Écrire un texte versifié sur ma conception de la poésie

Entraide scolaire

20 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour !

J'aurais besoin de votre aide car je bloque vraiment … En français nous devons écrire un poème sous forme versifié.
Voici le consigne :
"Le poète semblable à …" A partir d'une comparaison du poète avec un animal ou un objet de votre choix qui pourait le représenter particulièrement bien, faite comprendre comme Théophie Gautier (poème Le pin des Landes) et Baudelaire (poème L'albatros) votre conception de la poésie. Votre texte se présentera sous le forme versifié.

J'ai pensé à prendre comme objet un cerf-volant : Par rapport aux autre jouet c'est encombrant, les enfants ne peuvent l'utiliser que lorsqu'il y a du vent … Ils préfèrent généralement les autres jouets / Par contre quand il vole c'est "beaux" et il peut aller haut …
J'ai pas trouvé d'autre idée 😐
Alors avec cette idée de cerf-volant j'ai écris des vers en désorde mais je rencontre trois gros problème : Je ne trouve pas de rimes + casi à chaque fois il n'y a pas le même nombre de syllabes par vers + j'ai du mal à relier tout ce bazar… Bref, c'est la cata ! :/
Auriez vous des "techniques" pour écrire un poème ? J'imagine qu'il faut un certain don pour faire quelque chose de bien mais je n'ai pas ce don donc help !

Merci beaucoup pour votre aide 🙂
Déjà, je trouve que c'est un bon choix 🙂 Gide je crois se définissait lui-même comme un cerf-volant.
Pour les rimes et l'écriture… C'est sûr que c'est un peu délicat, mais essaye de faire simple et d'imiter des poètes pas trop difficiles. Peut-être que d'autres pourraient mieux t'aider si tu nous montrais ce que tu as fait 🙂
Le poète est un chanteur. Baudelaire, dans l'Albatros (un oiseau pas particulièrement réputé pour son chant…) décrit l'inadapté social, le marginal, l'incompris, le Ténébreux, le Veuf, l'Inconsolé… comme a dit un autre poète, mais pas du tout LE poète.
L'image du cerf-volant ne convient pas non plus : c'est silencieux, un cerf-volant, et cela se laisse entrainer par le vent, alors que les poètes maitrisent leur art.
Parmi les comparaisons, on relève le crapaud (Tristan Corbière : laid mais mélodieux), le menuisier (Guillevic : il ajuste ses planches, il fabrique, conformément à l'étymologie du mot poète qui signifie fabriquant), le lombric (j'ai oublié qui : le lombric, humble, méprisé et invisible, amende la terre par son travail patient)…
Bref, il vous faut un animal qui chante mélodieusement, ou un travailleur manuel… ou encore un élève qui doit faire un écrit d'invention !
En plus j'ai trouvé le choix par hasard, j'en ai rêvé cette nuit 🙄

Voici les vers en vrac que j'ai fait (Au fait en me concentrant sur le nombre de syllabe etc j'ai du mal à me concentrer sur les figures de style ce qui fait que c'est "plat" et pas vraiment poétique 😞 De plus je n'ai que des morceaux et bref je trouve sa nul ce que j'ai fait ! )
PS: c'est dans le désorde total ! Aucun ordre logique !

Un jour le vent hurlait sa rage
Le cerf-volant prit son envol
Gravissant cette montagne
D'injures et de moqueries
Et laissa la tempête l'emporter

Volant
Virvoltant
Tourbillonnant

Laissant apparaître
Dans cette mer de nuage

Un jour sans vent
Un enfant le pris
Le traîna dans la boue
Puis l'abandonna
Préférant ses autre jouets

