Bonjour,
Le film Zazie dans le métro, adaptation du roman de Queneau, débute avec une mélodie sifflée. Qui pourrait me dire le nom de cet air ? Merci d'avance 🙂
Musique originale de Fiorenzo Carpi.
Mais ça ne nous donne pas le nom de l'air sifflé au début…
Bonjour à tous,
Je suis actuellement en Terminale Littéraire. Conforme à la réforme, nous étudions cette année les oeuvres de Musset et de Queneau. J'ai assez bien avancé dans mes révisions même si j'ai encore pas mal de travail restant.
Le film en lui-même n'est pas mauvais et plutôt intéressant à étudier. Seulement je le trouve incroyablement confus et complexe, sûrement plus que le livre. Il y a énormément de choses, de symboles que je ne comprends pas dans ce film.
En voici trois parmi les nombreux que je ne comprends pas (qui sont assez proches l'un de l'autre dans le film), quelqu'un pourrait-il s'il vous plait m'éclairer?
1) à 30:48, en plein milieu de la course poursuite entre Zazie et Pédro-Surplus, Zazie prononce soudainement un discours en haut de l'escalier (tandis que Pédro-Surplus est en bas). Y-a-t-il ici une référence particulière à un discours d'un homme comme de Gaulle? Quelqu'un sait exactement?
2) à 31:44, toujours lors de la course poursuite, Zazie, grâce à une sorte de pistolet, transforme Pédro-Surplus en un homme noir, mais entièrement noir. Il reprend sa peau blanche à la scène d'après. Là encore, y-a-t-il un message, une métaphore de Louis Malle?
3) à 35:19, Pédro-Surplus et Gabriel discute et le premier demande à ce dernier sa profession, il explique qu'il est une "danseuse espagnole". On entend moyennement bien Pédro-Surplus essayer de venir à la déduction de l'orientation sexuel de Gabriel… Et en même temps Albertine les écoute à la porte et on la voit donc à 35:19 fondre en larme lors de cette discussion. Est-ce la peur que Pédro découvre leur "secret" extrêmement ambigu (car oui, Jeanne à la fin du livre/film l'appelle Marcel/Albert et Zazie lui dit "Au revoir, monsieur)?? Ou est-ce autre chose?
Evidemment il y en a plein d'autres, mais je ne voulais pas accumuler non plus tout ce qui me perturbait. Mais je me demandais juste si certains étaient également dans cette situation. Ah et si vous voulez, sur YouTube l'on retrouve l'intégralité du film (si vous voulez aller voir les scènes dont je parle).
J'ai vraiment du mal à comprendre tous ces petits détails, qui pourraient pourtant avoir une grande importance selon le sujet tombant au bac. Je trouve les œuvres à étudier cette année vraiment mais vraiment très intéressantes, mais bon sang ce qu'elles sont compliquées!
Si vous aussi il y a des détails dans le film que vous trouvez confus et/ou que vous ne comprenez pas, je vous invite à les poster également ici, peut-être que je pourrai vous aider ou bien peut-être que quelqu'un aura-t-il une idée.
Merci pour vos réponses!
Harry.
1°) J'ai plutôt pensé à une allusion aux films muets et plus particulièrement au Dictateur, avec Charlie Chaplin.
2°) Selon mon prof de littérature, ce genre de gags qu'on retrouve tout au long de la poursuite est une allusion aux cartoons américains dans le style par exemple de Tom & Jerry. C'est une façon de montrer l'importance de la culture d'outre-manche à cette époque.
Pour le reste je ne peux pas t'éclairer davantage 😐
Le Dictateur n'est PAS un film muet. Chaplin y imite les discours de Hitler.
Cela fait longtemps que j'ai vu Zazie, mais mon impression générale est celle d'un dessin animé : gags de dessin animé, logique narrative (ou mieux, absence de logique) de dessin animé.
P.S. Tom et Jerry ne viennent pas d'Angleterre (Outre-Manche) mais des Etats-Unis (Outre-Atlantique).
