Auteurs oubliés, inconnus, méconnus…

Littérature

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Ce sujet est dédié aux oubliés des programmes… et des lecteurs.
Chlorure nous a fait découvrir Paul Gadenne, à vous de nous faire partager vos coups de coeur, sans poser de devinettes !

Irène Némirovski est-elle inconnue ? Pas vraiment, car elle a été lauréate du prix Renaudot 2004 pour Suite française. Un prix largement posthume, car elle était morte à Auschwitz en 1942. Prix posthume, oeuvre posthume aussi : depuis 1940 elle était interdite de publication, ses derniers textes sont donc demeurés à l'état de manuscrits.
Dont Suite française, une peinture impitoyable de la France de l'exode, puis de la France occupée. Pas de grands tableaux à la Tolstoï (que Némirovski, née en Ukraine, lisait dans le texte), des destins individuels, qui donnent une vue d'ensemble.
A lire dans l'édition folio, pour le supplément : les notes de travail, concernant la suite que l'auteur n'a pas eu le temps de rédiger, les lettres désespérées de son mari qui tentait d'avoir des nouvelles, et qui n'en obtint jamais, et fut à son tour gazé à Auschwitz quelques mois après son épouse.
La Pochothèque a réédité les oeuvres complètes d'Irène Némirovski en deux pavés de 1 500 pages chacun. Embarquez-vous pour ce voyage au long cours !
Connaissez-vous Georges de Peyrebrune ?
Après pareil appel du pied, je n'puis que venir parler de Gadenne, ce grand méconnu !

Paul Gadenne, c'est un romancier du siècle dernier tombé dans l'oubli, un fascinant auteur. Un joyau.
Il nait en 1907 à Armentières, dans le nord, mais c'est tout jeune qu'il arrive à Paris, poussé par la guerre et le front qui s'installe. Il y fait ses études, brillantes ; fréquente au lycée Louis-le-Grand Brasillach et Bardèche, avec qui il restera proche ; Puis entame en 1932 la carrière d'enseignant la plus courte de toute l'histoire de l'instruction publique : la tuberculose, en 1933, le contraint à arrêter sa carrière, à s'isoler. C'est cet exil en sanatorium qui le poussera à l'écriture, à laquelle il se dévouera jusqu'à sa mort en 1956.

