Maupassant, Une vie, chapitre 14 - Et parfois encore elle oubliait un moment qu’elle était vieille..

Entraide scolaire

9 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, bonjour,

J'ai un commentaire à faire sur une partie du chapitre 14 d'Une vie de Maupassant que je dois rendre dans plusieurs semaines pour la fac. Mais par acquis de conscience et devant la difficulté de la tâche, je préfère venir m'y prendre à l'avance.

Avant de venir vous demander votre aide, j'ai lu les différentes fiches du site, qui au passage sont très constructives. Malheureusement, je n'arrive pas à dégager la problématique de l'extrait et donc je ne trouve pas les axes, ce qui m'empêche de faire mon commentaire 🙄 En somme, toute une histoire.

Voilà l'extrait :
Et parfois encore elle oubliait un moment qu'elle était vieille, qu'il n'y avait plus rien devant elle, hors quelques ans lugubres et solitaires, que toute sa route était parcourue ; et elle bâtissait, comme jadis, à seize ans, des projets doux à son coeur ; elle combinait des bouts d'avenir charmants. Puis la dure sensation du réel tombait sur elle ; elle se relevait courbaturée comme sous la chute d'un poids qui lui aurait cassé les reins ; et elle reprenait plus lentement le chemin de sa demeure en murmurant : “ Oh ! vieille folle ! vieille folle ! ”
Rosalie maintenant lui répétait à tout moment : “ Mais restez donc tranquille, madame, qu'est-ce que vous avez à vous émouver comme ça ?” Et Jeanne répondait tristement : “ Que veux-tu, je suis comme Massacre " aux derniers jours. ” La bonne, un matin, entra plus tôt dans sa chambre, et déposant sur sa table de nuit le bol de café au lait : “ allons, buvez vite.
Denis est devant la porte qui nous attend. Nous allons aux Peuples parce que j'ai affaire là-bas. ” Jeanne crut qu'elle allait s'évanouir tant elle se sentit émue ; et elle s'habilla en tremblant d'émotion, effarée et défaillante à la pensée de revoir sa chère maison.
Un ciel radieux s'étalait sur le monde ; et le bidet, pris de gaietés, faisait parfois un temps de galop. Quand on entra dans la commune d'Étouvent, Jeanne sentit qu'elle respirait avec peine tant sa poitrine palpitait ; et quand elle aperçut les piliers de brique de la barrière, elle dit à voix basse deux ou trois fois, et malgré elle : “ Oh ! oh ! oh ! ” comme devant les choses qui révolutionnent le coeur ; On détela la carriole chez les Couillard ; puis, pendant que Rosalie et son fils allaient à leurs affaires, les fermiers offrirent à Jeanne de faire un tour au château, les maîtres étant absents, et on lui donna les clefs. Elle partit seule, et, lorsqu'elle fut devant le vieux manoir du côté de la mer elle s'arrêta pour le regarder. Rien n'était changé au-dehors. Le vaste bâtiment grisâtre avait ce jour-là sur ses murs ternis des sourires de soleil. Tous les contrevents étaient clos.
Un petit morceau d'une branche morte tomba sur sa robe, elle leva les yeux ; il venait du platane. Elle s'approcha du gros arbre à la peau lisse et pâle, et le caressa de la main comme une bête.
Son pied heurta, dam l'herbe, un morceau de bois pourri ; c'était le dernier fragment du banc où elle s'était assise si souvent avec tous les siens, du banc qu'on avait posé le jour même de la première visite de Julien.
Alors elle gagna la double porte du vestibule et eut grand-peine à l'ouvrir la lourde clef rouillée refusant de tourner La serrure enfin céda avec un dur grincement des ressorts ; et le battant, un peu résistant lui-même, s'enfonça sous une poussée.
Jeanne tout de suite, et presque courant, monta jusqu'à sa chambre. Elle ne la reconnut pas, tapissée d'un papier clair ; mais, ayant ouvert une fenêtre, elle demeura remuée jusqu'au fond de sa chair devant tout cet horizon tant aimé, le bosquet, les ormes, la lande, et la mer semée de voiles brunes qui semblaient immobiles au loin. Alors elle se mit à rôder par la grande demeure vide. Elle regardait, sur les murailles, des taches familières à ses yeux. Elle s'arrêta devant un petit trou creusé dans le plâtre par le baron qui s'amusait souvent, en souvenir de son jeune temps, à faire des armes avec sa canne contre la cloison quand il passait devant cet endroit.
Voilà le travail que j'ai réalisé et ce que j'ai compris de l'extrait :
• j'ai tout d'abord effectué un séquençage de chaque termes du texte et analysé de leurs fonctions stylistiques dans l'extrait.
• j'ai planché sur l'importance du réalisme dans l'extrait => discours indirect libre, focalisation du narrateur, place des descriptions, champs lexical de la nature…
• idée d'un roman du déclin => Jeanne qui vit entre souvenirs et avenir avorté, sur la sénescence et le pathétisme…
• la place de Rosalie, qui apparaît jeune, alerte et dynamique

