Étude d’une section d’un recueil de poèmes

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

je fais appel à votre aide car j'ai des difficultés à mettre au point l'analyse d'une section d'un recueil de poèmes.
Je suis en licence 2 de Lettres Modernes. Voilà plus d'un mois que je travaille sur la section en question, j'ai beaucoup d'éléments, d'idées, mais je n'arrive pas à organiser tout ça.
C'est une section de cinq poèmes, ce n'est pas énorme, mais après avoir fait des analyses individuelles, je me retrouve avec une masse d'idées que je n'arrive pas à organiser. Ce que mon prof attend n'est pas la réunion superficielle de cinq commentaires de texte, mais bien l'analyse d'une section.
J'ai repéré des relations, des réseaux etc. mais comment les organiser ?
Je n'ai pas de forme à respecter, mon prof nous laisse faire une sorte de "dissertation libre", d'environ 6 pages.
J'ai des grandes parties : la versification, la phrase, la question politique, l'allégorie, la solitude, la violence etc. mais ça me gêne de tout cloisonner comme ça. J'ai l'impression de faire du fond/forme, et de ne mener aucun raisonnement progressif. Nous devons également dire la fonction de la section dans l'ouvrage entier, son rôle. Mon interprétation fait cruellement défaut, je sens que quelque chose m'échappe. Je décris, mais je ne dégage pas un sens.

Enfin voilà, c'est la première fois que je fais ça et je suis vraiment perdue. Si vous avez des conseils de méthode, la façon d'articuler toutes mes observations, ça m'aiderait beaucoup.
Je précise que je dois rendre mon travail mercredi.
Merci de votre aide !
Quelle est l'oeuvre ? la section ?
Ne serait-il pas pertinent de voir ce qui la relie à l'ensemble, en quoi elle s'inscrit dans un tout cohérent, sa place dans ce tout (d'un point de vue formel et thématique), puis ce qui fait sa spécificité.
Si, bien sûr Ammy. Mais je dois surtout regarder la cohérence des poèmes eux-mêmes dans la section, pourquoi ils ont été placés dedans, le rapport avec le titre.
Tu proposes donc de développer une étude thématique et formelle. Je trouve l'étude thématique limitée. Quand j'ai essayé d'organiser des parties en thème, je trouve que ça fait catalogue, qu'il n'y a pas de progression. Peut-être que c'est moi qui m'y prends mal. De la même manière, est-ce que faire une partie formelle ne revient pas à faire quelque chose comme forme/fond (avec les thématiques) ?
Je ne sais pas si l'étude thématique est limitée, tu parlais de la violence, la politique, etc. donc il me semblait qu'il y avait matière, mais je ne sais pas de quel recueil il s'agit. Effectivement ça peut faire catalogue. Pour trouver le plan il faudrait peut-être que tu détermines d'abord exactement tout ce que tu as à dire sur cette section pour ensuite voir les organisations possibles. De l'extérieur, sans avoir travaillé dessus, il est difficile de donner des pistes. Où alors tu fais une partie sur ce qui fait l'unité de cette section, en mêlant fond et forme, puis une partie sur la façon dont elle trouve sa place dans le recueil. Je ne sais pas, ce sont vraiment des pistes très vagues…
En fait j'ai repéré des thèmes qui traversent plus ou moins les poèmes de la section. Mais il manque l'interprétation de ces thèmes. Il y a de la violence (entre autres), mais il faut que j'en dise quelque chose, pas juste constater.
Y'a pas de mystère, je vais encore devoir plancher ! Mais c'est surtout très fastidieux de faire un compte-rendu de mes idées, car en relisant mes feuilles, j'en ai d'autres qui viennent, et puis tout se croise, tout est embrouillé, fouillis …
De ce que le prof a dit, je ne crois pas que la fonction de la section au sein du recueil soit la question la plus importante. Peut-être pourrais-je en parler en introduction et en conclusion.
Mais je suis vraiment bloquée pour l'interprétation, j'ai l'impression de devoir faire un commentaire géant.

Merci de ton aide.
[ Nous devons également dire la fonction de la section dans l'ouvrage entier, son rôle.

C'est toi qui disais ça en fait, d'où mon idée.
Et en faisant une recherche sur l'auteur, ou en lisant d'autres analyses de ses oeuvres ? Pourquoi n'indiques-tu pas le recueil ? Des personnes comme Jean-Luc pourraient peut-être t'éclairer
Oui oui mais je veux dire que ce n'est pas l'aspect principal sur lequel notre analyse doit se porter.
Ben … en fait je n'ai pas envie qu'on me donne des idées, parce que je veux que le travail que je rendrai au prof soit entièrement de moi. J'ai envie de trouver les idées moi-même, grâce à ma réflexion, et ne pas être influencée par quelqu'un, un critique.

