Étudier les lettres modernes et la philosophie à Paris X
30 réponses · Page 1 / 2
Bonjour à tous,
Ma question est quelque peu précise, je vous prie de m'en excuser.
Je suis actuellement en khâgne dite "classique" au lycée Fénelon à Paris, et je souhaite rejoindre l'université à la rentrée prochaine. Je tiens à étudier les Lettres modernes et la Philosophie. Je me suis inscrite en cumulatif à Paris Ouest (Nanterre), parce qu'on m'avait dit qu'ils étaient les seuls à accepter les anciens khâgneux en double cursus sans faire de difficulté ; mais en réalité je ne suis pas enchanté par sa situation géographique. En me renseignant plus sérieusement - et Dieu sait que c'est difficile lorsqu'il s'agit de la fac ! - j'ai appris que Paris Ouest ne proposait pas de régime spécial pour les étudiants en double diplôme, ce qui rend les choses très difficiles (chevauchements de partiels et de de TD, comme vous l'évoquiez dans un autre post).
Vaut-il mieux m'inscrire rapidement dans une des deux licences dans une autre faculté ? (et tenter d'oublier que j'aurai jeté 300e de frais d'inscription à Paris Ouest par les fenêtres avec cette histoire) Essayer d'aller plaider ma cause pour le double cursus qui, lui, est aménagé spécialement entre Paris I et Paris III (du moins je le crois) ? Risquer la débâcle à Paris Ouest ?
Merci de vos réponses.
Il n'y a pas d'urgence. Demande ton inscription dans ce bi-cursus à partir d'avril selon le site de Paris 3.
Avec quelques précautions, toutefois :
1/
Accès en 3e année :
à l'issue de khâgne, sur avis favorable du conseil de classe : accès direct. Pour les autres, la décision est prise après examen du dossier par la Commission pédagogique
(site de Paris III, à la page descriptive de ce parcours)
2/ Parce que vous êtes actuellement inscrite à Paris Ouest, et que vous souhaitez changer d'université, je pense qu'il faut vous soumettre à une procédure de transfert (et éventuellement de "réorientation" si vous êtes inscrite dans une autre discipline…)
A vérifier auprès de Paris III :
Pour tout renseignement sur la procédure, s'adresser au bureau 431A (Mme Ch. Lesur)
- et il serait prudent d'en parler avant le prochain conseil de classe à vos professeurs, qui pourraient appuyer votre démarche d'un "avis favorable".
Si tu obtiens la sous-admissibilité, tu devrais pouvoir avoir une double équivalence sans problème, dans toutes les universités -si tu es inscrite au concours de l'ENS de Lyon, la sous-admissibilité y est beaucoup plus accessible-.
Demande aux professeurs de lettres modernes ou de philosophie, ils te diront s'ils te soutiendront durant le conseil de classe.
Sinon c'est un peu hors-sujet vu tes préoccupations mais la philosophie à Nanterre c'est vraiment très bien!
J'en discutais avec quelqu'un qui y a étudié l'autre jour.
Ils ont des moyens, organisent d'excellents colloques et depuis quelques années ont une vraie volonté de rigueur qui permet aux étudiants d'envisager des carrières universitaire pour ceux qui le souhaite (si l'on veut devenir prof de philo en université ou même au lycée, mieux vaut choisir Nanterre que Paris 8 par exemple).
Si je ne dis pas une bêtise, le bi-cursus de Paris III est en fait une licence de Lettres modernes, parcours philosophie. La sous-a n'est pas du tout exigée (je connais des personnes qui y sont, non sous-a et dont le lycée n'était pas en convention avec Paris III). Je crois que ce n'est pas hyper, hyper sélectif.
Autre détail : si tu souhaites préparer les concours de l'enseignement, vérifie que ce parcours ne te pénalisera pas trop car, dans mes souvenirs, la charge horaire était assez légère pour un bi-cursus… Mais c'est à vérifier. Cela dit, ce parcours a clairement l'avantage de l'organisation et donc de la commodité.
Merci beaucoup pour vos réponses !
Koch a écrit :Si je ne dis pas une bêtise, le bi-cursus de Paris III est en fait une licence de Lettres modernes, parcours philosophie. La sous-a n'est pas du tout exigée (je connais des personnes qui y sont, non sous-a et dont le lycée n'était pas en convention avec Paris III). Je crois que ce n'est pas hyper, hyper sélectif.
Autre détail : si tu souhaites préparer les concours de l'enseignement, vérifie que ce parcours ne te pénalisera pas trop car, dans mes souvenirs, la charge horaire était assez légère pour un bi-cursus… Mais c'est à vérifier. Cela dit, ce parcours a clairement l'avantage de l'organisation et donc de la commodité.
Oui Koch, je crois que tu as raison, dès lors je me dis qu'il vaut mieux faire une "vraie" licence de lettres modernes ou de philosophie plutôt qu'une licence un peu hybride - d'autant plus que c'est plutôt mauvais signe qu'elle ne soit pas sélective. Finalement elle n'a pas l'air d'apporter vraiment plus qu'une licence de lettres modernes "normale".
Et Spartacus, peux-tu m'en dire un peu plus - si tu en sais un peu plus - sur la philosophie à Nanterre ? J'ai moi aussi eu de très bons échos, mais rien de concret finalement .. Mais je crois savoir qu'ils sont plus axés sur les modernes que leurs confrères de la Sorbonne, ce qui m'attire assez.
Si tu veux faire de la philosophie moderne, tente le Philmaster qui relève de l'ENS Ulm et de l'EHESS. Je pense que c'est la formation la plus complète et la plus "prestigieuse".