Enfin, voilà j'ai tourné le texte dans tous les sens, je me suis appuyé sur le cours, mais l'enjeu du texte, ce qu'à voulu faire passer l'auteur, ça ne vient pas. 🆒

Alors sans me faire mon commentaire, vos réflexions, pistes et autres coups de mains seront les bienvenus.

Merci
Maupassant cherche à montrer que tout n'est pas mort en Jeanne.
Malgré la terrible désillusion qu'elle a vécue, elle est prête à refaire confiance à la vie.
Analyse les rapports entre avenir, présent et passé.
Quelques termes clés : temps, nostalgie, rêve, réalité, souvenir, bonheur, pessimisme, sentiments, valeur des détails, Jeanne et l'anti-bovarysme, morbidité, illusion, nature…
merci ça m'aide à étofer mon analyse (j'avais déjà remarqué ce point d'ailleurs). Mais c'est vraiment sur la problématique que je pêche. Au juste Maupassant veut dire quoi avec cet extrait ?
ca fait une semaine que je planche dessus et pas moyen de trouver l'enjeu du texte 😞
As-tu bien lu ma réponse ?
Quelles tensions entre pessimisme réaliste et illusions romantiques ?
je vais bosser la dessus. Vraiment merci 😀 car j'avoue que même si j'adore cette matière qu'est l'analyse littéraire, parfois je suis à côté de la plaque
Remarque de méthode, pour commencer :
Malheureusement, je n'arrive pas à dégager la problématique de l'extrait et donc je ne trouve pas les axes, ce qui m'empêche de faire mon commentaire.
C'est que vous mettez la charrue avant les boeufs.
Commencez par l'analyse du texte,
qui vous donnera les axes,
qui vous donneront la problématique,
à partir de laquelle vous bâtirez le plan de votre commentaire.
Mais c'est vraiment sur la problématique que je pêche. Au juste Maupassant veut dire quoi avec cet extrait ?
ca fait une semaine que je planche dessus et pas moyen de trouver l'enjeu du texte
Vous êtes victime d'un préjugé ridicule et qui vous coûte cher, pour parler comme un slogan publicitaire de mon enfance.
Un auteur ne veut rien dire d'autre que ce qu'il dit.
Si le lecteur dégage un second sens du texte, cela n'engage que la responsabilité du lecteur : s'il l'y voit, ce sens second, c'est qu'il y est (et le dégager, c'est tout le plaisir intellectuel du commentaire), mais rien ne permet de dire que l'auteur l'a délibérément voulu.