Rassure-toi : il est quasiment impossible de comprendre toutes les références. Les professeurs et même certains spécialistes se creusent la tête pour en expliquer un bon nombre, mais Malle a vraiment cherché la fantaisie et il joue à désorienter son spectateur.
Pour les larmes d'Albertine, ton interprétation semble la bonne, c'est celle qui est le plus souvent retenue. Ce qui peut se compléter avec l'allusion aux interrogatoires policiers sur la véritable identité des gens, référence encore traumatisante dans ce contexte d'après-guerre. cette "enquête" sur ce que cache son mari peut émouvoir Albertine. Je suis d'accord aussi avec les réponses données par Rob42. Par ailleurs il y a toujours ce jeu sur les apparences. Gridoux devient noir aussi sans raison à un moment du film. Ce changement a fait couler beaucoup d'encre aussi, d'autant qu'il ne se trouve pas dans un contexte de cartoon comme le changement de Pedro.
Le discours de Zazie peut sans doute évoquer les deux (de Gaulle ou le film de Chaplin) : elle joue un rôle, elle mime les adultes, elle se donne du pouvoir.
Par rapport à la question d'origine de la discussion, si quelqu'un trouve le nom de la mélodie sifflée (la même dans les génériques de début et de fin) il a toute mon estime : le disque ne mentionne pas de nom ! :/
Il est vrai qu'on n'a pas non plus résolu cette énigme…
Je tiens à m'excuser du fait que mon message a été automatiquement déplacé dans cette conversation, alors qu'il ne demande strictement pas les mêmes questions que la personne ayant démarré ce post. Au passage, j'ai "shazamé" le sifflement et j'ai comme résultat "Dialogues, Ambiances et Musique(Generique début);zazie Dans Le Metro (1960)" avec artiste inconnu… Le sifflement a donc probablement été fait exclusivement pour le film.
Merci pour vos réponses, elles m'ont toutes éclairées et me paraissent toutes sensées.
Avez vous des idées sur pourquoi y-a-t-il soudainement un ours polaire (enfin, un homme déguisé ainsi) en plein milieu de la Tour Eiffel (46:30)? Un rapport avec l'environnement, la solitude?
Et justement, en parlant de la Tour Eiffel, pourquoi cet enchaînement de plan sur le monument? Comprenez vous la symbolique de tous ces plans? (41:06) Un rapport ambiguë et sexuel avec la phrase qui suit?: "je me demande pourquoi on représente toujours Paris comme une femme"??
@Ammy c'est étrange alors qu'on nous ai donné au bac une oeuvre si complexe que même les spécialistes ont du mal à comprendre, vous ne trouvez pas? Vous pensez qu'ils seront assez cléments cette année au bac avec la réforme et le fait qu'on soit la génération "cobaye"? Il y a plus de chance que ce soit Zazie dans le Métro que Lorenzaccio, selon moi.
multi-deams a écrit :Je tiens à m'excuser du fait que mon message a été automatiquement déplacé dans cette conversation, alors qu'il ne demande strictement pas les mêmes questions que la personne ayant démarré ce post.
Bonsoir multi-deams,
Votre message n’a pas été
automatiquement déplacé, c’est moi qui l’ai déplacé dans cette discussion consacrée aux questions sur le film, comme je vous l’ai expliqué dans mon courrier électronique.
Bonne soirée !
Delia a écrit :Le Dictateur n'est PAS un film muet. Chaplin y imite les discours de Hitler.
Cela fait longtemps que j'ai vu Zazie, mais mon impression générale est celle d'un dessin animé : gags de dessin animé, logique narrative (ou mieux, absence de logique) de dessin animé.
P.S. Tom et Jerry ne viennent pas d'Angleterre (Outre-Manche) mais des Etats-Unis (Outre-Atlantique).