Delia :
Je n'avais pas vu celà sous cet angle, je n'y avait pas du tout pensé ! Tu as tout à fait raison … Donc en gros j'ai plus qu'à tout recommencer quoi ? xD Un canari ? Ca chante bien ! Mais c'est beau, fin ça a pas de "défaut" comme le crapaud qui n'est pas très beau par exemple … :/ Je suis en mode perdu là 🙄
C'est du portrait chinois…
Il nous faut ou un animal, ou un objet.
Parmi les animaux, il nous faut choisir un animal qui chante harmonieusement (il n'a pas besoin d'être laid…) ou un animal créatif. L'Antiquité assimilait les poètes aux abeilles, qui font du miel avec le pollen, comme le poète crée de la beauté avec des mots préexistants.
La fourmi qui construit sa fourmilière n'est pas une mauvaise image non plus, n'en déplaise à La Fontaine !
Pour un objet, c'est plus difficile : les objets ne chantent pas et n'agissent pas. Tout instrument de musique, harmonieux quand l'homme l'utilise, ainsi que le poète chante sous le coup de l'inspiration (encore que l'inspiration ne joue qu'un rôle très restreint en poésie). Nous avons aussi tous les arbres fruitiers, pour reprendre l'image de Gautier.
Merci pour toute cette "histoire". L'abeille et la fourmi me semblent être de bonnes idées mais dans notre texte il faut montrer le poète comme quelqu'un de mélancolique, seul, que son don pour la poésie rend incompris des autres personnes … Et là les fourmis et abeilles, ça travaille en groupe !
dans notre texte il faut montrer le poète comme quelqu'un de mélancolique, seul, que son don pour la poésie rend incompris des autres personnes
Vous l'avez compris, cette conception du poète n'est pas juste. Pour prendre un exemple contemporain de Baudelaire, voyez Victor Hugo : ni seul, ni mélancolique, ni incompris.
Le poète est un artisan, qui crée de la beauté avec ses mots, et au prix d'un très long travail. S'il s'isole, c'est plutôt pour être tranquille pour composer.
Mais bon, puisqu'il ne s'agit pas de votre conception de la poésie, mais de celle que l'on vous impose, pensez au vilain petit canard d'Andersen qui se révèle un cygne plein de majesté. Ou bien tout objet délaissé car personne ne sait plus à quoi il peut bien servir, comme une boite à musique opposée à un I-pod. Votre image du cerf-volant n'était pas juste non plus, puisque l'enfant comprend très bien à quoi sert ce cerf-volant.
Voici les deux poèmes qu'on doit en quelque sorte "imiter".

Le pin des Landes

On ne voit en passant par les Landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;
Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ce qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !

Théophile Gautier (1811-1872), Espana

et

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Dans ces textes le poète est représenté comme un poète "maudit". Là je suis perdu, que dois-je faire ? Représenter le poète "maudit" ou alors représenter le poète "artisan" ??? Quand dans la consigne c'est marquer "votre représentation de la poésie" MAIS faut prendre exemple sur Baudelaire et Gautier … J'imagine que on s'en fout de notre avis ! Faut donc faire le poète maudit ? Je suis pire que perdu la xD
Mauvaise lecture du pin des Landes : le pin n'est ni maudit, ni méprisé, simplement la résine coule de sa blessure, manière de faire comprendre que la douleur est la meilleure source d'inspiration.
C'est ce que dit Musset dans la Nuit de mai, où il reprend l'image christique du pélican donnant ses entrailles à dévorer à ses enfants affamés :
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Le poète maudit et incompris, c'est l'albatros, et l'albatros seul, albatros dont la souffrance, d'ailleurs, n'est pas créatrice.
Quand dans la consigne c'est marquer "votre représentation de la poésie" MAIS faut prendre exemple sur Baudelaire et Gautier … J'imagine que on s'en fout de notre avis !
C'est bien l'impression que j'en ai…
Donc, ne donnez pas votre avis, mais l'avis que l'on vous impose, c'est la condition pour avoir une bonne note… et prouvez ainsi que la poésie nait de la souffrance !
Souffrance créatrice : pensez au chène-liège, que l'on écorche vif, ou encore à tout bois d'ébénisterie que l'on coupe et découpe pour en faire de beaux objets.
Incompris : l'âne que l'on dit bête et que l'on assomme de coups… Francis Jammes y a déjà pensé, preuve que l'idée est bonne !
Merci pour l'explication, sa m'aide vraiment 🙂
Donc si j'ai bien compris soit :
-je fais un poème axé sur la douleur permettant la création ( => pin de Landes).
-je fais un poème axé sur le poète incompris, "maudit" (=> l'albatros)
?
C'est du moins ainsi que je le comprends moi-même.

Bon courage !
Merci 🙂 Je m'y met tout de suite, sa va pas être facile 😐
J'ai demandé à ma mère qu'est ce qui peut souffrir pour créer ? (Car je voudrais prendre autre chose que l'idée de l'arbre, sa fait trop copier/coller et si je prend cette idée, je me connais et je n'arriverais pas à faire quelque chose de bien). Elle m'a répondu : Une femme pour mettre son enfant au monde …
Sa marcherais ?
C'est excellent… sauf que l'on vous a imposéun animal ou un objet !
Transposez, avec la brebis, par exemple : non seulement elle souffre pour agneler, mais encore on lui prend son lait, sa laine et sa chair.
Delia a écrit :C'est excellent… sauf que l'on vous a imposéun animal ou un objet !
Transposez, avec la brebis, par exemple : non seulement elle souffre pour agneler, mais encore on lui prend son lait, sa laine et sa chair.
Ho oui j'avais oublié celà 🙄
Woua l'idée de la brebis est super, je prend 😀 Merci beaucoup ! 😀
Cette contrainte est d'ailleurs regrettable, car l'image de la mère était gé-nia-le !