L'enjeu du texte, vous n'allez pas me croire, c'est d'achever le roman !
Nous sommes aux dernières pages de ce roman de construction circulaire : il s'ouvre sur l'arrivée aux Peuples d'une Jeanne escortée de sa soeur de lait, et se ferme sur le retour aux Peuples de Jeanne conduite par Rosalie.
Symétriquement, chacune a eu un fils de Julien, mais le fils de Jeanne, Paul, enfant gâté a ruiné sa mère et déserté sa famille, tandis que Denis, le fils de Rosalie est un bon gars qui travaille d'attaque. Les rapports entre les deux femmes sont inversés : de riche maitresse, Jeanne est passée pupille démunie, et Rosalie, de subordonnée est devenue riche protectrice.
C'est cette circularité que souligne le passage à étudier.
Dans les dernières pages, cependant, le cercle est rompu : avec l'entrée de la petite-fille de Jeanne, les personnages prennent un nouvel élan. Ainsi que le souligne Jean-Luc, cette page prépare le dénouement, en montrant que tout n'est pas mort en Jeanne, qu'elle est prête pour un nouveau départ.

Bref, pour plagier la devise des Stuart, cette fin est un commencement.
Bonjour Delia,

La prof veut que je trouve l'enjeu pour avoir une note correcte, que l'auteur ai ou non y mis un sens caché, la prof et ses confrères en trouvent un. Alors certes, le but principal d'un écrivain est d'achever son roman et ce sont nous qui formons du sens.

Cependant, comme je le dis, mon texte à été analysé en long en large avant de cherche une problématique ! Je sais qu'on ne part pas d'une problématique pour analyser le texte mais que le texte fourni via l'analyse que l'on peut en faire une piste de réflexion qui elle même va former une problématique. Malheureusement, l'analyse que j'ai fait ne me permet pas de recouper des données de telles manières que je puisse ne faire des "axes de lecture" intéressants.

Je bloque sur cet extrait sur lequel - selon moi - on n'a pas grand chose à tirer. Mais je manque d'esprit d'analyse, j'en conviens.

D'autre part, un commentaire de texte - toujours d'après ma prof - doit se baser sur l'extrait donné et RIEN d'autre. Or, dans ta réponse tu me parles de Julien. Le texte ne le mentionne pas, je n'ai donc pas à le mentionner. 🙄
Ma prof me casse les… enfin bref 😜

Je ne dois pas analyser ce passage par rapport au contexte de l'oeuvre mais ce passage comme s'il était une oeuvre en lui même. Et oui, pour la préparation à l'excipit je l'avais noté mais je ne peux malheureusement pas baser mon analyse la dessus sinon ma prof - très fermée au demeurant - risque de mettre un zéro en bonne et due forme 😉

Merci quand même pour ton intervention Delia 🙂
Je suis bien d'accord que tiré de son contexte, et sans référence à l'ensemble du roman, ce texte est sans intérêt, et, ajouterai-je, incompréhensible : qui est Rosalie ? qui est Denis ? qui est Massacre ? que sont les Peuples ?
Mais vous écrivez :
Or, dans ta réponse tu me parles de Julien. Le texte ne le mentionne pas, je n'ai donc pas à le mentionner
Pourtant, on lit dans le texte :
Son pied heurta, dans l'herbe, un morceau de bois pourri ; c'était le dernier fragment du banc où elle s'était assise si souvent avec tous les siens, du banc qu'on avait posé le jour même de la première visite de Julien
Intéressante association, dans la même phrase, de Julien et du bois pourri. Intéressante et signifiante.

Par contre, il est bien dommage que la coupure survienne avant l'hallucination de Jeanne qui croit voir son père et sa mère, l'hallucination étant importante chez Maupassant.
Reste à étudier les interférences entre passé et présent dans ce texte, mais si l'on n'est pas censé savoir qu'il est tiré d'un roman,c'est difficile.
🙂 Ouais, c'est malheureux c'est pour ça que je préfère les dissertations qui permettent une réflexion personnelle plus libre que celle des commentaires - d'autant plus que ma prof est trop ancrée dans son interprétation du texte et qu'elle a dû mal à accepter la vision des élèves.

Enfin, je vous tiens au courant quand mon commentaire est fait. Encore merci