Merci de m'avoir corrigé, j'étais persuadé qu'il était muet mais bon, ma mémoire doit me jouer des tours 😂 Et oui, j'ai confondu outre-manche et outre-atlantique… 😐
Merci de m'avoir corrigé, j'étais persuadé qu'il était muet
Vous n'avez donc pas gardé souvenir du discours final du barbier juif, que l'on prend pour Hinkel ?
Lève la tête, Hannah en V.F. ?
multi-deams a écrit :Je tiens à m'excuser du fait que mon message a été automatiquement déplacé dans cette conversation, alors qu'il ne demande strictement pas les mêmes questions que la personne ayant démarré ce post. Au passage, j'ai "shazamé" le sifflement et j'ai comme résultat "Dialogues, Ambiances et Musique(Generique début);zazie Dans Le Metro (1960)" avec artiste inconnu… Le sifflement a donc probablement été fait exclusivement pour le film.
Merci pour vos réponses, elles m'ont toutes éclairées et me paraissent toutes sensées.
Avez vous des idées sur pourquoi y-a-t-il soudainement un ours polaire (enfin, un homme déguisé ainsi) en plein milieu de la Tour Eiffel (46:30)? Un rapport avec l'environnement, la solitude?
Et justement, en parlant de la Tour Eiffel, pourquoi cet enchaînement de plan sur le monument? Comprenez vous la symbolique de tous ces plans? (41:06) Un rapport ambiguë et sexuel avec la phrase qui suit?: "je me demande pourquoi on représente toujours Paris comme une femme"??
@Ammy c'est étrange alors qu'on nous ai donné au bac une oeuvre si complexe que même les spécialistes ont du mal à comprendre, vous ne trouvez pas? Vous pensez qu'ils seront assez cléments cette année au bac avec la réforme et le fait qu'on soit la génération "cobaye"? Il y a plus de chance que ce soit Zazie dans le Métro que Lorenzaccio, selon moi.
Non cela n'a rien d'étonnant : on choisit en L des oeuvres qui soulèvent des questions, qui dérangent, qui surprennent. Vous vous confrontez au véritable travail de création, avec sa part de mystère ! Une fois que vous avez compris que tout n'a pas forcément une explication rationnelle et unique car Louis Malle a décidé de nous perturber, vous êtes au coeur de l'oeuvre. Vous voyez vous-même que l'air sifflé n'a pas d'auteur connu, et nous cherchions tous quelle était son origine… Certaines références sont explicites et il faut les connaître, mais toutes celles qui sont ambigues font justement la richesse et l'intérêt du film. Bien sûr il est déstabilisant pour nous tous de ne pas pouvoir tout faire entrer dans des cases, mais c'est tellement plus intéressant !
L'an dernier nous avons été confrontés au mystère de certaines images choisies par Jaccottet, dans un autre domaine.
Bonjour tout le monde
Voici différentes interprétations possibles :
Pour la musique du début, elle est là pour nous déstabiliser dès le commencement du film. Les sifflements, du train, ou même humains, accompagnés de guitare ou de banjo, rappellent certaines musiques des happy ends de West Ern classiques.
Pour le discours de Zazie en haut de l'escalier, c'est la question que je me posais également et apparemment je ne suis pas le seul à avoir penser aux discours du Général, caricaturant peut-être ainsi le culte de la personnalité se construisant autour de lui à cette époque, grâce notamment aux nouveau medium de la télévision.
Le fait que Pedro deviennent noir n'est sûrement ici qu'un gag classique que l'on retrouve dans les Tex Avery et dans les Chuck Jones.
Par contre pour le moment où Gridoux, devient noir, la scène prend son sens grâce à ça. On lui demande son prénom, donc son identité, et c'est au moment où il le prononce qu'à lieu le changement de couleur (et d'acteur ceci dit au passage). Ainsi, on retrouve l'idée de Queneau voulant déstructurer l'identité de ses personnages chez Malle également.
Pour le fait qu'Albertine pleure derrière la porte, on peut penser que celle-ci est blessée par le fait que Gabriel est obligé de mentir et de cacher son hormosessualité à Pedro pour ne pas que la vérité sur Albert soit révélée…