En 1941 il sort Siloé, son premier roman chez Gallimard. Très difficile d'accès, Siloé, quoique magnifique. C'est un roman aux traits autobiographiques marqués dans lequel l'auteur se glisse dans la peau de Simon Delambre, un tuberculeux enfermé dans un sanatorium. C'est à travers lui qu'il pose les bases de sa réflexion, de sa métaphysique. C'est à travers lui qu'il s'interroge sur le monde ("La maladie, en l'immobilisant, lui avait rendu le monde visible."), et cherche à cerner par l'écriture l'essence de ce qui l'entoure. Siloé c'est une fascinante ouverture au monde.
Puis vient Le Vent Noir en 1947, un roman plus sombre, plus viscéral. Plus urbain. L'angoisse de la seconde guerre est passé par là. On y sent partout l'étouffement, l'enfer de la ville, face à des hommes devenus pour lui des barbares. C'est le début d'un exil, du sentiment d'un exil, qui le poursuivra tout au long de son œuvre.
Deux romans lui succèdent. La Rue Profonde, en 1948 ; et L'Avenue, 1949. Ce sont des romans plus denses, peut-être plus profonds, qui prennent parfois une tournure mystique (fasciné par la mystique chrétienne en effet, c'est par une citation de St-Jean qu'il avait choisi d'ouvrir Siloé… avant d'y répondre par une autre, de Rimbaud celle-là). Via la figure du poète, il y interroge l'amour, la création artistique, la mondanité ou le chemin religieux, comme autant de réponses possibles à la vanité du monde.
Vient La Plage de Scheveningen en 1952, probablement son roman le plus connu. Le plus accessible aussi. Doté d'un véritable recul sur ses angoisses face à la guerre, il y questionne la place de l'art face à la politique, à la barbarie qui a ravagé l'Europe. Il s'interroge aussi sur la place en société de ses pairs ; notamment de son ancien ami Robert Brasillach, dont il cherche à comprendre le cheminement politique, et auquel il oppose le dandy qu'est Drieu la Rochelle. C'est surtout le roman qui offre avec le plus d'acuité la pensée de son incompatibilité au monde : "Tandis que toute une part de nous même retombait à sa passivité, notre imagination restait brûlante, et chaque jour nous faisait descendre un degré de plus dans l'horreur. Nous étions des hommes, et nous découvrions qu'être des hommes, c'était répondre au même nom que nos bourreaux. L'honneur des hommes, notre honneur, était entaché.".
Avec L'Invitation chez les Stirl, un remarquable traité du style de facture plus classique, Gadenne prend une certaine distance avec son époque, cherche l'intemporalité, dialogue avec ses pères (Villiers de l'Isle Adam, Huysmans, Léon Bloy…). C'est l'histoire d'un peintre qui entretient une frustration telle, face à l'amour d'une femme donnée à une autre, qu'il ne peut plus toucher le moindre pinceau. Une histoire anecdotique énoncée comme telle, qui pourtant cherche à sonder l'âme, son rapport au désir, à la création artistique.
Enfin, les Hauts-Quartiers, roman édité à titre posthume en 1973 est le point d'orgue du pessimisme croissant de l'auteur. Son œuvre, née d'une ouverture au monde, à l'essence immuable des choses, semble se refermer sur l'idée d'une inadéquation fondamentale de l'homme au monde, d'une impossibilité de fuir son identité, son humanité et ainsi, la barbarie primitive du corps qui l'aliène.
Il a également écrit de nombreuses nouvelles rassemblées à titre posthume sous le titre de Scènes dans le château, où figure Baleine, sa nouvelle la plus connue, fabuleuse, qui transcrit la rencontre de naufragés échoués sur une île et d'un cadavre de baleine blanche, nacrée, imposée à la plage comme le tombeau d'une ancienne Europe. Une trentaine de pages d'une magie et d'un style époustouflants !
Ses poèmes sont également rassemblés sous le titre La petite Ourse, et traduisent une angoisse toute mystique digne de Camus :
"Le vent m'enferme en son ressentiment
Le pavé crie le passant me désarme
Le ciel me brûle et ne me répond pas
"

Si Paul Gadenne mérite d'être lu et reconnu, c'est avant tout parce que son œuvre, pénétrée d'un style à la qualité rare, est d'une profondeur et d'une beauté que j'ai rarement retrouvé dans la littérature moderne, et qui reflète à merveille le dilemme existencialiste d'une pensée. Remarquable métaphysicien emprunt de mysticisme chrétien (qui le rapproche de Claudel sur certains aspects), ses romans font preuve d'une subtilité et d'un mystère incroyables, qui ne sont pas sans évoquer la prose d'Henry James. Néanmoins, sa retraite dans le sud-ouest à fait qu'il a rompu tout contact de son vivant avec le milieu des éditeurs parisiens, affaiblissant du même coup sa renommée naissante… Une très grande perte pour l'histoire de la littérature : je vous invite ainsi à découvrir cet écrivain trop injustement méconnu ! 🙂



