Khâgne province / Paris

La filière littéraire

21 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Je sollicite votre aide urgente, je suis complètement perdu et peine à faire un choix. J'ai envie de tenter l'ENS LSH de Lyon l'an prochain, au terme de ma première année de Khâgne. Je suis actuellement dans une hypokhâgne provinciale moyennent classée (37/70 en 2012 il me semble) et j'ai la possibilité de loger gratuitement dans le centre de Paris, chez mes grands-parents. J'ai environ 13 de moyenne en Hypokhâgne et j'ai beaucoup de passion pour ce que je fais et pour les études littéraires. Pensez-vous qu'il faille que j'aille - ou que j'essaie d'aller - dès l'an prochain, pour ma première Khâgne, dans un établissement parisien ou bien jugez vous d'après expérience ou pas qu'il vaut mieux attendre encore un an… ? Une partie de moi a très envie d'y aller mais j'ai peur de toutes les idées reçues qu'on établit sur les prépa parisiennes (ambiance de compétition, etc) et de ne pas réussir à m'intégrer au milieu de tout ces parisiens qui se connaissent depuis un an ; certains me conseillent de foncer et de ne pas attendre, et d'autres me disent de patienter un an ("La prépa en province c'est plus épanouissant, moins stressant, plus douillet…"). Que faire ? Et à quels établissement éventuellement postuler ?
PS: Je n'envisage évidemment pas de postuler à Henry IV lol

Merci d'avance pour les courageux qui auront pris le temps de me lire, et pour ceux qui auront la gentillesse de me répondre.

Dorwin
Bonsoir,

Je ne suis qu'en terminale mais voilà le discours que mes profs me tiennent depuis l'année dernière :
"si vous voulez l'ENS, restez à Paris ; sinon, vous pouvez partir en province" (je suis dans la situation inverse, tu l'auras compris). Je ne suis pas une grande fan de ce discours, mais enfin mes professeurs s'y connaissent sans doute mieux que moi alors je serais tentée de te dire d'aller à Paris. D'autant plus que si tu ne demandes pas Henri IV (et encore, même là, il est d'après ce que j'ai compris tout à fait possible de passer une scolarité très heureuse, ça dépend de tellement de facteurs après tout…) mais une prépa plus modeste du point de vue des résultats je crois que tu n'as pas grand chose à craindre de la pression : à vrai dire, je n'ai jamais eu le sentiment d'entendre des discours si opposés que ça entre ceux qui ont fait une prépa en province et ceux qui l'ont faite à Paris !

Bien sûr je suis assez mal placée pour te conseiller mais il me semble vraiment que le mythe autour des affreuses prépas parisiennes est assez farfelu, alors si c'est ça qui te freine, c'est dommage non ?

Bonne chance pour la suite !
Bonsoir,

Trancher entre khâgne à Paris et khâgne en province ne signifie pas grand choses.

Il y a bien sûr des khâgnes-boites-à-concours à Paris mais aussi des petites et des moyennes prépas avec moins de prétentions. De même en "province" il y a beaucoup de petites prépas mais aussi de grands lycées qui ont des résultats plus qu'appréciables (Le Parc, Chateaubriand, Pierre de Fermat, Thiers…)

Sur le classements des prépas LSH, dans les 10premières khâgnes, il n'y a que 3parisiennes… H4 arrive en 4ème position..[sup](https://www.letudiant.fr/palmares/classement-prepa/premiere-sup-lsh.html)[/sup] C'est assez aléatoire d'une année sur l'autre mais il y a toujours une vingtaine de prépas qui sont connues pour obtenir de bons résultats.

Aussi je ne te conseillerais pas spécialement d'aller à Paris (j'y fais mon master à la suite d'une khâgne dans une bonne prépa de "province") car en plus du boulot de la prépa, ce n'est pas une ville spécialement reposante..

Si tu veux avoir tes chances au concours, il ne t'est pas nécessaire d'aller à Paris.
@ Titania91 : comme Dorwin vise l'ENS, il faut classer en fonction des résultats à l'ENS sur le site de L'Etudiant; à ce moment-là, Henri IV est bien premier.

@ Dorwin : tu peux tout à fait partir en khâgne à Paris. Par contre, si tu changes de lycée, il faut bien sûr choisir un lycée qui t'apportera plus, pas la peine de changer pour un lycée qui sera du même niveau que ton établissement actuel (en ce sens je rejoins tout à fait Titania91).
Par ailleurs, tu peux tout à fait postuler dès cette année pour Henri IV. Tu n'es plus limité par les 6 établissements d'APB donc tu peux mettre autant de lycées que tu veux. Si tu sens que tu es très à l'aise dans ta classe de cette année (par exemple si tu en as encore sous le pied malgré tes 13 de moyenne), changer de prépa tout de suite ne me paraît pas une mauvaise idée.
Dorwin a écrit : Une partie de moi a très envie d'y aller mais j'ai peur de toutes les idées reçues qu'on établit sur les prépa parisiennes (ambiance de compétition, etc) et de ne pas réussir à m'intégrer au milieu de tout ces parisiens qui se connaissent depuis un an ; certains me conseillent de foncer et de ne pas attendre, et d'autres me disent de patienter un an ("La prépa en province c'est plus épanouissant, moins stressant, plus douillet…"). Que faire ? Et à quels établissement éventuellement postuler ?

