Bonjour,
Je suis plongé dans la révision d'un cours universitaire dont l'intitulé est "Poésie et société" (à la Renaissance). Se trouverait-il quelqu'un capable de m'expliquer (succinctement !) la conception de l'inspiration telle que l'expose Thomas Sébillet dans son Art Poétique. De celle-ci je sais juste qu'elle fut récusée par Du Bellay (sa Défense et illustration… s'apparentant à une réponse au traité de Sébillet). Merci de m'aider !
Bonsoir Hub,
Quelques renseignements tirés d'Universalis :
SEBILLET THOMAS (1512 ?-1589)
Avocat au parlement de Paris, qui s'est fait un nom dans les lettres par plusieurs traductions et quelques opuscules, mais surtout par la publication, un peu moins d'un an avant la Deffence et illustration de la langue françoise de Du Bellay, du premier art poétique de la littérature française : Art poëtique françois, pour l'instruction des jeunes studieus, et encor peu avancez en la poësie françoise (1548). Afin d'encourager la naissance d'une poésie digne de ce nom, Sebillet formule une conception fort élevée, aristocratique, de cet art, et propose pour modèles non tant les auteurs anciens que l'école marotique dont il met la doctrine en préceptes. La Pléiade reprendra les mêmes exigences, mais elle se donnera d'autres maîtres, si bien que ce premier appel au renouveau apparaît en même temps comme un combat d'arrière-garde.
© Encyclopædia Universalis 2005, tous droits réservés https://www.universalis.fr/encyclopedie/thomas-sebillet/
et confirmés (ou à peu près) par une recherche sur le net :
Thomas Sébillet
(1512-1583)
Théoricien de la poésie française
Il est surtout pour nous l'auteur de "l'Art poétique Français" (1548) qui sera la source d'inspiration de la "Défense de la langue Française" de du Bellay. S'il propose certaines réformes, il ne renie pas non plus les poètes "réthoriqueurs", tel Marot ce qui l'oppose clairement aux membres de la Pléiade. À une époque où il existe encore un fort courant de poésie néo-latine, il a le mérite d'affirmer la primauté du Français pour la poésie en France. https://www.publius-historicus.com/sebillet.html
Toute petite réponse :
Je ne crois pas qu'il faille opposer Sébillet et Du Bellay (et le reste des ses compagnons poètes) tant sur le plan du fond que de la forme :
Ce premier faisant déjà la promotion du français et de la poésie française afin de lui donner une notoriété aussi grande qu'aux classiques mais en s'appuyant sur les écoles alors existantes : les rhétoriqueurs et principalement Marot.
Du Bellay brisant complètement les liens avec la poésie française existante et donc replongeant à des sources latines et grecques, s'oppose d'un point de vue des genres prônés et recommandés à Sébillet.
Par exemple, voir la Satire.
Sinon pour le texte de Sébillet, bien évidemment :
Gallica !
Merci pour vos infos, qui malheureusement ne m'éclairent pas réellement. Elles m'égarent même un peu ! Si je te lis bien poilue, tu me dis que l'opposition entre Du Bellay et Sébillet ne doit pas plus s'envisager sur la forme que sur le fond. Mais si je lis bien ton message et celui de Jean-Luc, je crois comprendre que Sébillet a eu le tort, aux yeux de Du Bellay, de conserver le catalogue des formes et des genres que condamne en bloc la Défense et illustration de la langue française un an après la publication du traité de Sébillet. J'admets que sur le "fond", Sébillet et Du Bellay (avec ce dernier je compte les membres de la Pléiade, voire tous ceux qu'influence l'enseignement de Dorat) ne sont pas si éloignés l'un de l'autre : en effet, tous deux défendent une doctrine orphique. Mais en ce qui concerne la forme, du Bellay et Sébillet s'opposent franchement. Non ? Le premier rejette l'héritage médiéval au profit des grands genres de l'Antiquité, alors que le second s'en accommode fort bien. Alors ?
Je suis mille fois navré de vous solliciter à nouveau.
Excuse-moi, je me suis mal exprimé, ils sont identiques sur le fond mais pas sur le forme, comme tu l'as bien compris.
Par contre Sébillet ne s'accomode pas totalement de l'héritage du Moyen-Âge mais de Marot, ce n'est pas totalement identique, c'est tout de même son école qui introduit le sonnet, et qui donne un ton et une forme légèrement nouvelle à la poésie : l'Epigramme n'est pas un genre médiéval, par exemple, mais plutôt antique.
Ouf !
Je te remercie poilue ; et je prends bonne note de ta nuance : il n'y a pas d'adéquation, loin de là d'ailleurs, entre Marot et l'héritage médiéval !
Merci et bonne soirée.