Prévert, Familiale

Entraide scolaire

14 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père ?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu'est-ce qu'il trouve le fils ?
Il ne trouve rien absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça naturel le père et la mère
La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.
Bonjour tout le monde , je vous expose mon problème
je dois faire un plan de commentaire sur ce texte comprenant 1 intro 1 conclusion ainsi que 2Theses comprenant chacune 2 arguments( avec exemple explications)

Mon problème? je n'arrive tout simplement pas à sortir quelque chose de ce texte me permettant de réaliser mes theses ,arguments …

Tous ce que j'ai pu trouver jusqu'a maintenant :

Attaque de la bourgeoisie = texte engagé
Opposition entre le titre et le contenu du texte (car vu le titre on s'attendait à quelque chose de plus "gai")
Monotonie de la vie de famille , une guerre rendue banale , et des parents qui n'ont qu'une "obsession" l'argent"
Famille toujours séparée car le fils fait la guerre ,le père des affaire et la mère fait du tricot . La Famille n'est réuni qu'au cimetière

Voila tout ce que j'ai reussi à sortir de ce texte. Merci d'avance .
Oui, tu as bien vu que c'est un texte satirique.
Prévert dénonce ce monde vide qui tourne en rond, un monde où les individus restent seuls avec leur idée fixe.
Examine ce qui est caricaturé et comment : répétitions, importance du verbe faire, termes banals, absence de sentiments…
d'accord merci je vais regarder ça tout de suite

"Faire des affaires" ==> milieu de finances, de commerce, père bourgeois, milieu social élevé.
"Faire du tricot" ==> activité machinale type. Typique de la mère au foyer = bourgeois.
1 fils unique qui héritera des affaires du père ==> typiquement bourgeois.

chaque membre est isolé, chacun est présenté dans son activité. Le seul lieu ou ils sont tous réuni c'est au cimetière.
Famille sans amour où chacun est enfermé dans ses occupations .

La mort du fils ne choque pas la famille , se qui montre une famille sans amour , aucune émotion n'est exprimé
Guerre banalisé , qui rentre dans la routine v 21 22 23 tout est au même niveau, tout peut s'intervertir.
Absence de ponctuation: aucune mise en valeur, tout est à plat

Présence d'humour noir au v 18 "le fils est tué il ne continue plus " (plus de vivre)

Simplicité du poème : absence d’adjectif qualificatif temps présent pour marquer l'habitude , pas de connecteur sauf v14 donc pas d’évolution

Satire sociale condamnation des mentalité bourgeoise de l'époque , préjugés , raisonnement étroit = ouverture d'esprit restreintes avec les répétions

Voila tout ce que j'ai pu trouver mais je ne pense malheureusement pas que cela va me permettre de faire 2 theses avec 2 argument explication exemples dans chacunes
"Faire des affaires" ==> milieu de finances, de commerce, père bourgeois, milieu social élevé.
… et si le père était marchand d'armes ? Cela expliquerait qu'il tienne à la guerre, une bonne affaire pour lui.
oui mais ça on ne le sait pas
En période de guerre il est vrai que "faire des affaires" peut être suspect, même sans être marchand d'armes : dans le film M. Batignol, Gérard Jugnot qui est charcutier voit son commerce prospérer car il devient le traiteur officiel des allemands. On peut penser aussi au marché noir par exemple.
Tu peux voir aussi le poème de Boris Vian "A tous les enfants", dans lequel il oppose les jeunes soldats, "enfants de la patrie" qui sont sur le front, et les hommes d'affaires, politiques, etc. qui s'enrichissent grâce à la guerre bien au chaud dans leur bureau.
Il me semble, même sans affirmer que le père serait marchand d'armes, que Prévert dénonce clairement l'attitude d'une partie du peuple pendant les guerres : certains en profitent pour s'enrichir, d'autres sont indifférents comme la mère qui tricote.
Tu remarqueras aussi qu'à la fin les affaires l'emportent sur toutes les autres activités "les affaires les affaires les affaires", en opposition avec le dernier vers qui forme une sorte de chute.

Tu as l'essentiel, pour avoir un devoir complet il faut maintenant rentrer dans les détails : les rythmes, les sons, les rimes, les images, les figures de style, etc. qui communiquent tout cela.
Intéresse-toi entre autres à la simplicité du vocabulaire (comme si tout cela était tout naturel), aux répétitions (sorte de fatalisme, habitudes ancrées, banalité), aux questions. Avec tout cela tu pourras illustrer les pistes que tu as données.
Une femme qui fait du tricot cela ne fait guère penser à un milieu social élevé. Le tricot est utilitaire.
On n'exprime pas trop les sentiments non plus à cette époque là mais on se rend au cimetière. Même pendant la guerre il faut aussi travailler pour vivre.
Une femme qui fait du tricot cela ne fait guère penser à un milieu social élevé. Le tricot est utilitaire.
C'est de l'ouvrage de dames, pour occuper les doigts des oisives.
Sans oublier les bonnes oeuvres : on tricote pour les pauvres. Comme le chante Jacques Brel :
Pour faire une bonne dame patronesse,
Mesdames, tricotez tout couleur caca d'oie,
Pour le dimanche à la grand-messe,
Reconnaitre ses pauvres à soi…
Il n'y a pas que des oisives et des pauvres. A cette époque-là il y a dans les 70 % de femmes au foyer. Les femmes au foyer tricotent pour leur famille.
En tout cas, la guerre ne trouble pas le traintrain du tricotage de madame…
C'est ce qu'il faut retenir avant tout.
Le quotidien non perturbé.


Un peu comme dans ce couplet de Trenet - moins pamphlétaire évidemment - évoquant la tranquille immuabilité des rituels journaliers :

C´est l´heure du potage
Les enfants sages
En mangent à satiété
Des assiettées
C´est l´heure des familles
Et des charmilles
C´est l´heure du fricot
Et du tricot
Et tout ça je le sais
Dure depuis longtemps
Depuis tant tant d´étés
Depuis tant de printemps
Que jamais rien n´y change
Bonsoir bel ange
Bonsoir fille du facteur
Bonsoir mon cœur
Portia a écrit :Il n'y a pas que des oisives et des pauvres. A cette époque-là il y a dans les 70 % de femmes au foyer. Les femmes au foyer tricotent pour leur famille.
Exactement, et dans toutes les classes sociales. Loin de dire que :
Une femme qui fait du tricot cela ne fait guère penser à un milieu social élevé.
il faut remarquer que dans les romans d'Irène Némirovski, contemporains de Prévert, les dames de la bourgeoisie tricotent, elles aussi !
Est-ce que quelqu'un pourrait me décrire le rythme de ce poème? Aussi, comment est-ce que le rythme nous aide à comprendre le poème?
Le poème est rythmé par des reprises de mots, de sonorités et de structure.
Tu peux lire le message n°6 d'Ammy, plus haut dans cette discussion.