Prince des Poètes

Littérature

6 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir,

Je m'interroge. Pourquoi n'avons-nous plus de Prince des Poètes depuis la mort de Senghor en 2001? Quelqu'un a-t-il été élu? De quelle manière? A-t-il refusé sa charge?
Comment les Princes des Poètes ont-ils été élu au XXe? Quelqu'un a-t-il des détails sur les assemblées qui les ont déifiés?
Si un nouveau Prince devait se voir couronner, qui serait à même de l'élire? L'Académie? Les Poètes français reconnus (si oui, que signifie 'reconnus'?)?

Pas mal de question, je suis curieux et j'aimerais éclaircir tout cela si quelqu'un en sait un peu plus.
Je ne savais même pas que ça existait ce titre!
C'est décidé, quand j'serai grand, je serai prince des poètes! 😜
Ce que j'ai trouvé sur internet avec Maurice Carême :
PRINCE EN POÉSIE
Election le 9 mai 1972 – Le Procope, avenue de l’Ancienne Comédie, Paris 6ème arrondissement. Le jury placé sous la présidence d’honneur de Maurice Genevoix, Roland Dorgelès et Roger Giron se composait des écrivains : Jean Guirec, Camille Belliard, Marc Bernard, André Beucler, Jules Carrez, André Dhôtel, Pierre Labracherie, André Lebois, Emmanuel Roblès, Romain Roussel, Louis Simon, Daniel Sor, et René Violaines.

Le titre de prince en poésie était donné à vie, mais le règlement prévoyait une élection tous les 5 ans. Ce fut Léopold Sedar Senghor qui obtint le titre en 1977 et fut donc prince en poésie conjointement avec Maurice Carême jusqu’à la mort de celui-ci survenue en 1978.
Dans d'autres pays (surtout anglo-saxons) il existe toujours le "Poet laureate". Par exemple en Grande Bretagne sur la proposition du Premier Ministre la reine a nommé en 2009 Carol Ann Duffy. Maintenant ce n'est plus un titre à vie mais une nomination pour dix ans. Une consécration et quelques obligations officielles.
Pour ce qui était de l'Angleterre, je savais que ça fonctionnait ainsi mais pour la France… Cette élection m'a l'air faite d'une armée d'inconnus… C'est dommage, après il ne faut pas se demander pourquoi la poésie est systématiquement remisée au dernier étage de la littérature quand le roman prend (injustement) la part belle.
Je connais un tout petit peu Genevoix, Dhôtel, Dorgelès et Roblès dans la liste mais je ne les connais que par un de leurs romans.
Apparemment, un collectif de poètes a décerné le titre à Jean Ristat en 2013.
Dans mon souvenir (relatif à un débat de suppression de l'article "Prince des poètes" sur Wikipédia), il n'y a pas vraiment de synthèse au sujet de ce titre.

J'en profite pour signaler qu'il existe un bon nombre de prix littéraires consacrés spécifiquement à la poésie, d'où mon étonnement quand je lis
C'est dommage, après il ne faut pas se demander pourquoi la poésie est systématiquement remisée au dernier étage de la littérature quand le roman prend (injustement) la part belle.
Du côté des prix, il n'y a pas de manque ; on a la chance d'avoir un nombre remarquable de poètes d'exception (et de bons poètes, intéressants). Ensuite, la question relève du lectorat, des éditeurs, des médias… Il est assez commun de voir les gens offrir le dernier prix Goncourt ou prix *** (un roman) à un proche ou un ami qui ne le lira pas (ou le lira/s'y intéressera un peu juste pour "pouvoir en parler") ; je pense qu'il serait plus intéressant pour le bénéficiaire du don de recevoir un recueil ou une plaquette de poésie (et d'ailleurs en ces temps où se vendent bien les petits essais de 25-30 pages et autres, ça pourrait être intéressant), mais bon, ce n'est pas moi qui fait la rentrée littéraire 😜 . Je ne crois pas que la poésie en général soit "remisée au dernier étage".
Par contre il est certain que la poésie contemporaine, à part durant le Printemps des poètes peut-être, et lorsqu'elle finit dans un programme scolaire, est souvent complètement occultée par la masse des romans, et que pas grand monde ne parle du dernier Prix Goncourt de la poésie (à part lorsque l'écrivain est en même temps romancier), du dernier Grand prix de poésie de l'Académie française, ou des autres "grands" prix moins médiatisés encore mais tout aussi méritants…
Mais ce n'est sans doute pas par rapport à l'absence d'intérêt autour du titre du "Prince des poètes". Notamment parce que, si on considère l'expression elle-même, on peut l'attribuer à plusieurs figures du monde de la poésie française et francophone actuelle : Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, par exemple, sont deux grands poètes déjà classiques, très étudiés à l'université, cités comme sources d'inspiration par les générations suivantes (enfin, celles qui ont une conception similaire de la poésie).