Bonjour,
je suis perdue dans l'analyse de la phrase suivante : mon avis est que vous avez raison
"que vous avez raison" : je dirai que c'est une proposition subordonnée conjonctive; or le grevisse dit que c'est une subordonnée attribut..
quelle est la difference entre les 2 ?
merci d avance 🙂
mitsou
le style grammaticale est incorrect phonétiquement !
il faut dire : vous avez raison, je suis d'accord avec vous 😀
pourtant cet exemple est tiré du grevisse… !! :/
Que signifie cette phrase, Icéline ?
le style grammaticaL est incorrect phonétiquement
Une phrase peut être syntaxiquement incorrecte, mais pas phonétiquement ! ou alors, tu fais allusion au hiatus "avis est" mais on est bien obligé d'admettre le hiatus chaque fois que le sujet d'un verbe se termine par une voyelle, et que le verbe commence par une voyelle !
exemple Marie a dit que…
Mitsou, après le verbe être, il n'y a pas de COD (qui serait la seule fonction possible de ta conjonctive : mon avis est QUOI ? que vous avez raison), mais seulement un attribut du sujet !
ok merci pour ta reponse 😀
Bonsoir !
Je suis en train de sécher sur la réponse. Mais je m’arrête, car je cale. Je vous la livre telle quelle à toutes fins utiles, même si cela doit déconcerter certaines personnes.
* Mon avis est QUE VOUS AVEZ RAISON.
Sauf erreur, Grevisse la considérerait plutôt comme un sujet.
Je le cite (n° 1070) :
* Dans une phrase comme « Le vrai est QU’IL Y A DES ABUS », on se demande si la proposition est sujet ou attribut. D’après les critères adoptés au paragraphe 241, nous la considérons comme sujet. »
Effectivement, les phrases peuvent être transformées :
* QU’IL Y A DES ABUS est le vrai.
* QUE VOUS AVEZ RAISON est mon avis.
Avec cette double remarque :
1 qu’on devrait rigoureusement employer alors le subjonctif (AIT, AYEZ), puisque la proposition sujet est placée en tête de la phrase (n°1072) ;
* Que des vérités si simples SOIENT dites et répétées, n’est certainement pas inutile. (Duhamel)
* Que le problème SOIT politique est hors de doute. (Servan-Schreiber)
2 que la proposition sujet est souvent reprise par un nom ou un pronom neutre (n°1070).
* Que vous ayez raison, C’EST mon avis.
Quant à savoir si c’est un sujet ou un attribut, je constate le DÉSACCORD des grammairiens.
* Mon avis est que vous avez raison.
Les uns disent que le sujet est le point de départ de l’énoncé : mon avis.
D’autres disent que la proposition en que est toujours sujet, quelle que soit sa place, et se basent sur des raisons logiques (que Grevisse n’explicite pas).
Grevisse semble se rallier à l’argumentation de Ruwet pour conclure lui aussi que la première partie est l’attribut, le thème de l’énoncé et que la seconde en est le sujet.
Pour s’en expliquer, il cite : « Paris est la capitale de la France ».
La permutation donne : « La capitale de la France est Paris. »
Dans les deux énoncés, PARIS EST TOUJOURS LE SUJET et « la capitale de la France » est toujours l’attribut.
LA PREUVE :
1 → C’est Paris qui est la capitale de la France.
Et non : C’est la capitale de la France qui est Paris.
2 Qu’est-ce qui est la capitale de la France ?
Et non : Qu’est-ce qui est Paris ?
3 On considère Paris comme la capitale de la France.
Et non : On considère la capitale de la France comme Paris.
On en conclut que, lorsque « la capitale de la France » est en tête de la phrase, il l’est non en tant que sujet mais en tant que thème, et qu’il reste attribut.
Je ne parviens pas à en faire autant avec : * Mon avis est que vous avez raison.
Peut-être : * On considère que vous avez raison comme étant comme avis » ?
C’est pour cela que je m’arrête.
Cette querelle peut paraître byzantine, mais je constate que les étudiants sont parfois confrontés avec ce problème, qui a tout de même le mérite de faire réfléchir et de faire suer.
On pourrait peut-être dire "vous avez raison, c'est mon avis" C' : sujet apparent, vous avez raison : sujet réel ?
Bonsoir, Léah !
Oui, mais vous avez transformé une proposition complexe en deux propositions juxtaposées…
Et, dans la seconde, "c'est" est un présentatif qui introduit "mon avis".
Il me paraît donc difficile de parler ici de sujet apparent et de sujet réel.
La nuit nous portera peut-être conseil. A nous et aux autres.
Bonne nuit !
Edy
Oui ! c'est ce que j'ai pensé après avoir posté 😉
Et "que vous ayiez raison est mon avis" ?
Edy je ne peux pas être d'accord quand vous donnez Paris comme attribut dans les deux phrases:
"Paris est la capitale de la France."
et
"La capitale de la France est Paris."
Pour moi, dans la première, Paris est sujet.
"Mon avis est que vous avez raison."
Je vois que "vous avez raison" comme attribut, effectivement.
Mais que faire de "que", sinon un explétif?
Bonsoir, Lebeau !
Vous m'avez lu (quand je dis moi, c'est Grevisse) trop rapidement.
J'ai écrit :
* Dans les deux énoncés, PARIS EST TOUJOURS LE SUJET et « la capitale de la France » est toujours l’attribut.
Pour le surplus, je dois vous contredire amicalement : le QUE est bel et bien une conjonction de subordination. C'est d'ailleurs à propos des complétives que Grevisse a parlé de cette "byzantine question".
* Le vrai est qu'il y a des abus. (Mauriac)
Pour Grevisse, la complétive est un sujet.
Là en effet on peut inverser
Qu'il y ait des abus est le vrai (ou : est la vérité)