Réussir le concours d’entrée à l’ENS
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Le mot "but" était un peu excessif, mais je faisais justement allusion à ce qui se dit souvent : une école plus généraliste pour Ulm, et plus "de spécialiste" pour Lyon (avec des différences en ce sens aux concours). Mais n'hésitez pas à développer, préciser, reprendre, infirmer mes propos (car je ne suis pas la mieux placée pour parler de tout cela).
Et je supposais en effet que le terme absurde que vous avez employé plus haut était en relation avec votre parcours - vous y avez fait allusion récemment (de la philosophie/ théâtre/ Lettres à l'économie) 🙂… Mais pour ma part, je ne trouve pas cela si absurde. 😉
Je pense alors que le terme de "moyen" est préférable à celui de "but" : en effet, les ENS ne cherchent pas les mêmes profils (et encore), mais ont bien le même horizon, celui de la recherche et de l'enseignement. Mais oui, on distingue parfois des attentes différentes : pour revenir au sujet, en musique -comme en théâtre d'ailleurs-, Ulm semble privilégier davantage l'abstraction que Lyon.
Pour le mot absurde, j'aurais dû développer un peu… Mais pour résumer mon idée le plus clairement possible, je crois que pouvoir passer d'une discipline à une autre est une liberté formidable et ne peut que fertiliser les différents champs disciplinaires ; cela dit, il faut garder un certain bon sens : nous ne pouvons pas tout faire (je n'ai jamais vu un seul normalien littéraire passer en chimie). Certes, le passage d'une discipline à une autre est extrêmement courant -au point que, comme le dit Hugo, on ne sait plus ce qui est la norme et ce qui est l'exception- mais je ne connais pas une seule personne qui se soit risquée à aller vers une discipline qu'on pouvait faire de droit et non de fait.
Non, vous ne pouvez pas tout faire (et ce n'est pas souhaitable). Je ne sais pas qualifier la formation d'un normalien entré par le concours A/L et passé -au hasard- par une licence/ un master de philosophie ("humaniste" ? "littéraire" ? etc…) mais je sais qu'elle ne peut qu'être utile à des disciplines telles que l'économie (pour le droit, par ex. je serais plus réservée, même si c'est sans doute plus courant), discipline qui, justement, ne doit pas être trop (ou exclusivement) l'affaire de "techniciens" (mathématiciens, économètres, financiers, etc) ou d'économistes au sens étroit (même si elle requiert aussi une certaine technicité).
Jeanne-Héloïse, nous entrons dans un propos plus polémique : évidemment, derrière la conception de l'économie, il peut y avoir/il y a une vision de la politique.
En ce qui me concerne, je suis absolument d'accord avec vous. D'ailleurs, j'ai envie depuis longtemps de faire de l'économie parce que je pense qu'il y a des interactions intéressantes avec la philosophie et que cela devrait faire partie de la formation du philosophe qui se spécialise en philosophie politique. Plus généralement, je pense que des parcours comme ceux de Hugo, qui va des lettres classiques aux sciences sociales, enrichissent énormément la façon de poser des questions au sein d'un champ disciplinaire. Bref, que de bonnes choses ! Nous parlons de la question de droit, ici.
Mais de fait, si je vais en Angleterre en M1 d'économie, mon année va être un calvaire : je ne suis déjà pas brillant en anglais, si en plus je dois passer des partiels où des connaissances économiques et donc mathématiques sont exigées…
Artz a écrit :Jeanne-Héloïse, nous entrons dans un propos plus polémique : évidemment, derrière la conception de l'économie, il peut y avoir/il y a une vision de la politique.
Je ne crois pas que ce soit véritablement polémique, il y a progressivement une sorte de consensus en la matière… Mais cela nous entraine trop loin… et pour le reste, vous avez raison, restons dans le sujet… Je ne voudrais pas transformer ce forum en salon de thé 🙂
(et en ce qui vous concerne, il ne vous reste plus qu'à vous plonger dans de bons et relativement détaillés manuels d'économie 😀, mais tout dépend du programme du master… Voyez comment vous y mettre avec vos amis sciences-pistes ou B/L -pour l'anglais, vous savez ce qu'il faut faire ) 😉
Bonjour/Bonsoir à tout le monde,
Je suis étudiant de philosophie à l'Université du Mirail (Toulouse II), en Master 2. Je voulais savoir s'il était possible d'intégrer l'une des trois ENS en passant un concours (ou sur dossier), pour préparer une thèse de doctorat, après l'obtention de mon Master. Vous aurez bien compris que ce qui m'intéresse est uniquement la philosophie ! Si oui, une fois à l'École, doit-on étudier d'autres matières que la philosophie ?
Merci par avance 🙂
Je ne crois pas -mais c'est à confirmer- qu'on puisse intégrer l'école doctorale de l'ENS… Je ne connais pas de cas, du moins.
Peut-être pourrais-tu contacter les professeurs pour leur demander, à moins que quelqu'un ait une autre réponse…
bekillor a écrit :Bonjour/Bonsoir à tout le monde,
Je suis étudiant de philosophie à l'Université du Mirail (Toulouse II), en Master 2. Je voulais savoir s'il était possible d'intégrer l'une des trois ENS en passant un concours (ou sur dossier), pour préparer une thèse de doctorat, après l'obtention de mon Master. Vous aurez bien compris que ce qui m'intéresse est uniquement la philosophie ! Si oui, une fois à l'École, doit-on étudier d'autres matières que la philosophie ?
Merci par avance 🙂
- Quand on se lance dans un doctorat, on choisit un directeur avant de choisir une école doctorale.
- La quantité de séminaires à suivre dans une école doctorale est très restreinte (souvent des modules de méthodologie).
