Réponse à la critique de Duhamel sur Alcools

Entraide scolaire

10 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour à tous, je m'appelle Daniel, je suis en 1ereS et j'ai un sujet d'invention un peu compliqué pour la rentrée.


Je vous expose le sujet :

Georges Duhamel compare Alcools à une "boutique de brocanteur". Il en déteste les images étranges faîtes d'un mélange d'images ancestrales et futuristes : "je dis : boutique de brocanteur parce qu'il est venu échouer dans ce taudis une foule d'objets hétéroclites dont certains ont de la valeur mais dont aucun n'est le produit de l'industrie du marchand. C'est bien là une des caractéristiques de la brocante : elle revend, elle ne fabrique pas . Elle revend arfois de curieuses choses ; il se peut que l'on trouve, dans ses étalages crasseux, une pierre de prix montée sur un clou. Tout cela vient de loin ; mais la pierre est agréable à voir. Pour le reste, c'est un assemblage de faux tableaux, de vêtements exotiques et rapiécés".
Article paru dans Mercure de France le 16 juin 1913

--> Dans une lettre argumentative, inventer la réponse d'un amateur (au sens premier) montrant que cet assemblage d'éléments apparemment "hétéroclite" est profondément riche. Vous citerez au moins trois poèmes dont obligatoirement "Zone" et "Chanson du mal-aimé" (vous pouvez relever des images héritées du passé et glanées dans l'actualité puis analyser l'effet produit par ce mélange).



Donc voilà, je me permets de demander votre aide parce que là je suis plus ou moins perdu, je pense avoir en gros compris ce que veut dire Duhamel : il est vrai qu'Apollinaire dans ses poèmes reprend des légendes ou des mythes existant déjà et ne fait que les adapter, comme la Lorelei et le mythe de Narcisse. En revanche il m'est difficile de montrer que poèmes d'Apollinaire sont profondément riches puisque je ne vois pas moi-même cette richesse, pour ce qui est de "Zone" par exemple je ne peux pas dire pourquoi il est riche, étant donné que je peine à en comprendre sens.

Merci d'avance pour les pistes que vous me donnerez peut-être 🙂
Oh la la, j'ai exactement le même sujet pour lundi et je galère moi aussi. J'ai essayé quelques recherches sur internet mais y'a pas grand chose..
Pour "Zone", regardez
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/3440-apollinaire-zone.html

Je vous joins également quelques notes sur ce poème :

Comment Guillaume Apollinaire envisage-t-il la modernité?

Refus de l'art classique, rupture sauf à l'égard du catholicisme
une spiritualisation de la « vraie » vie (d'où le compliment à Pie X, la comparaison avec l'aviation qui élève, la première image qui est perçue depuis la hauteur, la Tour Eiffel, bergère qui évoque par association d'idées l'Eglise, - note d'ailleurs que ce mode de fonctionnement de la pensée qui court-circuite la logique, qui procède par discontinuité, est essentiellement moderne -)
éloge de la grande ville qui n'est plus grisaille mais couleur et bruit
mise en valeur d'objets ou de personnes que l'on ne considère pas comme poétiques habituellement (vers 12 poésie citée nommément à propos des prospectus) qui prennent parfois une allure paradoxale : « J'aime la grâce de cette rue industrielle » alors qu'Apollinaire vient de rapporter les agressions sonores et visuelles émises par le lieu.
notations prosaïques : citation du prix, noms de rue… jeu de mots (avenue des Ternes… qui ne le sont pas)
une mise en forme accordée à cette volonté de rupture : renouvellement des images par ex. 1er vers, refus de la ponctuation, groupement irrégulier en strophe, pas de rime, tout au plus des assonances, vers irréguliers…
Le fil conducteur est le désordre de la vie qui s'oppose au caractère figé de l'antiquité. Apollinaire revendique une esthétique de la surprise, il essaie de faire tomber les vieux clichés. Il utilise volontiers un art provocant.

