La mort d’un héros révèle une vision particulière du monde

Entraide scolaire

11 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
Je suis en 1ère S et otre professeur nous a donné une dissertation à faire pour la rentrée des classes.
Voici le sujet : "La mort d'un héros révèle une vision particulière du monde"
( Je précise qu'on est dans le genre romanesque )
Je ne vois pas vraiment de lien entre la mort d'un héros et la vision particulière du monde mais j'ai quand même essayé de trouver quelques idées

mort de Roméo et Juliette => la mort permet la réconciliation des 2 familles
mort de Tristan et Yseult => mort à cause de la jalousie

Mais qu'attend-on de moi ( je n'ai jamais fais de dissertation ) : il faut trouver les conséquences de la mort du héros, les causes ? Il faut dire comment l'auteur voit le monde ?
J'ai lu la méthode de la dissertation mais ce sujet là je ne vois vraiment pas comment l'exploiter … 😞
Ce sujet t'invite à examiner comment la mort est exploitée dans le récit.
Elle est une fin possible pour le récit, mais pas toujours. Par exemple la mort du Père Grandet ne clôt pas le roman de Balzac. Il s'agit donc d'abord de regarder son utilisation dramatique (en vue de l'action). Quels effets en tire l'auteur ?
Bien entendu l'auteur y fait passer aussi ses propres attitudes à l'égard de la mort : peur, conception religieuse ou philosophique, conception tragique, désespoir…
Enfin la mort est aussi un rite social. Elle est honorable ou infamante, elle donne lieu à des querelles d'héritage ou à un hommage, elle manifeste les sentiments de l'entourage, les valeurs de la société, il ne faut pas oublier d'aborder l'épineuse question de la peine capitale…
Attention à Roméo et Juliette, ce n'est pas un roman 🙂
La première chose à laquelle j'ai pensé - "Consolation de philosophie" de Boèce qui était écrite avant sa mort et dont il était conscient… mais aïe…. je viens de remarquer que ça doit être le genre romanesque… hmmm… Peut-être "L'étranger" de Camus?
Merci bien pour vos réponses et vos conseils, je vais utiliser le plan de Jean-Luc et je vous donnerai mes idées développées dans quelques jours 🙂

J'arrive pas à développer le plan de J-L donc j'en ai fait un autre mais je sais pas s'il convient :

Axe 1 : Attitudes de l’auteur au travers de son héros

1) face au monde : la peste, les misérables, la condition humaine

2) face à la mort :

Axe 2 : La mort

1) honorable : sur le champ de bataille -> l'Iliade

2) infamante : suicides La Condition Humaine, madame Bovary, Nana

Voilà, est-ce-que ce serait bon ou pas ?
Mieux vaudrait avoir lu les romans dont on parle !
2) infamante : suicides La Condition Humaine, madame Bovary, Nana
Dans la Condition humaine, Kyo se suicide pour ne pas être brûlé vif, cela n'a rien d'infamant.
Nana ne se suicide pas, elle meurt de la variole, un choix symbolique, car cette maladie vous fait pourrir vivant.
Effectivement … Mais que pourrais-je mettre dans " la mort infamante " alors ?
Je pense intégrer la notion de héros / anti-héros dans le deuxième axe également
La mort infamante ? qui vous a mis cette expression en tête ?
La seule mort infamante, c'est l'exécution capitale, ou le suicide lamentable de Lucien de Rubempré, qui se pend dans sa prison.

Mais je m'arrête : à quoi bon vous donner des exemples de romans que vous n'avez pas lus.
Cherchez dans ceux que vous avez lus.
Jean-luc a répondu avant toi et ça m'a donné des idées alors bon…. 😀
Sinon, est-ce-que ça convient pour le début de mon deuxième axe ça ?
"C’est souvent une mort honorable quand nous sommes en présence d’un héros positif, nous retiendrons ainsi la mort de Petrocle sur le champ de bataille après avoir sauvé l’armée grecque d’un désastre dans L’Iliade d’Homère. Mais le suicide peut aussi être considéré comme mort honorable dans certaines circonstances, en se donnant la mort dans La Condition Humaine, Kyo permet d’abréger ses souffrances au plus vite …. "
La mort de Kyo n'est ni honorable, ni infamante, elle est destinée à jeter l'opprobre sur la cruauté des nationalistes.
Si tu veux parler de mort infamante sur le principe, tu peux regarder celle d'Emma Bovary, ou de Julien Sorel, ou de Meursault ou du Dernier jour d'un condamné… avec à chaque fois des visées particulières et différentes.
Quand je disais qu'il valait mieux lire les ouvrages dont on parle :
Nous retiendrons ainsi la mort de Petrocle sur le champ de bataille après avoir sauvé l’armée grecque d’un désastre dans L’Iliade d’Homère.
(Le héros se nomme PAtrocle, mais c'est sans doute une faute de frappe).

Patrocle ne sauve l'armée grecque d'aucun désastre, tout au contraire ! C'est sa mort qui est le désastre : Hector s'empare de l'armure d'Achille, et les Grecs se replient en désordre.
Patrocle est mort de la mort du guerrier, la mort glorieuse, mais une mort non seulement inutile, dans la circonstance, mais nuisible.
(Certes, pour ce qui est la structure du récit, c'est cette mort qui décide Achille à reprendre le combat et à venger son ami en tuant Hector, elle est donc indispensable à l'économie du récit.)
Et à propos de mort infamante, si la mort d'Hector est une mort noble et courageuse, elle est suivie d'une profanation. Achille attache le cadavre nu à son char et fait plusieurs fois le tour de Troie en le trainant dans la poussière. C'est lié un fait culturel : pour les Grecs, si un cadavre demeurait sans sépulture, le mort ne connaissait pas le repos. On poursuivait donc une vengeance ou un châtiment au-delà de la mort. C'est toute l'histoire d'Antigone, qui brave l'interdit pour assurer la sépulture de son frère. (Mais Antigone n'est pas un personnage de roman, mais de tragédie, donc elle n'entre pas dans les exemples de votre dissertation.) Ainsi, la mort courageuse d'Hector devient une mort infamante, tandis qu'Achille, à nos yeux de modernes du moins, tombe de son piédestal de héros généreux.
Piédestal sur lequel il remonte quand il rend au vieux Priam le corps de son fils, en pleurant avec lui : Priam pleure son fils, Achille pense à son père, Pélée, qui va connaitre la douleur de Priam.