Réussir le concours d’entrée à l’ENS

La filière littéraire

67 réponses · Page 2 / 4

Je disais simplement "réorientation" parce que quand on choisit une spécialité on choisit une direction, et que quand on bifurque finalement, on prend une autre direction.
Oui, enfin, quand tu as eu au grand minimum deux à trois heures de la matière en question par semaine, sans compter (ce qui pèse le plus) le travail personnel que tu as fourni dans la durée à côté des cours, c'est clairement abusif de parler de réorientation. C'est le conseil de classe, et plus spécifiquement le ou les professeurs concernés, qui décide d'accepter ou non la requête d'un élève selon des critères relativement variables (notes, investissement, progression plus ou moins amorcée) et qui est susceptible de bonifier le dossier de l'élève en question (lettre de recommandation, commentaire sur le bulletin) pour appuyer, le cas échéant, sa proposition d'équivalence, indépendamment des résultats au concours. Ensuite, l'université est souveraine, au cas par cas, de valider cette proposition, en demandant parfois le passage d'examens complémentaires ou d'un oral de motivation.

Ca reste relativement erratique, donc, mais il demeure envisageable pour quelqu'un n'ayant pas eu de sous admissibilité d'intégrer la faculté dans une autre matière que sa spécialité, et a fortiori pour ceux ayant fait ulm: le concours et sa préparation ne sont pas l'unique facteur déterminant de ce que l'élève étudiera à la faculté en cas d'échec au concours, et heureusement 🙂 .
Merci NE pour l'introduction de cette note un tout petit peu plus positive dans ce grand flou 🙂 …
Bonjour,

J'aimerais avoir des renseignements sur la spé musique du concours de l'ENS d'Ulm 🙂 .
En effet, je suis des cours de musique au CRD de ma ville depuis quasiment 10 ans et je suis en classe de 2nde. Par cours de musique, j'entends solfège, écriture, hautbois, orchestre "et tout le tralala" 🙄 (et en plus, depuis 2 ans, des cours de théâtre dans ce même conservatoire).
Cependant j'hésite à poursuivre ce cursus assez prenant (9 heures par semaine quand même !). Le solfège en début de 3ème cycle commence à me poser des problèmes, j'ai pas mal de difficultés en instrument et j'y prends de moins en moins de plaisir. Mais bizarrement, les cours d'écriture me plaisent bien et ce sont même les seuls qui m'intéressent. Idem pour le théâtre, mais je ne pense pas en faire un métier ou m'en servir dans mes études.
Aussi je voulais savoir s'il peut être utile de conserver jusqu'en terminale un emploi du temps chargé pour garder la musique en prépa.
Le solfège et l'écriture sont-ils utiles ? Est-ce qu'il y a une quelconque épreuve instrumentale ? Quelles sont les exigences de cette spécialité ?
Ma mère trouve dommage de tout abandonner après ces années d'étude, surtout si cela peut me permettre d'intégrer Ulm. Je suppose en outre que cette spé ne doit pas être aussi répandue que lettres modernes ou classiques !

Voilà, merci d'avance à tous ceux qui pourront m'apporter quelques éléments de réponse à ces questions un peu confuses ! 😉


P.-S. : Je ne savais pas s'il valait mieux ouvrir un nouveau topic ou continuer celui-ci, dans le doute j'ai posté ce message ici :/ . Désolée s'il existe déjà un sujet, mais ma recherche n'a rien donné !
Quelques éléments de réponse de principe (à compléter par des témoignages d'élèves ayant préparé cette option), pour vous donner une idée :

Sur le site de l'ENS, vous trouverez les informations suivantes (pas toujours facile de s'y retrouver, d'ailleurs) :

1/ l'épreuve écrite de "composition d'histoire de la musique" (épreuve d'admissibilité, d'une durée de 6 heures) ; le sujet porte, soit sur l'une des deux questions du programme, soit sur un recoupement entre ces deux questions. Le programme, défini par arrêté ministériel et renouvelé par moitié chaque année, comporte deux questions, l'une portant sur la musique médiévale, Renaissance ou baroque, l'autre sur la période des années 1750 à nos jours… vous aurez quelques indications sur le programme 2013 ici https://www.ens.psl.eu/IMG/file/concours/2012/Projet%20de%20programme%202013%20BEL%20AL%20COMPLET%2022%20mai.pdf

2/ l'épreuve orale de "musicologie en deux parties" (épreuve d'admission) est, elle, sans programme : il s'agit de
- Technique musicale (écriture musicale) : l'épreuve comporte un exercice d'écriture à partir d'un court chant donné : mise en place des cadences, de la base chiffrée et réalisation complète d'un fragment de ce chant (durée : quinze minutes ; préparation : deux heures).
- Commentaire d'écoute d'une oeuvre musicale - sans programme (durée : quarante cinq minutes ; sans préparation).