@Nils : jamais entendu parler, tu peux nous en dire davantage ? 😉
Gadenne prend une certaine distance avec son époque, cherche l'intemporalité, dialogue avec ses pères (Villiers de l'Isle Adam, Huysmans, Léon Bloy…). C'est l'histoire d'un peintre qui entretient une frustration telle, face à l'amour d'une femme donnée à une autre, qu'il ne peut plus toucher le moindre pinceau.
C'est dans cet ouvrage que vous avez prélevé l'extrait mystérieux. D'où les fausses reconnaissances de Villiers ou Huysmans, pas vrai ?
Personnellement, je n'ai pas trouvé que le texte ressemblait à du Huysmans…
Non, le texte était extrait de L'Avenue, roman qui n'a pas grand-chose à voir avec l'écriture décadentiste. Au contraire, dans mes souvenirs, le style y est très épuré.
Jacques écrit :
Personnellement, je n'ai pas trouvé que le texte ressemblait à du Huysmans….
Cependant quelqu'un a bien posté :
Je trouve que ça ressemble à du Huysmans.
Certes, mais je ne suis pas responsable de ce que postent les autres membres du forum ! J'ai cité Villiers de L'isle-Adam à cause de l'Ève future, mais sans conviction.
… j'avais donc raison de signaler que le texte avait évoqué, pour les uns Huysmans, pour d'autres Villiers. Je ne voulais pas dire autre chose, et je ne visais personne.

(Moi aussi, j'ai voté Villiers, à cause des mots Eve nouvelle, mais l'ensemble m'évoquait plutôt les envolées lyriques de Zola.)

Question pratique : chez qui est édité Paul Gadenne ?
En effet, le texte n'était pas tiré de L'invitation mais de L'avenue (pour être exact, de la fin du chapitre X, P.135 dans l'édition Gallimard). Dans cet extrait, Antoine, le protagoniste du roman, est représenté en train de sculpter une Ève d'argile, grâce à laquelle il tente de restituer l'émotion ressentie face à Eliane, son amour perdu. C'est l'occasion pour l'auteur de dresser une introspection de l'artiste sur son âme créatrice, et de composer un vrai moment de poésie.
Le style du roman, comme l'a dit Polo, y est très épuré (il peut évoquer la musique des moments les plus intimes de Proust ou de Malraux, à la rigueur, qu'aimait beaucoup l'auteur ; m'enfin… Gadenne dispose d'un style à la fois très personnel et très particulier !).

Si j'ai osé ces comparaisons c'est parce que L'invitation chez les Stirl me semble être un roman assez marginal dans l’œuvre de Gadenne, ce qui vient peut-être de sa composition tardive. La prose y est de facture plus classique, davantage maitrisée, et m'évoque parfois, à titre personnel, certaines considérations artistiques de Des Esseintes, ou encore des bribes d'exaltation poétiques qu'on retrouve aisément à la fin du XIXème. De là à parler de références, c'est beaucoup dire ; et tout ressenti, en littérature plus qu'ailleurs, est sujet à débat !


