Jean-Pierre Camus, La mère Médée

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous,

Je dois faire un commentaire littéraire sur l'ensemble du texte de La mère Médée de Jean Pierre Camus.
Jean Pierre Camus est un évêque et écrit des romans et des nouvelles. La mère Médée est une nouvelle. l'auteur introduit le récit en prévenant d'entrée ses lecteurs "venez voir ici un spectacle d'horreur".
Pour l'histoire, je ne peux pas vous joindre le texte donc je vous fait un rapide résumé:
il s'agit d'un homme détourné par ses passions, ici l'amour, qui trompe sa femme.Cette dernière, malheureuse, décide de tuer à coup de hache ses 4 enfants et se tranche la gorge. L'auteur conclut en disant: "l’adultère non seulement ne peut prospérer, mais est sujettes à mille malheurs".

J'ai donc étudier en long en large et en travers le texte, mais je ne sais pas comment l'aborder.
J'ai donc relever les principaux thèmes:

- il ne faut pas se laisser guider par nos passions : l’amour
- importance du massacre, idée de noirceur, de mort, de désespoir, de malheur… Il s'agit d'une nouvelle tragique. C'est aussi un spectacle d'horreur.
- l’infidélité à combattre (morale) : « l’adultère non seulement ne peut prospérer, mais est sujettes à mille malheurs)
- Camus met l’accent sur la terreur et l’effroi des personnages. Les lecteurs ne peuvent qu’être accablés devant le « spectacle d’horreur » de la mère baignant dans son sang et celui des enfants.
- Camus décrit un monde régi par les passions et non pas par la raison.

Je ne sais pas comment faire des axes sans que les sujets que je dois aborder ne se croisent…

J'ai pensé à plusieurs axes tels que:

La mécanique d'une histoire fatale
Une histoire à l'issue tragique
Un récit d'horreur à visée moralisatrice

Mais je trouve que ça ne va pas…

Pouvez vous m'aider s'il vous plait?
Ce texte est vraiment difficile à étudier.

Je vous en remercie par avance

N.B: Je suis en deuxième année de pluridisciplinaire à la FAC afin de devenir professeur des écoles.
ce travail est une présentation orale que je dois faire dans le cadre de mon UE "Roman classique".
Je commencerais d'abord par l'intertextualité.
Ce récit est une reprise de la légende de Médée qui a inspiré de nombreux auteurs.
Camus le réutilise en fait divers horrible.
Tu tirerais grand profit à examiner comment le mythe a évolué jusqu'à nos jours.
Bonjour,
Effectivement le mythe de Médée serait interressant à étudier ainsi que l'évolution jusqu'a nos jours (je citerai bien entendu cela dans mon introduction par exemple), sauf que malheureusement il s'agit d'un commentaire de texte. Je risque de faire un HORS-SUJET puisqu'il ne s'agit pas de commenter le texte…
Merci tout de même.
Mais non ! il n'y aura pas hors-sujet si tu montres comment le texte de Camus prend des libertés à l'égard du mythe antique ou le réinterprète. Déjà le titre est tout un programme de réécriture dans le registre familier…
Moi aussi, j'ai cru qu'il s'agissait de la (petite) mère Médée…
Mais les classiques ne se livraient pas à ce genre de facéties, et Camus n'est pas Scarron.

Il faut comprendre : la mère qui se comporta en Médée.
Effectivement, Camus dénonce l'infanticide, crime contre nature. Ici, dans ce fait divers qui s'est déroulé en Allemagne à Widenhaussen, une femme trahie retourne contre sa maternité, puis contre elle ses pulsions destructrices.
C'est une littérature moralisatrice, une adaptation a contrario des exempla. Le prêcheur dénonce ainsi la responsabilité des maris infidèles. Il recourt pour ce faire aux horreurs baroques.
Mille mercis à tous pour votre aide.
Cependant (je ne sais pas si vous avez bien lu mon premier message), j'ai surtout besoin d'aide quant à la disposition de mes parties. Je ne sais pas très bien comment organiser mon commentaire. Pouvez vous m'aider dans ce sens la? Est ce que mes axes vous semble adéquats? Avez vous d'autres idées?
Je vous remercie par avance.
Bonsoir,

Ce que tu appelles axes ne sont que des parcours de lecture :
Par ex. Un récit d'horreur à visée moralisatrice

Il faut alors le détailler en axes :
1 - la mécanique infernale du péché
2 - la mère tragique : victime et bourreau
3 - un prêcheur plus qu'un moraliste

Ce ne sont que des exemples à adapter à tes propres constatations de lectrice.
Bonsoir,

Je vous remercie pour votre réponse qui m'est d'une grande aide.

Il faut que j'établisse également une problématique pour mon étude. Que pensez vous de:
Quels sont les procédés utilisés par l'auteur pour donner au texte une issue moralisatrice?

I. Les étapes du récit d'horreur tragique
- l'auteur introduit le récit en annonçant qu'il s'agit d'un récit d'horreur
- Récit raconté
- conclusion de moralisatrice
II. La mécanique infernale du péché (Qu'entendez vous exactement par cela? La relation de cause à effet peut-etre?)
- Montrer que le texte est horrifiant (champ lexical, etc)
- la mère tragique: victime et bourreau (pouvez vous me dire comment exploiter cette partie s'il vous plait? Elle est bourreau car elle assassine ses enfants, et victime de l'infidelité de son mari, mais comment exploiter cela?)
- relation de cause à effet: L'infifélité entraine le desespoir, le desespoir entraine le suicide.
III. Je ne sais pas vraiment quoi mettre dans cette partie car les elements s'entrecroisent…

