Zodot a dit 🙂 .
Message intéressant. Je suis d'accord sur un point : le système APB crée l'illusion d'une Education nationale qui remplit sa mission d'orientation des élèves alors qu'APB n'est en réalité qu'un système d'affectation, assez (techniquement) efficace.
L'orientation, c'est autre chose. Et il faut bien reconnaître que certains élèves se trouvent bien seuls devant cette question pourtant cruciale pour eux (et parfois angoissante, surtout actuellement dans un contexte politico-économique particulièrement morose). Chaque élève lors de la formulation et du classement de ses voeux retrouve alors les vieux réflexes : suivre l'avis des parents, celui des professeurs, celui des copains, suivre ses notes (s'orienter vers une discipline où l'on obtient de bonnes notes, sans même savoir où cela mène) comme cela a toujours été le cas. Dans ce jeu, certains sont évidemment mieux dotés que d'autres…
Mais il faut tout de même reconnaître que l'on a le système d'orientation qui va avec l'offre d'enseignement supérieur : l'enchevêtrement des filières qui rend l'enseignement supérieur français illisible pour un non-initié -et pour les étrangers qui souhaitent étudier en France-, l'opacité qui caractérise le contenu de certains cursus et les possibilités de poursuite d'études et de débouchés, le déséquilibre numérique et qualitatif entre les filières universitaires non sélectives et des filières comme les classes préparatoires (qui elles-mêmes peinent à se définir comme un système de formation -puisqu'elles ne fondent leurs méthodes et leur enseignement que sur la préparation d'un concours que les 2/3 des élèves ne peuvent pas réussir)…
Beaucoup ici critiquent Sciences Po (notez au passage que Sciences Po n'est pas accessible par APB). Oui, mais le succès de Sciences Po n'est que le reflet de la mauvaise qualité (globale) de l'offre de 1er cycle (en particulier littéraire)! En combinant la sélection, des enseignements théoriques (dont certains d'excellente qualité, quoiqu'en disent ses détracteurs) et professionnalisants, la possibilité de construire un parcours "traditionnel" ou très original (je suis très frappée par la variété des projets à Sciences Po) voire créatif, tout en offrant à ses étudiants une "communauté" (= réseau), des moyens, un "label"… Un mélange assez heureux : un bon étudiant peut à Sciences Po satisfaire sa curiosité intellectuelle, creuser ses savoirs (parfois jusqu'à faire de la Recherche -en sciences sociales- et… trouver du travail et s'assurer une qualité de vie future.
Sciences Po n'existerait pas (ou n'aurait pas connu ce développement) si l'offre d'enseignement supérieur en face était de qualité (donc l'université mieux dotée et mieux organisée), plus cohérente et plus attractive, plus adaptée. Cet établissement aussi convoité que décrié ne fait que remplir un vide, combler une carence. Beaucoup le savent (les étudiants, les parents, les professeurs, les pouvoirs publics), on nage en pleine hypocrisie.
P.S. Je me suis servi de Sciences Po pour illustrer mon propos -parce que je connais cet établissement et que je sais qu'il intéresse certains ici. Ce que je souhaite dénoncer avant tout c'est l'offre actuelle d'enseignement supérieur littéraire qui me paraît médiocre et vraiment pas à la hauteur du potentiel et de la motivation de beaucoup d'élèves (parmi eux, des touristes et des glandeurs, certes, mais d'autres aussi, nombreux, qui ne demandent qu'à travailler et à réussir).
P.P.S. : par curiosité, je suis allée faire un tour hier à la Maison de la Recherche dans le 5e à Paris, où avait lieu une présentation des masters à Paris IV et quelques réunions d'information d' 1/4 d'heure (pour présenter environ 7 masters !) consistant à projeter sur un écran les pages du site de l'université et à les commenter (très) brièvement. J'ai été frappée de constater que le mot "débouchés" n'est apparu qu'une fois (pour le cas d'un master professionnel). La présentation des masters recherche développait l'aspect que devait prendre le mémoire et les sujets possibles. Point. C'est un peu court. Et c'est dangereux (cela conduit les moins informés des étudiants à penser qu'ils pourront faire de la recherche -s'ils ne veulent pas enseigner- quand on sait bien que ce ne sera pas possible).
Désolée pour le hors-sujet. C'est à cause de l'intervention de Zodot 😀 .
