner, donc mon message ne sera peut-être pas 100% impartial, mais j'essaierai quand même d'être objectif 😉 ) :

- D'abord, et comme cela a été souligné à plusieurs reprises dans cette discussion, le latin (tout comme le grec ancien d'ailleurs) est une option qui est coefficienté 3 au bac, ce qui est franchement considérable ! D'ailleurs les options avec un tel coefficient sont rares…! Ca permet d'accéder à une mention s'il nous manque que quelques points ; en plus , étant une option, seuls les points au-dessus de la moyenne sont comptabilisés, et sinon, peu importe, ça ne compte pas ! Si elle est pas belle la vie …!

- Ensuite, le latin permet, et c'est souvent oublié, de faciliter l'apprentissage des langues latines, je pense notamment à l'espagnol, ou à l'italien selon les lycées, parce qu'elles ont conservées bon nombre de mécanismes identiques, et le lexique est parfois proche, ce qui peut guider pour les épreuves de compréhensions écrite et orale (faisant moi-même espagnol, je peux vous dire que ça m'a sauvé de très nombreuses fois!!!). Et en plus, la maîtrise du français est également grandement facilité, puisqu'en comprenant les origines de certaines choses, on arrive à bien mieux les appliquer ensuite !

- Et le français justement ! L'épreuve est passée en 1re. Et bien là aussi les latinistes ont pu observer que leurs notes, surtout à l'écrit, étaient bien supérieures aux notes des non-latinistes (y compris des personnes faisant une langue de section européenne) ! Le latin étant souvent enseigné dans des groupes d'effectifs réduits (nous ne sommes que 14 en latins, et ils sont 23 en grec il me semble), ça permet de participer à un enseignement beaucoup plus personnalisé pour l'élève. Et il se trouve qu'en latin, on fait aussi des analyses de textes littéraires, ce qui est tout l'objet de l'épreuve écrite de français ! Donc étant en plus petits groupes, le prof peut se permettre d'entendre les idées de tout le monde, et vraiment de dire si tel ou tel élément est pertinent ou non, s'il faut préciser… On trouve aussi des figures de style que l'on n'a pas forcément l'habitude d'utiliser en cours de français parce qu'elles sont rares ; mais quand ça tombe au bac (et ça m'est arrivé) ça vous donne un bonus absolument monstrueux sur les autres copies ! Donc le latin aide aussi en français pour les commentaires de texte notamment !

- Le latin demande aussi des capacités d'analyse assez inenvisageable pour qui n'a jamais fait de latin. Ainsi, en plus de nous permettre d'avoir des réflexions littéraires, en matière de commentaire de texte notamment, (qui tombent parfois même dans la philosophie), le latin nous forge aussi un esprit scientifique plutôt profitable (surtout quand on est en S). Le latin est l'unique matière à permettre simultanément de faire des lettres et de la science…

- Il nous offre aussi des connaissances littéraires et historiques, clairement profitable dans tout plein de matière : français, histoire-géo, et aussi et surtout, en philosophie ! Là encore, je ne passerai l'épreuve qu'en fin d'années mais ça se ressent déjà : les latinistes et hellénistes ont un avantage IN-CON-TES-TA-BLE ! Et franchement, ça fait aussi plaisir à l'ego de se sentir cultivé ! 😂 😜 😉

- Enfin, et ça je ne l'ai pas vu précisé dans cette conversation et pourtant je pense que, surtout pou des lycéens, ce devrait être le critère de choix n°1. Le latin est un enseignement qui est fait en effectif réduit ; or, pour simplifier les emplois du temps, ils sont toujours mis dans la même classe, et ça c'est absolument génialissime ! Ca fait la troisième année que l'on se connaît et ben on s'entend tous très bien ! C'est pas toujours la grande rigolade, mais conserver un noyau de personnes soudées et que l'on connaît bien, c'est fabuleux ! Parce que je peux vous dire que les non-latinistes se retrouvent (ce n'est pas un théorème, mais c'est malheureusement souvent vérifiée) éclatés dans 3 classes différentes, et se retrouvent avec un entourage presque entièrement inconnu, et ça, c'est pas toujours évident à vivre…! Alors qu moi, ben j'ai plus d'un tiers de ma classe qui n'a jamais changé, et on se connaît tous par coeur pratiquement, on peut parler et on a des souvenirs mémorables, et qui nous feront toujours rire (oui, il y a de la nostalgie dans ce paragraphe, devant la séparation imminente dans ce groupe avec les études supérieures…! )