Alors, concernant la compétition supposée dans les "prépas parisiennes" (ce terme ne veut pas dire grand chose, étant donné qu'il y a des tas de classes préparatoires à Paris, avec des niveaux de sélectivité différents), et comme je suppose que vous désignez par ce terme les "grandes" prépas (et que je peux vous parler du lycée Henri IV), j'affirme qu'il n'y a pas à proprement parler de compétition. Il y a cependant une émulation, due au niveau des élèves et à leur volonté de réussir les concours les plus difficiles. Cette émulation est en général bénéfique et pousse chacun à donner le meilleur. Dans de rares cas, elle ne produit pas ces effets bénéfiques, mais au contraire un sentiment de découragement durable et un comportement de retrait (abandon de la prépa, ou attitude de retrait tout en y restant). Pour revenir à la compétition, j'ai eu l'occasion de dire ici que si l'on tient à dire qu'il y en a, disons qu'elle s'exerce plutôt contre soi-même (il faut lutter contre ses doutes, ses découragements), contre le temps qui passe, et pas vraiment contre les autres. Il existe même une certaine solidarité (intra-classe ou inter-classes), si l'on a pris soin de ne pas s'extraire du / d'un groupe. Cependant, c'est tout de même dans la solitude que vous affronterez le concours et ses résultats.

Pour ce qui est du choix du lycée, et dans une optique de réussite au concours, il convient de se référer aux classements des lycées selon les résultats au(x) concours (veillez à regarder les résultats au concours que vous visez et non des résultats agrégés). Ce n'est cependant pas un impératif absolu - car tout dépend de votre personnalité : si le lycée obtient des résultats nombreux, c'est parce que le niveau des élèves qui s'y trouvent et leur degré de motivation (ou de détermination) sont très homogènes, et que les préparateurs - qui ont l'expérience de ces concours - ont l'habitude de les accompagner vers le succès (les accompagner seulement, car ce sont bien les élèves qui font le travail, pas les préparateurs). A vous de mesurer les conséquences concrètes de ce choix sur le rythme de travail, l'esprit dans lequel on travaille, etc., et d'analyser si c'est ce qui vous convient.

On peut envisager bien des combinaisons : attendre la fin de la 1ère khâgne pour bouger, changer tout de suite pour un lycée "intermédiaire" et rechanger en fin d'année (cf. l'expérience de bougeotte), changer pour un lycée très sélectif dès maintenant et envisager d'y cuber le cas échéant… Vous trouverez des témoignages contradictoires : des succès, des échecs, des résultats intermédiaires. Je ne sais pas si les expériences des autres sont transposables - tant d'éléments entrent en compte ! :

- votre motivation profonde
- votre soif de réussite et/ou de connaissance
- votre résistance physique et psychologique
- votre besoin de stimulation pour réussir
- vos conditions de logement
- vos capacités d'adaptation à un nouvel environnement, à un nouveau rythme
- votre niveau réel (pas toujours facile de le définir quand il est évalué relativement)
- des éléments extérieurs, inconnus au moment de votre choix…
- etc.

Pesez le pour et le contre, prenez une décision personnelle et dites vous bien qu'elle n'est jamais irréversible…

EDIT : je précise que je suis parent d'élève.
J'oubliais : si tu peux, essaye d'avoir les résultats de l'ens pour chaque khâgne selon la spécialité des élèves, les préparations ne sont pas toujours équivalentes (dans ma khâgne, les admis étaient toujours en LM ou en Lettres Classiques, jamais dans les autres spécialités)
Titania91 a écrit :J'oubliais : si tu peux, essaye d'avoir les résultats de l'ens pour chaque khâgne selon la spécialité des élèves
Comment a-t-on accès à cette information ?
Je l'avais eu sur une brochure papier il y a quelques années maintenant avec le nombre de places suivant la spécialité et les pourcentages d'admission.
ça doit se trouver mais où exactement je l'ignore
https://www.ens-lyon.fr/admissions/archives-du-concours-d-entree-10275.kjsp?RH=ENS-LYON-FR-ADMI-CON&RF=CONC_ARCH

