Interprète français / anglais / allemand et coréen ou japonais

La filière littéraire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Je m'apprête à m'engager dans des études linguistiques et j'aurais voulu avoir des avis extérieures et expérimentés. Si vous avez un peu de temps, permettez-moi de vous présenter mon quasi-projet interprète français/anglais/allemand et coréen ou japonais.

Ce que j'ai déjà fait : Suite à un bac S, je me suis inscrite dans une hypokhâgne car je ne savais pas du tout quoi faire. En allant en prépa, je m'attendais à passer une ou deux années productives, de tronc commun et me laissant le temps de chercher une voie qui me plaisait. Mauvaise nouvelle, la seule chose que la prépa a produit sur moi est un dégoût viscérale de certaines matières. Bonne nouvelle, je pense avoir mis le doigt sur une voie qui m'intéresse grandement et pour laquelle je suis prête à m'investir.

Ce que je voudrais faire : Je n'ai pas d'envie très précise mais j'aimerais me diriger vers la traduction et/ou l'interprétariat. Impossible encore pour moi de dire si je préfère me tourner vers le tourisme, la traduction littéraire, commerciale, diplomatique, etc. En revanche j'aimerais finir d'apprendre l'anglais et l'allemand puis me lancer dans l'apprentissage du japonais et/ou du coréen, celles-ci étant deux langues qui me plaisent par leur sonorité et les cultures qui s'y rattachent (et non, je ne parle pas de la K-pop et des mangas). Ecoutant des films japonais en vostfr depuis l'âge de 9-10 ans, j'ai "la langue dans l'oreille". Mais j'ignore ce qui serait stratégiquement, le meilleur choix à faire.

Ce que je pense faire : M'inscrire dès l'an prochain en LEA anglais/allemand, je ne me suis pas encore décidée où. S'il me reste du temps, commencer (sérieusement) le coréen ou le japonais. Suite à ces trois ans, prendre une ou deux années pour faire un ou deux PVT (https://pvtistes.net/le-pvt/ Programme Vacance Travail) en Corée et/ou au Japon. Après ces 4 ou 5 ans, j'espère avoir acquis une maîtrise suffisantes de ces diverses langues pour me lancer dans un master traduction/interprétariat, ou à l'ESIT/ISIT, ou dans une filière dont j'ignore encore peut-être l'existence.

Bref, j'aimerais bien gagner ma vie en usant de ces langues mais j'aimerais être sûre de trouver un emploie et être à l'abri des inquiétudes financières. Pensez-vous que mon projet est raisonnable ? Avez-vous des conseils ou des mises en garde à me donner ? L'année étant plus qu'avancée, je dois procéder aux administratouilleries le plus vite possible, vos réponses me rasséréneraient.

Merci d'avance,

Suicune.

PS : Pour ceux qui se poseraient la question, je suis bien allée voir une conseillère d'orientation au CIO de ma ville et j'ai bouquiné "Les métiers des langues".
Simplement, tu penses travailler par toi-même le japonais et le coréen ?
Non, une association de ma ville propose des cours d'initiation au coréen. Sinon il existe dans ma région pas mal de fac dotées d'options ou de cours du soir dans ces langues-là. D'où mon hésitation sur la fac pour ma LEA, y en aurait-il une qui propose une LEA billingue avec une troisième langue en option ?
Enfin lors des PVT, de nombreux PVTistes prennent des cours dans leur pays d'accueil. L'auto-didacte ça va si on veut naviguer sur place mais moi j'aimerais vraiment maîtriser la langue pour m'en servir dans mon métier.

Merci pour ta réponse 🙂
Je pense en effet qu'il vaut mieux passer par une structure (peut-être devrais-tu regarder l'INALCO, si c'est compatible avec ton lieu de vie et tes horaires… Enfin, peut-être est-ce trop lourd comme formation, je ne sais pas).

Cela dit, je pense que peu de gens ici pourront te donner de véritables renseignements ici. Regarde les sujets qui portent sur ces points et contactent les gens qui étaient informés par message privé, autrement, ton sujet risque de s'enliser sans trouver la réponse qu'il faudrait…
Oui, il y a déjà beaucoup de fils de discussion sur la traduction et l'interprétation.