Voilà, j'en ai mis des tartines, mais aussi c'est nécessaire pour être exhaustif sur les points positifs, quoique j'en ai très sûrement oublié tellement il y en a…!
Maintenant, je pense que pour pleinement profiter de tout ça il faut y être un minimum intéressé, et surtout être volontaire, donc forcer son enfant n'est clairement pas profitable ! Alors le mieux que l'on puisse faire, c'est exposer aux potentiels futurs latinistes tous ces avantages, mais la décision finale doit leur revenir dans tous les cas ; j'ai dans mon groupe certains amis qui ont été forcés, et ben je peux vous dire que pour eux, chaque heure est une nouvelle épreuve… Donc, ne pas obliger.
Enfin, le latin vous prend 3 heures pas semaine de votre emploi du temps, ce qui n'est pas négligeable : j'ai un emploi du temps de 35 heures (et je ne suis pas payé) et une misérable heure d'étude qui, deux fois sur trois, saute parce qu'un prof va profiter de cette heure pour rattraper son retard ou je ne sais quoi d'autre ; donc oui, c'est intense, et à la fin de la semaine, après 8 heures par jour de concentration constante, tu es CUIT !!! Et par dessus cela, n'oublions pas les devoirs, les contrôles qui pompent l'énergie qui vous restait pour tenir debout ! Donc ou, le latin, c'est aussi du temps ; après je vous ferai dire que je n'ai jamais été débordé de devoir en latin, parce que les profs sont bien conscients que l'élève prend du temps pour faire cette option, donc ils veulent les valoriser, et non pas les enfoncer encore plus…! Mais bon ça après, ça dépendra toujours du prof…! J'ai eu la chance d'en avoir deux excellentes, mais je suis conscient que ce n'est pas le cas pour tout le monde !
Bref, voilà je crois que j'ai à peu près tout dit…! A savoir que tout ceci vaut aussi bien pour le latin que pour le grec ancien ! Elèves qui lisez ceci, venez faire des lettres classiques, c'est (presque) tout bénef !

MCastel
Je me permets de réagir aussi, du coup, parce que ces arguments (qu'on entend trop souvent je trouve) méritent d'être contrebalancés…
nsuite, le latin permet, et c'est souvent oublié, de faciliter l'apprentissage des langues latines, je pense notamment à l'espagnol, ou à l'italien selon les lycées
C'est une bien étrange économie que de s'astreindre à l'apprentissage d'une langue dans le but de faciliter l'apprentissage d'une autre langue… au lieu de passer ce temps investi dans la langue morte à mieux étudier la langue vivante !
Je pense au contraire que l'apprentissage du latin ne fait que multiplier les formes proches (et donc sujettes à confusion), par exemple « es » qui signifie « tu es » en latin mais « il est » en espagnol. A-t-on vraiment besoin de s'encombrer l'esprit avec ça pour être à l'aise en espagnol ? Je n'en suis vraiment pas convaincu.
Et en plus, la maîtrise du français est également grandement facilité, puisqu'en comprenant les origines de certaines choses, on arrive à bien mieux les appliquer ensuite !
Il me semble au contraire que la plupart des difficultés du français sont typiques de cette langue et ne se retrouvent pas en latin, langue régulière et systématisée s'il en est… L'étymologie gagne certes en intérêt avec la connaissance du latin, mais là encore c'est un investissement passionnel et non rationnel.
Le latin demande aussi des capacités d'analyse assez inenvisageable pour qui n'a jamais fait de latin (…) le latin nous forge aussi un esprit scientifique plutôt profitable (surtout quand on est en S)
C'est de loin l'argument le plus fallacieux à mon sens. Le latin n'a rien à voir avec un quelconque esprit scientifique, et si la démarche adoptée en version à l'école est celle d'une analyse grammaticale systématique, elle n'a pas grand-chose à voir avec les raisonnements mathématiques qu'on attend en S. Si les grands latinistes étaitent tous aussi de grands scientifiques, ça se saurait. C'est évidemment loin d'être le cas…
À ce sujet, n'oublions pas qu'il existe des langues casuelles modernes bien plus complexes que le latin. Si donc cet argument était vrai, il vaudrait mieux étudier le russe.
Et puisqu'on parle de science, la démarche scientifique voudrait que cette affirmation concernant les vertus cognitives du latin soit étayée par quelques études… je n'ai pas l'impression que ce soit le cas, du coup on se retrouve avec une légende urbaine transmise de père en fils (j'y ai eu droit aussi, mais malgré mes 19,5 de moyenne en latin en 3e, j'étais nul en maths et guère meilleur en physique-chimie).