Sur le même site, vous pourrez consulter des sujets et rapports de jurys de l'épreuve écrite

Enfin, vous trouverez la liste des CPGE littéraires qui préparent à cette option à partir de la page 18 du document suivant :
https://eduscol.education.fr//file/30/00/0/classes-preparatoires-grandes-ecoles_223000.pdf

P.S. le témoignage d'un élève du lycée Fénelon à Paris, qui prépare à ces épreuves, vous serait sans doute précieux.
P.P.S. vous devriez soumettre ce projet et ces indications à un professeur de théorie musicale ou d'harmonie (visez plutôt le 3e cycle) de votre conservatoire, et voir ce qu'il en dit.
Bonjour, (ou plutôt bonsoir )

Simple question que je poste ici pour éviter de créer un nouveau sujet et parce qu'elle a été évoquée au cours de ce post : est-ce qu' à partir de cette année (session 2013), il est obligatoire de faire à l' ENS la matière dont laquelle on a intégré ?
Je suis actuellement en Spé anglais ( parce que j'aime bien, oui j'ai des notes correctes mais ce n'est pas une stratégie, ou en tout ca,s pas une stratégie préméditée …) mais je veux "faire ma vie" dans les Lettres modernes ( j'entends par là mon master, car je suis "khûbe" )
Je pense que tout cela reste possible et qu'on ne me refusera pas un master en LM de toute façon ( j'ai déjà des équivalences L2 en anglais et en LM car j'ai été sous-a à Ulm l'an dernier ) - bref, je dois sans doute m'effrayer pour rien mais je préfère être sûre ^^
Merci d'avance !
Si tu parles d'Ulm, non, ce n'est pas du tout obligatoire. Pour Lyon, je ne me prononce pas.
Merci beaucoup pour ces précisions Jeanne-Héloïse 🙂 !
Les liens que vous m'avez donné m'ont été fort utiles.
Il n'y aurait donc que 2 CPGE qui préparent l'option musique : Fénelon à Paris et Pierre de Fermat à Toulouse. Si cette option est déjà rare, le nombre d'inscrits qui passent le concours avec cette spécialité doit être vraiment réduit.
Pour l'épreuve orale, l'écriture musicale me rassure (enfin, ne m'affole pas trop), car c'est exactement ce que je fais cette année. Ce n'est certainement pas aussi poussé, mais j'ai tout un chant à réaliser pendant ces vacances ! Par contre je ne travaille pas vraiment le reste au conservatoire…

Merci encore à vous, je vais essayer de me renseigner à la rentrée auprès de mon professeur d'écriture.

D'autres précisions ou des témoignages ?
A Fleur du mal : à Ulm pas de problèmes pour changer. A Lyon c'est de plus en plus difficile de changer, parce que tu entres dans ta spécialité, c'est un système de quotas. D'après ce qui se passe cette année, tu devras faire un M1 d'anglais tout de même, puis l'année suivante définitivement passer en Lm et faire alors un M1 de LM. Autrement dit ce n'est pas parce que tu as par équivalence une l3 de lettres qu'on te laissera passer en m1 de lettres dès ton entrée.

literelb : Je ne connais pas spécifiquement l'option musique mais par contre pour Ulm comme je disais ils n'ont pas de quotas par spécialité. Donc Le fait que ce soit une spécialité rare n'avantage pas particulièrement: ils peuvent très bien une année prendre 75 lettres modernes s'ils sont les meilleurs. Et pour Lyon les spé musique concourent dans la série lettres et arts, donc contre les autres options artistiques, plus les lettres modernes, et les lettres classiques.
Literelb a écrit : le nombre d'inscrits qui passent le concours avec cette spécialité doit être vraiment réduit.
Le rapport de jury 2012 indique que 12 candidats étaient inscrits dans cette option, 11 ont composé, 2 ont passé l'oral.
Merci à vous tous - Me voilà rassurée tout de même , je ne passe que Ulm et apparemment, pas trop de soucis pour changer ( et puis ,officieusement, je pense que ça sera encore "soft" cette année, même si à terme, vous avez raison de préciszer que ça sera de moins en moins possible -
@Literelb : A Lyon, l'écrit est le même et l'oral est un interprétation -voire quelque chose d'autre en plus-. Il y a depuis cette année un troisième lycée qui prépare en musique à Savigny dans le 91.