Concernant l'interprétation, un membre du forum a récemment posté un récapitulatif très complet et très juste ici :
https://www.etudes-litteraires.com/299121.html#p299121

Personnellement (je suis traductrice, pas interprète), cela me semble un peu ambitieux de vouloir commencer et le coréen et le japonais parallèlement à vos études en vue d'en faire des langues de travail en interprétation. Se cantonner à l'un des deux serait sans doute plus réaliste… N'oubliez pas de plus que chacune de vos langues étrangères, si vous voulez en faire des langues de travail en interprétation, nécessitera un séjour de longue durée dans un pays où l'on parle la langue en question (donc non seulement le japonais et le coréen, mais aussi l'anglais et l'allemand). Ainsi, lorsque l'on lit les conditions d'admission à l'ESIT :
séjour d'au moins 12 mois consécutifs dans un pays de la langue B ;
séjour de 6 mois consécutifs dans un pays de chaque langue C fortement conseillé.
Attention : pour les candidats avec trois langues C, un séjour de 12 mois est obligatoire dans le pays de l'une ou plusieurs des langues C.
Disons qu'à force, ça allonge beaucoup les études… 🆒
Bonjour !
Désolée pour le retard de réponse, je surveillais ma boite mail mais elle ne m'a prévenu que du premier message. Merci beaucoup pour vos réponses. J'avais fait quelques recherches préalables mais le message de Guillaumimoso m'avait échappé. Je vais aller le lire attentivement
Le coréen et le japonais m'intéresse tout deux, j'avais envisagé de faire une LEA anglais/allemand sur Orléans mais je trouvais dommage d'abandonner l'allemand puisque c'est ma LV1 depuis la sixième. En regardant les programmes scolaires des coréens, j'ai vu qu'ils apprenaient beaucoup l'anglais et le japonais, je pourrais toujours m'y rendre pour des vacances et me concentrer sur le japonais. Les études longues ne me font pas peur, c'est des études risquant de ne déboucher sur rien qui m'apeurent un peu.
Quand je consulte les taux d'insertion professionnel, je reçois des réponses assez contradictoires selon les sites ou les magazines. Visiblement tout le monde s'accorde à dire que la traduction littéraire est bouchée (c'est pas ce qui m'intéresse le plus donc ça me va). Pensez-vous que pour quelqu'un qui maîtrise 3 ou 4 langues, il y aura toujours des postes à pourvoir ? Voyager ou séjourner à l'étranger ne me dérangeant pas.
Pensez-vous que pour quelqu'un qui maîtrise 3 ou 4 langues, il y aura toujours des postes à pourvoir ?
Il ne faut pas réfléchir en termes de postes, dans la mesure où la traduction et de l'interprétation sont dans la très grande majorité des cas des métiers que l'on exerce en indépendant (freelance), c'est-à-dire en étant à son compte, en faisant de la prospection pour se créer (et conserver) une clientèle, en étant une petite entreprise à soi tout seul, en somme (il faut aussi tenir compte de ce facteur quand on envisage de se lancer dans ces métiers). Les postes de fonctionnaire international à l'ONU ou à l'UE ne courent pas les rues et sont très demandés (ni le japonais ni le coréen, du reste, ne font partie des langues officielles de ces organisations).

Côté insertion professionnelle, la traduction littéraire et la traduction audiovisuelle sont effectivement assez bouchées actuellement ; la traduction dite technique (ou "pragmatique") se porte un peu mieux (mais mieux vaut avoir une spécialisation à pouvoir exploiter si on veut espérer en vivre correctement, car la sous-traitance dans les pays à bas coûts fait des ravages) et l'interprétation reste un secteur ultra sélectif. Je cite toujours cet exemple, mais il est parlant : quand j'ai fait mes études en école de traduction et d'interprétation (il y a dix ans), il y avait une quarantaine d'étudiants dans la promo de traduction technique/généraliste, 10 en traduction audiovisuelle, 2 en interprétation. Ça vous donne une idée. Bien sûr, une langue dite "rare" permet d'accéder à un marché de niche potentiellement plus intéressant que celui de la traduction ou l'interprétation depuis l'anglais vers le français, par exemple ; cela dit, le principe du marché de niche, c'est qu'il est de petite taille, ce qui limite aussi le nombre de professionnels qui peuvent vivrent dessus 🆒
Oui, je me souviens avoir lu ton exemple dans un autre poste. 🙂

Pourtant on voit de la traduction partout : documentaires, séries et dessins animés, tourisme ludique ou d'affaire, presse, sport,… Tous ces domaines emploient des traducteurs indépendants ? Une entreprise qui a des filières dans différents pays, qui s'occupe de la communication, des traducteurs indépendants aussi ?
On m'a dit que maîtriser plusieurs langues étaient un atout, dans quels domaines cela pourrait-il servir alors ?
Suicune a écrit :Oui, je me souviens avoir lu ton exemple dans un autre poste. 🙂

Pourtant on voit de la traduction partout : documentaires, séries et dessins animés, tourisme ludique ou d'affaire, presse, sport,… Tous ces domaines emploient des traducteurs indépendants ? Une entreprise qui a des filières dans différents pays, qui s'occupe de la communication, des traducteurs indépendants aussi ?
On m'a dit que maîtriser plusieurs langues étaient un atout, dans quels domaines cela pourrait-il servir alors ?
Côté documentaires, séries, dessins animés : oui, ce sont des indépendants.