Je précise que j'adore le latin, je suis en train de m'y remettre en tant qu'adulte après avoir perdu la flamme vers mes 16 ans… je pense que le latin n'a pas besoin d'arguments tirés par les cheveux pour se justifier. C'est une langue superbe, elle fut la langue d'un peuple passionnant, elle fut celle de l'Europe, et c'est une raison suffisante pour l'apprendre.
Si les grands latinistes étaitent tous aussi de grands scientifiques, ça se saurait. C'est évidemment loin d'être le cas…
Peut-être est-il plus intéressant de vérifier si les grands scientifiques ne sont pas (n'étaient pas) des latinistes.
J'ai lu avec intérêt le beau plaidoyer de MCastel, mais je souscris presque entièrement aux arguments de mikomasr.
Moi aussi.
Cette idée de pousser les gens à faire du latin pour gagner des points au bac notamment me met en furie.
De même l'argument que cela aidera pour le français, ou l'espagnol, ou l'italien…
Evidemment si l'on s'intéresse aux langues d'origine latine, on ne va pas manquer de noter des ressemblances (on a oublié le roumain). Mais voir toujours l'utilité partout. A quoi ça sert de chanter, de jouer d'un instrument, de faire du dessin ou de la peinture ?
Peut-être est-il plus intéressant de vérifier si les grands scientifiques ne sont pas (n'étaient pas) des latinistes.
En fait, ils l'étaient souvent, lorsque les humanités constituaient une partie non négligeable de l'enseignement.
Je trouve le point de vue suivant bien intéressant…
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Sciences_et_les_Humanit%C3%A9s
Il est vrai que suivre les enseignements de langues anciennes juste pour dans l'optique de gratter quelques points au bac, c'est assez barbare. On ne peut pas s'investir 3 ans à raison de 3h par semaine juste pour ça.