@FleurDuMal : A Ulm, c'est extrêmement courant au point de friser parfois l'absurde.
Artz a écrit :
@FleurDuMal : A Ulm, c'est extrêmement courant au point de friser parfois l'absurde.
C'est-à-dire… ?
Artz a écrit :@Literelb : A Lyon, l'écrit est le même et l'oral est un interprétation -voire quelque chose d'autre en plus-. Il y a depuis cette année un troisième lycée qui prépare en musique à Savigny dans le 91.
Merci à vous aussi. La pratique instrumentale, à moins de passer aussi le concours de Lyon, ne me serait donc pas utile pour Ulm.
Je viens de voir que le lycée Jean-Baptiste Corot a inauguré l'option musique en 2012, mais le lycée a une seule classe de khâgne, à savoir LSH donc pour Lyon !
Jeanne-Héloïse a écrit :
Artz a écrit :
@FleurDuMal : A Ulm, c'est extrêmement courant au point de friser parfois l'absurde.
C'est-à-dire… ?
J'imagine que ce que voulait dire Arthur c'était qu'il est tellement monnaie courante de changer de spécialité en entrant à Ulm qu'il doit être difficile de distinguer ce qui est la règle et ce qui est l'exception, à vrai dire…
Oui, je suppose que l'entrée sur concours favorise cela : la mise en place de stratégies pour intégrer, indépendamment des goûts, des projets et des aspirations. Comme l'ENS de Paris met en avant un caractère généraliste et que les bienfaits de la pluridisciplinarité par la suite sont affirmés (par l'incitation à prendre des cours dans des départements différents), personne n'y voit rien à redire. Il me semble que c'est un point de divergence avec l'ENS de Lyon (qui mettrait en avant la spécialité/spécialisation).
Bien sûr il y a stratégie, mais il me semble qu'il ne faut pas tout réduire à ça ; nombre de conscrit-e-s, dont je fais partie, ont également "trouvé" leur voie une fois à l'Ecole, au gré justement des expériences "pluridisciplinaires". Tout n'est pas que calcul 😉 !
Ah mais il n'y avait aucune "dénonciation" de ma part Hugo ! 😉 (et du reste on pourrait reprocher à l'ENS de Lyon une certaine rigidité, du coup).
Reprochons volontiers!
Je me garderai bien de le faire.
La coexistence de ces deux ENS qui semblent poursuivre des buts différents, par des moyens différents, mais dont on a pourtant rapproché les concours d'entrée et dont un certain nombre d'élèves ont été admis aux deux écoles, me laisse dubitative. J'ai en tout cas toutes les peines du monde à l'expliquer à mes amis étrangers, notamment américains, qui me demandent parfois des informations et trouvent le système français pour le moins enchevêtré 🙂 .
Hugo, c'est effectivement en partie ce que j'avais en tête, et je pense, comme toi -et nous le pensons pour être concernés tous les deux- que c'est une bonne chose. Effectivement, c'est rarement une question de calcul et le plus souvent, c'est parce que les élèves considèrent que telle discipline les intéresse davantage : ainsi, je connais un camarade en lettres classiques qui part en lettre modernes et un autre en lettres modernes qui va en lettres classiques. Il faut rappeler que l'option qu'on passe au concours a été choisie parfois deux ou trois ans auparavant… En ce sens, je préfère de loin la politique d'Ulm -où la part de calcul possible est moindre, puisque les coefficients sont plus égaux- à celle de Lyon.

Je pensais aussi, cependant, au poste d'Erasmus qu'on m'a proposé, à savoir un M1 d'économie. Et là, en revanche, mon jugement est beaucoup plus mitigé : je n'ai aucune formation en économie et c'est une matière dont la technicité est évidente -plus que dans les sciences sociales ou politiques, me semble-t-il, mais tu le sais sans doute mieux que moi-.

Je ne vois pas bien ce que vous entendez par "des buts différents" Jeanne-Héloïse. En revanche, oui, je crois qu'il y a deux esprits différents, or, le rapprochement des deux concours va conduire à réduire ces différences et à hiérarchiser les ENS -comme c'est déjà le cas chez les scientifiques- : de plus en plus de bi-admis, qui refusent la plupart du temps Lyon au profit d'Ulm. C'est sans aucun doute regrettable.