Ou dans un autre genre, l'Erasmus mundus.
C'est très tentant en effet, mais cela doit aussi être très sélectif, tu en sais un peu plus ?
Et est-ce qu'une telle formation ne "coupe" pas un peu l'étudiant du parcours traditionnel (elle n'a pas l'air de préparer à l'agrégation par exemple) - ce qui est peut-être un peu dangereux vis-à-vis du monde du travail par exemple ?
Ca me semble être un peu le risque. Cela dit, si tu as l'ENS (sur concours ou sur dossier), tu peux faire le PhilMaster et bénéficier par la suite de la prépa agrèg de l'ENS.
Je ne sais pas à quel point le PhilMaster est sélectif…
D'accord, je me renseignerai le moment venu (je suis "seulement" carré cette année) ; merci beaucoup Artz !
Le "philmaster" est l'un des rares masters de philosophie sélectifs. Il y a un bon choix de cours en philosophie contemporaine. Mais cela ne va pas te faciliter la tâche pour l'agrégation, c'est vrai. Il faudrait que tu prennes contact avec des anciens pour savoir s'ils ont réussi à enchaîner facilement. Tu feras aussi ton choix de master en fonction de ton sujet de mémoire. Il est possible qu'un spécialiste d'un philosophe contemporain se trouve à Paris 1 ou à Nanterre, et non pas à l'EHESS ou à Ulm.
Pour revenir à la bi-licence, la question de la (non-)sélection ne doit pas te rebuter. Je pense que c'est une licence qui a vraiment son intérêt. Mais vérifie que cela ne te sera pas trop préjudiciable pour les concours. Et si c'est le cas, demande-toi si tu es prête à consentir l'effort pour rattraper le niveau dans certaines spécialités en master (ce qui doit être faisable : on ne peut pas dire qu'en master les étudiants de philosophie croulent sous les heures de cours). Le problème se poserait peut-être plus pour les lettres modernes où l'agrégation impose des matières techniques qu'il vaut mieux maîtriser à la fin de la L3. Je pense que les concepteurs de la licence ne sont pas bêtes et qu'ils ne vont pas envoyer les anciens étudiants de prépa au casse-pipe 🙂
En résumé, c'est vraiment à toi de sentir quel choix serait le mieux adapté à tes attentes…
Koch, vous soulevez une question intéressante : celle des doubles parcours (en 1er cycle) et de la poursuite des études à l'issue de ceux-ci. Il semblerait que dans la perspective de la préparation d'une agrégation, ce ne soit pas un si bon calcul, car il faut bien finir par se spécialiser dans la discipline de l'agrégation (et il y aurait donc un certain retard à combler, celui dû à l' étude de l'autre discipline)… Pourtant ces licences bi-disciplinaires ont tendance à se multiplier et ont la faveur des étudiants parce qu'elles sont intellectuellement séduisantes (elles permettent aussi sans doute d'avoir une réflexion plus riche au niveau du master, voire de préparer deux masters). Que faut-il en penser ?
C'est une question que je me suis posé à la fin de ma prépa, et encore l'an dernier.
Je pense que le problème n'est vraiment pas le système des bi-licences en lui-même mais bien plutôt le recrutement des enseignants sur concours qui aboutit à ce genre de problème.
Il est quand même regrettable de se priver de tels parcours. Heureusement, la prépa offre cette dimension pluridisciplinaire lors des 2 premières années. On peut se dire aussi qu'on a la possibilité, en master, de prendre un ou deux séminaires (généralement) dans d'autres UFR. Mais bon…
Koch, c'est une perspective qu'on peut retrouver par la suite dans la recherche, je pense -même si concrètement, des problèmes de légitimité académiques apparaissent-.
Le problème est bien celui d'une séparation des enjeux de l'ENS l'agrégation, d'une part, la recherche, d'autre part…
Autrement dit : l'enseignement d'une part, et la recherche d'autre part… 🙂
Je pense que le problème n'est vraiment pas le système des bi-licences en lui-même mais bien plutôt le recrutement des enseignants sur concours qui aboutit à ce genre de problème.
Vaste débat.
On pourrait dire l'enseignement, mais ce n'est même pas vraiment ça… On ne note pas la pédagogie, ou du moins, on ne la note qu'indirectement. C'est plutôt entre deux exercices : la dissertation et l'article/mémoire/thèse.
Oui, si l'on s'en tient aux exercices. Je faisais référence, plus largement, au delà des formations à l'enseignement et à la recherche, aux activités qui s'ensuivent. C'est une question qui revient souvent, sur ce forum aussi… Certains étant plus attirés par l'une que par l'autre, voire refusent l'une au profit de l'autre…
Mais c'est une question de fond, qui nous éloigne de celle de cette discussion. 😉
La question de fond rejoint celle du choix des études, bien sûr. Je suis beaucoup plus attirée par la recherche que par l'enseignement, mais il me semble plus prudent de ne ma pas trop m'éloigner de la possibilité de me rabattre sur l'enseignement, tant la voie de la recherche m'apparaît épineuse et risquée. Il est un peu dommage d'être obligée de faire ce genre de calculs, mais ..
Bien sûr, et chacun raisonne ainsi, c'est normal - la carrière que l'on a est la résultante d'une série d'arbitrages et de compromis.
Dans la perspective d'enseigner, l'agrégation semble difficilement contournable en l'état actuel des choses… Il faut donc que vous l'ayez en tête dès maintenant, dans la discipline que vous souhaitez enseigner, et aussi de manière plus pragmatique, dans celle où vous avez le plus de chances de réussir - ce qui n'empêche bien évidemment pas d'étudier une autre discipline. C'est une question de gestion des priorités, année par année.