Personnellement, j'y ai vu une occasion d'éveiller ma curiosité, alors que le latin n'était pourtant pas à ce moment aussi important pour moi qu'aujourd'hui. J'ai même un peu hésité en fin de 3e. Mais à qui veut s'enrichir, ce n'est jamais une perte de temps. En fait, c'est même la meilleure décision que j'aie pu prendre. C'est vraiment à partir de la seconde que j'ai eu le déclic avec le latin, moi qui n'était pas une grande adepte de versions, je peux maintenant m'y coller plusieurs heures de suite sans voir le temps passer. Le latin est une grande source de satisfaction une fois qu'on s'y intéresse. J'ai tellement pris goût aux langues anciennes que j'ai commencé le grec en parallèle, et suis très reconnaissante de mes 6h de LCA par semaine.
Fatalement, on trouve évidemment d'autres petits avantages à étudier le latin/grec, en plus des points au bac (c'est sûr, deux potentielles bonnes notes coeff 3 et une autre coeff 2, on prend volontiers!). Les cas et les fonctions sont très simples à comprendre pour l'allemand, ce que pas tout le monde ne maîtrise, sinon les ressemblances étymologiques dans les langues étrangères, j'ai plus de facilité à me créer des moyens mnémotechniques pour retenir le vocabulaire. Quelquefois cela m'a aidée à comprendre certaines figures de style en littérature (et à me les approprier), comme le deus ex machina ou le début in medias res. Le travail de commentaire est toujours utile, les oeuvres littéraires antiques toujours potentiellement réutilisables en disserte, enrichissement de notre culture générale,…
Bref, de toute manière, ces petits avantages qu'on remarque au fil des années en tant que latiniste/helléniste ne peuvent pas être largement appréciés si à côté l'intérêt pour la matière en elle-même est inexistant.
Prenez tout en compte et pesez le pour et le contre, voyez s'il vous semble que cela en vaille le coup
Je vois que le sujet attise l'intérêt de pas mal de personnes, et je suis juste ravi de cela !
Maintenant, il y a certains arguments et exemples qui, selon moi, doivent être modérés ou réfutés.
Je pense au contraire que l'apprentissage du latin ne fait que multiplier les formes proches (et donc sujettes à confusion)
C'est très intéressant comme perspective, et je ne peux pas dire que l'exemple que mikomasr a donné est faux. Mais il est évident que le latin ne permet pas de parler une langue : ce n'est pas parce que l'on parle le latin couramment que l'on va pouvoir être un grand orateur des langues latines ! Par contre, pour AIDER à apprendre, là c'est tout autre chose. On peut noter que le fonctionnement de conjugaison du subjonctif présent est rigoureusement identique en espagnol et en latin : l'on inverse la voyelle de conjugaison à l'indicatif du 1er groupe avec celles du 2e…! Et puis, comme l'a très justement souligné Amelie1, le latin sert surtout pour apprendre et mémoriser rapidement le vocabulaire des langues qui en ont résulté ! En plus, on apprend quand même l'espagnol en parallèle du latin, donc selon moi, l'argument de "es" n'est pas vraiment révélateur, parce que si l'on ne connaît la conjugaison du verbe être au présent, et ce, dans n'importe quelle langue, je pense que l'on peut rentrer chez soi…
Il me semble au contraire que la plupart des difficultés du français sont typiques de cette langue et ne se retrouvent pas en latin, langue régulière et systématisée
C'est vrai que le français est une langue très friande d'exceptions, contrairement au latin qui paraît très régulier, surtout au niveau des conjugaisons. Mais si l'on regarde quelques autres éléments, on se rend compte que le latin présente également de très nombreuses exceptions (comme dans toutes beaucoup d'autres langues d'ailleurs) : je pense notamment aux superlatifs et aux comparatifs irréguliers qui sont très nombreux… Et puis une langue est un tout : certains aspects de la grammaire sont indépendants des autres langues c'est évident, et là, il n'y a guère d'autre solution que de les apprendre, et apprendre à les appliquer ; mais je pensais en réalité plutôt à la morphologie de la phrase : c'est à dire que par l'analyse grammaticale systématique de la phrase latine pour aboutir à une traduction cohérente, on revoit de très nombreux principes qui se retrouvent largement en français, et qui sont souvent difficiles à assimiler : les propositions subordonnées de toutes sortes, les repérages des fonctions que prennent les termes dans une phrase selon sa construction, sa structure, et son contexte…
Le latin n'a rien à voir avec un quelconque esprit scientifique
