Bonjour,
Je suis en seconde et mon professeur de français m'a donné une question de Corpus a faire, je ne sais pas par où commencer et je suis perdue. Je possède 4 textes : "contes arabes" mémoire en archipel de Rabah Belamri en 1990, "La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion" Fables1,6 de La Fontaine en 1668, "Le loup et l'Agneu" fables livre 1,fable 10 de La Fontaine en 1668 et "Autorité politique"Encyclopédie, article de Diderot en 1751. La question est : Comment ces textes élaborent-ils une critique ?
Je pense avoir trouvé le point commun qui serait la loi du plus fort, la supériorité. Mais je ne sais pas comment le développer. Pouvez vous m'aider ?
Voici les textes :
Je suis en seconde et mon professeur de français m'a donné une question de Corpus a faire, je ne sais pas par où commencer et je suis perdue. Je possède 4 textes : "contes arabes" mémoire en archipel de Rabah Belamri en 1990, "La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion" Fables1,6 de La Fontaine en 1668, "Le loup et l'Agneu" fables livre 1,fable 10 de La Fontaine en 1668 et "Autorité politique"Encyclopédie, article de Diderot en 1751. La question est : Comment ces textes élaborent-ils une critique ?
Je pense avoir trouvé le point commun qui serait la loi du plus fort, la supériorité. Mais je ne sais pas comment le développer. Pouvez vous m'aider ?
Voici les textes :
— Raconte-nous l'histoire de l'éléphant du roi, mère !
— Mais vous la connaissez déjà.
— Ça ne fait rien. Raconte encore.
Et nous ne la laissions en paix que lorsqu'elle commençait à nous raconter l'histoire de l'éléphant du roi.
Il y avait un roi qui possédait un gros éléphant. Il l'aimait beaucoup et le laissait libre de ses mouvements. L'éléphant allait partout : traversant les champs et les jardins, causant sur son passage des dégâts considérables. La population se taisait, n'osant protester auprès du souverain par peur de le contrarier. Or, un jour, Jeha, qui venait d'assister au saccage de son champ de blé, son bien unique, dit à ses compatriotes :
— Mes frères, soyons courageux et allons voir le roi tous ensemble pour lui dire que son éléphant nous fait du mal. Il nous ruinera. Nous finirons par mourir de faim.
— Mais lequel d'entre nous sera assez fou pour s'adresser au roi ? dirent les gens, craintifs.
Jeha réfléchit un instant et déclara :
— Puisque vous avez peur, je parlerai le premier. Je dirai : Sire, sauf ton(1) respect, ton éléphant… et vous à l'unisson, vous poursuivrez : nous fait du mal. Ainsi personne ne sera mis à l'avant. Et si nous devions encourir la colère du roi, nous la subirions tous.
Quand le roi apparut sur son balcon et fit signe au peuple rassemblé à ses pieds de présenter ses doléances, Jeha prit la parole :
— Sire, sauf ton respect, ton éléphant…
Le peuple demeura muet, et la suite de la phrase ne vint pas.
— Qu'a-t-il donc, mon éléphant ? s'enquit le roi, les yeux posés sur Jeha.
Jeha ne perdit pas contenance.
— Sire, sauf ton respect, ton éléphant… reprit-il en se retournant vers ses compagnons qui, tête basse, semblaient avoir perdu l'usage de la parole.
— Parle donc Jeha ! Qu'as-tu à reprocher à mon éléphant ?
Jeha se gratta la tête, embarrassé, soupira avec découragement.
— Sire, sauf ton respect, ton éléphant…
Il attendit un moment. Le peuple refusait de parler. Le peuple avait peur de son roi.
— Alors Jeha veux-tu bien parler ! lança le roi avec impatience.
— Oui, Sire ! dit Jeha d'une voix raffermie. Nous sommes venus te dire que ton éléphant nous fait le plus grand bien. Nous l'aimons et nous souhaitons avoir d'autres éléphants pour lui tenir compagnie, une dizaine, Sire. Ça égayera notre pays et nos existences. Et tes sujets, Sire, sont disposés à participer à leur achat.
Rabah Belamri, Mémoire en archipel, 1990.
La Génisse, la Chèvre et la Brebis, en société avec le Lion
La Génisse, la Chèvre et leur sœur la Brebis,
Avec un fier Lion, Seigneur du voisinage,
Firent société(2), dit-on, au temps jadis,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans les lacs(3) de la Chèvre un Cerf se trouva pris.
Vers ses associés aussitôt elle envoie(4).
Eux venus, le Lion par ses ongles compta,
Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie. »
Puis en autant de parts le Cerf il dépeça ;
Prit pour lui la première en qualité de Sire :
« Elle doit être à moi, dit-il, et la raison,
C'est que je m'appelle Lion :
À cela l'on n'a rien à dire.
La seconde, par droit, me doit échoir(5) encor :
Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fort.
Comme le plus vaillant, je prétends la troisième(6).
Si quelqu'une de vous touche à la quatrième
Je l'étranglerai tout d'abord(7). »
La Fontaine, Fables, I, 6, 1668.
Le Loup et l'Agneau
La Raison du plus fort est toujours la meilleure
Nous l'allons montrer tout à l'heure(8).
Un Agneau se désaltérait
Dans le courant d'une onde pure.
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure
Et que la faim en ces lieux attirait.
« Qui te rend si hardi(9) de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage ;
Tu seras châtié de ta témérité(10).
Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'Elle considère
Que je me vas(11) désaltérant
Dans le courant
Plus de vingt pas(12) au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
—Tu la troubles, reprit cette bête cruelle ;
Et je sais que de moi tu médis(13) l'an passé.
— Comment l'aurais-je fait si(14) je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau ; je tète encor ma mère.
— Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
— Je n'en ai point. — C'est donc quelqu'un des tiens ;
— Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos bergers, et vos chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge. »
Là-dessus, au fond des forêts
Le Loup l'emporte, et puis le mange,
Sans autre forme de procès.
La Fontaine, Fables, I, 10, 1668.
Article « Autorité politique »
Aucun homme n'a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d'en jouir aussitôt qu'il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c'est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle a ses bornes ; et dans l'état de nature elle finirait aussitôt que les enfants seraient en âge de se conduire. Toute autre autorité vient d'une autre origine que la nature. Qu'on examine bien et on la fera toujours remonter à l'une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s'en est emparé ; ou le consentement de ceux qui s'y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré(15) l'autorité.
La puissance qui s'acquiert par la violence n'est qu'une usurpation(16) et ne dure qu'autant que la force de celui qui commande l'emporte sur celle de ceux qui obéissent ; en sorte que si ces derniers deviennent à leur tour les plus forts, et qu'ils secouent le joug(17), ils le font avec autant de droit et de justice que l'autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l'autorité la défait alors : c'est la loi du plus fort.
Diderot, Encyclopédie, 1751-1772.



