Difficulté pour traduire un texte latin
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Vous lisez ce que l'on vous écrit ?
Praealto qualifie
tecto, le toit dont est tombé un malheureux qui depuis souffre d'une amnésie partielle qui lui fait ne pas reconnaitre sa propre mère.
Pas dans le dictionnaire ?
praealtus, a, um : - 1 - très haut. - 2 - très profond.
A vous de choisir entre le sens 1 et le sens 2,
en vous représentant la situation.Oui merci 🙂
Et en effet je lis ce que vous écrivez, mais si je ne sais la traduction du mot que praealto qualifie tecto ne m'aide pas. Et non il n'était pas dans le mien.
Mais réfléchissez !
Il est tombé d'un toit… schtroumpfé : comment pouvait-il donc être, ce toit ?
Ne raisonnez pas mot par mot, mais prenez une vision d'ensemble.
Il est tombé d'un toit très haut et a oublié par après sa mère, ses parents et ses proches. 🙂
J'ai une petite question encore : Pourriez-vous me donner les sujet des verbes de ces exemples (avec l'oubli de l'aptitude à lire, avec le mec qui tombe du toit, avec le malade et enfin avec l'orateur) car de fois Pline l'Ancien ne met pas de sujet, parfosis il met un "un" ou encore un "un autre", mais je n'arrive pas a mettre de sujet quand il n'y a rien ..
Pouvez-vous m'aider ?
En latin, le sujet n'est pas forcément exprimé par un nom : la forme verbale suffit.
Cela dit, vous les avez trouvés, les sujets, mais comme ce sont des participes ou des adjectifs, vous les avez pris pour des verbes !
Vous écrivez :
Il est tombé d'un toit très haut et a oublié par après sa mère,
ex praealto tecto lapsus matris […] cepit oblivionem,
Lisez mieux : vous avez ajouté mentalement des mots latins, que vous traduisez allègrement. Or, il n'y a qu'un seul verbe, cepit, , et le et relie les différents génitifs compléments du nom oblivionem.
Tombé d'un toit très haut,(un) a oublié sa mère, ses parents et ses proches. C'est bon comme ça ? 🙂
Voila ma dernière version : « Il n'est pas facile de dire chez qui la mémoire, bien de la vie le plus nécessaire, a été particulièrement essentiel, tellement nombreux sont ceux qui ont acquis sa gloire. Le roi Cyrus savait les noms de ses soldats dans l’armée, Cinéas le légat du roi Pyrrhus rendit au peuple romain de Scipion les noms du sénat et de l’ordre équestre de Rome arrivé le jour avant. Mithridate, roi de 22 nations, rendit la justice grâce à la langue, adressant ses paroles à chacunes des personnes en particulier de l’assemblée sans interprète. Rien n'est aussi fragile dans l'homme (que la mémoire) : elle se ressent des dommages des maladies, d'une chute ou même de frayeurs, parfois partiellement, parfois entièrement. Le coup d'une pierre fait perdre seulement l’aptitude à lire, un, tombé d'un toit très haut, a oublié sa mère, ses parents et ses proches, un autre, malade, a oublié son esclave, et même l'orateur Messala Coruinus a oublié son propre nom. Par conséquent elle fait souvent défaut même avec un corps paisible et fort. »
Delia as-tu encore qlq remarques ? 🙂 Et pourrais-tu m'aider pour la dernière phrase je reste vrmt bloqué …. :/ : "somno quoque serpente amputatur, ut inanis mens quaerat ubi sit loci."
Voici mon analyse. Y aurait-il un ablatif absolu dans le début ?
somno --> abl/dat sg
quoque --> Adv
serprente --> PPA à l'ablatif (de glisser, ramper) ou serpens, spentis (le serpent) --> abl sg.
amputatur --> ind.présent P s3
inanis --> adj au nom sg
mens --> nom sg
quaerat --> ind + que pft s3
et le ubi sit loci --> je ne sais pas. A mon avis loci est un génitif partitif dépendant de l'adv ubi ?
Mon analyse est juste ?
Je me permets de répondre à la place de Delia, mais pour abonder dans son sens.
A quoi sert l'analyse à laquelle tu te livres ? Cette analyse doit être mentale et tu ne dois pas quitter le texte des yeux quand tu cherches à identifier le sens. Tu ne vas pas analyser séparément inanis, puis mens, encore moins écrire cette analyse, mais tu vas remarquer que inanis et mens sont groupés, et qu'ils ont des chances de constituer le groupe sujet…
somno quoque serpente : oui, c'est un a.a. : "également, le sommeil gagnant progressivement,"
amputatur : elle est abolie (la mémoire, bien sûr)
ut : de sorte que
inanis mens : l'esprit à vide
quaerat : cherche
ubi sit loci : en quel lieu il se trouve (tu avais bien analysé, cf Gaffiot).
Attention, tu as fait un faux sens sur praecipua au début. Je t'avais indiqué le sens d' "exceptionnelle"
" Elle est également, le sommeil gagnant progressivement, abolie de sorte que l'esprit vide cherche en quel lieu elle (la mémoire encore) se trouve. "
C'est bon comme ça ? 🙂
Et merci pour praeacipua je l'ai modifier dans mon traitement de texte 🙂
Oui, bien sûr, mais si tu as à traduire, il faut élaborer ; écrirais-tu la phrase en mot à mot dans une rédaction ?
Pour traduire l'ablatif absolu, tu peux écrire : "à l'approche du sommeil", par exemple…
Mais bien sûr, on est là dans le domaine des "finitions" ! 🙂
Non : pas "en quel lieu elle se trouve, mais en quel lieu il (l'esprit) se trouve"
Une dernière remarque (amicale) : regarde bien ce qu'on te propose en correction ou ce qu'on te suggère. J'avais écrit "il" ! Un mot à mot n'est pas une traduction décontextualisée ; je n'avais pas écrit "il" pour donner un sujet virtuel au verbe…
Le coup d'une pierre fait perdre seulement l’aptitude à lire.