Là par contre, je me dois rebondir vraiment. Le latin permet de s'imprégner d'un esprit de prise d'initiative à bien des égards : le verbe "esse" est parfois sous-entendu, il faut donc le repérer et oser l'ajouter si la phrase nous y oblige, certains termes (comme les adjectifs) sont parfois bien éloignés du nom auquel il se rapporte, il faut donc oser aller chercher ces termes, il faut aussi savoir se contredire, avoir un esprit très critique, au niveau de la grammaire, mais aussi au niveau du sens en français, il faut savoir se détacher du texte latin pour proposer une traduction plus cohérente, élégante en français, et certaines expressions seront d'ailleurs carrément intraduisibles directement du latin au français (ablatif absolu, structures avec double datifs ou double accusatifs…). Eh ben justement, la prise d'initiative et l'esprit critique et de recherche sont les trois piliers centraux des sciences…! Il faut oser oser en maths notamment pour espérer aboutir à un résultat : tout ne tombe pas forcément tout cuit, il faut écrire le raisonnement, même faux, oser l'écrire, ce qui nous permettra peut-être de trouver une autre piste, qui, elle, nous mènera effectivement à la solution recherchée à notre problème ! Or, le latin nous forge cet esprit d'oser prendre l'initiative ; et d'autant plus pour ceux qui prennent l'enseignement de spécialité maths (comme moi) ou physique, parce que c'est précisément sur cela que se fait la différence, et donc apprendre à tenter des choses, quitte à se planter, c'est ce que nous apprend le latin, et c'est ce qui nous sert le plus en maths et en sciences en général. Alors oui, les maths nous inculquent également cet esprit mais il n'empêche que le latin nous entraîne dans une autre mesure, tout à fait profitable, même pour les sciences : ça ne fait qu'un mois que je suis en Terminale, et je le ressens déjà, avec tous les autres Spé Maths latinistes…!
je pense que le latin n'a pas besoin d'arguments tirés par les cheveux pour se justifier
Mais voir toujours l'utilité partout. A quoi ça sert de chanter, de jouer d'un instrument, de faire du dessin ou de la peinture ?
Eh ben là, je suis entièrement d'accord avec vous ! Le problème, c'est que cela ne fonctionne malheureusement pas ainsi de nos jours…! En effet, jouer d'un instrument de musique, dessiner, ou peindre constitue aujourd'hui une source de fierté pour celui qui le pratique, en plus de l'intérêt qu'il éprouve pour la discipline. Le latin, quant à lui, n'est plus du tout reconnu par beaucoup, ce qui explique que cette discipline commence à tomber dans l'oubli, et cela par contre l'on ne peut pas se le permettre, parce que ce serait, selon moi (et même si ça semble fleur bleue ou même fataliste je le dis), une perte culturelle monstrueuse, car ce serait oublier ses origines, et une partie de son patrimoine, linguistique certes, mais aussi culturelle…! Donc oui, maintenant, on est malheureusement obligé de trouver des utilités à cela pour le promouvoir : dites à une classe de 35 élèves de faire du latin parce que c'est génial, fabuleux, que c'est une mine d'or culturelle blablabla et ben je peux vous dire que sur ces 35 élèves, vous n'aurez pas beaucoup de candidats : pourquoi perdre son temps à apprendre une langue morte (sans locuteur natif plutôt), alors que je pourrais passer ces trois heures par semaine à faire des choses beaucoup plus intéressantes ?! Et je comprends ce raisonnement. Et c'est pour cela précisément que l'on se doit de penser à la réponse à cette question : pourquoi passer du temps à apprendre une langue morte ? Eh ben c'est ce que j'essaie de faire, avec votre aide, qui me fait chaud au coeur croyez-le ! Le latin n'est pas encore oublié de tous !
Continuons de croire en lui, et sauvons-le d'un futur bien sombre qui l'attend ! Et d'ailleurs, depuis le début, je ne parle que du latin, mais le grec ancien est également concerné par tout cela, ne l'oublions pas non plus !
MCastel
Fortuna audaces iuvat.
Le latin, quant à lui, n'est plus du tout reconnu par beaucoup,
Et le violon, pas forcément non plus.
Lorsqu'on fait commencer un instrument à un enfant à l'âge de trois ans, on ne lui demande pas forcément ou très explicitement son avis.
Lorsque j'avais dix ans, on m'a mise d'emblée dans une sixième classique et en quatrième, les professeurs m'ont conseillé de faire du grec, sans m'en expliquer les grands bienfaits que je pouvais en tirer, en me disant simplement que c'était bien pour moi.
Etais-je tellement plus bête que les jeunes d'aujourd'hui, que je n'ai pas pensé à dire : A quoi ça sert ?
Cela m'a plu. Point barre.
Dans ma classe, cela n'a pas plu à tout le monde assurément. Et en terminale C, j'étais la seule à continuer à la fois le latin et le grec.
Pour le violon, c'est pareil. Soit ça marche, et l'on fait des virtuoses, soit, dix ans plus tard, ils abandonnent, et préparent des concours qui leur assureront un emploi plus sûr et plus lucratif.
Je suis incapable de vendre mes disciplines en énonçant des arguments fabuleux en faveur de leur utilité.
Je pense culture, plaisir, histoire, enrichissement personnel, formation de l'esprit, mais ça vous donne des points au bac, non, désolée.
Alors tant pis.
C'est le gouvernement qui organise les programmes et qui programme depuis cinquante ans la mort de ces langues anciennes qui m'ont donné tant de plaisir, à côté des autres disciplines enseignées, et dont entre parenthèses, la musique était aussi le parent pauvre.
Et c'est pour cela précisément que l'on se doit de penser à la réponse à cette question : pourquoi passer du temps à apprendre une langue morte ? Eh ben c'est ce que j'essaie de faire, avec votre aide, qui me fait chaud au coeur croyez-le !
Et comment essayez-vous ?
Il est presque toujours question de langue, presque jamais de littérature…