Message intéressant. Je suis d'accord sur un point : le système APB crée l'illusion d'une Education nationale qui remplit sa mission d'orientation des élèves alors qu'APB n'est en réalité qu'un système d'affectation, assez (techniquement) efficace.
L'orientation, c'est autre chose. Et il faut bien reconnaître que certains élèves se trouvent bien seuls devant cette question pourtant cruciale pour eux (et parfois angoissante, surtout actuellement dans un contexte politico-économique particulièrement morose). Chaque élève lors de la formulation et du classement de ses voeux retrouve alors les vieux réflexes : suivre l'avis des parents, celui des professeurs, celui des copains, suivre ses notes (s'orienter vers une discipline où l'on obtient de bonnes notes, sans même savoir où cela mène) comme cela a toujours été le cas. Dans ce jeu, certains sont évidemment mieux dotés que d'autres…
Mais il faut tout de même reconnaître que l'on a le système d'orientation qui va avec l'offre d'enseignement supérieur : l'enchevêtrement des filières qui rend l'enseignement supérieur français illisible pour un non-initié -et pour les étrangers qui souhaitent étudier en France-, l'opacité qui caractérise le contenu de certains cursus et les possibilités de poursuite d'études et de débouchés, le déséquilibre numérique et qualitatif entre les filières universitaires non sélectives et des filières comme les classes préparatoires (qui elles-mêmes peinent à se définir comme un système de formation -puisqu'elles ne fondent leurs méthodes et leur enseignement que sur la préparation d'un concours que les 2/3 des élèves ne peuvent pas réussir)…
Beaucoup ici critiquent Sciences Po (notez au passage que Sciences Po n'est pas accessible par APB). Oui, mais le succès de Sciences Po n'est que le reflet de la mauvaise qualité (globale) de l'offre de 1er cycle (en particulier littéraire)! En combinant la sélection, des enseignements théoriques (dont certains d'excellente qualité, quoiqu'en disent ses détracteurs) et professionnalisants, la possibilité de construire un parcours "traditionnel" ou très original (je suis très frappée par la variété des projets à Sciences Po) voire créatif, tout en offrant à ses étudiants une "communauté" (= réseau), des moyens, un "label"… Un mélange assez heureux : un bon étudiant peut à Sciences Po satisfaire sa curiosité intellectuelle, creuser ses savoirs (parfois jusqu'à faire de la Recherche -en sciences sociales- et… trouver du travail et s'assurer une qualité de vie future.
Sciences Po n'existerait pas (ou n'aurait pas connu ce développement) si l'offre d'enseignement supérieur en face était de qualité (donc l'université mieux dotée et mieux organisée), plus cohérente et plus attractive, plus adaptée. Cet établissement aussi convoité que décrié ne fait que remplir un vide, combler une carence. Beaucoup le savent (les étudiants, les parents, les professeurs, les pouvoirs publics), on nage en pleine hypocrisie.
P.S. Je me suis servi de Sciences Po pour illustrer mon propos -parce que je connais cet établissement et que je sais qu'il intéresse certains ici. Ce que je souhaite dénoncer avant tout c'est l'offre actuelle d'enseignement supérieur littéraire qui me paraît médiocre et vraiment pas à la hauteur du potentiel et de la motivation de beaucoup d'élèves (parmi eux, des touristes et des glandeurs, certes, mais d'autres aussi, nombreux, qui ne demandent qu'à travailler et à réussir).
P.P.S. : par curiosité, je suis allée faire un tour hier à la Maison de la Recherche dans le 5e à Paris, où avait lieu une présentation des masters à Paris IV et quelques réunions d'information d' 1/4 d'heure (pour présenter environ 7 masters !) consistant à projeter sur un écran les pages du site de l'université et à les commenter (très) brièvement. J'ai été frappée de constater que le mot "débouchés" n'est apparu qu'une fois (pour le cas d'un master professionnel). La présentation des masters recherche développait l'aspect que devait prendre le mémoire et les sujets possibles. Point. C'est un peu court. Et c'est dangereux (cela conduit les moins informés des étudiants à penser qu'ils pourront faire de la recherche -s'ils ne veulent pas enseigner- quand on sait bien que ce ne sera pas possible).
Désolée pour le hors-sujet. C'est à cause de l'intervention de Zodot 😀 .