Merci de vouloir m'aider, au départ je suis venue car je pensais qu'il existait une méthode, de la même manière que pour les commentaires ou les dissertations, mais apparemment pas ! :/

Je pense que je n'ai plus qu'à retourner à mes feuilles, à mes poèmes, réfléchir, relire mes cours, et trouver une piste.
Si ça vous intéresse je vous ferai part de mon plan final, et on pourra en discuter ! 🙂

A bientôt.
Peut-être que certains ont déjà fait ça. J'avoue que sur une section de recueil je n'ai pas d'idée. :/
En revanche si je peux te donner un avis : il est très louable de ta part de vouloir trouver par toi-même. Mais s'il s'agit d'un auteur connu, avoir des pistes pour mieux le comprendre, se documenter en lisant les spécialistes, c'est un peu une nécessité et il n'y a pas de honte. Pour faire une dissertation en général c'est ce qu'on fait à un moment du travail, même si ensuite on fait son propre devoir. Il n'est bien sûr pas question de se contenter de répéter ce que tu as lu, mais ça peut ouvrir des perspectives.
Bonne chance en tout cas, et oui je veux bien des nouvelles de ton travail ensuite !
Bonjour,

j'ai donc fini l'étude de ma section, qui portait sur les "Eaux-fortes" des Poèmes saturniens de Verlaine. J'ai fait un plan en catastrophe hier soir, et je sens bien qu'il a des lacunes. J'ai essayé de faire un plan en trois parties comme pour une dissertation, mais j'ai vite été bloquée, puis je me suis rendu compte que le prof n'attendait pas une dissertation. Voici donc mon plan :

1) l'ekphrasis = représentation verbale d'un objet artistique (explication des titres, déplacement du regard, palette de couleurs, luminosité, formes géométriques, indication des nombres) -> exercice scolaire après "Angoisse" où le poète prend un tournant opposé à la mélancolie, il évacue l'amour MAIS

2) l'eau-forte = technique de peinture spontanée, personnelle -> son pessimisme refait surface. écho "affreux naufrages" de "Angoisse" : vision horrifique du monde ("Cauchemar", cadavres dévorés) + violence (ville, nature, animaux, hommes)

3) poète tenté de s'isoler, se marginaliser (solitude "Croquis parisien", vagabonds "Grotesques") -> écho du "Prologue", question de la fonction du poète (Hugo VS Leconte de Lisle). Réponse de Verlaine du côté de l'engagement politique, avec allusions. Allégories du gouvernement répressif (cavalier + gibet, pertuisaniers), allégories de la révolte (tempête de "Marine"). Elévation des victimes au rang de martyrs (allusion Passion du Christ "Effet de nuit") [oublié de parler de la vision apocalyptique avec le cavalier noir]

4) cavalier + tempête écho au "Prologue", manifeste esthétique [mal à l'aise car part d'ironie de ce manifeste, difficile de désembrouiller tout ça]. Texte doit tenir en bride l'action, la matière littéraire ("Marine" : tempête contenue dans pentasyllabes)

5) si thème tenu en bride, pas la phrase, décousue ("Cauchemar"), nominale ("Effet de nuit" + sorte d'erreur grammaticale au dernier vers avec le verbe "luisent" qui rompt la nominalisation mais effet bizarre), allitérations-assonances lecture vertigineuse ("Cauchemar" S5 allitération en [f])

Conclusion : "Eaux-fortes" coincée entre "Melancholia" et "Paysages tristes" = pause du saturnien dans l'expression de sa mélancolie. Mais échec pour refouler son pessimisme. Malédiction finale de "Grotesques" contre les figures du poète peuvent lui jeter le trouble et le faire s'interroger sur lui-même. Etape vers la guérison de "Epilogue" ?


Voilà. Qu'en pensez-vous ?

Ce qui m'a gênée et me gêne toujours c'est l'ambiguïté des textes, surtout "Grotesques". C'est la malédiction de quelqu'un qui prend la parole contre les vagabonds, qui représentent les poètes (parallèle "Prologue" évident). Mais on décèle des modalisateurs ambigus, comme "en effet", "fastidieux", "donc, allez", les strophes "c'est que / c'est que / c'est enfin que" peu subtiles, opinion commune, superstition "ils ont l'air" … J'arrive même pas à expliquer ce qui me gêne ! Difficile de situer la parole de Verlaine dans tout ça.
Tu devrais regarder cet article de Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Po%C3%A8mes_saturniens.
Il est clair que Verlaine veut imiter Baudelaire mais avec sa touche personnelle.
Grotesques est un genre, regarde https://www.cnrtl.fr/lexicographie/grotesque. On les trouve par exemple dans la faïence de Moustiers.
Il est probable que Verlaine y fasse de l'autodérision. Il se moque de sa propre laideur faunesque. C'est une piste de lecture.