Pour chaque année, le fichier appelé "composition du jury et statistiques" donne les résultats des lycées par filière (c'est-à-dire "Lettres et Arts", "Langues" et "Sciences Humaines"). Je ne sais pas s'il est possible d'avoir des informations plus précises mais c'est déjà un début.
Merci à tous, je n'attendais pas autant de réponses aussi rapides ! Ça fait vraiment plaisir ! Je prend évidemment toutes vos remarques en considération, elles m'aident vraiment à m'éclaircir les idées. Néanmoins, j'ai envoyé des mails à un établissement parisien (Fénelon en l’occurrence) dont l'administration m'assure que je ne peux guère postuler dans un établissement parisien si je souhaite faire une spécialisation qui se trouve déjà dans mon établissement d’origine. Autrement dit, la spé Lettre moderne est possible dans mon établissement, et je ne pourrais pas - selon eux - postuler dans leur établissement voire dans n'importe quel établissement parisien. Je ne sais pas trop ce que je dois penser puisque d'autres personnes très compétentes et informées sur la question me disent que c'est possible de changer d'établissement et d'aller faire sa première année de khâgne à Paris… Quelqu'un aurait des éclaircissements à me donner ? En tout cas, pour ceux que ça peut éclairer, j'ai un tempérament plutôt calme, je suis quelqu'un de discret mais de tout à fait sociable, et j'ai une bonne résistance physique et psychologique - d'autant que là j'aurai la chance de loger dans ma famille, dans un appartement très bien et en plein centre - et j'ai tout le temps soif d'apprendre et de "réussir" (le mot étant évidemment à manipuler avec des pincettes). Voilà, encore merci à tous, c'est vraiment gentil ! 🙂
Dorwin a écrit : En tout cas, pour ceux que ça peut éclairer, j'ai un tempérament plutôt calme, je suis quelqu'un de discret mais de tout à fait sociable, et j'ai une bonne résistance physique et psychologique - d'autant que là j'aurai la chance de loger dans ma famille, dans un appartement très bien et en plein centre - et j'ai tout le temps soif d'apprendre et de "réussir" (le mot étant évidemment à manipuler avec des pincettes). Voilà, encore merci à tous, c'est vraiment gentil ! 🙂
Je me sens visée 😀 . Vous avez toutes les chances de bien réussir alors. 🙂
Pour le reste, je ne suis pas une spécialiste des questions de changement de lycée en cours de prépa, mais il me semble que la réponse de Fénelon est un peu trop stricte. Peut-être suggère-t-elle cependant que les changements s'effecturaient plus massivement de la 1ère khâgne à la khûbe. A préciser en fonction de l'expérience des uns et des autres.
Bon courage et… bonne décision !
D'accord, merci de l'info ! 😉
(Je n'affirme rien, Dorwin, je fais une supposition 🙂 . Attendez des réponses plus fiables.)
Non, non, on peut demander une khâgne ailleurs alors que la spé existe dans le lycée d'origine. Y compris pour Fénelon. 😉
Y compris pour Fénelon, oui. Mais c'est vrai que c'est un discours que j'ai déjà entendu dire à Fénelon… Ca doit être terriblement lassant de répéter tous les ans la même chose à laquelle personne ne croit.

As-tu mis en avant le fait que tu vivras chez tes parents ? J'ignore si ça peut débloquer les choses, mais il faut peut-être essayer.
"Ca doit être terriblement lassant de répéter tous les ans la même chose à laquelle personne ne croit. " Que veut-tu dire, je ne comprend pas ?
Oui je vais leur dire ça par mail, mais j'ai peur de me montrer trop insistant avec eux lol
Dorwin a écrit : Oui je vais leur dire ça par mail, mais j'ai peur de me montrer trop insistant avec eux lol
Ce n'est pas une bonne idée à mon sens. Pourquoi la réponse serait-elle différente cette fois-ci (en plus, vous risquez de les lasser) ? Envoyez plutôt votre dossier et un courrier expliquant vos raisons.
Mais de toute façon tu as le droit de lancer la procédure habituelle pour demander une khâgne là-bas. Elle se fait courant juin et tu as la réponse début juillet. En tout cas, c'était comme ça pour l'année 2008/2009.
D'habitude je ne conseille pas vraiment le passage d'une HK correcte de province à une grande prépa parisienne (pour une 1ère khâgne). Mais si tu as la chance de vivre avec les tiens, c'est un très bon point pour un tas de raisons.
Polo a écrit : Mais si tu as la chance de vivre avec les tiens, c'est un très bon point pour un tas de raisons.
Pas si sûr. Pour un tas de raisons aussi. Tout dépend de la personnalité de l'élève (et des parents). Un professeur du Parc était même sûr du contraire : l'internat en particulier (plutôt que d'autres modes de logement) favorisant la solidarité entre élèves, le travail à plusieurs, une meilleure intégration en somme. On entrerait pleinement dans un univers, avec ses règles, ses rites, etc.
Jeanne-Héloïse a écrit :
Polo a écrit : Mais si tu as la chance de vivre avec les tiens, c'est un très bon point pour un tas de raisons.
Pas si sûr. Pour un tas de raisons aussi. Tout dépend de la personnalité de l'élève (et des parents). Un professeur du Parc était même sûr du contraire : l'internat en particulier (plutôt que d'autres modes de logement) favorisant la solidarité entre élèves, le travail à plusieurs, une meilleure intégration en somme. On entrerait pleinement dans un univers, avec ses règles, ses rites, etc.
Oui enfin c'est déjà mieux que de se prendre, faute de mieux, un studio de 15 m² en ne connaissant personne à Paris…