Je ne résiste pas à l'envie de vous mettre la suite de l'extrait proposé lors du jeu de l'auteur mystérieux, extrait qui conclut donc le chapitre 😉 :
"Même il lui arrivait de s'évader vers des régions que l'artiste ne lui avait pas tout à fait prescrites, et où il échouait à la rejoindre aussi bien qu'à la ramener vers lui. Peut-être était-ce le signe qu'il "brûlait" ?… Pourtant elle était bien réelle. Au-dessus du ventre, le thorax dessinait une grande arche, qui n'était pas seulement belle, mais qui parlait pour toute une race, pour toute une humanité : on pensait que les hommes n'avaient eu, pour trouver l'ogive, qu'à regarder un corps. Cette figure-là n'avait pas besoin d'ouvrir la bouche, de sourire, pour être entendue. "Je suis la capitale de toute vue, le carrefour, la gerbe… Le noyau…" Une figure telle que n'importe qui subirait son empire, serait obligé au silence. "Cette forme, pensa Antoine, devrait être sans visage. On n'en recevrait que mieux le bonheur qu'elle donne, et l'inquiétude qui est au revers du bonheur, et qui en fait partie, comme le dessus et le dessous de la même étoffe…" Il s'approcha, posa la main sur le genou rugueux, ferma les yeux. "Les mains devraient suffire, pensa-t-il encore. La sculpture, cela se touche… Ces lignes montantes et descendantes, ces volumes… Oui, le sculpteur devrait être aveugle…" Il travailla presque toute une journée sans arrêt, et ne se reposa qu'à la nuit tombante. Avant de quitter son atelier, il fit encore tourner la statue devant lui plusieurs fois, puis il contempla de loin et, durant quelques minutes, éprouva un amour violent, plus fort que la raison, pour cette chose qu'il était en train de faire, qui était son œuvre… Et en même temps, comme un avertissement venu d'un autre monde, il sentait, avec une surprise qui était à peine de la tristesse, que cette passion, qui avait fait sa vie, était du même fonds que l'indifférence qui à tout moment risquait d'en surgir."
@Delia : Parmi ses romans encore en publication, L'avenue, La Plage de Scheveningen et L'invitation chez les Stirl sont tous trois édités chez Gallimard pour une somme modique, format poche (collection l'Imaginaire pour les deux derniers). Siloé est toujours édité chez Points. Quant à ses autres romans, s'ils font "régulièrement" l'objet de rééditions, il ne sont à ce jour, à ma connaissance, trouvables que d'occasion.
PS : bien qu'y trouvant sa source, il serait dommage que ce topic naissant, au thème prometteur de surcroit, devienne un commentaire du jeu de l'auteur mystérieux : laissons là les querelles, et célébrons les auteurs qui le méritent. 😉
Connaissez-vous Pavel Niline ? C'est un des auteurs soviétiques les plus représentatifs d'une époque (le post-stalinisme) qui se met à regarder son passé un peu plus librement et qui trouve des moyens littéraires à la hauteur pour en parler. Son meilleur livre (selon moi) est Cruauté (Jestokost'), paru en 1956, mais élaboré avant cette date. Ce roman évoque la période troublée qui précède et accompagne la naissance de l'URSS. Son action se situe en 1923, dans une petite ville de Sibérie. Le comité des soviets locaux a décidé de lutter énergiquement contre les bandes de "brigands" constituées par des paysans qui refusent la collectivisation et se sont mis à ciommettre des exactions (le parallèle avec les guerres de Vendée est saisissant). La milice urbaine voit s'opposer deux personnages et deux idéologies différentes : celle de Venka Malychev, le révolutionnaire pur, mais humain, pour lequel la répression, les "exemples" et le mensonge ne doivent pas être employés, l'idéal révolutionnaire se défendant de lui-même et représentant une Vérité sacrée qu'il suffit d'enseigner. Le mal, la falsification, la cruauté doivent être naturellement du côté de la bourgeoisie, pas de la Révolution. D'autre part celle d'Ouzelkov, chef de la milice, pour qui tous les moyens sont bons pour arriver à la victoire du Socialisme, même les plus infamants comme les exécutions en masse mêlant "coupables" et innocents, mais surtout le mensonge. Ce livre est très significatif d'un certain réveil des consciences qui s'est opéré après la dictature stalinienne et les conceptions de son auteur sont très originales car loin de se poser en "dissident", Pavel Niline a eu le mérite d'essayer de concilier l'idéologie révolutionnaire la plus authentique avec un certain humanisme.
Merci pour la découverte, Jacques ! J'ai toujours été très intéressée par cette période de l'histoire russe (soviétique).

Je vais réfléchir à vous présenter plus tard quelques auteurs oubliés ou méconnus (bien que certains se trouvent déjà sur mon blog).
Je plussoie Polo, merci pour la découverte, j'y jetterai un œil dès mon tour de Gide terminé 🙂 !
Quant à moi, je m'en vais vous préparer une présentation d'Antoine Blanc de Saint-Bonnet qui devrait faire plaisir aux dixneuvièmistes (vindiou qu'le terme est laid) !