Pour moi, derrière le latin et le grec, il y a avant tout l'accès à une littérature qui a longtemps fécondé et nourri la nôtre.
Il est par conséquent important que tous les élèves de collège aient accès aux textes dits "fondateurs" ainsi qu'aux aspects les plus saillants de la civilisation et de l'Histoire des cultures antiques.
C'est pourquoi je me réjouissais de voir l'étude de ces matières proposées au plus grand nombre au travers des EPI qui constituaient un axe majeur de la réforme du précédent gouvernement. Hélas…

Point n'était besoin d'une étude ardue des langues anciennes pour cela, on sait qu'il eût été illusoire d'imaginer que tous les élèves pussent lire Homère ou Virgile dans le texte en si peu de temps et sans avoir été rebutés au passage par la difficulté de ces langues (inutile de chercher – un peu vainement – la langue qui est en haut du palmarès de la difficulté : aucune ne bat le latin ou le grec des textes anciens, même si les difficultés ne sont pas les mêmes !). N’existe-t-il pas d'excellentes traductions auxquelles on peut avoir recours comme on le fait pour quelques textes en 6ème, tout en jetant de temps en temps un œil sur le texte original pour voir "comment ça marche" ? Les élèves sont toujours curieux quand on procède ainsi et cela suffit amplement… Par contre la grammaire à outrance, sans perspective ni appréhension de l'usage de la langue n'amène à rien. Je ne crois pas à ce "latin pour tous".
Quant à l’étymologie, elle ne passe pas non plus par une étude exhaustive de la langue. Quel helléniste moyen a rencontré plus de trois fois dans sa carrière l’adverbe τῆλε (au loin) ? Ne vaut-il pas mieux recourir à une liste des « racines » translittérées pour y trouver le préfixe si courant télé- ? Trois années de grec peuvent-ils livrer le sens du mot emphytéotique ? Ne sera-t-on pas tenté de l’écrire *amphithéotique et de n'y comprendre que goutte ?

Je pense en revanche que l'étude approfondie des langues latine et grecque (au moins latine) s'impose pour qui veut aborder des études littéraires ou de linguistique romane. Quand on étudie les époques médiévales, la Renaissance ou le Classicisme, on est constamment confronté à l'intertextualité, voire à l'imitation, et il faut être alors capable de remonter aux textes antiques dans leur langue originale pour les apprécier coorectement : c’est parfois un mot, une expression, une phrase et pas seulement des topoi dont on recueille l’écho dans le texte que l’on étudie, et que la traduction peut masquer. Il va sans dire que le latin s'imposera aussi dès que l'on voudra étudier la phonétique et la morphologie historique d'une langue romane.

Tout est donc question de finalité dans les études et dans les goûts…

Et n’oublions pas la plus belle des motivations : le plaisir, évoqué à la fin du précédent message. Quand j’ai commencé le grec, je ne me suis pas demandé à quoi il pourrait me servir un jour, j’aimais le grec pour le grec, c’est tout.
Il est presque toujours question de langue, presque jamais de littérature…
Oui, tu as raison, et ce n'est pas la première fois que tu en fais la remarque.
Mais pour ma part, c'est une solution de facilité. Je crois qu'il est plus facile d'intéresser des petits (un peu curieux quand même, les petits. Je suis désolée de le dire, mais beaucoup sont rebutés par l'effort de l'apprentissage, quel qu'il soit d'ailleurs et je ne crois pas non plus au latin et au grec pour tous) à des mécanismes de langue d'abord, sans négliger bien sûr l'histoire, les mythes et tout le tralala de nos illustres ancêtres, mais pour ce qui est de la littérature dans le texte, et encore, il faut bien choisir, on ne peut guère l'apprécier qu'à partir de la troisième.
On peut bien sûr lire des traductions, on le faisait d'ailleurs, mais pour moi, il ne s'agit plus d'étude du latin et du grec.
Il s'agit d'une étude de civilisation, de littérature.
Comme lorsqu'on étudiait en sixième l'Egypte, les Crétois et les Phéniciens en histoire.
Comme lorsqu'on lit un livre chinois traduit en français. On ne peut pas dire qu'on fait du chinois.