- Certains PU des ENS dirigent des doctorats d'étudiants qui ne sont pas normaliens (par ex. pour le XVI-XVII à Lyon). Il suffit qu'ils acceptent de te diriger, pas de concours à passer.
- Il ne faut pas se lancer dans un doctorat en philo. avant d'avoir assuré ses arrières professionnellement par exemple avec un concours de la fonction publique. Sur le marché du travail, c'est un diplôme qui n'a aucune valeur s'il n'est pas accompagné d'autres formations.
Merci de vos réponses.
Pour revenir aux changements de discipline à Lyon, ils sont possibles (je viens d'arriver, et ai croisé vraiment plus d'un élève étudier deux domaines en même temps, et ce dès la L3, pour peut être en changer.) Je ne sais pas, après, si le changement est autorisé à coup sûr- il faut valider l'année, bien sûr, et il doit y avoir une sélection supplémentaire. En tous cas, ce n'est pas non plus un système totalement rigide.
Quant à la question des "stratégies", on passe un concours, et il s'agit de trouver en juillet son nom sur la liste. Ça n'empêche pas de passer une année très enrichissante…
Mais, à moins d'être vraiment excellent partout, je ne vois pas trop comment on pourrait se passer de "stratégies" pour réussir au mieux (et je ne suis pas d'accord avec toi, Artz, les possibilité de calcul sont plus grandes et bien plus fines à Ulm, avec le choix des coefficients à l'oral et la possibilité de "demi option", l'option de l'écrit pouvant différer de celle de l'oral; du moins, jusqu'à la session 2014).
Le coefficient à l'oral ne joue quasiment pas (1 point sur 44, je crois ?). Quant à la demi-option, on peut de droit faire ça, je le reconnais. Mais je ne connais personne l'ayant fait, donc bon…
Quand même! Aux oraux d'Ulm, je suis passé en histoire, quand j'avais pris philo à l'écrit. Bon, c'est spécifique pour l'histoire, qui n'a pas d'épreuve à l'écrit, et c'est dommage d'ailleurs. Mais ce que je dis là ne s'applique que jusqu'en 2014, après ce sera plus rigide.
Et pour les coefficients, oui, en fait, ça fait le coef. 3 attribué à une matière au choix, plus l'option coef. 3. Donc 2 sur 44. Pas si important, effectivement.
Artz a écrit :Le coefficient à l'oral ne joue quasiment pas (1 point sur 44, je crois ?). Quant à la demi-option, on peut de droit faire ça, je le reconnais. Mais je ne connais personne l'ayant fait, donc bon…
Moi je connais pas mal de gens qui ont fait ça, avec un certain succès d'ailleurs.
De mon expérience, on n'a jamais les bonnes notes là où on croyait qu'on allait les avoir, et les stratégies (changement d'option, choix de l'épreuve coefficientée) sont rarement opérantes (sauf pour les matières techniques, c'est-à-dire les langues).
D'ailleurs si je ne dis pas de bêtise les modalités du concours changent pour cette session 2014 : toutes les épreuves de l'oral seront désormais coefficient 3 (comme celles de l'écrit, donc), à l'exception de l'épreuve d'option, coefficientée 6.
HugoO, au temps pour moi, alors.
PereUbu a écrit :
D'ailleurs si je ne dis pas de bêtise les modalités du concours changent pour cette session 2014 : toutes les épreuves de l'oral seront désormais coefficient 3 (comme celles de l'écrit, donc), à l'exception de l'épreuve d'option, coefficientée 6.
D'après un courrier récent de mon assoc de profs,
les changements sont reportés à la session 2015.
Pourriez-vous m'informer du contenu de ces changements, s'il vous plaît ? Je ne suis plus sur place et je crois que j'ai manqué un peu le coche.
Bonjour je vois qu'il faut avoir eu 2 ans de prepa pour entrer dans une ENS mais est-ce possible d'être étudiant étranger? j'habite en belgique , quant à mon parcours bah je suis dans une option langues (donc j'ai anglais et act français) et j'ai bien des cours de philo à raison d'une heure semaine depuis toujours mais sinon je n'ai aucune autre formation littéraire quoi. Enfin pour dire de poser une question précise je me demandais comment je devrais m'y prendre pour passer le concours et si cela été possible de Belgique et aussi de quoi se compose le concours ? c'est "juste" une question de philo ou y'a d'autres demandes ? merçi de m'éclaicir
Artz a écrit :
En ce qui me concerne, j'ai d'abord choisi l'option théâtre en hypokhâgne par curiosité, désireux de faire des études de lettres. Je me suis pris au jeu et j'ai continué en khâgne et en khûbe, tout en sachant que je n'allais pas poursuivre en master. J'ai décidé par la suite de faire de la philosophie en M1 et j'ai repassé le concours en candidat libre, en théâtre toujours, d'une part parce que c'était Hamlet au programme, et ça, c'est extraordinaire, d'autre part, parce que je connaissais les épreuves. Bref, il se trouve que quand je suis arrivé à l'ENS en philo, j'avais déjà un M1 de philo, c'était donc tout naturel de passer du théâtre à la philo. Je referme cette parenthèse.
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🙂 Bonjour tout le monde !
D'après ce que dit Artz, il semble donc qu'il est possible de
faire un master à la fac et parallèlement de tenter
le concours de l'ens ? mais du coup quand on "arrive" à l'ENS, il faut quitter son master ? (car on ne peut entrer sur concours à l'ENS à bac+3 n'est-ce-pas ?) :/
Il me semble bien que l'on peut intégrer l'ENS à bac + 3.
Le seul impératif est de ne pas présenter le concours plus de trois fois.
Et maintenant il n'y a apparemment pas de limite d'âge. Autrefois, c'était 21 ans je crois.