Conclusion
- Un prêcheur plus qu'un moraliste: Camus, homme de foi, déteste les péchés de chair et "préfère" le péché qu'est suicide.
- Camus décrit un monde régi par les passions et non pas par la raison.
La problématique est la mise en question du parcours de lecture :
Un récit d'horreur à visée moralisatrice -> Comment Camus met un récit d'horreur tragique au service d'une visée apologétique ?
La mécanique infernale du péché (Qu'entendez vous exactement par cela? La relation de cause à effet peut-être?)
Le registre tragique est caractérisé par l'inéluctabilité. La fin est connue dès le commencement.
De plus pour un auteur chrétien, le péché lie le pécheur.
la mère tragique: victime et bourreau (pouvez vous me dire comment exploiter cette partie s'il vous plait?
C'est une référence à Racine qui y voit les deux ressorts de la tragédie : l'horreur et la pitié.
Regarde cette page du site https://www.etudes-litteraires.com/racine/
En 3 place ce que tu as prévu en conclusion :
Camus, un moraliste du Grand Siècle qui dénonce les tourments de la passion… Succomber à la passion, c'est perdre la paix intérieure.
Mais surtout un apologiste chrétien…
Merci beaucoup pour votre réponse! Vous êtes très aimable de me consacrer un peu de votre temps et de votre aide.
Puis je revenir vers vous demain ou après demain pour vous montrer l'ébauche du travail que j'aurais fait?
Le site entend donner des coups de pouce, mais ne veut pas corriger des devoirs entiers.
Si ce que tu veux soumettre à notre appréciation est un schéma, aucune objection… dans le cas contraire, tu t'exposes à des risques de piratage de la part d'internautes peu scrupuleux…
Je n'ai pas lu ce texte, mais ce que je vois de problématique, c'est qu'un pieux évêque narre un fait divers aussi scandaleux qu'horrible. Ce n'est pas le genre de littérature que l'on attendrait d'un confrère et contemporain de François de Sales !
Il a une visée apologétique : mettre le Mal au service du Bien, mais ne se complait-il pas dans la description de ce Mal ?
Bonjour Delia,
Merci pour votre réponse.

J'ai déjà traité en partie du sujet "mettre le bien au service du mal" dans une de mes parties, et je ne sais pas de ce fait si la problématique que vous me proposé serait exploitable…
Voyez ce que j'ai écrit:
Jean Pierre Camus se tourne vers l’écriture de nouvelles tragiques et sanglantes car il dit dans la préface des spectacles d’horreurs qu’en « tirant de bons exemples des actions les plus horribles », il « imite les bons chirurgiens » qui « guérissent en maniant les plaies des blessés, et en tirant le sang des veines des malades ». De plus, les histoires violentes, sanglantes et d’horreurs sont celles qui fascinent et marquent le plus. Cependant, elles repoussent et dégoûtent le lecteur qui reste marqué par la morale.

Qu'entendez-vouz par "ne se complait il pas dans la description du mal"?
Car au contraire, Voyez une partie de mon étude:
L’auteur ne s’attarde pas sur les scènes amoureuses afin de ne pas laisser son lecteur hypothétiquement pécheur, se laisse aller à des plaisirs illicites du spectacle du vice. Il affirme d’ailleurs dans une de ses nouvelle, Le gondolier « Ce n’est pas mon dessein d’apprendre le mal en le décrivant mais plutôt de le détruire en le décriant ». Aussi, les descriptions sont presque inexistantes.
je ne sais pas de ce fait si la problématique que vous me proposez serait exploitable…
Cette problématique est tellement exploitable que vous l'exploitez, dès votre introduction.
(Si c'est bien votre introduction que vous avez mise en ligne…) Nous sommes donc parfaitement d'accord : vous ne cherchiez une problématique que faute de vous être rendu compte que vous l'aviez déjà trouvée.

Car au contraire, Voyez une partie de mon étude:
L’auteur ne s’attarde pas sur les scènes amoureuses afin de ne pas laisser son lecteur hypothétiquement pécheur, se laisse aller à des plaisirs illicites du spectacle du vice. Il affirme d’ailleurs dans une de ses nouvelle, Le gondolier « Ce n’est pas mon dessein d’apprendre le mal en le décrivant mais plutôt de le détruire en le décriant ». Aussi, les descriptions sont presque inexistantes.
Votre étude, c'est pour moi l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours… J'aurais préféré une citation, une citation que vous auriez décortiquée en montrant qu'en effet les descriptions sont très peu précises. De toutes façons, il n'y en a pas non plus dans la Contes de La Fontaine, de ces descriptions ! L'époque est pudique, et joue de l'allusion et de la demi-teinte. Nul ne peut soutenir que si La Fontaine ne décrit pas, c'est pour ménager son lecteur ! Cette absence de description n'a (peut-être) pas le sens que vous lui donnez.
Au demeurant, est-il possible de détruire le mal en le décriant ?
Vous connaissez sans doute le slogan : Dites en du bien, dites-en du mal, mais parlez-en ?
Parler du mal, ne serait-ce que pour le décrier, c'est tout de même attirer l'attention dessus. Nous sommes confrontés au même problème que Racine : dans la préface de Phèdre il se défend d'avoir fait une oeuvre immorale, car il a peint le vice sous de noires couleurs…dissimule pas une attraction…
Le bon évêque, dites-vous, ne s'attarde pas sur les scènes amoureuses. On peut se dire qu'il ne veut pas donner à son lecteur lieu de penser qu'il parle d'expérience. On peut se dire aussi qu'il se refuse à imaginer ces scènes, de peur de se laisser aller lui-même à ce plaisir illicite.
Bref, ce qui est problématique dans ces textes apologétiques, c'est savoir si la répulsion n'est pas une forme d'attraction.