Dernière remarque : imiter ces poèmes, c'est imiter leur procédé d'écriture.
Ils sont tous les deux sur le même modèle :
1) l'image (le pin, l'oiseau) ;
2) la clé : le poète est semblable…

Ce deuxième temps manquait dans votre premier travail.
Pour la petite histoire, les critiques disent que Baudelaire a composé d'abord les trois premiers quatrains, simple croquis de la vie en mer. Il n'aurait ajouté le quatrième qu'ensuite.
Oui malheureusement :/

Merci pour la petite histoire ! Oui j'avais bien remarqué que ce n'était que dans la dernière strophe qu'était révélé la comparaison entre le poète & l'animal ou l'arbre/objet de façon direct.

J'ai commencé mais je trouve pas ça terrible, j'arrive pas à faire mieux. Décidément, je ne serais jamais doué pour écrire de la poésie ^^'

Petite brebis égaré
Vois son heure approcher
Perdant son manteau nuageux
Qui sera l'outil des hommes

La brebis bêle de douleur
Mais n'appèle pas au secours
Tandis que l'homme assassin
Découpe sa chair en lambeau
Ce n'est pas si mal…
La brebis est exploitée de toutes les manières : on lui prend son agneau pour le manger, son lait pour en faire du roquefort, sa laine pour en faire des étoffes, sa chair pour en faire des gigots, et sa peau pour en faire autrefois des livres de parchemin et toujours des gants et des chaussures.

Vous pourriez utiliser la brebis bêle de douleur comme un refrain :
la brebis bêle de douleur quand son petit vient au monde ;
la brebis bêle de douleur quand on lui vole son petit pour lui prendre son lait ;
la brebis bêle de douleur quand on la dépouille de sa toison ;
la brebis bêle de douleur quand on lui tranche la gorge pour voler sa viande et sa peau ;
mais de toutes ces souffrances l'homme tire sa vie.
Ainsi en va-t-il du poète…

Simple canevas, à vous de mettre cela en vers qui riment !
Merci beaucoup pour cette idée !
J'ai trouvé quelques parties :

La brebis bêle de douleur
Lorsqu'en elle se forme un second coeur (Par contre sa fait pas 8 syllabe :/ )
+2 vers à faire

La brebis bêle de douleur
Lorsque s'urgit un voleur (me manque une syllabe je crois)
Qui s'empare de son agneau
+1 vers à faire

La brebis bêle de douleur
Quand on la dépouille avec ardeur (10 syllabe au lieu de 8)
De son manteau d'hiver (6 syllabe au lieu de 8)
Pour en faire des pull-overs

La brebis bêle de douleur
Quand on la découpe sans peur
+ 2 vers

Mais de toutes ces souffrances l'homme en tire sa vie.
Ainsi en va t'il du poète.
C'est encourageant…

La brebis bêle de douleur
Lorsqu'en elle se forme un second coeur (Par contre sa fait pas 8 syllabe hmm ) Non, dix… Mais le coeur qui se forme, c'est la conception. La mise bas, c'est donner la vie, à reprendre, donc.
+2 vers à faire

La brebis bêle de douleur
Lorsque surgit un voleur (me manque une syllabe je crois) Oui. Un vil voleur (avec une allitération à la clé…)
Qui s'empare de son agneau
+1 vers à faire

La brebis bêle de douleur
Quand on la dépouille avec ardeur (10 syllabe au lieu de 8) Quand on s'empare… C'est une répétition, mais la poésie c'est la répétition.
De son manteau d'hiver (6 syllabe au lieu de 8) Son douillet manteau…
Pour en faire des pull-overs

La brebis bêle de douleur
Quand on la découpe sans peur
+ 2 vers

Mais de toutes ces souffrances l'homme en tire sa vie. Ou de ces souffrances…, ou l'homme en tire…, pas les deux.
Ainsi en va t'il du poète.

Bon courage pour la suite !
Alors ça a été la cata 🙄
En Français on corrige notre analyse du sujet et j'avais complètement oublié que quand elle voulait dire "imiter Baudelaire ou Gautier" sa voulait dire imiter la forme de leur poème (alexandrin/rime croisés/3 strophes +1 rapprochement poète et animal ou objet). Bref une heure pour écrire un poème et elle ramasse. Heureusement les idées de la brebis m'on servit mais j'ai du tout refaire … Elle a ramassé, je suis dans la mouise xD