Un plan possible :
1. Une modernité qui se définit en opposition au classicisme.
2. Une modernité qui se définit par une vision poétique de la vie ordinaire ou une modernité qui se définit par l'accession de la réalité prosaïque au statut d'objet poétique.
3. Une modernité qui se définit par un renouvellement de la forme ou un art provocant.
Bonjour,
J’ai une dissertation à faire en français et pour l’instant je n’ai que l’introduction qui ne me parait même pas correct donc j’aurais besoins d’aide ne serait-ce que pour faire le plan
Mon sujet est : votre lecture du recueil d’Apollinaire alcools vous permet-elle d’adhérer au jugement de George Duhamel qui critique l’ouvrage en l’assimilant à une boutique de brocanteurs et à un assemblage de faux tableaux, de vêtements exotique et rapiécer. Vous répondrez de façon organisée en vous appuyant sur vos référence
Je sais que ma réponse doit être de façon dialectique donc thèse antithese et synthèse, pour la thèse je me suis dit que je pourrai tout simplement mettre le sujet sous forme affirmative mais pour le reste je bloque totalement si vous pouviez m’aider assez rapidement s’il vous plaît je vous remercie d’avance si j’ai une réponse et si non eh bien tans pis pour moi je ferrai avec le peu que j’ai. Voilà ☺️
Bonsoir,

Voir la réponse 3 qui peut constituer un point de départ.
Ce fil peut être éclairant notamment le passage : "Organisation interne".

https://www.google.com/Apollinaire.htm

Remarquer aussi la variété de thèmes, de souvenirs, de fond, de forme.
Plus je me récite Apollinaire, moins cet effet de "brocante" et d'habit d'Arlequin me paraît prégnant. Certes le recueil rassemble des pièces diverses par le thème et l'époque, et il y a autant de tentatives pour déterminer une organisation interne que de critiques. Alcools n'est certes pas la Légende des Siècles.
Cet effet de kaléidoscope est aussi perceptible à l'échelle de certains poèmes comme "Zone", on l'a maintes fois fait remarquer, et on rapproche souvent du cubisme le mode de composition de l'auteur, non sans raison.
Mais personnellement, au travers même de l'hétérogénéité énonciative (je/tu), je perçois une unité qui est aux sources mêmes de la jubilation poétique. Il n'y a pas d'expression poétique sans une certaine cohérence du moi, sans une direction que ce moi poursuit sans cesse et vers laquelle il nous entraîne, même - et surtout au travers d'un chemin discontinu (car qui va droit est aveugle).
La Tout Eiffel, le "rue industrielle", les" hangars de Port-Aviation" ne sont pas que des images de la civilisation moderne dans laquelle le moi s'absorberait jusqu'à disparaître. Ce n'est pas le modernisme que cherche Apollinaire dans ces images, c'est la jeunesse, et c'est cet émerveillement face au spectacle du jeune monde qui m'émeut parce que je m'y retrouve. Dans maints poèmes, le passé côtoie le présent parce que de la mort naît la vie (Le Brasier), de la fin d'un amour naît l'amertume d'un monde perdu, mais aussi l'espérance d'en voir éclore un nouveau, et cela inlassablement. C'est pourquoi le "vague à l'âme" et l'élan du désir font si bon ménage dans le recueil.
Il n'y a que dans des poèmes de jeunesse (L'Ermite, Merlin) où l'érudition, trop voyante, fait parfois mauvais ménage avec la naissance de ce moi nouveau qui cherche sa voie (et sa voix).
https://www.maremurex.net/Alcools.html

Une charge en règle dans cet article, une liste de reproches, un jugement définitif

et pourtant ce qu'on apprécie justement chez Apollinaire, c'est ….
Bonjour,
J’ai une question qui peut sembler bête
Je voudrais savoir s'il y a un lien entre le lyrisme et l’esprit nouveau d’Apollinaire
Merci d’avance
https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Esprit_nouveau_et_les_po%C3%A8tes
C’est pourquoi le lyrisme n’est qu’un domaine de l’esprit nouveau dans la poésie d’aujourd’hui, qui se contente souvent de recherches, d’investigations, sans se préoccuper de leur donner de signification lyrique.