Autre chose : vous semble-t-il pertinent d'instaurer des règles de présentation des auteurs présents ? J'ai moi-même choisi une présentation tripartite ( Biographie / Présentation de l’œuvre / "En quoi mérite-t-il d'être lu ?", aka séquence pub'), mais si vous avez de meilleures idées, plus claires, je suis preneur 😉 !
On ne va pas instaurer un plan en trois parties divisées chacune en trois sous-parties ! Ne pourrait-on faire en sorte que la liberté et la spontanéité créent leurs propres moyens d'expression ??

Pour ce qui est de "Cruauté", je ne vous dis pas la fin, on s'en doute… mais le "comment" est original.
D'autre part, je ne sais s'il existe en traduction !!!
Connaissez vous Jacques Madelain?
j'ai un de ses livres(j'ai peur que ce soit le seul qu'il a)" L errance et L'itinéraire",j'ai cherché sur internet pour voire s'il en a d'autres mais que dalle…,le livre en question est une lecture de la littérature magrébine de langue française jusqu’au milieu des année 80,la dernière publication du livre 1999,moi j'ai une plus ancienne mais sous la même Edition, à vous de le découvrir: «La quarantaine d'année que recouvrent ces romans maghrébins expliquent que le contenu et le devenir de l'union mixte peuvent être très différents…"
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il y' a là des écrivains, des romanciers et des poètes magrébins d'expression françaises bien sure, comme Assia Djebbar par exemple qui est membre de l’académie française depuis 2005,Mohammed Dib,Driss Chraibi,Mouloud Ferraoun,Benheddouga,Boudjedra,Bendjelloun, et bien d'autres, des œuvres comme Les chemins qui montent, La colline oubliée, L’incendie, Le fils du pauvre, La terre et le sang ,Moha le fou sont passée au crible avec lucidité ;Jacques Madelain dans une analyse pertinente et avec un style particulier et qui dénote une grande connaissance en la matière, et du sujet qu'il traite ce qui lui a permis de réaliser cet énorme exploit, qu’on pourrait considérer comme un véritable ouvrage de référence et à mon avis il n'est pas aisé de traiter tous ces ouvrages à la fois, force est de constater qu'il y étale son analyse sur des ouvrages de plus d'une quarantaine d'écrivains ,de romanciers et de poètes toutes formes de discours confondues:
"Cette littérature a cependant la caractéristique de susciter des commentaires en tout genre, souvent polémiques, sur tout ce qui la détermine, au point qu'elle peut finir elle-même par être reléguée derrière cet écran verbal.
L’identité du lecteur, l’utilisation de la langue française avec sa charge d’ambiguïté, provoquent jugements aigres voire anathèmes chez les uns, sympathie a priori voire paternalisme camouflé chez les autres. Le fait même de s'intéresser à cette littérature implique que le critique, s’estimant soumis à la question préalable, fasse une déclaration préliminaire destiner à le laver de tout soupçon d'européocentrisme ou de reniement de son authenticité selon le coté de la Méditerrané ou il s'exprime. Pour bien domestiquer -anesthésier-cette littérature, on la classe en genres, en périodes (ethnographie, acculturation, combat), on fait des commentaires de commentaires, on étiquette les écrivains de manière catégorique…
"Dites "bâtarde», écartelée, fiévreuse, procédant de la verve picaresque et de la passion soufie, la littérature maghrébine de langue française laisse différent celui qui s'en imprègne. Car pour le Maghreb lui-même, il n'est pas de tiédeur possible. Comme si ces écrivains utilisaient ce qui les isole, les déchire et pourrait les exclure, afin d'atteindre l'universel. Comme si la souffrance augurait du dépassement.
Venus d'ailleurs, ces romans noués dans la gorge se dévident tel un écheveau de signes. Ils disent l’égarement de l'homme dans l'espace paradoxal, quand il a laissé choir les oripeaux de certitudes faciles, et brisé les idoles du sommeil ou de l'oppression. Et leur lecture fonctionne comme la tension de l'arc".