Tourisme ludique : vous parlez des parcs de loisirs ? Là, ce n'est plus de la traduction ou de l'interprétation… Ça s'apparente plus à de l'animation multilingue ou au métier de guide touristique, c'est un peu différent.
Une entreprise qui a des filières dans différents pays, qui s'occupe de la communication, des traducteurs indépendants aussi ?
Bien souvent, oui. Un traducteur salarié, c'est une contrainte, surtout si on n'a pas besoin de lui tout le temps : en période creuse, on le paierait à ne rien faire et en période chargée, un seul ne suffirait pas. C'est plus simple de sous-traiter à des agences ou à des indépendants. Il existe bien sûr des boîtes qui ont des traducteurs internes en CDI, souvent de grands groupes (types industrie pharmaceutique, aéronautique, etc.) parce qu'elles ont des besoins constants et qu'elles veulent pouvoir compter sur des traducteurs spécialisés et rompus à la terminologie maison, ou des entreprises de plus petite taille mais hyper spécialisées et très actives dans l'export ou l'import, qui ont donc aussi besoin d'avoir un traducteur permanent ; mais c'est loin d'être la majorité.

Un exemple : j'ai travaillé plusieurs années en free-lance pour un constructeur automobile allemand qui est bien sûr largement implanté en France. Toutes les traductions destinées au marché français (brochures, manuels techniques, opérations marketing, site) étaient faites par des traducteurs free-lances (nous devions être une bonne vingtaine), trois salariés "administratifs" plus que linguistes coordonnant les tâches au siège du constructeur en Allemagne. C'est très courant, comme situation.

Et la même chose vaut aussi bien sûr pour un interprète dont l'entreprise ne va avoir besoin que quelques demi-journées par mois pour des réunions ponctuelles.

Edit : pour résumer, je ne dis pas bien sûr qu'il n'existe pas de postes salariés d'interprète ou de traducteur (j'en occupe un depuis un an après 9 ans d'exercice en indépendante 🙂, ce serait donc vraiment de la mauvaise foi de ma part) ; mais si vous vous destinez à l'un de ces métiers, sachez que la grande majorité des traducteurs et interprètes exercent en indépendant, et que c'est donc une éventualité à envisager très sérieusement et à prendre en compte dans vos projets. 🆒
Merci beaucoup pour ces informations. En effet j'étais partie dans l'idée que les salariés étaient autant voire plus que les indépendants. Travailler en indépendant ne me dérange pas mais lorsque vous travailliez en indépendant, aviez-vous parfois du mal à trouver des projets ? Aviez-vous parfois des périodes de chômage technique ?
Oui, c'est un peu le principe : on alterne entre périodes chargées/nuits blanches/pas de week-ends et longues périodes de creux 🙂 C'est un équilibre à trouver, comme dans tous les métiers exercés en indépendant.

Honnêtement, je ne connais pas suffisamment le marché indépendant de l'interprétation, je ne saurais pas vous dire comment on atteint cet équilibre ni en combien de temps. En traduction indépendante, il faut compter un à deux ans pour se constituer une clientèle qui permet d'en vivre ; et il faut être prêt à repartir périodiquement en quête de nouveaux clients et à prospecter régulièrement, rien n'est jamais acquis.
Et une fois qu'on s'est constitué sa clientèle, dans la traduction indépendante, avec une vitesse de travail honnête, on a encore du temps pour ses proches ou on est marié à son métiers ? Qu'est-ce qui vous a poussé à opté pour un statut de salarié ? (si ce n'est pas indiscret bien sûr)
Suicune a écrit :Et une fois qu'on s'est constitué sa clientèle, dans la traduction indépendante, avec une vitesse de travail honnête, on a encore du temps pour ses proches ou on est marié à son métiers ?
Ça dépend beaucoup des tempéraments et des situations : si on est naturellement organisé et qu'on vit avec quelqu'un qui a des horaires de bureau (a fortiori si on a des enfants), on arrive à équilibrer les choses. Si on est complètement désorganisé et qu'on vit seul, on a moins de raisons immédiates de faire attention à ce genre de choses. Entre ces deux extrêmes, il y a toutes les nuances possibles, évidemment. Mais c'est sûr qu'il ne faut pas s'attendre à travailler "du lundi au vendredi de 9h à 18h", surtout les premières années.
Qu'est-ce qui vous a poussé à opté pour un statut de salarié ? (si ce n'est pas indiscret bien sûr)
J'ai tenté pour voir comment ça se passait un concours pour un poste dans une institution européenne, et ça a marché. Alors j'y suis allée, toujours pour voir comment ça se passait.