Tombé d'un toit très haut,(un) a oublié sa mère, ses parents et ses proches. C'est bon comme ça ?
Pourquoi traiter différemment les deux participes
ictus et
lapsus ?
Et pourquoi ne pas traduire
oblitus est par a oublié, tout bêtement ?
Obliviscor signifie oublier. Pourquoi donc chercher la complication pour une fois qu'un mot latin peut être rendu par un mot français !
Pour la seconde phrase, c'est la construction du latin, ce n'est pas une phrase naturelle !
On dira plutôt : l'un, frappé d'un coup de pierre…., l'autre, tombé d'un toit très haut a oublié… Ou plutôt non, on ne dira pas a oublié : Pline emploie deux tournures différentes :
oblitus est/oblivionem cepit, il faut donc deux traductions différentes. L'un a oublié, l'autre a été frappé d'oubli. Oublier, oubli, pour rendre la figure dérivative de Pline
Ha d'accord j'avais prit le "il" pour un sujet virtuel 🙂
Donc voilà ce que j'ai mis dans mon traitement de texte : "Elle est également, à l'approche du sommeil, abolie de sorte que l'esprit vide cherche en quel lieu il se trouve." 🙂
En tout cas je vous remercie vraiment pour l'aide que vous m'avez apportée Delia et Jacques, vous m'avez aidé en me donnant des conseils sans jamais me donner la traduction telle quelle ce qui m'a permis de bien comprendre. Merci beaucoup!! 🙂 🙂
Merci de votre merci. Tenez-nous au courant des suites : qu'en dira votre professeur ?
Quant à moi, j'ai bel et bien donné par deux fois la traduction "telle quelle" ! A ce sujet, ne nous méprenons pas sur le rôle du mot à mot. Celui-ci n'est pas une traduction "en aveugle" de chaque mot latin avec à terme un charabia provenant du fait qu'une forme verbale ou nominale, à plus forte raison une conjonction, peuvent recevoir des traductions très différentes.
Ma propre démarche est la suivante :
- Je lis, je relis parfois dix fois le texte latin et je le comprends ; comme pour toute langue, il s'agit d'un acte mental assez complexe car il faut saisir, organiser, apprécier la validité des hypothèses qu'on ne manque jamais de faire et construire progressivement du sens en étant toujours persuadé que cela veut dire quelque chose…
- A partir de là, je peux faire le mot à mot. Celui-ci a deux fonctions :
+ Il permet de justifier ma compréhension littérale du texte lors d'une épreuve orale d'examen, par exemple.
+ Il permet aussi de faire comprendre le sens du texte à un "apprenant".
Il ne préexiste donc jamais à la compréhension, sauf dans de rares cas où le texte "résiste". L'analyse grammaticale peut alors s'avérer fructueuse, quoiqu'une telle analyse m'ait personnellement rarement servi. Je me sers alors de mon intuition, j'essaye de "reconstituer" le fil du texte, de recourir pleinement aux hypothèses de lecture. N'oublions pas non plus le recours au dictionnaire, car beaucoup d'obstacles sont d'ordre lexicaux (en grec surtout pour les verbes et les prépositions).
Ce mot à mot n'est pas du charabia ; il est lourd, inélégant, à la limite de l'acceptabilité dans la langue cible, mais il reste compréhensible.
Vient enfin (pas pour moi) le travail du traducteur, qui doit donner l'impression que le texte a été rédigé directement dans la langue cible tout en restituant fidèlement l'expression de la pensée de l'auteur et ses intentions stylistiques, et qui, de ce fait, est un travail de spécialiste et d'écrivain.
Tout cela pour dire que mon "il" ne pouvait pas être virtuel, et qu'en livrant le mot à mot, je n'ai pas vraiment effectué un travail pédagogique…
En effet, vous m'avez donné la première phrase du début et des petits bouts par la suite. Mais grâce à vos conseils à tous les deux, j'ai pris plaisir à essayer de traduire ce texte (ce qui ne m'était jamais arrivé). Beaucoup de travail, certes, mais quelle satisfaction lorsque le travail est fini et bien fait 😉 !
Je vous renverrai, bien sûr, ma note et les remarques de mon professeur.
ps: et merci des derniers conseils que vous m'avez donnés Jacques 🙂
vincent.bernard11 a écrit :Je suis en quatrième secondaire.
La prof doit pas beaucoup t'aimer…
Que veux-tu dire par là ?
S'il est en quatrième, c'est qu'il fait du latin depuis un an et demi, et surtout de la civilisation.
Il y a dans le texte des pronoms de rappels, des mots à la troisième déclinaison (et autre)… Et puis le texte est très long.
Je comprends que ce n'est pas très "fin" de ma part de dire ça devant lui, mais enfin, pour moi, la prof y est allé fort. Après, bien sur, chacun fait ce qui lui plait…
En Belgique, l'enseignement du latin commence dès la première secondaire soit à 12 ans. vincent.bernard11 en est donc à sa 4ème année d'étude du latin.
Point qui avait d'ailleurs été précisé :
à ma question :
Quatrième secondaire ? Vous devez faire vos études en Belgique : les quatrièmes, en France, ne sont pas encore de taille à aborder Pline !
Vincentbernard avait répondu :
Je suis en effet bien en quatrième secondaire en Belgique (donc je suis à ma quatrième année de latin) .
Ah je comprends mieux. Je n'avais pas lu ça